Définition et statut : une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP), désormais appelée « Plateforme Agréée » (immatriculée par la DGFiP pour 3 ans renouvelables), est un intermédiaire de confiance obligatoire pour l’échange de factures B2B via un canal certifié.
Rôle principal : assurer l’e‑invoicing (émission, transmission, réception, conversion de formats et garantie d’intégrité) et l’e‑reporting (extraction et transmission des données de transaction et de paiement vers la DGFiP).
PPF vs PDP : le Portail Public de Facturation (PPF) est gratuit et couvre les fonctions légales de base ; les PDP payantes apportent des services à valeur ajoutée (intégration ERP, archivage à valeur probante, tableaux de bord, relances, support dédié) adaptés aux besoins des PME/ETI et grands comptes.
Calendrier clé : obligation de réception pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026, obligation d’émission pour grandes entreprises et ETI dès 2026, étendue aux PME et micro‑entreprises au 1er septembre 2027 — commencez la sélection et l’intégration dès maintenant (immatriculations « sous réserve » et tests techniques en fin 2025).
Checklist pratique pour choisir : vérifier l’immatriculation officielle sur impots.gouv.fr, valider formats supportés (Factur‑X, UBL, CII, Peppol), tester connecteurs/API et accompagnement, exiger archivage probant (10 ans) et comparer modèles tarifaires (setup, abonnement, volume, coûts cachés).
Votre entreprise est-elle prête pour la révolution de la facturation électronique qui arrive en 2026 ? Cette transition, bien plus qu’une simple mise à jour technologique, redéfinit en profondeur la manière dont les entreprises échangent leurs factures et communiquent avec l’administration fiscale. Au cœur de ce nouveau dispositif se trouve un acteur incontournable : la plateforme de dématérialisation partenaire, ou “plateforme PDP”. Comprendre son rôle est essentiel pour assurer une transition en douceur et transformer cette obligation légale en une véritable opportunité de modernisation pour votre gestion.
Qu’est-ce qu’une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) ?
Une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) est un prestataire de services privé, immatriculé par l’État, dont la mission est de servir d’intermédiaire de confiance dans le cadre de la réforme sur la facturation électronique. Bien que le terme “PDP” soit encore très utilisé, l’administration fiscale emploie désormais officiellement l’appellation “Plateforme Agréée” depuis juillet 2025. Ce changement de terminologie vise à souligner le caractère officiel et le contrôle rigoureux exercé par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Concrètement, ces plateformes sont les nouveaux maillons centraux de la chaîne de facturation inter-entreprises (B2B). Elles ne se contentent pas de numériser des documents ; elles garantissent la conformité, la sécurité et la fluidité des échanges de factures électroniques et des données de transaction entre les entreprises, ainsi qu’avec l’administration fiscale. Le recours à une plateforme agréée ou au portail public deviendra obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France à partir du 1er septembre 2026.
Le processus pour devenir une plateforme agréée est exigeant. Les candidats doivent déposer un dossier complet auprès du Service d’Immatriculation de la DGFiP, prouvant leur capacité à respecter des normes strictes en matière de sécurité informatique, de respect des obligations fiscales et de fonctionnalités techniques. L’immatriculation est accordée pour une durée de trois ans renouvelable, assurant un niveau de qualité et de fiabilité constant.
Le rôle et les missions clés d’une plateforme agréée
Le cahier des charges d’une plateforme agréée est précis et couvre l’ensemble du cycle de vie de la facturation et de la déclaration de données. Ses missions principales peuvent être regroupées en deux grands volets : l’e-invoicing et l’e-reporting.
1. L’e-invoicing (facturation électronique) :
C’est le cœur de sa fonction. La plateforme gère l’émission, la transmission et la réception des factures électroniques entre un fournisseur et son client. Ses responsabilités incluent :
- Émission et transmission : Envoyer les factures émises par le fournisseur à la plateforme du client.
- Réception et mise à disposition : Recevoir les factures des fournisseurs pour le compte de son client.
- Conversion de format : Assurer l’interopérabilité en convertissant la facture dans un format accepté par le destinataire (Factur-X, UBL, CII).
- Garantie de l’intégrité : Maintenir l’authenticité de l’origine, l’intégrité du contenu et la lisibilité de la facture tout au long du processus.
2. L’e-reporting (transmission de données) :
Au-delà de la simple transmission de factures, la plateforme a un rôle crucial de collecte et de transmission d’informations à l’administration fiscale.
- Extraction des données de factures : Isoler et transmettre à la DGFiP des informations clés des factures (identifiants des parties, montants HT, TVA, etc.).
- Transmission des données de transactions : Pour les opérations non soumises à facturation électronique (ventes B2C, transactions internationales), la plateforme transmet un résumé des données à l’administration.
