Réalisez une étude de marché approfondie pour valider votre produit, votre positionnement, les pays ciblés, la clientèle et l’analyse concurrentielle.
Rédigez un business plan détaillé (offre, stratégie commerciale, prévisions financières sur 3 ans) pour piloter l’activité et convaincre banques/investisseurs.
Choisissez une structure juridique adaptée (préférence pour SAS/SARL plutôt que micro‑entreprise) et accomplissez les formalités : rédaction des statuts, dépôt du capital, annonce légale et immatriculation.
Maîtrisez les règles douanières et fiscales : obtention du numéro EORI, classification code SH, déclarations (DAU), gestion de la TVA intra/extra‑UE — faites-vous accompagner par un expert‑comptable.
Organisez la logistique et protégez-vous contre les risques (choix des incoterms, transporteurs/transitaires, assurance transport “ad valorem”, assurance‑crédit, couverture risque de change et fonds de roulement suffisant).
Vous rêvez de vous lancer dans le commerce international et de créer votre propre société d’import-export ? Cette aventure entrepreneuriale, riche en opportunités, vous permettra de connecter les marchés et de commercialiser des produits au-delà des frontières. Cependant, le succès dans ce secteur dynamique ne s’improvise pas. Entre les réglementations douanières, le choix du statut juridique et la gestion logistique, une préparation minutieuse est la clé de la réussite. Suivez ce guide complet pour transformer votre projet en une entreprise florissante.
Préparer le terrain : les étapes en amont de la création
Avant même de penser aux formalités administratives, une phase de réflexion stratégique est indispensable. C’est elle qui donnera des fondations solides à votre future société et vous permettra d’éviter les écueils courants. Cette préparation est votre meilleure assurance contre les risques inhérents au commerce international.
L’étude de marché : votre boussole stratégique
L’étude de marché est la première étape cruciale. Elle doit valider la viabilité de votre projet et orienter vos choix. Le commerce international est vaste et concurrentiel ; il est donc essentiel de bien définir votre positionnement.
Posez-vous les bonnes questions :
Quel produit ? Allez-vous importer ou exporter des marchandises ou des prestations de services ? Quelle est leur valeur ajoutée ?
Quel secteur ? Plusieurs domaines sont particulièrement porteurs, comme l’agroalimentaire (produits exotiques, spécialités locales), la mode et le textile, ou encore l’électronique et les produits industriels.
Quels pays ? Avec quelles zones géographiques souhaitez-vous travailler ? Analysez leur contexte politique, économique et réglementaire.
Qui sont vos concurrents ? Identifiez les entreprises déjà présentes sur votre niche, leurs forces et leurs faiblesses.
Quelle est votre clientèle cible ? Définissez le profil de vos futurs clients pour adapter votre offre et votre communication.
Une étude de marché approfondie n’est pas une simple formalité. Elle vous force à analyser chaque aspect de votre projet, à anticiper les contraintes et à identifier les opportunités uniques qui vous permettront de vous démarquer.
Le business plan : plus qu’un document, votre feuille de route
Une fois votre étude de marché réalisée, le business plan vient formaliser votre stratégie. Ce document détaillé est indispensable pour structurer votre projet, mais aussi pour convaincre d’éventuels partenaires financiers (banques, investisseurs).
Il doit décrire minutieusement votre activité et inclure :
La présentation de votre projet : Votre offre, votre positionnement, vos objectifs.
L’analyse du marché : Les conclusions de votre étude.
Votre stratégie commerciale et marketing : Comment allez-vous trouver vos fournisseurs et vos clients ? Quelle politique de prix ?
Le choix de votre structure juridique : Nous y reviendrons en détail.
Les prévisions financières : Bilan prévisionnel, compte de résultat, plan de financement et budget de trésorerie sur trois ans.
Prenez le temps nécessaire pour rédiger un business plan solide et réaliste. Il vous servira de guide tout au long du développement de votre activité et vous aidera à prendre des décisions éclairées. C’est également l’outil qui crédibilisera votre démarche auprès des banques pour obtenir un financement.
Faut-il un diplôme pour se lancer ?
La réponse est simple : non, aucun diplôme n’est légalement requis pour créer une société d’import-export. Cependant, des compétences solides sont fortement recommandées pour naviguer dans cet environnement complexe. Une bonne maîtrise du commerce, de la négociation et, surtout, des langues étrangères (l’anglais étant un minimum) est indispensable. Vous serez en contact permanent avec des interlocuteurs étrangers, et la barrière de la langue ne doit pas être un frein.
Le cadre juridique : choisir la bonne structure pour votre société
Le choix du statut juridique est une décision fondamentale qui aura des conséquences sur votre fiscalité, votre régime social et votre responsabilité. Pour une activité d’import-export, toutes les options ne se valent pas.
L’entreprise individuelle (EI) et le régime micro-entreprise : une fausse bonne idée ?
