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VAN comptabilité 2026 : calcul, utilité et décisions

Sommaire :

Votre entreprise envisage-t-elle un nouvel investissement majeur ? Qu’il s’agisse de l’achat de nouvelles machines, du lancement d’une gamme de produits ou de l’acquisition d’un local, une question cruciale se pose : ce projet sera-t-il réellement rentable ? Au-delà de l’intuition, il vous faut un outil objectif pour évaluer la création de valeur future. C’est précisément le rôle de la Valeur Actuelle Nette (VAN), un indicateur financier incontournable pour piloter vos décisions stratégiques.

Qu’est-ce que la Valeur Actuelle Nette (VAN) ?

La Valeur Actuelle Nette, souvent abrégée en VAN (ou Net Present Value, NPV, en anglais), est un critère financier permettant de mesurer la rentabilité d’un projet d’investissement. Son principe fondamental est de comparer ce que vous investissez aujourd’hui avec ce que le projet vous rapportera demain, en tenant compte d’un facteur essentiel : la valeur du temps.

L’idée maîtresse est simple : un euro perçu aujourd’hui a plus de valeur qu’un euro perçu dans un an. Cette différence s’explique par le coût d’opportunité (cet euro pourrait être investi ailleurs et générer un rendement) et l’inflation. La VAN traduit cette réalité en “actualisant” tous les flux de trésorerie futurs que le projet est censé générer. En d’autres termes, elle calcule leur équivalent en valeur d’aujourd’hui.

Concrètement, la VAN mesure l’enrichissement net créé par un projet, une fois que l’investissement initial est remboursé et que la rentabilité minimale exigée par les investisseurs est atteinte. C’est un outil prévisionnel puissant, basé sur des données issues de votre comptabilité d’entreprise, pour déterminer si un investissement mérite d’être entrepris.

Comment calculer la VAN ? La méthode pas à pas

Le calcul de la VAN peut sembler complexe au premier abord, mais il suit une logique rigoureuse. Il s’effectue toujours à la date de la décision d’investissement, en se basant sur des prévisions financières.

La formule de calcul de la VAN expliquée

VAN = – C + [R1 / (1+i)¹] + [R2 / (1+i)²] + … + [Rn / (1+i)ⁿ] + [V / (1+i)ⁿ]

Décortiquons ensemble chaque élément de cette formule :

  • C (Capital investi) : Il s’agit du coût total de l’investissement initial. Cela inclut non seulement le prix d’achat du bien (machine, fonds de commerce, etc.), mais aussi tous les frais annexes indispensables à son démarrage : frais de recherche, coûts d’installation, publicité de lancement. Il faut également y ajouter l’augmentation du Besoin en Fonds de Roulement (BFR) que le projet va engendrer.

  • R (Recettes nettes d’exploitation prévues) : Ce sont les flux de trésorerie (ou cash-flows) que le projet devrait générer chaque année (année 1, 2, …, n). On les calcule généralement à partir de la Capacité d’Autofinancement (CAF) d’exploitation, obtenue par la formule : EBE (Excédent Brut d’Exploitation) – Impôt sur les Sociétés sur le résultat d’exploitation.

  • i (Taux d’actualisation) : C’est le taux de rentabilité annuel minimum attendu par l’entreprise ou ses investisseurs pour ce projet. Il reflète le coût du capital engagé et le niveau de risque du projet. Le choix de ce taux est crucial et déterminant pour le résultat.

  • n (Nombre d’années) : C’est la durée de vie du projet ou l’horizon d’investissement sur lequel le calcul est effectué.

  • V (Valeur résiduelle de l’investissement) : C’est la valeur de l’actif à la fin du projet (par exemple, le prix de revente d’une machine) à laquelle on ajoute la récupération du BFR initial. Ce flux intervient à la dernière année (n).

Conseil d’expert : Comment choisir le taux d’actualisation ?

Le choix du taux d’actualisation (i) est l’un des points les plus délicats. Il n’existe pas de taux unique. Il correspond généralement au Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC) de l’entreprise, qui est une moyenne du coût des fonds propres et du coût de la dette. On peut également y ajouter une prime de risque spécifique au projet. Un taux trop faible surévaluera la VAN, tandis qu’un taux trop élevé la sous-évaluera. N’hésitez pas à vous faire accompagner par votre expert-comptable pour définir le taux le plus juste pour votre situation.

