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Gérer une entreprise

Comptabilisation des subventions d’investissement : Guide pratique 2026

Sommaire :

1.Qu’est-ce qu’une subvention d’investissement ?
2.Les deux méthodes comptables pour enregistrer une subvention d’investissement
3.Guide pratique : la comptabilisation étape par étape (Méthode de l’étalement)
4.Quel est l’impact fiscal de la subvention d’investissement ?
5.Gestion des cas particuliers
6.FAQ :
En résumé :
  • Subvention d’investissement : aide (souvent non remboursable) finançant une immobilisation, distincte d’une subvention d’exploitation, inscrite au passif (compte 131) et considérée comme ressource durable.

  • Deux options comptables : imputer immédiatement la subvention en produit exceptionnel (gonfle ponctuellement le résultat) ou, recommandé, l’étaler en l’inscrivant en capitaux propres puis en virant une quote‑part au résultat au rythme de l’amortissement.

  • Écritures clés à connaître : à la notification = débit 441 / crédit 131 ; à l’encaissement = débit 512 / crédit 441 ; en clôture = débit 139 / crédit 777 (attention : pour les exercices ouverts à compter du 01/01/2025, compte 777 remplacé par 747) et amortissement via 6811 / 28xx.

  • Impact fiscal et cas particuliers : la quote‑part virée est imposable chaque année (ou selon clause d’inaliénabilité / défaut = 10 ans) ; en cas de cession anticipée, la part non reprise est virée immédiatement en produit ; en cas de remboursement, débiter 131, constater en charge la part déjà virée (compte 67) et créditer 512.

  • Bonnes pratiques : conserver la notification et clauses, tenir un tableau de suivi des reprises, appliquer les mêmes règles pour les associations et solliciter un expert‑comptable pour automatiser les écritures et sécuriser le traitement.

Votre entreprise vient d’obtenir une aide pour financer un nouvel équipement, mais comment traduire cette opération en comptabilité sans fausser votre résultat annuel ? Le traitement comptable des subventions d’investissement est une procédure précise, encadrée par le Plan Comptable Général, qui vise à lisser l’impact de cette aide sur vos comptes. Maîtriser ses écritures est essentiel pour présenter un bilan comptable fidèle et optimiser votre fiscalité. Suivez notre guide complet pour enregistrer correctement ces financements, de leur réception à leur intégration progressive dans votre résultat.

Qu’est-ce qu’une subvention d’investissement ?

Une subvention d’investissement est une aide financière, le plus souvent non remboursable, accordée par une entité publique (État, collectivités territoriales) ou parfois privée à une entreprise ou une association. Son objectif est de soutenir l’acquisition ou la création d’immobilisations, c’est-à-dire des biens destinés à rester durablement dans l’entreprise. Il peut s’agir de matériel industriel, d’un bâtiment, de matériel informatique ou d’un logiciel.

Une fois octroyée et ses conditions respectées, cette aide devient une ressource définitive pour l’entreprise. Elle se distingue fondamentalement de la subvention d’exploitation, qui, elle, vise à compenser des charges courantes ou une insuffisance de produits d’exploitation et s’enregistre directement en produit de l’exercice. La subvention d’investissement, quant à elle, est considérée comme un mode de financement d’un actif et son traitement comptable est étalé dans le temps.

Elle apparaît au passif du bilan, dans les capitaux propres, car elle représente une ressource à long terme pour l’entreprise, et non un produit immédiat.

Les deux méthodes comptables pour enregistrer une subvention d’investissement

Le Plan Comptable Général (PCG), notamment via le règlement ANC n° 2014-03, offre deux options pour la comptabilisation de ces aides, sans qu’aucune ne soit qualifiée de méthode de référence. Le choix dépend de la stratégie de l’entreprise et de l’image financière qu’elle souhaite renvoyer.

  1. L’enregistrement en totalité en produits exceptionnels : Cette méthode consiste à comptabiliser l’intégralité du montant de la subvention dans le résultat de l’exercice au moment de son octroi. C’est une option rarement utilisée car elle gonfle artificiellement et ponctuellement le résultat, ce qui peut donner une vision trompeuse de la performance réelle de l’entreprise. Elle est généralement réservée aux cas où la subvention est attribuée sans aucune condition suspensive.

  2. L’étalement sur plusieurs exercices : C’est la méthode la plus courante et la plus recommandée. Elle consiste à inscrire la subvention dans les capitaux propres puis à la reprendre progressivement en produit, au même rythme que l’amortissement du bien qu’elle finance. Cette approche respecte le principe de rattachement des produits aux charges : l’aide (le produit) est reconnue sur la même période que l’usure du bien (la charge d’amortissement). C’est cette méthode que nous détaillerons.