L’entreprise individuelle, avec son régime simplifié de la micro-entreprise, peut sembler séduisante par sa facilité de création. Cependant, elle est rarement adaptée à une activité d’import-export pour plusieurs raisons :
Impossibilité de déduire les charges : Vous ne pouvez pas déduire vos frais réels (achats de marchandises, transport, douane), ce qui est un inconvénient majeur dans ce secteur.
Plafonds de chiffre d’affaires : Le CA est plafonné (188 700 € pour les activités de vente de marchandises), ce qui peut rapidement devenir un frein.
Franchise en base de TVA : Ce régime vous exonère de TVA, ce qui vous empêche de la récupérer sur vos achats et importations, un désavantage compétitif considérable.
La société commerciale : SAS ou SARL, le choix de la sécurité
Pour une activité d’import-export, la création d’une société commerciale (SARL ou SAS) est l’option la plus pertinente et la plus sécurisante.
Responsabilité limitée : Votre responsabilité financière est limitée au montant de vos apports au capital social. Votre patrimoine personnel est protégé.
Pas de plafond de chiffre d’affaires : Votre développement n’est pas limité.
Crédibilité accrue : Une structure de société inspire davantage confiance aux partenaires internationaux (fournisseurs, clients, banques).
Le choix entre la Société par Actions Simplifiée (SAS) et la Société à Responsabilité Limitée (SARL) dépend de votre projet. Voici un tableau comparatif pour vous aider à y voir plus clair.
Ce choix est structurant pour l’avenir de votre entreprise. C’est pourquoi un accompagnement par des professionnels est souvent décisif. Chez Keobiz, nous vous guidons gratuitement dans ce choix stratégique lors de la création de votre entreprise.
Les démarches administratives pour créer votre société
Une fois le statut juridique choisi, vous devez passer aux formalités de création pour immatriculer votre société.
Rédaction des statuts : C’est l’acte fondateur de votre société. Ils doivent contenir toutes les informations obligatoires (dénomination, objet social, siège, capital, etc.).
Dépôt du capital social : Les apports en numéraire doivent être déposés sur un compte bancaire professionnel bloqué.
Publication d’un avis de constitution : Une annonce légale doit être publiée dans un journal habilité.
Immatriculation en ligne : Le dossier complet doit être déposé sur le site du Guichet unique des formalités des entreprises.
À l’issue de ces démarches, vous obtiendrez votre extrait Kbis et votre numéro de SIRET, officialisant l’existence légale de votre société. Pour simplifier ce processus, des services comme Keobiz proposent une création d’entreprise 100% gratuite, incluant la rédaction des statuts et toutes les formalités administratives.
Maîtriser les spécificités du commerce international
Créer une société d’import-export, c’est aussi et surtout maîtriser un ensemble de règles et de pratiques spécifiques au-delà de la simple création d’entreprise.
Réglementations et formalités douanières
C’est le cœur du réacteur. Une mauvaise gestion des douanes peut entraîner des retards, des amendes, voire la saisie de vos marchandises.
Numéro EORI : Indispensable pour toute entreprise qui importe ou exporte dans l’Union Européenne. Il s’agit de votre numéro d’identification douanière. La demande est gratuite et se fait en ligne.
Déclaration en douane : Chaque passage de frontière (hors UE) nécessite une déclaration via le Document Administratif Unique (DAU).
Nomenclature douanière (code SH) : Chaque produit est classifié selon un code universel qui détermine les droits de douane, les taxes et les réglementations applicables. Une erreur de classification peut être coûteuse.
Licences et certifications : Certains produits (denrées alimentaires, produits pharmaceutiques, matériel de guerre…) sont soumis à des licences d’importation ou d’exportation spécifiques et à des contrôles stricts.
La gestion de la TVA à l’international
La gestion de la TVA à l’international est un véritable enjeu qui nécessite une expertise pointue. Les règles diffèrent selon que vous échangez avec un pays de l’UE ou un pays tiers.
Échanges intracommunautaires (UE) : Les livraisons sont généralement exonérées de TVA en France (autoliquidation par l’acheteur dans son pays). Les acquisitions sont soumises à la TVA française.
Importations (hors UE) : La TVA est perçue par la douane au moment de l’importation. Il est possible, sous conditions, de bénéficier de l’autoliquidation pour ne pas avoir à avancer la trésorerie.
Exportations (hors UE) : Les ventes sont exonérées de TVA.
La complexité de la déclaration de TVA dans ce contexte rend indispensable le recours à un cabinet d’expertise comptable pour sécuriser vos opérations et optimiser votre trésorerie.
Logistique et gestion des stocks
La chaîne logistique est la colonne vertébrale de votre activité.
Transport : Aérien, maritime, routier… Le choix dépend du coût, du délai et de la nature de la marchandise. Vous devrez travailler avec des commissionnaires de transport et des transitaires.