Exemple concret : calcul de la VAN pour l’achat d’un véhicule utilitaire

Pour rendre le concept plus tangible, imaginons qu’une entreprise de livraison souhaite acheter un nouveau “van” électrique. Voici les données du projet :

  • Capital investi (C) : 40 000 € (prix d’achat du véhicule net des aides).

  • Durée d’utilisation : 5 ans.

  • Taux d’actualisation (i) : 8 % (rentabilité minimale exigée par l’entreprise).

  • Valeur résiduelle (V) : 5 000 € (valeur de revente estimée au bout de 5 ans).

  • Flux de trésorerie nets prévus (R) :

    • Année 1 : 10 000 €

    • Année 2 : 12 000 €

    • Année 3 : 12 000 €

    • Année 4 : 11 000 €

    • Année 5 : 10 000 €

Le résultat final est une VAN positive de 7 367 €.

Comment interpréter le résultat de la VAN ?

L’interprétation de la VAN est directe et constitue son principal atout pour la prise de décision :

  • Si la VAN > 0 : Le projet est jugé rentable. Les flux de trésorerie actualisés sont supérieurs au capital investi. L’investissement non seulement couvre son coût et la rentabilité minimale exigée, mais il crée également un surplus de valeur pour l’entreprise. Le projet peut être accepté. Dans notre exemple, l’achat du van électrique est une bonne décision.

  • Si la VAN < 0 : Le projet n’est pas rentable. Il ne génère pas suffisamment de trésorerie pour rembourser l’investissement initial tout en satisfaisant l’exigence de rentabilité. L’investissement détruirait de la valeur. Le projet doit être rejeté.

  • Si la VAN = 0 : Le projet est neutre. Il couvre exactement l’investissement et la rentabilité exigée, mais ne crée aucun enrichissement supplémentaire. En raison des incertitudes liées aux prévisions, il est souvent préférable de ne pas lancer un tel projet.

Lorsqu’une entreprise doit choisir entre plusieurs projets d’investissement mutuellement exclusifs, la règle est simple : elle doit retenir celui qui présente la VAN positive la plus élevée. Cet outil permet ainsi de hiérarchiser les opportunités et d’allouer les ressources de manière optimale.

Attention aux limites de la VAN

La VAN est un indicateur prévisionnel, ce qui constitue sa principale limite. Sa fiabilité dépend entièrement de la qualité des estimations des flux de trésorerie futurs et de la pertinence du taux d’actualisation choisi. Une erreur de prévision sur les ventes ou une variation du coût du capital peut radicalement changer le résultat. C’est pourquoi il est souvent recommandé de réaliser des analyses de sensibilité en testant différents scénarios (optimiste, pessimiste, réaliste) pour évaluer la robustesse du projet.

VAN vs autres indicateurs de rentabilité : que choisir ?

La VAN n’est pas le seul outil disponible pour évaluer un investissement. Il est souvent utilisé en complément d’autres indicateurs.

Le Taux de Rentabilité Interne (TRI)

Le Taux de Rentabilité Interne (TRI) est le taux d’actualisation pour lequel la VAN est égale à zéro. En d’autres termes, c’est le taux de rentabilité exact du projet. La règle de décision est la suivante : si le TRI est supérieur au taux de rentabilité exigé par l’entreprise (le taux d’actualisation i), alors le projet est acceptable.

Bien qu’utile, le TRI a des inconvénients. Contrairement à la VAN, il n’est pas un indicateur de création de valeur en montant absolu et peut être plus complexe à calculer. De plus, pour des projets avec des flux de trésorerie non conventionnels (alternance de flux positifs et négatifs), il peut y avoir plusieurs TRI, rendant l’interprétation difficile.

Le Délai de Récupération (Payback Period)

Le Délai de Récupération du capital investi est un critère plus simple. Il mesure le temps nécessaire pour que le cumul des flux de trésorerie générés par le projet égale l’investissement initial. Un délai court est souvent perçu comme moins risqué.

