Icone du topbar En ce moment : La création d’entreprise est offerte ! La création d’entreprise est offerte ! Je me lance
Keobiz / Le Mag / Gérer une entreprise / Défiscalisation en SCI 2026 : Le guide complet pour choisir entre IR et IS
Gérer une entreprise

Défiscalisation en SCI 2026 : Le guide complet pour choisir entre IR et IS

Sommaire :

1.FAQ :
En résumé :
  • La SCI est d’abord un outil patrimonial permettant à plusieurs associés de détenir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers, elle n’est pas un dispositif de défiscalisation en soi.

  • Le choix IR vs IS est déterminant : à l’IR la transparence fiscale permet l’abattement pour durée sur les plus‑values et l’imputation des déficits fonciers, à l’IS l’amortissement réduit les bénéfices imposables mais alourdit la fiscalité de la revente et l’option est irrévocable.

  • La SCI facilite la transmission (donation de parts, démembrement usufruit/nue‑propriété, abattements quinquennaux) et peut réduire l’assiette IFI grâce à une décote sur les parts.

  • Il est possible de cumuler une SCI avec des dispositifs locatifs (Pinel, Malraux, Denormandie) mais sous conditions strictes (SCI à l’IR pour le Pinel, conservation des parts, interdiction de louer aux associés, respect des règles d’éligibilité).

  • Points de vigilance : formalités et frais de création, obligations comptables (surtout à l’IS), responsabilité illimitée des associés, complexité de cession des parts et risques de requalification — l’accompagnement par un expert est recommandé.

Vous envisagez d’investir dans l’immobilier et vous vous demandez comment optimiser la fiscalité de vos futurs revenus locatifs ? La Société Civile Immobilière (SCI) est souvent présentée comme une solution patrimoniale puissante, mais est-elle réellement un outil de défiscalisation adapté à votre projet ? Entre gestion de l’imposition, transmission de patrimoine et compatibilité avec certains dispositifs, il est essentiel de bien comprendre ses mécanismes pour prendre les bonnes décisions.

La SCI n’est pas un dispositif de défiscalisation en soi, mais une structure juridique qui, selon les options choisies, offre des leviers d’optimisation fiscale significatifs. Le choix du régime d’imposition, entre l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS), est la pierre angulaire de toute stratégie.

Qu’est-ce qu’une SCI ? Un outil patrimonial avant tout

Avant de parler fiscalité, il est crucial de comprendre ce qu’est une SCI. La Société Civile Immobilière est une structure juridique permettant à au moins deux personnes (appelées “associés”) de détenir et de gérer ensemble un ou plusieurs biens immobiliers. Contrairement à une SARL ou une SAS, son objet est civil et non commercial. Elle est donc régie par le Code civil.

La création d’une SCI a plusieurs objectifs :

  • Faciliter la gestion d’un patrimoine : Les décisions sont prises par le gérant désigné dans les statuts ou par un vote des associés, ce qui évite les blocages de l’indivision.
  • Investir à plusieurs : Elle permet de mutualiser les apports pour acquérir des biens plus importants.
  • Protéger le patrimoine personnel : Bien que la responsabilité des associés soit illimitée, elle est “subsidiaire”. Cela signifie qu’un créancier doit d’abord poursuivre la société avant de se retourner contre les associés, et ce, à hauteur de leur participation au capital.
  • Organiser la transmission : C’est l’un de ses atouts majeurs, nous y reviendrons.

La constitution d’une SCI implique la rédaction de statuts, la définition d’un capital social (composé d’apports en nature ou en numéraire) et le choix d’un siège social. Ces démarches de création d’entreprise sont des étapes clés pour lesquelles un accompagnement est souvent indispensable.

Optimiser sa fiscalité avec une SCI : le choix crucial entre IR et IS

Le principal levier d’optimisation fiscale en SCI réside dans le choix de son régime d’imposition. Par défaut, une SCI est “transparente” et soumise à l’impôt sur le revenu (IR). Elle peut cependant opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), une décision qui aura des conséquences radicalement différentes sur vos finances.

La SCI à l’IR : la fiscalité “transparente” par défaut

C’est le régime de base. La SCI ne paie pas d’impôt elle-même. Les bénéfices (loyers moins charges déductibles) sont directement imposés entre les mains des associés, proportionnellement à leurs parts dans le capital, dans la catégorie des revenus fonciers. Chaque associé ajoute sa quote-part de bénéfice à ses autres revenus et est imposé selon sa tranche marginale d’imposition (TMI), à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %.

Avantages de la SCI à l’IR :

  • Le régime des plus-values des particuliers : En cas de revente du bien, la plus-value est taxée au taux fixe de 19 % (+ 17,2 % de prélèvements sociaux). Surtout, elle bénéficie d’un abattement pour durée de détention qui réduit l’impôt à payer dès la 6ème année, jusqu’à une exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. C’est idéal pour un investissement patrimonial à long terme.
  • L’imputation des déficits fonciers : Si la SCI est déficitaire (plus de charges que de revenus), chaque associé peut imputer sa part de déficit sur son revenu global jusqu’à 10 700 € par an, ce qui réduit directement son impôt personnel.

