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Conservation des documents comptables : Délais légaux et checklist 2026

Sommaire :

1.FAQ :
En résumé :
  • Conserver toutes les pièces justifiant une opération : factures clients/fournisseurs, livres comptables (livre-journal, grand-livre, livre d’inventaire), relevés bancaires, comptes annuels, déclarations fiscales, bulletins de paie, contrats et registres sociaux.

  • Respecter les durées légales principales : 10 ans pour les documents comptables (à partir de la clôture de l’exercice), 6 ans pour la plupart des documents fiscaux (à partir de l’année d’imposition ou de l’opération), 30 ans pour les actes immobiliers et délais spécifiques pour certains contrats (ex. 5 ans pour la plupart des contrats commerciaux).

  • Numériser est possible à valeur probante si la copie est fidèle à l’original, horodatée, protégée (signature ou cachet électronique qualifié) et que la procédure de numérisation et de traçabilité est documentée ; la destruction des originaux n’est autorisée qu’en respectant ces conditions strictes.

  • Ne pas conserver ou pouvoir produire les pièces expose à des risques sérieux : redressement fiscal (rejets de charges/TVA, majorations), pertes en justice et, en cas de fraude, sanctions pénales ; en cas de fraude ou travail dissimulé, les délais de reprise peuvent être étendus à 10 ans.

  • Organiser concrètement l’archivage : nomenclature standardisée (AAAA-MM-JJ_Type_Fournisseur), dossiers par année/type, stockage sécurisé avec sauvegardes et coffre-fort électronique certifié, et s’appuyer sur un expert-comptable ou une solution numérique (plateforme comptable/coffre-fort) pour garantir conformité et facilité d’accès.

En tant que dirigeant d’entreprise, jongler avec les obligations administratives est un défi quotidien. Parmi elles, l’archivage des documents peut sembler fastidieux, mais il est absolument crucial. Êtes-vous certain de respecter les délais de conservation de vos documents comptables ? Une facture égarée, un contrat détruit trop tôt, et c’est la porte ouverte à des complications fiscales ou juridiques.

Loin d’être une simple contrainte, une bonne gestion de vos archives est un gage de sécurité et de sérénité pour votre entreprise. Elle vous permet de justifier chaque écriture en cas de contrôle, de défendre vos droits lors d’un litige et de piloter votre activité sur la base d’un historique fiable. Les règles varient selon la nature du document, et il est essentiel de les maîtriser. Ce guide complet vous détaille toutes les durées légales de conservation et les meilleures pratiques pour un archivage sans faille.

Qu’est-ce qu’un document comptable à conserver ?

Avant de parler de délais, il est important de bien définir ce que l’on entend par “document comptable”. Il ne s’agit pas uniquement de votre bilan ou de votre compte de résultat. Un document comptable est toute pièce, papier ou numérique, qui justifie une transaction financière ou commerciale et qui sert de base à l’enregistrement des écritures dans votre comptabilité.

Cette définition large englobe une multitude de pièces justificatives qui tracent la vie économique de votre entreprise. Chaque opération doit pouvoir être prouvée par un document original. Voici une liste non exhaustive des principaux documents concernés :

  • Les pièces comptables fondamentales : factures d’achat et de vente, bons de commande, bons de livraison et de réception.
  • Les livres comptables obligatoires : le livre-journal, le grand-livre, le livre d’inventaire.
  • Les documents financiers : relevés bancaires, talons de chèques, ordres de virement.
  • Les comptes annuels : le bilan comptable, le compte de résultat et les annexes.
  • Les documents fiscaux : déclarations de TVA, d’impôt sur les sociétés (IS), de CFE, de CVAE, etc.
  • Les documents sociaux : bulletins de paie, contrats de travail, registre unique du personnel.
  • Les documents juridiques : statuts de la société, rapports de gestion, procès-verbaux d’assemblées générales.

Chacun de ces documents répond à des obligations de conservation spécifiques, dictées par différents codes : le Code de commerce, le Code général des impôts (CGI) ou encore le Code du travail.

Pourquoi est-il crucial de bien archiver ses documents ?

Conserver ses documents comptables n’est pas qu’une simple formalité administrative. C’est une obligation légale qui remplit plusieurs fonctions stratégiques pour la pérennité et la sécurité de votre entreprise.

Premièrement, l’archivage répond à une obligation légale stricte. L’administration fiscale et les organismes sociaux peuvent effectuer des contrôles a posteriori. En cas de contrôle fiscal, vous devez être en mesure de présenter l’ensemble des pièces justificatives qui ont permis d’établir vos déclarations. L’absence d’un document peut entraîner le rejet de déductions de charges ou de TVA, et potentiellement des pénalités.

Deuxièmement, ces documents constituent une preuve juridique irréfutable. En cas de litige avec un client (facture impayée), un fournisseur (livraison non conforme) ou même un salarié, les contrats, bons de commande, factures et correspondances commerciales sont des preuves tangibles pour défendre vos droits. La durée de conservation est souvent alignée sur le délai de prescription, c’est-à-dire la période durant laquelle une action en justice peut être engagée.