  1. Il ne tient pas compte de la valeur temporelle de l’argent (sauf dans sa version “actualisée”).

  2. Il ignore tous les flux de trésorerie générés après la période de récupération, ce qui peut conduire à rejeter des projets très rentables sur le long terme.

La VAN reste donc l’indicateur le plus complet et le plus fiable pour une décision d’investissement, car elle intègre à la fois la création de richesse absolue et la dimension temporelle de l’argent. L’élaboration d’un bilan prévisionnel est une étape essentielle pour fiabiliser les données utilisées dans ces calculs.

Graphique comparant l'évolution de la VAN de deux projets d'investissement au fil du temps
Graphique comparant l’évolution de la VAN de deux projets d’investissement au fil du temps

La VAN en comptabilité : quelles implications ?

Il est important de comprendre que la VAN est un outil de gestion financière et de pilotage, et non une écriture comptable. Vous n’inscrirez jamais la “VAN” d’un projet dans votre bilan comptable.

Cependant, la comptabilité est le socle qui alimente le calcul de la VAN. Les données nécessaires (coût d’acquisition, EBE, résultat d’exploitation) proviennent directement de vos documents comptables prévisionnels. Avoir une comptabilité financière rigoureuse, comme celle que nous assurons pour nos clients via des outils connectés et un suivi par un expert dédié, est indispensable pour fournir des données fiables à ce calcul.

Une fois la décision d’investissement prise sur la base d’une VAN positive, l’actif acquis (machine, véhicule, etc.) sera bien sûr enregistré dans les comptes de l’entreprise. Il figurera à l’actif du bilan et fera l’objet d’amortissements comptables sur sa durée d’utilisation. Ces dotations aux amortissements, qui représentent la perte de valeur de l’actif, auront un impact fiscal direct en réduisant le résultat imposable de l’entreprise. De même, si l’actif perd de la valeur de manière exceptionnelle, une dépréciation pourra être constatée.

La VAN est donc le pont entre la stratégie d’entreprise et la réalité comptable et financière. Elle transforme les projections chiffrées en une décision claire et argumentée.

La maîtrise de la VAN est une compétence essentielle pour tout dirigeant souhaitant piloter la croissance de son entreprise sur des bases solides. C’est un outil qui, bien qu’exigeant une certaine rigueur dans la collecte des données, apporte une clarté incomparable pour arbitrer entre les différentes opportunités d’investissement et s’assurer que chaque euro investi contribue positivement à la valeur de votre entreprise.

FAQ – Valeur Actuelle Nette

Quelle est la principale différence entre la VAN et le TRI ?

La VAN mesure un gain absolu en euros d’aujourd’hui : elle vous dit “combien” le projet va vous rapporter en plus de la rentabilité exigée. Le TRI, lui, est un taux de rendement en pourcentage : il vous dit “à quel rythme” votre investissement est rentable. La VAN est généralement préférée pour comparer des projets de tailles différentes, car un grand projet avec un TRI plus faible peut créer beaucoup plus de valeur (VAN plus élevée) qu’un petit projet avec un TRI très élevé.

Comment choisir le bon taux d’actualisation pour mon projet ?

Le choix du taux est stratégique. Il doit refléter au minimum le coût des ressources financières de l’entreprise (Coût Moyen Pondéré du Capital – CMPC). Ce taux peut être majoré d’une prime de risque si le projet est considéré comme plus incertain que les activités habituelles de l’entreprise. Pour une PME, ce taux peut aussi correspondre au rendement attendu par le dirigeant sur ses investissements. Il est conseillé de valider ce taux avec un expert-comptable.

La VAN est-elle utile pour une petite entreprise ?

Absolument. Même pour une TPE ou un indépendant, le raisonnement derrière la VAN est fondamental. Avant d’investir dans un nouvel outil, un véhicule ou un site web coûteux, se poser la question des flux de trésorerie futurs et les comparer au coût actuel est une discipline très saine. Le calcul peut être simplifié, mais la logique reste la même : s’assurer que l’investissement créera plus de valeur qu’il n’en coûte, en tenant compte du temps.

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