Inconvénients :

  • Pour les associés fortement imposés (TMI à 30 %, 41 % ou 45 %), la fiscalité sur les loyers peut être très lourde.

[image alt=”Tableau comparatif de la fiscalité d’une SCI à l’IR et à l’IS”]

La SCI à l’IS : la fiscalité “opaque” sur option

L’option pour l’impôt sur les sociétés (IS) change complètement la donne. Ici, c’est la société qui est redevable de l’impôt sur ses bénéfices. Les associés ne sont imposés personnellement que s’ils décident de se verser des dividendes (soumis à la flat tax de 30 % ou au barème progressif de l’IR).

Avantages de la SCI à l’IS :

  • L’amortissement du bien : C’est le principal atout. La SCI peut déduire de son résultat fiscal une charge comptable correspondant à l’usure du bien (l’amortissement). Cette charge, purement fiscale, vient réduire considérablement, voire annuler, le bénéfice imposable. Résultat : la SCI paie peu ou pas d’impôt pendant de nombreuses années.
  • Un taux d’imposition maîtrisé : Le bénéfice est imposé au taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 €, puis au taux normal de 25 % au-delà. C’est souvent plus avantageux que les tranches hautes de l’IR.
  • Déduction de toutes les charges : L’ensemble des frais liés à l’acquisition et à la gestion (frais de notaire, rémunération du gérant, etc.) sont déductibles du résultat.

Inconvénients :

  • La fiscalité des plus-values professionnelles : C’est le revers de la médaille. En cas de revente, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable du bien (prix d’achat moins les amortissements pratiqués). Les amortissements augmentent donc mathématiquement la plus-value imposable. De plus, il n’y a aucun abattement pour durée de détention. La plus-value est imposée comme un bénéfice classique, au taux de l’IS.
  • Une gestion plus complexe : La SCI à l’IS impose la tenue d’une comptabilité d’engagement et le dépôt de comptes annuels, ce qui requiert l’intervention d’un expert-comptable. Une bonne gestion de votre comptabilité LMNP peut donner une idée de la rigueur nécessaire.
L’option pour l’IS est irrévocable !

Une fois que vous avez opté pour l’impôt sur les sociétés, il est impossible de revenir en arrière. Ce choix doit être mûrement réfléchi en fonction de votre stratégie à long terme : souhaitez-vous générer des revenus immédiats, capitaliser dans la société ou préparer une revente ?

Tableau récapitulatif

Critère

SCI à l’IR (régime par défaut)

SCI à l’IS (sur option)

Imposition des bénéfices

Entre les mains des associés (revenus fonciers)

Au niveau de la société (taux de 15 % puis 25 %)

Amortissement du bien

Non

Oui, réduit fortement le bénéfice imposable

Plus-value de cession

Régime des particuliers (abattement pour durée de détention)

Régime des professionnels (sans abattement, base de calcul majorée par les amortissements)

Gestion comptable

Simplifiée (comptabilité de trésorerie)

Complexe (comptabilité d’engagement obligatoire)

Profil idéal

Investissement patrimonial à long terme avec revente envisagée, associés peu fiscalisés.

Investisseurs fortement fiscalisés cherchant à capitaliser, création de revenus complémentaires à terme.

La SCI, un levier puissant pour optimiser la transmission de patrimoine

Au-delà de la gestion des revenus, la SCI est un formidable outil pour préparer et optimiser la transmission de son patrimoine immobilier.

Plutôt que de transmettre un bien en indivision, source fréquente de conflits, les parents peuvent donner progressivement des parts de la SCI à leurs enfants. Cette méthode offre plusieurs avantages :

  • Profiter des abattements sur les donations : Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 € de parts par enfant tous les 15 ans en franchise de droits. La SCI permet de calibrer précisément la donation à ce montant.
  • Conserver la gestion du patrimoine : Les parents peuvent donner la majorité des parts (la nue-propriété) tout en conservant la gérance de la SCI et les revenus (l’usufruit). Ils gardent ainsi le contrôle total sur la gestion des biens.
  • Réduire la base taxable à l’IFI : L’administration fiscale admet une décote de 10 % à 20 % sur la valeur des parts de SCI par rapport à la valeur du bien détenu en direct. Cette décote, justifiée par le manque de liquidité des parts, permet de réduire la base imposable à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).

Pour être valide, la SCI doit être correctement administrée, ce qui inclut la déclaration des bénéficiaires effectifs auprès du greffe.

SCI et dispositifs de défiscalisation immobilière : des liaisons possibles

Il est possible de combiner une SCI avec certains dispositifs de réduction d’impôt comme la loi Pinel ou la loi Malraux, mais sous des conditions strictes.