Guide pratique : la comptabilisation étape par étape (Méthode de l’étalement)

Adopter la méthode de l’étalement nécessite de suivre un processus rigoureux en quatre temps, de la promesse de l’aide jusqu’au solde final des comptes.

Étape 1 : L’octroi et la réception de la subvention

Le traitement comptable débute dès la notification officielle de la décision d’attribution, même si les fonds ne sont pas encore versés. C’est la promesse d’octroi qui crée le droit pour l’entreprise.

À la notification de la décision :
On constate une créance sur l’organisme qui accorde l’aide.

Tableau récapitulatif

Numéro de compte

Libellé de l’écriture

Débit

Crédit

441

État – Subventions à recevoir

X €

131

Subventions d’équipement

X €

À la réception des fonds :
On solde la créance et on constate l’entrée en trésorerie.

Tableau récapitulatif

Numéro de compte

Libellé de l’écriture

Débit

Crédit

512

Banque

X €

441

État – Subventions à recevoir

X €

À ce stade, l’opération n’a eu aucun impact sur le compte de résultat. Seuls des comptes de bilan ont été mouvementés. La subvention figure au passif dans les capitaux propres.

[image alt=”Schéma illustrant le flux comptable d’une subvention d’investissement, de l’octroi à la reprise annuelle.”]

Étape 2 : La reprise annuelle de la subvention (la quote-part)

À la clôture de chaque exercice, une fraction de la subvention doit être transférée du bilan vers le compte de résultat. C’est ce qu’on appelle la “reprise” ou le “virement de la quote-part”. Le rythme de cette reprise dépend de la nature du bien financé.

  • Pour une immobilisation amortissable : La reprise de la subvention se fait sur la même durée et au même rythme que l’amortissement du bien. Si un matériel est amorti en linéaire sur 5 ans, 1/5 de la subvention sera viré au résultat chaque année.

  • Pour une immobilisation non amortissable (ex: un terrain) : La reprise s’étale sur le nombre d’années pendant lesquelles le bien est inaliénable selon le contrat de subvention. Si le contrat exige que l’entreprise conserve le bien pendant 10 ans, la reprise se fera sur 10 ans.

  • Si aucune clause d’inaliénabilité n’est prévue : La reprise s’effectue par fractions égales sur dix ans.

L’écriture comptable à passer à chaque clôture est la suivante :

Tableau récapitulatif

Numéro de compte

Libellé de l’écriture

Débit

Crédit

139

Subventions d’investissement inscrites au CR

Y €

777

Quote-part des subventions d’inv. virée au CR

Y €

Évolution du Plan Comptable Général (PCG)

Attention, une mise à jour importante est à noter pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. Le compte 777, actuellement classé en produit exceptionnel, sera remplacé par le compte 747 “Subventions d’investissement”. Ce changement vise à ne plus considérer cette reprise comme exceptionnelle mais comme un produit inhérent au modèle économique de l’entreprise ayant bénéficié de l’aide.

Étape 3 : L’exemple chiffré pour bien comprendre

Imaginons une entreprise qui achète une machine pour 50 000 € HT le 1er janvier N. Elle bénéficie d’une subvention de 10 000 € pour cet achat. La machine est amortie en linéaire sur 5 ans.

Année N : Achat et réception de la subvention

  1. Achat de la machine : Débit 2154 “Matériel industriel” (50 000 €), Crédit 404 “Fournisseurs d’immobilisations” (50 000 €).

  2. Réception de la subvention : Débit 512 “Banque” (10 000 €), Crédit 131 “Subventions d’équipement” (10 000 €).

Fin de l’année N : Travaux d’inventaire

  1. Constatation de l’amortissement : L’annuité est de 50 000 € / 5 = 10 000 €.

    – Débit 68112 “Dotations aux amortissements” (10 000 €)
    – Crédit 28154 “Amortissements du matériel industriel” (10 000 €)

  2. Reprise de la quote-part de subvention : La reprise est de 10 000 € / 5 = 2 000 €.

    – Débit 139 “Subventions d’investissement inscrites au CR” (2 000 €)
    – Crédit 777 “Quote-part…” (2 000 €)

Cette double écriture de fin d’année sera passée chaque année, de N à N+4.

Étape 4 : Le solde des comptes à la fin du processus

À la fin de la cinquième année (N+4), la subvention aura été totalement reprise. Le compte 131 aura un solde créditeur de 10 000 € et le compte 139 un solde débiteur de 10 000 €. Il convient alors de les solder l’un par l’autre pour nettoyer le bilan.

Tableau récapitulatif

Numéro de compte

Libellé de l’écriture

Débit

Crédit

131

Subventions d’équipement

10 000 €

139

Subventions d’investissement inscrites au CR

10 000 €

Quel est l’impact fiscal de la subvention d’investissement ?

