Choix rapide : la micro‑entreprise est idéale pour tester, avec gestion ultra‑simple et abattement forfaitaire (71% vente / 50% BIC services / 34% BNC) ; l’EURL convient aux projets ambitieux, avec investissements, embauche ou volonté de séparer formellement les patrimoines.
Fiscalité : micro = impôt sur le revenu après abattement ou versement libératoire (pourcentage fixe sur le CA) ; EURL = déduction des charges réelles, option IR ou IS (taux réduit puis taux normal) permettant de piloter rémunération et réinvestissement.
Social et retraite : micro = cotisations calculées sur le CA (taux fixes) ; EURL = cotisations sur la rémunération du gérant (et sur certaines dividendes au‑delà de 10%), offrant un meilleur contrôle des droits sociaux et retraite.
Formalités et coûts : création et obligations très légères pour la micro (déclaration en ligne, livre des recettes) ; EURL = statuts, dépôt de capital, annonce légale, comptabilité d’engagement et coûts (expert‑comptable) plus élevés mais plus structurants.
Quand basculer : dépassement des plafonds deux années consécutives, charges réelles élevées, besoin d’embaucher ou d’associer, ou volonté de protéger le patrimoine — fermer la micro et créer l’EURL en anticipant la transition pour éviter une interruption d’activité.
Vous vous apprêtez à vous lancer seul et une question cruciale vous taraude : faut-il opter pour la simplicité de l’auto-entreprise ou la structure plus robuste de l’EURL ? Ce choix n’est pas anodin, car il impactera directement votre fiscalité, votre protection sociale et vos perspectives de croissance. La réponse dépend presque entièrement de la nature de votre projet, et surtout, de vos revenus et charges prévisionnels.
Pour vous aider à y voir plus clair, voici une synthèse des points clés avant de plonger dans le détail.
Tableau récapitulatif
Critère
Auto-entrepreneur (Micro-entreprise)
EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)
Idéal pour
Tester une activité, revenus d’appoint, projets avec peu de charges.
Projets ambitieux, activités nécessitant des investissements, volonté de séparer les patrimoines.
Complexité (Création)
Très simple et gratuite (déclaration en ligne).
Plus complexe (rédaction de statuts, annonce légale, dépôt de capital).
Charges déductibles
Non, application d’un abattement forfaitaire.
Oui, toutes les charges réelles sont déductibles.
Plafond de CA
Oui (188 700 € pour la vente, 77 700 € pour les services).
Non, aucun plafond de chiffre d’affaires.
Fiscalité
Impôt sur le Revenu (IR) après abattement, ou versement libératoire.
IR (par défaut) ou option pour l’Impôt sur les Sociétés (IS).
Protection sociale
Régime des travailleurs indépendants (base : CA).
Régime des travailleurs indépendants (base : rémunération + une partie des dividendes).
Responsabilité
Patrimoine professionnel et personnel séparés depuis 2022.
Limitée au montant des apports dans la société.
Les fondamentaux : deux philosophies opposées
Pour bien choisir, il faut d’abord comprendre la nature profonde de chaque statut. L’auto-entreprise et l’EURL ne sont pas juste deux options, ce sont deux manières radicalement différentes d’entreprendre.
L’auto-entreprise : l’entrepreneur et son activité ne font qu’un
L’auto-entreprise, ou plus juridiquement la micro-entreprise, n’est pas une société. Il s’agit d’un régime simplifié de l’entreprise individuelle. Lorsque vous êtes auto-entrepreneur, vous exercez en votre nom propre. Il n’y a pas de création d’une “personne morale” distincte. L’entreprise, c’est vous.
Cette approche a pour conséquence une simplicité administrative redoutable : création en quelques clics, obligations comptables allégées (un simple livre des recettes à tenir), et un calcul des cotisations sociales basé directement sur le chiffre d’affaires encaissé. C’est le statut idéal pour se lancer rapidement et avec un minimum de frais.
L’EURL : créer une entité juridique indépendante
L’EURL, ou Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée, est la version pour entrepreneur seul de la SARL. En optant pour l’EURL, vous créez une personne morale, une entité juridique qui a sa propre existence, son propre patrimoine et son propre nom. Vous en êtes l’associé unique et généralement le gérant.