- Transmission des données de paiement : Communiquer les informations relatives à l’encaissement pour toutes les opérations de ventes de biens ou de prestations de services.
En somme, la plateforme agréée agit comme un tiers de confiance certifié. Elle décharge l’entreprise de la complexité technique et réglementaire des nouveaux flux, en assurant que chaque facture et chaque donnée de transaction est traitée, sécurisée et transmise conformément aux exigences légales. C’est une garantie de conformité pour l’entreprise et une source de données fiables pour l’administration.
La mise en place d’une plateforme agréée n’est pas qu’un changement d’outil, c’est une révision de vos processus internes. En tant qu’expert-comptable en ligne, nous conseillons à nos clients d’auditer leurs flux de facturation actuels dès maintenant. L’utilisation d’un logiciel de facturation moderne, comme ceux que nous intégrons dans nos offres, facilitera grandement la connexion future à une PDP en assurant que vos données sont déjà structurées et prêtes à être transmises.
PDP vs. Portail Public de Facturation (PPF) : que choisir ?
Pour se conformer à la réforme, les entreprises auront le choix entre deux solutions principales : utiliser une plateforme agréée (ex-PDP) ou passer par le Portail Public de Facturation (PPF), qui sera l’équivalent de Chorus Pro pour les transactions B2B.
Le PPF sera une solution gratuite, développée et maintenue par l’État. Il assurera les fonctionnalités de base requises par la loi : émission, transmission et réception des factures aux formats standards, et transmission des données à l’administration.
Alors, pourquoi opter pour une PDP payante ? La différence réside dans les services à valeur ajoutée.
Tableau récapitulatif
Critère
Portail Public de Facturation (PPF)
Plateforme agréée (PDP)
Coût
Gratuit
Payant (modèles variés : abonnement, au volume…)
Fonctionnalités de base
Émission, réception, transmission des données (fonctions minimales légales)
Toutes les fonctions du PPF
Fonctionnalités avancées
Très limitées
Gestion de statuts avancés, rapprochement bancaire, archivage à valeur probante, tableaux de bord, paiement intégré, relances automatiques…
Formats de facture
Formats du socle minimal (Factur-X, UBL, CII)
Formats du socle + formats spécifiques (EDIFACT, XML custom…), avec conversion automatique
Intégration
Connexion basique (portail web, API simple)
Intégration poussée avec les ERP, logiciels comptables et de facturation du marché
Support client
Support public généraliste
Support client dédié, accompagnement personnalisé à l’intégration et à l’utilisation
Le choix dépendra donc entièrement de la taille, de la complexité et des besoins de votre entreprise. Une micro-entreprise avec un faible volume de factures pourra se contenter du PPF. En revanche, une PME ou une grande entreprise ayant des flux importants, des besoins d’automatisation poussés ou un ERP spécifique aura tout intérêt à se tourner vers une PDP pour bénéficier d’une solution intégrée et performante. Un choix éclairé nécessite souvent une analyse approfondie, un travail préparatoire qui peut s’inscrire dans l’élaboration de votre business plan de développement.
Le calendrier de la réforme de la facturation électronique
Le déploiement de la réforme est progressif. Il est crucial de connaître les échéances qui vous concernent pour vous préparer sereinement.
- 1er septembre 2026 :
- Obligation de réception : Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, devront être en capacité de recevoir des factures électroniques.
- Obligation d’émission : Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) devront émettre leurs factures au format électronique.
- 1er septembre 2027 :
- Obligation d’émission : L’obligation d’émettre des factures électroniques est étendue aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux micro-entreprises.
Même si l’échéance de 2027 peut paraître lointaine pour les TPE/PME, l’obligation de réception en 2026 impose de faire un choix de plateforme dès maintenant. Le processus de sélection, de contractualisation et d’intégration technique peut prendre plusieurs mois. Attendre la dernière minute risque de perturber votre activité et de vous faire prendre des décisions hâtives.
Comment une entreprise choisit-elle sa plateforme ?
Choisir la bonne plateforme est une décision stratégique qui aura un impact durable sur votre gestion administrative et financière. Voici une checklist pour vous guider.
1. Vérifier l’immatriculation officielle
C’est le prérequis non négociable. Assurez-vous que le prestataire figure bien sur la liste des plateformes immatriculées par la DGFiP. Une plateforme “compatible” mais non immatriculée ne pourra pas transmettre directement les factures et les données.
2. Évaluer les fonctionnalités et services
Listez vos besoins au-delà de la simple conformité légale :
- Archivage : Propose-t-elle un archivage à valeur probante sur 10 ans ?
