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Produits à recevoir (PAR) : Définition et écritures comptables 2026

Sommaire :

1.Qu’est-ce qu’un produit à recevoir (PAR) ?
2.Quels sont les comptes de produits à recevoir à utiliser ?
3.Comment comptabiliser les produits à recevoir ? Le guide pratique
4.Impacts et points de vigilance pour une clôture sereine
5.FAQ :
En résumé :
  • Un produit à recevoir (PAR) est une créance certaine née durant l’exercice mais non encore facturée à la clôture ; il doit être estimable et respecte le principe de séparation des exercices.

  • On utilise des comptes de régularisation (chiffre “8” en position de régularisation) selon la nature du produit : ex. 4181 (factures à établir), 4387 (organismes sociaux), 4487 (État), 5088/5188 (intérêts courus), 4687 (débiteurs divers).

  • Comptabilisation à la clôture : passer une écriture d’inventaire dans le journal OD (débit du compte de tiers en XX8 pour le TTC, crédit du compte de produit HT et crédit du compte de TVA d’attente 44587 pour la TVA non exigible).

  • Extourne le 1er jour de l’exercice suivant : contre-passation de l’écriture de PAR puis enregistrement classique de la facture réelle pour éviter la double comptabilisation du produit.

  • Conserver des justificatifs solides (contrat, bon de commande, devis signé, mail de validation), estimer rigoureusement les montants (impact IS/TVA) et documenter les travaux d’inventaire pour sécuriser contrôles et audits.

Comment être certain que le résultat de votre entreprise reflète fidèlement toute l’activité de votre exercice comptable, même celle qui n’a pas encore été facturée ? La clôture des comptes est un moment clé qui exige de rattacher chaque produit à la bonne période, une tâche qui peut vite devenir complexe. C’est ici qu’interviennent les produits à recevoir, un mécanisme comptable essentiel pour garantir la justesse de votre bilan et de votre compte de résultat.

Qu’est-ce qu’un produit à recevoir (PAR) ?

Un produit à recevoir (PAR) représente une créance acquise par l’entreprise au cours d’un exercice, mais qui n’a pas encore été formellement enregistrée par une facture à la date de clôture. En d’autres termes, votre entreprise a réalisé une vente de bien ou une prestation de service, le produit est donc gagné, mais le document comptable officiel (la facture) ne sera émis que sur l’exercice suivant.

Leur comptabilisation est fondamentale pour respecter l’un des piliers de la comptabilité d’entreprise : le principe de séparation des exercices. Ce principe, édicté par le Code de Commerce, exige que seuls les produits et les charges concernant un exercice soient enregistrés dans les comptes de cet exercice. Sans la constatation des PAR, votre chiffre d’affaires et votre résultat seraient artificiellement diminués, donnant une image infidèle de la performance de votre entreprise.

Un produit à recevoir doit être certain dans son principe, même si son montant exact n’est pas encore définitivement arrêté. Il doit pouvoir être estimé de manière fiable. Si une incertitude trop importante demeure sur le montant à la clôture, le principe de prudence prévaut et le produit ne doit pas être constaté.

La distinction essentielle : produit à recevoir vs. produit constaté d’avance

Il est crucial de ne pas confondre les produits à recevoir avec les produits constatés d’avance (PCA). Leur logique est inverse :

  • Produit à Recevoir (PAR) : La prestation a été réalisée (ou le bien livré) durant l’exercice N, mais la facture sera émise en N+1. Le produit appartient à N.
  • Produit Constaté d’Avance (PCA) : La facture a été émise et encaissée en N, mais la prestation sera réalisée (ou le bien livré) en N+1. Le produit appartient à N+1.

Quels sont les comptes de produits à recevoir à utiliser ?

Le Plan Comptable Général (PCG) prévoit plusieurs comptes spécifiques pour enregistrer ces créances en attente de facturation. Le choix du compte dépend de la nature du produit. La logique de codification est souvent simple : on utilise la racine du compte de tiers concerné et on y ajoute le chiffre 8 en troisième position pour signaler qu’il s’agit d’une écriture de régularisation.

Les créances d’exploitation

C’est le cas le plus fréquent. Il concerne les ventes de biens ou les prestations de services réalisées auprès des clients.

  • Compte 4181 “Clients – Factures à établir” : Utilisé pour matérialiser le chiffre d’affaires réalisé mais non encore facturé à la date de clôture.
  • Compte 4188 “Clients – Intérêts courus” : Concerne les intérêts de retard ou moratoires dus par les clients mais non encore facturés.

Les créances sociales et fiscales

Il arrive que l’entreprise ait des créances envers l’État ou des organismes sociaux.