Enfin, un archivage méthodique est un outil de bonne gestion. Il vous permet de suivre l’évolution de votre activité, d’analyser vos performances passées et de prendre des décisions éclairées pour l’avenir. C’est la mémoire vive de votre entreprise, essentielle pour établir des prévisionnels, solliciter un financement ou simplement comprendre votre historique financier.

Le rôle de votre expert-comptable

Votre expert-comptable est votre meilleur allié pour la gestion de vos documents. Non seulement il vous aide à tenir une comptabilité rigoureuse, mais il vous conseille également sur les obligations de conservation. Chez Keobiz, nos outils numériques facilitent la collecte et le stockage sécurisé de vos pièces, vous assurant une conformité permanente et un gain de temps précieux.

Les délais légaux de conservation : le récapitulatif complet

Les durées de conservation varient considérablement en fonction de la nature du document et de la législation qui s’y applique. Pour y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des principaux délais à respecter.

Documents comptables (pièces justificatives et registres)

Le Code de commerce est très clair sur ce point. L’article L123-22 impose une conservation rigoureuse des documents comptables de base.

Tableau récapitulatif

Type de document

Durée de conservation

Point de départ du délai

Livre-journal, grand-livre, livre d’inventaire

10 ans

À partir de la clôture de l’exercice

Pièces justificatives (factures, bons de commande…)

10 ans

À partir de la clôture de l’exercice

Comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe)

10 ans

À partir de la clôture de l’exercice

Documents fiscaux

L’administration fiscale dispose d’un “droit de reprise” qui lui permet de contrôler les déclarations passées. La durée de conservation des documents fiscaux est calquée sur ce délai de prescription.

Tableau récapitulatif

Type d’impôt ou de taxe

Durée de conservation

Point de départ du délai

Impôt sur le revenu (IR) et impôt sur les sociétés (IS)

6 ans

À partir de l’année d’imposition

Taxes sur le chiffre d’affaires (TVA, CVAE, etc.)

6 ans

À partir de la date de l’opération

Impôts directs locaux (CFE, taxe foncière)

6 ans

À partir de l’année d’imposition

Exemple : Les documents relatifs à vos revenus de l’année 2024, déclarés en 2025, devront être conservés jusqu’à la fin de l’année 2030 (année de la déclaration 2025 + 6 ans).

Attention aux délais étendus

En cas d’activité occulte, de fraude fiscale ou de travail dissimulé, le délai de conservation des pièces justificatives est porté à 10 ans. L’administration dispose alors d’un délai de reprise étendu pour redresser la situation.

Documents civils et commerciaux

Ces documents régissent les relations de l’entreprise avec ses partenaires (clients, fournisseurs, banques, etc.).

Tableau récapitulatif

Type de document

Durée de conservation

Contrat commercial, correspondance commerciale

5 ans

Document bancaire (relevé, talon de chèque)

5 ans

Contrat d’acquisition ou de cession de biens immobiliers

30 ans

Contrat d’assurance

2 ansaprès la résiliation

Déclaration en douane

3 ans

Contrat électronique (≥ 120 €)

10 ansaprès la livraison

Documents sociaux et juridiques (sociétés)

La vie juridique et sociale de l’entreprise est également encadrée par des délais de conservation spécifiques.

Tableau récapitulatif

Type de document

Durée de conservation

Statuts de la société (et modifications)

5 ansaprès la radiation du RCS

Rapports du gérant/conseil d’administration

3 derniers exercices

Rapports des commissaires aux comptes

3 derniers exercices

Feuilles de présence aux assemblées

3 derniers exercices

Bulletins de paie (double employeur)

5 ans

Contrats de travail, soldes de tout compte

5 ans

Registre unique du personnel

5 ansaprès le départ du dernier salarié

Comment conserver ses documents ? Papier vs. Numérique

L’obligation de conservation ne se limite pas à la durée, elle concerne aussi le format. Faut-il garder des armoires entières de classeurs ou peut-on tout numériser ? La loi a évolué pour s’adapter aux nouvelles technologies.

L’archivage papier : la méthode traditionnelle

La conservation des originaux papier reste une pratique courante. Elle a l’avantage de la simplicité apparente, mais présente plusieurs inconvénients :

  • Coût et espace : Le stockage physique nécessite de l’espace et peut engendrer des coûts importants.
  • Risques de dégradation : Les documents sont vulnérables au feu, à l’eau, à la perte ou à la simple usure du temps.
  • Accessibilité limitée : Retrouver une facture spécifique datant de plusieurs années peut se transformer en véritable chasse au trésor.

Si un document vous a été remis en main propre ou envoyé par courrier, son original est la version papier. Il est conseillé de le conserver sous ce format.

La numérisation et l’archivage électronique : la solution moderne

La dématérialisation est aujourd’hui la solution la plus efficace et sécurisée. La loi reconnaît la valeur probante d’une copie numérique, à condition qu’elle soit “fiable”. Selon l’article 1379 du Code civil, une copie est considérée comme fiable si l’intégrité du document est garantie dans le temps.