Cette distinction est fondamentale. L’EURL possède son propre compte en banque, signe ses propres contrats et est responsable de ses dettes. Votre responsabilité financière est, en principe, limitée au montant que vous avez apporté au capital de la société. Cette structure offre une crédibilité accrue et ouvre la porte à des développements futurs, comme l’arrivée de nouveaux associés en transformant l’EURL en SARL.
Le critère clé : chiffre d’affaires et charges professionnelles
Le débat entre ces deux statuts se cristallise souvent autour de la gestion des revenus et des dépenses. C’est ici que votre business plan prend tout son sens.
Le régime micro-entrepreneur : la simplicité plafonnée
Le principal atout fiscal de l’auto-entreprise est sa simplicité. Vous déclarez votre chiffre d’affaires (CA) brut, et l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire pour frais professionnels avant de calculer votre impôt sur le revenu. Cet abattement est de :
71 % pour les activités d’achat-revente de marchandises.
50 % pour les autres prestations de services relevant des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux).
34 % pour les activités libérales et prestations de services BNC (Bénéfices Non Commerciaux).
Le calcul est simple : si vos charges réelles sont inférieures à cet abattement, le statut est financièrement avantageux. Par exemple, un consultant facturant 50 000 € par an avec seulement 2 000 € de frais (logiciels, etc.) est gagnant : l’administration considérera fictivement qu’il a 34% de charges (17 000 €), bien plus que la réalité.
En revanche, ce statut est soumis à des plafonds de chiffre d’affaires (actualisés régulièrement) qui, s’ils sont dépassés deux années de suite, vous font basculer automatiquement au régime réel.
L’EURL : la déduction des frais réels sans limite de CA
L’EURL fonctionne à l’inverse. Il n’y a aucun plafond de chiffre d’affaires. Surtout, vous ne dépendez pas d’un forfait : vous déduisez l’intégralité de vos charges professionnelles réelles de votre chiffre d’affaires pour déterminer votre bénéfice imposable.
Cela inclut :
Achats de matières premières ou de marchandises.
Frais de sous-traitance.
Loyer d’un local professionnel.
Abonnements (téléphone, logiciels).
Frais de déplacement.
Salaires et cotisations sociales si vous embauchez.
Votre propre rémunération de gérant et les cotisations sociales associées.
Si votre activité implique des dépenses importantes (comme pour un plombier indépendant qui achète du matériel ou un e-commerçant qui gère un stock), l’EURL devient rapidement plus intéressante car elle permet de réduire significativement votre base imposable.
L’abattement forfaitaire de la micro-entreprise peut être un piège. Un auto-entrepreneur en prestation de service avec 40% de charges réelles (sous-traitance, publicité…) sera imposé sur 66% de son CA, alors que son bénéfice réel n’est que de 60%. En EURL, il ne serait imposé que sur ces 60%. Faites vos calculs !
Comparatif détaillé : le match point par point
Analysons maintenant les différences majeures sur les aspects pratiques qui rythmeront votre quotidien d’entrepreneur.
Création et formalités administratives
-
Auto-entreprise : La création est un jeu d’enfant. Une simple déclaration en ligne sur le site du Guichet Unique suffit. La démarche est gratuite (hors frais d’immatriculation pour certaines activités comme les agents commerciaux). Pas de statuts à rédiger, pas de capital social à déposer.
-
EURL : Le processus est plus formel et coûteux (environ 200 € de frais administratifs). Il faut obligatoirement passer par plusieurs étapes :
Rédaction des statuts : le document fondateur qui régit le fonctionnement de la société.
Dépôt du capital social sur un compte bancaire bloqué.
Publication d’une annonce dans un journal d’annonces légales.
Immatriculation de la société au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
Ce formalisme peut être sécurisant, mais il représente une barrière à l’entrée. C’est pourquoi nous proposons un accompagnement à la création de votre EURL 100% gratuit, pour vous permettre de démarrer sur des bases solides sans vous soucier de la complexité administrative.
Régime fiscal : IR, IS, ou versement libératoire ?