Le cas de la loi Pinel en SCI

Un investissement locatif Pinel peut tout à fait être réalisé via une SCI. La réduction d’impôt n’est pas appliquée à la société, mais à chaque associé, au prorata de ses parts dans le bien concerné.

Exemple : Une SCI à l’IR avec deux associés à 50/50 achète un bien Pinel à 300 000 €. Chaque associé pourra bénéficier de la réduction d’impôt calculée sur une base de 150 000 €.

Cependant, des règles s’appliquent :

  • La SCI doit obligatoirement être soumise à l’IR.
  • Chaque associé doit s’engager à conserver la totalité de ses parts pendant toute la durée de l’engagement de location Pinel (6, 9 ou 12 ans).
  • Il est interdit de louer le bien à l’un des associés de la SCI ou à un membre de son foyer fiscal.
Vérifiez les conditions d’éligibilité

Chaque dispositif (Pinel, Malraux, Denormandie) a ses propres règles. Si la SCI à l’IR est généralement compatible, il est impératif de vérifier la conformité de votre projet avec la législation en vigueur pour ne pas risquer une remise en cause de l’avantage fiscal.

Les points de vigilance et les risques à ne pas négliger

Si la SCI offre de nombreux avantages, elle comporte aussi des contraintes et des risques qu’il faut connaître avant de se lancer.

  1. Un formalisme de gestion : Une SCI est une société. Elle impose la tenue d’une assemblée générale annuelle pour approuver les comptes, même dans le cas d’une SCI familiale à l’IR. Cette gestion a un coût, notamment pour une SCI à l’IS qui nécessite un expert-comptable.
  2. La responsabilité illimitée des associés : Comme évoqué, si la SCI ne peut payer ses dettes, les créanciers peuvent se retourner contre le patrimoine personnel des associés.
  3. Les difficultés de cession des parts : Vendre des parts de SCI peut être plus complexe que de vendre un bien immobilier. Les acheteurs sont souvent plus frileux et une clause d’agrément dans les statuts peut obliger à obtenir l’accord des autres associés.
  4. La rédaction des statuts : C’est une étape fondamentale. Des statuts mal rédigés peuvent être une source de conflits futurs entre associés. Il est crucial de bien définir les pouvoirs du gérant, les règles de majorité pour les décisions importantes et les conditions de sortie d’un associé. Pour ces raisons, faire appel à un professionnel pour l’annonce légale et les autres formalités est une sécurité.

En somme, la SCI est un outil d’optimisation fiscale et patrimoniale très performant, mais sa mise en place et sa gestion ne s’improvisent pas. Le choix entre IR et IS doit être le fruit d’une analyse approfondie de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre horizon d’investissement. L’accompagnement par des experts, tant pour la création que pour le suivi comptable et fiscal, est la clé pour sécuriser votre projet et en tirer tous les bénéfices.

FAQ – Défiscalisation et SCI

FAQ :

Quelle est la meilleure fiscalité pour une SCI ?

Il n’y a pas de “meilleure” fiscalité dans l’absolu. LaSCI à l’IRest idéale pour les investisseurs qui prévoient une détention longue et une revente à terme, grâce à son régime de plus-value très avantageux. LaSCI à l’ISest plus adaptée aux investisseurs déjà fortement fiscalisés qui souhaitent développer un patrimoine immobilier en limitant l’imposition sur les revenus locatifs grâce à l’amortissement, et qui n’envisagent pas de revente à court ou moyen terme.

Peut-on créer une SCI seul ?

Non, la création d’une SCI requiert au minimum deux associés, qu’ils soient des personnes physiques ou morales. Il n’existe pas de “SCI unipersonnelle”, contrairement à l’EURL ou la SASU pour les sociétés commerciales.

Quels sont les coûts liés à une SCI ?

Il faut distinguer les coûts de création et les coûts de gestion. La création englobe les frais de rédaction des statuts, de publication d’une annonce légale et d’immatriculation au greffe. Annuellement, il faut prévoir les frais de tenue de compte bancaire, potentiellement lataxe foncière, et surtout les honoraires d’un expert-comptable pour la déclaration fiscale annuelle (2072 pour l’IR) et la comptabilité complète si la SCI est à l’IS.

Nos derniers articles de
gérer une entreprise

Établissement complémentaire : Comment ouvrir et déclarer votre structure en 2026
Votre activité se développe et vos locaux actue...
Fiscalité de la SASU en 2026 : IR, IS, dividendes et cotisations sociales
C’est une étape cruciale qui déterminera ...
Transformer une SA en SAS : Procédure, étapes et formalités en 2026
Votre Société Anonyme (SA) est-elle devenue tro...
Transformer une SARL en SAS : Le guide pratique complet 2026
Votre SARL atteint ses limites et vous envisage...
Nous contacter