- Tableaux de bord : Offre-t-elle des outils de suivi et d’analyse de votre facturation ?
- Gestion des statuts : Pouvez-vous suivre en temps réel le cycle de vie de vos factures (déposée, reçue, acceptée, payée) ?
- International : La plateforme peut-elle gérer des factures et des réglementations internationales (Peppol) ?
- Automatisation : Permet-elle d’automatiser les relances clients ou le rapprochement avec les paiements ?
3. Analyser l’intégration technique
La capacité de la plateforme à se connecter à votre écosystème informatique est primordiale.
- Compatibilité ERP/Logiciel comptable : Existe-t-il des connecteurs natifs pour votre logiciel actuel ?
- API : La plateforme propose-t-elle une API robuste et bien documentée pour une intégration sur mesure ?
- Accompagnement : Quel niveau de support technique est proposé durant la phase de projet et après le déploiement ?
Le choix de votre solution de gestion est d’ailleurs une réflexion qui doit être menée dès la création de l’entreprise, au même titre que le choix de votre statut juridique.
4. Considérer le modèle tarifaire
Les prix peuvent varier considérablement. Analysez les structures de coûts :
- Frais de mise en service (setup fees) ?
- Abonnement mensuel ou annuel ?
- Tarification au volume de factures, à l’utilisateur ?
- Coûts cachés pour certaines fonctionnalités (archivage, support premium…) ?
Demandez des devis détaillés et comparez les offres sur la base d’un volume de factures réaliste pour votre activité.
La liste officielle des plateformes agréées
L’administration fiscale a commencé à publier la liste des opérateurs ayant obtenu leur immatriculation “sous réserve”. Ce statut signifie qu’ils ont passé avec succès la première phase administrative et que leur dossier est complet. La seconde étape, qui se déroulera fin 2025, consistera en des tests techniques grandeur nature pour valider leur conformité finale.
La liste est longue et continue de s’étoffer. On y retrouve des acteurs de toutes tailles :
- Des éditeurs de logiciels de gestion bien connus : Cegid, Sage, SAP, Esker…
- Des spécialistes de la dématérialisation : Docaposte (via sa filiale Seres), Generix Group, Tessi…
- Des nouveaux acteurs et des fintechs : Qonto, Pennylane, Indy…
- Des opérateurs internationaux : Basware, Avalara, Edicom…
Il est fortement recommandé de consulter la liste officielle et à jour sur le site impots.gouv.fr pour vérifier le statut de n’importe quel candidat. Pour une entreprise en phase de création, comme une SASU par exemple, l’anticipation de ce choix dès le départ est un gage de bonne gestion future.
La transition vers la facturation électronique est bien plus qu’une contrainte administrative ; c’est une opportunité de digitaliser, d’automatiser et de sécuriser vos flux financiers. Le choix d’une plateforme de dématérialisation partenaire est au cœur de cette transformation. En prenant le temps d’analyser vos besoins, de comparer les offres et de vous faire accompagner, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour faire de cette réforme un véritable levier de performance pour votre entreprise.
FAQ :
Quelle est la différence entre une PDP et une Plateforme Agréée ?
Il n’y a aucune différence fonctionnelle. “Plateforme de Dématérialisation Partenaire” (PDP) était le terme initialement utilisé pour désigner ces opérateurs. Depuis juillet 2025, le terme officiel est “Plateforme Agréée”. L’ancien acronyme PDP reste cependant très courant dans les discussions. Les missions et les obligations restent strictement identiques.
Suis-je obligé d'utiliser une plateforme agréée (ex-PDP) ?
Oui et non. Vous êtes obligé d’utiliser un canal certifié pour émettre et recevoir vos factures électroniques. Vous avez le choix entre une plateforme agréée privée (PDP), qui offre des services avancés, et le Portail Public de Facturation (PPF), qui est une solution gratuite fournie par l’État avec des fonctionnalités de base. L’utilisation d’un simple logiciel de facturation envoyant des PDF par email ne sera plus conforme pour les transactions B2B.
Comment se passe le processus d'immatriculation pour devenir une plateforme ?
Un opérateur souhaitant devenir plateforme agréée doit déposer un dossier de candidature en ligne auprès du Service d’Immatriculation de la DGFiP. Ce dossier doit prouver sa conformité à un cahier des charges très strict (sécurité des données, capacité technique, etc.). S’il est validé, il obtient une “immatriculation sous réserve”. Il doit ensuite passer une phase de tests techniques pour obtenir son immatriculation définitive, valable 3 ans.
Quels formats de facture seront acceptés ?
La réforme impose un “socle minimal” de formats structurés ou hybrides que toutes les plateformes doivent accepter. Il s’agit principalement de :