  • Compte 4287 “Personnel – Produits à recevoir” : Peut être utilisé pour des sommes dues par les salariés.
  • Compte 4387 “Organismes sociaux – Produits à recevoir” : Très courant pour enregistrer des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) avancées par l’employeur à un salarié et en attente de remboursement, ou des subventions accordées mais non encore versées.
  • Compte 4487 “État – Produits à recevoir” : Sert par exemple à constater un crédit de TVA non encore remboursé ou un dégrèvement d’impôt attendu (comme le plafonnement de la CVAE).
Le saviez-vous ? La codification du PCG

Le chiffre “8” en troisième ou quatrième position dans un compte de tiers (classe 4) ou financier (classe 5) indique presque toujours une opération de régularisation de fin d’exercice. Pour les produits à recevoir, on débite un compte en XX8. Pour les charges à payer, on crédite un compte en XX8. C’est une astuce simple pour s’y retrouver dans le plan comptable général.

Les créances financières

Ces produits sont liés aux placements financiers de l’entreprise.

  • Compte 2768 “Autres créances immobilisées – Intérêts courus” : Pour les intérêts sur des prêts à long terme accordés par l’entreprise.
  • Compte 5088 “Intérêts courus sur obligations, bons et valeurs assimilées” : Pour les coupons d’obligations non encore échus à la clôture.
  • Compte 5188 “Banque – Intérêts courus à recevoir” : Pour les intérêts sur des comptes à terme ou des placements de trésorerie.

Les autres créances

Pour tous les autres cas ne rentrant pas dans les catégories précédentes, on utilise un compte fourre-tout.

  • Compte 4687 “Débiteurs divers – Produits à recevoir” : Il peut s’agir par exemple d’une indemnité d’assurance validée par l’expert mais dont le versement n’est pas encore intervenu à la clôture.

Comment comptabiliser les produits à recevoir ? Le guide pratique

La comptabilisation des PAR se déroule en deux temps : une écriture d’inventaire à la clôture, puis une contre-passation à la réouverture de l’exercice suivant. C’est une étape cruciale des travaux d’inventaire annuels.

1. L’écriture d’inventaire à la clôture de l’exercice

À la date de clôture (généralement le 31 décembre N), une fois tous les produits à recevoir identifiés et estimés, il faut passer une écriture de régularisation dans le journal des Opérations Diverses (OD).

Exemple concret : La facture à établir (FAE)

Une entreprise de conseil a réalisé une mission en décembre N pour un montant de 5 000 € HT. La facture ne sera envoyée au client qu’en janvier N+1. Le taux de TVA est de 20 %.

Tableau récapitulatif

Numéro de compte

Libellé du compte

Débit

Crédit

4181

Clients – Factures à établir

6 000,00 €

706

Prestations de services

5 000,00 €

44587

Taxes sur le CA sur factures à établir

1 000,00 €

Analyse de l’écriture :

  • On constate la créance TTC sur le client via le débit du compte 4181.
  • On rattache le chiffre d’affaires HT à l’exercice N en créditant le compte de produit 706.
  • On constate la TVA collectée mais non encore exigible dans un compte d’attente, le 44587.

2. L’extourne au début de l’exercice suivant

Dès le premier jour du nouvel exercice (le 1er janvier N+1), cette écriture doit être “extournée”, c’est-à-dire contre-passée. Cela consiste simplement à passer l’écriture inverse pour annuler la précédente et neutraliser son impact sur l’exercice N+1.

Tableau récapitulatif

Numéro de compte

Libellé du compte

Débit

Crédit

706

Prestations de services

5 000,00 €

44587

Taxes sur le CA sur factures à établir

1 000,00 €

4181

Clients – Factures à établir

6 000,00 €

Cette extourne solde les comptes de régularisation. Ensuite, lorsque la facture sera réellement émise en janvier N+1, elle sera comptabilisée de manière classique, comme si de rien n’était. La combinaison de l’extourne (qui met le compte 706 en débit) et de la facturation normale (qui met le compte 706 en crédit) neutralisera le produit sur l’exercice N+1, assurant ainsi qu’il n’est compté qu’une seule fois, sur le bon exercice (N).

Ne jamais oublier l’extourne !

Oublier de contre-passer les écritures de produits à recevoir au début de l’exercice suivant est une erreur fréquente. La conséquence ? Le chiffre d’affaires serait comptabilisé deux fois : une fois via l’écriture de PAR en N, et une seconde fois lors de l’émission de la facture en N+1. Cela gonflerait artificiellement votre résultat et pourrait entraîner des redressements en cas de contrôle.

Cas particulier : les avoirs à recevoir

Le même mécanisme s’applique pour un avoir que vous attendez d’un fournisseur mais que vous n’avez pas encore reçu à la clôture. Il s’agit en quelque sorte d’une “facture non parvenue” mais pour un produit.