Incoterms : Ces termes commerciaux standardisés (EXW, FOB, CIF, etc.) définissent les responsabilités et les obligations du vendeur et de l’acheteur concernant le transport et l’assurance. Leur maîtrise est non négociable.
Gestion des stocks : Les délais d’approvisionnement peuvent être longs. Il faut trouver le juste équilibre pour éviter le sur-stockage (qui immobilise la trésorerie) et la rupture de stock (qui vous fait perdre des ventes).
Anticiper les risques et se protéger
L’ouverture sur le monde expose votre entreprise à des risques spécifiques qu’il faut identifier et couvrir.
Ne sous-estimez pas les aléas liés à l’import-export. Une bonne anticipation est essentielle. Pensez notamment aux risques :
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Politiques : Conflits, embargos, instabilité d’un pays.
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De change : La fluctuation des devises peut impacter lourdement vos marges.
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Commerciaux : Impayés de clients étrangers, dont le recouvrement est plus complexe.
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Logistiques : Perte ou avarie de la marchandise durant le transport.
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Réglementaires : Changement de législation ou de taxes douanières.
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De contrefaçon : Protégez vos produits et assurez-vous de la qualité de ceux que vous importez.
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Les assurances indispensables
Pour couvrir ces risques, la souscription à des assurances spécifiques est primordiale.
L’assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) : Elle couvre les dommages que votre entreprise pourrait causer à des tiers.
L’assurance transport de marchandises (“ad valorem”) : Elle couvre la perte ou les dommages subis par vos marchandises durant leur acheminement.
L’assurance-crédit : Elle vous protège contre le risque d’impayés de vos clients.
Lancer une société d’import-export est un projet ambitieux et passionnant. Si l’aventure peut s’avérer très rentable, elle exige une préparation rigoureuse, une connaissance fine des réglementations internationales et une gestion impeccable. Le choix d’une structure juridique solide comme la SAS ou la SARL est une première étape incontournable. Entourez-vous de partenaires fiables – transporteurs, transitaires, et surtout, un expert-comptable spécialisé – pour sécuriser votre activité et vous concentrer sur votre cœur de métier : le développement de vos courants d’affaires internationaux. Avec la bonne stratégie et les bons outils, le monde devient votre marché.
FAQ :
Quel budget pour créer une société d'import-export ?
Le budget initial est très variable. Il faut prévoir les frais de création de la société (greffe, annonce légale), mais surtout les premiers investissements : achat du premier stock de marchandises, frais de transport et de douane, coûts marketing pour trouver les premiers clients, et un fonds de roulement suffisant pour couvrir les charges des premiers mois. Il est difficile de donner un chiffre, mais un capital de départ de plusieurs milliers d’euros est un minimum pour démarrer sereinement. Pensez aussi que vous pouvez être éligible à certainesaides à la création d’entreprise.
Comment trouver ses premiers fournisseurs et clients ?
Pour trouver des fournisseurs, participez à des salons professionnels internationaux, utilisez les plateformes B2B en ligne (comme Alibaba, Europages), et contactez les chambres de commerce des pays qui vous intéressent. Pour les clients, la démarche est similaire : salons professionnels, prospection directe, marketing digital ciblé et création d’un réseau professionnel solide sont des leviers efficaces.
Dois-je obligatoirement faire appel à un expert-comptable ?
Légalement, seules les sociétés commerciales ont l’obligation de tenir une comptabilité et de déposer des comptes annuels, ce qui rend dans les faits le recours à un expert-comptable quasi-obligatoire. Pour une activité d’import-export, c’est tout simplement indispensable. La complexité de la TVA internationale, des flux financiers en devises et des obligations déclaratives nécessite une expertise que seul un professionnel peut apporter pour sécuriser votre entreprise et optimiser sa fiscalité. C’est un investissement, et non une charge.
Qu'est-ce que le numéro EORI et comment l'obtenir ?
Le numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification) est un identifiant unique attribué par les autorités douanières à toute entreprise effectuant des opérations d’import-export au sein de l’UE. Il est obligatoire pour toutes vos formalités douanières. La demande est gratuite et se fait en ligne via le portail de la douane française (Soprano). Il est généralement basé sur votre numéro SIRET.
Tableau récapitulatif
Critère
SAS / SASU (associé unique)
SARL / EURL (associé unique)
Flexibilité
Grande liberté dans la rédaction des statuts et l’organisation.
Fonctionnement plus encadré par la loi, plus rigide.
Dirigeant
Président, assimilé-salarié (protection sociale du régime général).
Gérant majoritaire (travailleur non-salarié) ou minoritaire (assimilé-salarié).
Dividendes
Pas de cotisations sociales sur les dividendes.
Cotisations sociales sur une partie des dividendes pour le gérant majoritaire.
Idéal pour…
Projets de croissance, ouverture du capital à des investisseurs.
Projets familiaux ou avec un nombre restreint d’associés cherchant un cadre sécurisant.