-
Auto-entreprise : Par défaut, vos revenus sont soumis au barème progressif de l’Impôt sur le Revenu (IR) après l’abattement forfaitaire. Sous conditions de revenus, vous pouvez opter pour le versement libératoire, qui permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations sociales, via un pourcentage fixe sur votre CA (1% à 2,2% selon l’activité). C’est une option intéressante pour sa simplicité et souvent avantageuse si votre taux marginal d’imposition est élevé.
-
EURL : Le choix est plus stratégique. Par défaut, l’EURL est soumise à l’IR (on dit qu’elle est “transparente fiscalement”). Le bénéfice est directement imposé entre les mains de l’associé unique. Mais vous pouvez opter pour l’Impôt sur les Sociétés (IS). Dans ce cas, c’est la société qui paie l’impôt sur ses bénéfices (taux réduit de 15% jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25%). Vous, en tant que gérant, n’êtes imposé que sur la rémunération que vous vous versez et les éventuels dividendes. Cette option est très puissante pour piloter sa fiscalité et réinvestir les bénéfices dans l’entreprise.
Protection sociale et cotisations
Dans les deux cas, vous serez affilié au régime social des Travailleurs Non Salariés (TNS), rattaché à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). La couverture est globalement la même (maladie, retraite de base, allocations familiales), mais la base de calcul des cotisations est radicalement différente :
Auto-entreprise : Les cotisations sont un pourcentage fixe de votre chiffre d’affaires encaissé (environ 12,3% pour la vente et 21,2% pour les services). C’est simple et prévisible : pas de CA, pas de cotisations.
EURL : Les cotisations sont calculées sur la rémunération que se verse le gérant. Si l’EURL est à l’IS, les dividendes perçus au-delà de 10% du capital social sont également soumis à cotisations. Le taux est plus élevé (environ 45%), mais il ne s’applique que sur un revenu net, après déduction des charges.
L’un des grands avantages de l’EURL à l’IS est la possibilité de choisir sa rémunération. Vous pouvez décider de vous verser un salaire modeste pour limiter les cotisations et laisser le reste en trésorerie dans l’entreprise pour des investissements futurs, ou vous verser des dividendes en fin d’année. Ce pilotage fin de la rémunération du gérant est impossible en micro-entreprise.
Gestion quotidienne et obligations comptables
-
Auto-entreprise : La gestion est minimaliste. Vous devez tenir un livre des recettes (et un registre des achats pour les activités de vente). La facturation est obligatoire, mais vous bénéficiez d’une franchise en base de TVA jusqu’à certains seuils, ce qui vous dispense de la déclarer et de la facturer.
-
EURL : Les obligations sont bien plus lourdes. Vous devez tenir une comptabilité d’engagement complète, réaliser un inventaire annuel, et produire des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) à déposer au greffe. Le recours à un expert-comptable est quasi indispensable. Nos offres sont conçues pour automatiser une grande partie de ce processus, vous libérant du temps pour vous concentrer sur votre cœur de métier, tout en assurant votre conformité.
Scénarios pratiques : quel statut pour votre profil ?
Pour rendre le choix plus concret, projetons-nous dans trois situations typiques.
Profil 1 : Le freelance en services (Consultant, Développeur)
Vous vendez votre expertise. Vos charges sont très faibles (un ordinateur, quelques logiciels). Vous prévoyez un CA de 60 000 € la première année.
Verdict : L’auto-entreprise est le choix le plus judicieux pour démarrer. L’abattement de 34% (soit 20 400 € de charges fictives) sera bien plus avantageux que vos quelques milliers d’euros de frais réels. La simplicité de gestion vous permettra de vous concentrer sur vos clients.
Profil 2 : L’artisan ou le commerçant (Électricien, E-commerce)
Vous êtes électricien indépendant et prévoyez 70 000 € de CA. Mais vous avez 35 000 € de charges annuelles (achat de matériel, véhicule, assurance, sous-traitance).
Verdict : L’EURL est quasi obligatoire. En auto-entreprise, l’abattement ne serait que de 50% (35 000 €), vous seriez imposé sur une base de 35 000 €. Mais vos charges réelles sont bien plus importantes ! En EURL, votre bénéfice imposable sera calculé sur une base beaucoup plus faible, et donc votre impôt et vos cotisations seront bien moindres.