L’écriture consiste à :

  • Débiter le compte 4098 “Rabais, remises, ristournes à obtenir et autres avoirs non encore reçus”.
  • Créditer le compte de charge concerné (classe 6) pour le montant HT de l’avoir.
  • Créditer le compte 44586 “Taxes sur le chiffre d’affaires sur factures non parvenues” pour la TVA.

Impacts et points de vigilance pour une clôture sereine

La correcte comptabilisation des PAR est bien plus qu’une simple formalité. Elle a des conséquences directes sur vos états financiers et votre fiscalité.

Impact sur le résultat fiscal et la TVA

En augmentant le chiffre d’affaires de l’exercice, les produits à recevoir majorent le résultat comptable. Ce résultat sert de base au calcul de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR). Une estimation rigoureuse est donc indispensable pour ne pas surévaluer ou sous-évaluer sa base imposable.

Concernant la TVA, l’utilisation du compte 44587 “Taxes sur le chiffre d’affaires sur factures à établir” permet de la constater sans pour autant la rendre exigible. La déclaration de TVA ne sera impactée qu’au moment de l’émission de la facture réelle sur l’exercice suivant, conformément aux règles fiscales.

La clé : une documentation irréprochable

Pour chaque produit à recevoir, vous devez conserver une preuve tangible justifiant son estimation. Il peut s’agir d’un devis signé, d’un bon de commande, d’un contrat, d’un décompte d’heures, d’un mail de validation du client ou d’une notification d’accord d’un organisme. En cas de contrôle fiscal ou d’audit par un commissaire aux comptes, ces documents sont essentiels pour prouver la réalité de la créance rattachée à l’exercice.

Keobiz, votre partenaire pour une clôture comptable sans erreur

Identifier, évaluer et comptabiliser correctement l’ensemble des produits à recevoir peut être un véritable défi, surtout lorsque les opérations sont nombreuses. C’est dans ce contexte que l’accompagnement d’un expert-comptable prend tout son sens.

Chez Keobiz, nous allions la puissance d’outils digitaux comme la plateforme Pennylane à l’expertise d’un chargé de mission dédié. Votre conseiller vous aide activement lors de la préparation de votre bilan comptable à passer en revue votre activité de fin d’année pour n’oublier aucun produit. Grâce à la synchronisation bancaire et au traitement intelligent des documents, le repérage des prestations non facturées est simplifié, garantissant ainsi une clôture juste et conforme.

La maîtrise des produits à recevoir est un gage de rigueur et de fiabilité pour la comptabilité de votre entreprise. Ces écritures de régularisation, bien que temporaires, sont indispensables pour présenter des comptes annuels qui reflètent une image fidèle de votre patrimoine et de votre performance. En les traitant avec méthode, vous sécurisez votre résultat fiscal et vous vous dotez d’une base saine pour piloter votre activité sur le nouvel exercice.

FAQ :

Quelle est la différence entre une facture à établir et un produit à recevoir ?

La “facture à établir” (FAE) est le type le plus courant de produit à recevoir. Le produit à recevoir est la catégorie générale qui englobe toutes les créances certaines non encore facturées à la clôture. Une FAE est donc un PAR, mais un PAR peut aussi être une subvention à recevoir ou des intérêts courus, qui ne sont pas des FAE.

Doit-on toujours extourner une écriture de produit à recevoir ?

Oui, c’est la méthode comptable standard et recommandée. L’extourne au premier jour de l’exercice suivant permet de neutraliser l’écriture de régularisation et de simplifier la comptabilisation de la facture (ou du produit) lorsqu’elle sera officiellement enregistrée. Ne pas extourner complexifie le suivi et augmente le risque d’erreur.

Que faire si le montant réel de la facture est différent de l'estimation ?

Ce n’est pas un problème. L’estimation est passée en N, puis extournée pour un montant identique en N+1. L’impact net sur l’exercice N+1 est donc nul. Lorsque la facture réelle est émise, vous la comptabilisez pour son montant exact. L’important est que l’estimation en N soit la plus fiable possible au moment de la clôture, sur la base des informations disponibles.

Comment un expert-comptable en ligne peut-il m'aider avec mes produits à recevoir ?

Un expert-comptable en ligne comme Keobiz vous apporte une double plus-value. D’une part, des outils performants qui centralisent vos données et facilitent l’identification des opérations de fin d’année. D’autre part, un conseiller humain dédié qui connaît votre dossier, vous questionne et s’assure avec vous que tous les produits de l’exercice ont bien été rattachés avant de valider votre bilan. C’est l’assurance d’une clôture sereine et conforme.

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