Pour cela, le processus de numérisation doit respecter certaines conditions :

  • Reproduction à l’identique : La copie doit être conforme à l’original en image et en contenu.
  • Intégrité garantie : Le document numérique doit être horodaté et sécurisé par un cachet ou une signature électronique pour empêcher toute modification ultérieure.
  • Traçabilité : Le contexte de la numérisation (date, procédé utilisé) doit être documenté.

Si vous recevez une facture par e-mail ou via un portail en ligne, l’original est le fichier numérique. L’imprimer lui fait perdre sa valeur d’original pour n’être plus qu’une simple copie. Il est donc impératif de conserver le fichier électronique de manière sécurisée.

Simplifiez-vous la vie avec les bons outils

Les solutions de comptabilité en ligne comme Keobiz, couplées à des plateformes comme Pennylane, automatisent ce processus. Vous n’avez qu’à prendre en photo ou transférer vos factures, et l’outil se charge de les stocker de manière sécurisée et à valeur probante. Cela garantit non seulement le respect des obligations légales, mais facilite aussi le rapprochement bancaire et la tenue de votre comptabilité.

Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?

Le non-respect des délais de conservation des documents n’est pas anodin et peut exposer l’entreprise à des sanctions de plusieurs natures.

  • Sanctions fiscales : En l’absence de pièces justificatives lors d’un contrôle, l’administration peut rejeter la déductibilité des charges ou de la TVA correspondante. Cela entraîne un rehaussement de l’impôt dû, assorti de pénalités de retard et d’éventuelles majorations. Dans les cas les plus graves, si l’absence de documents empêche la reconstitution du chiffre d’affaires, l’administration peut procéder à une taxation d’office.
  • Sanctions commerciales : Ne pas pouvoir produire un contrat ou une facture en cas de litige avec un tiers peut vous faire perdre un procès et entraîner des pertes financières importantes. Vous ne pourrez pas prouver votre droit.
  • Sanctions pénales : Dans certains cas, notamment en cas de fraude avérée, le défaut de présentation des documents comptables obligatoires peut être sanctionné pénalement.

L’enjeu est donc de taille. Un archivage rigoureux est la meilleure assurance contre ces risques.

La conservation des documents comptables est bien plus qu’une simple formalité. C’est un pilier de la gestion saine et sécurisée de votre entreprise. En maîtrisant les délais légaux et en adoptant des méthodes d’archivage modernes et fiables, vous protégez votre activité contre les risques fiscaux et juridiques tout en vous dotant d’un historique précieux pour piloter votre croissance. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des professionnels de la comptabilité pour mettre en place un système d’archivage performant et entièrement conforme.

FAQ :

Quels documents comptables un auto-entrepreneur doit-il conserver ?

Un auto-entrepreneur doit conserver les mêmes types de documents qu’une société, adaptés à son régime simplifié. Il doit principalement archiver son livre des recettes (et son registre des achats si applicable) pendant 10 ans. Toutes les factures de vente et les factures d’achat (justificatifs de dépenses professionnelles) doivent également être conservées pendant 10 ans. Enfin, les déclarations de chiffre d’affaires à l’URSSAF et les déclarations de revenus doivent être gardées pendant 6 ans pour le volet fiscal.

Puis-je jeter les originaux papier après les avoir numérisés ?

Oui, il est possible de détruire les originaux papier après numérisation, mais à des conditions très strictes pour que la copie numérique conserve sa valeur probante. La procédure de numérisation doit être documentée et garantir l’intégrité du fichier (format PDF, horodatage, signature électronique qualifiée, etc.). Pour éviter tout risque, de nombreuses entreprises choisissent de conserver les originaux papier des documents les plus stratégiques (contrats importants, actes de propriété) en parallèle de l’archivage numérique sécurisé.

À partir de quand commence le délai de conservation ?

Le point de départ du délai varie selon le type de document. Pour la plupart des documents comptables (factures, livres comptables), le délai de 10 ans commence à la date de clôture de l’exercice comptable concerné. Pour les documents fiscaux, le délai de 6 ans court à partir de l’année au titre de laquelle l’imposition est due. Par exemple, pour l’IS de l’année N, déclaré en N+1, le délai court jusqu’à la fin de l’année N+1 + 6 ans.

Comment organiser concrètement mon archivage numérique ?

Pour un archivage numérique efficace, adoptez une méthode rigoureuse. Utilisez une nomenclature de fichiers claire et cohérente (par exemple :AAAA-MM-JJ_TypeDocument_NomFournisseur.pdf). Organisez vos fichiers dans des dossiers par année, puis par type de document (Achats, Ventes, Banque, Social…). Utilisez un service de stockage cloud sécurisé avec des sauvegardes automatiques régulières pour prévenir toute perte de données. Enfin, pour les documents à forte valeur probante, envisagez l’utilisation d’un coffre-fort numérique certifié.

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