Profil 3 : Le projet à fort potentiel de croissance
Vous lancez une activité innovante. Vous n’allez pas gagner beaucoup au début, mais vous prévoyez d’investir, d’embaucher et peut-être de lever des fonds.
Verdict : L’EURL (avec option IS) s’impose. Elle vous donne la crédibilité nécessaire auprès des banques et des investisseurs. Elle vous permet de réinvestir les bénéfices à un taux d’IS réduit et de faire évoluer la structure facilement vers une SARL pour accueillir des associés, ce qui est impossible avec une auto-entreprise. C’est un statut plus évolutif que la SASU, souvent privilégié pour son cadre juridique sécurisant.
Passer de la micro-entreprise à l’EURL : quand et comment ?
La micro-entreprise est souvent une excellente première étape. Mais il faut savoir en sortir au bon moment. Les principaux signaux sont :
Le dépassement des plafonds de CA deux années de suite.
L’augmentation de vos charges professionnelles, qui rendent l’abattement forfaitaire non rentable.
Le besoin d’embaucher ou de vous associer.
La nécessité de protéger votre patrimoine personnel de manière plus formelle.
Le passage ne se fait pas automatiquement. Il faut fermer la micro-entreprise et créer une EURL en parallèle. Cette transition doit être anticipée pour éviter toute interruption d’activité.
En conclusion, le choix entre l’auto-entreprise et l’EURL n’est pas une question de “meilleur” statut dans l’absolu, mais de “meilleur” statut pour votre projet, à un instant T. L’auto-entreprise est un tremplin exceptionnel pour sa simplicité et son faible coût, idéal pour tester un marché. L’EURL est un véhicule plus puissant et structuré, conçu pour la croissance, l’optimisation et la pérennité. Analysez vos charges prévisionnelles, estimez votre chiffre d’affaires et projetez-vous à 3 ans. La bonne réponse se trouvera dans vos chiffres.
FAQ :
Peut-on embaucher des salariés avec ces deux statuts ?
Oui, c’est possible dans les deux cas. Cependant, en micro-entreprise, le poids des salaires et charges patronales n’est pas déductible de votre chiffre d’affaires, ce qui rend l’embauche très coûteuse et rarement viable. En EURL, les salaires et les charges associées sont entièrement déductibles, ce qui en fait un statut bien plus adapté au développement d’une équipe.
Que se passe-t-il si je dépasse les plafonds de l'auto-entreprise ?
Si vous dépassez les seuils de chiffre d’affaires (188 700 € pour la vente, 77 700 € pour les services) pendant deux années consécutives, vous sortez automatiquement du régime micro-fiscal et micro-social au 1er janvier de l’année suivante. Vous basculez au régime réel d’imposition de l’entreprise individuelle, ce qui implique des obligations comptables similaires à celles de l’EURL. Il est souvent plus judicieux d’anticiper ce passage en créant une EURL.
L'EURL est-elle vraiment beaucoup plus chère au quotidien ?
Les frais de création sont plus élevés, et les coûts de fonctionnement incluent généralement les honoraires d’un expert-comptable. Cependant, ce “surcoût” est souvent largement compensé par les économies d’impôts et de cotisations réalisées grâce à la déduction des charges réelles et à l’optimisation fiscale (notamment via l’option IS). Pour une activité avec des charges significatives, l’EURL est presque toujours plus rentable à terme.
Quel statut offre les meilleurs droits à la retraite ?
Les deux statuts permettent de cotiser et de valider des trimestres pour la retraite de base et complémentaire des indépendants. En micro-entreprise, vos droits sont calculés sur votre chiffre d’affaires après abattement. En EURL, ils sont calculés sur votre rémunération réelle. Une rémunération de gérant plus élevée en EURL générera de meilleurs droits à la retraite qu’un chiffre d’affaires équivalent en micro-entreprise, car la base de cotisation sera plus importante. L’EURL offre donc un meilleur contrôle sur la constitution de vos droits futurs.