La fiscalité suit la comptabilité. La réception de la subvention n’a pas de conséquence fiscale immédiate. L’imposition est étalée dans le temps, tout comme la constatation du produit.

Chaque année, l’entreprise est imposée sur le montant de la quote-part de subvention virée au compte de résultat (le montant crédité au compte 777). Dans notre exemple, l’entreprise ajoutera 2 000 € à son résultat imposable chaque année pendant 5 ans. Ce mécanisme permet de lisser la charge fiscale et de la faire coïncider avec les avantages économiques générés par l’investissement. L’étalement de la subvention est donc aussi un outil d’optimisation de l’impôt sur les sociétés.

Gestion des cas particuliers

La vie d’une immobilisation n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Plusieurs événements peuvent venir perturber le plan d’étalement de la subvention.

Que faire si l’immobilisation est cédée avant la fin ?

Si le bien financé par la subvention est vendu avant la fin de sa durée d’amortissement, le principe d’étalement s’arrête. La fraction de la subvention qui n’a pas encore été reprise au compte de résultat doit l’être immédiatement.

Reprenons notre exemple : si la machine est vendue à la fin de l’année N+2, 3 annuités d’amortissement et 3 quotes-parts de subvention auront été comptabilisées (soit 3 x 2 000 € = 6 000 €). Le solde de la subvention non encore rapporté au résultat est de 10 000 € – 6 000 € = 4 000 €. Ce montant doit être intégralement viré en produit exceptionnel au moment de la cession.

Et en cas de remboursement de la subvention ?

Il peut arriver que l’entreprise doive rembourser l’aide perçue, par exemple si les conditions d’octroi ne sont finalement pas respectées (non-réalisation de l’investissement, non-respect d’engagements sociaux, etc.).

L’écriture de remboursement dépendra de l’état d’avancement de la reprise :

  • Le montant de la subvention encore présent au crédit du compte 131 sera débité.

  • La part déjà virée au résultat (via les comptes 139 et 777) devra être constatée en charge exceptionnelle au débit d’un compte 67 “Charges exceptionnelles”.

  • La contrepartie sera le crédit du compte 512 “Banque” pour le montant total remboursé.

Le conseil de nos experts-comptables

La gestion des subventions d’investissement demande de la rigueur et un suivi sur le long terme. Dès la notification, conservez précieusement tous les documents et analysez les conditions d’octroi. Mettre en place un tableau de suivi de la reprise annuelle est indispensable. Les outils de gestion comptable modernes, comme ceux que nous proposons chez Keobiz, permettent d’automatiser ces écritures récurrentes et de ne jamais oublier une échéance, garantissant ainsi la conformité de vos comptes annuels.

La comptabilisation d’une subvention d’investissement est une procédure qui peut paraître complexe, mais elle repose sur une logique simple : faire correspondre le rythme d’un enrichissement (la subvention) avec celui de l’appauvrissement qu’il finance (la dépréciation de l’actif). En optant pour la méthode de l’étalement, vous donnez une image plus juste de la performance de votre entreprise et optimisez votre fiscalité. Pour sécuriser ces opérations et vous concentrer sur votre cœur de métier, l’accompagnement par un expert-comptable est une solution fiable et efficace.

FAQ :

Où apparaissent les subventions d'investissement dans le bilan ?

Lors de son octroi, la subvention est inscrite au passif du bilan, dans les capitaux propres, au crédit du compte 131 “Subventions d’équipement”. La fraction non encore virée au résultat y reste jusqu’au solde final des comptes. Elle représente une ressource stable de financement pour l’entreprise.

Quelle est la différence avec une subvention d'exploitation ?

La finalité est différente. Une subvention d’investissement finance l’acquisition d’un bien durable (une immobilisation) et son impact est lissé sur plusieurs années. Une subvention d’exploitation (compte 74) finance le cycle d’exploitation courant (compenser des charges, soutenir des prix bas) et est comptabilisée intégralement en produit de l’exercice où elle est acquise.

Le traitement est-il le même pour une association ?

Oui, le règlement ANC 2018-06, qui s’applique aux associations, ne prévoit pas de traitement particulier. Elles doivent donc appliquer les règles duPlan Comptable Général(PCG). Une association a donc le même choix : soit une comptabilisation immédiate en produit exceptionnel, soit un étalement de la subvention au rythme de l’amortissement du bien financé.

Comment gérer une subvention finançant un bien non amortissable ?

Si le bien financé n’est pas amortissable (par exemple un terrain), la subvention est tout de même reprise en produit, mais selon des règles spécifiques. La reprise s’étale sur la durée de la clause d’inaliénabilité stipulée dans le contrat de subvention. S’il n’y a pas de telle clause, la loi prévoit par défaut un étalement sur dix ans.

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