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Keobiz / Le Mag / Exercer un métier / Automobile : comment gérer la comptabilité de votre garage ?
Exercer un métier

Automobile : comment gérer la comptabilité de votre garage ?

Sommaire :

1.Les spécificités de la comptabilité pour le secteur automobile
2.Obligations comptables et fiscales : le cadre à respecter
3.La gestion de la TVA : un enjeu majeur pour les garages et concessions
4.Gérer les stocks et les immobilisations : le cœur du réacteur
5.Les écritures comptables clés du secteur automobile
6.Optimiser sa gestion et sécuriser sa rentabilité
7.FAQ :
En résumé :
  • Adoptez un plan comptable sectoriel et une comptabilité analytique pour ventiler clairement VN/VO, pièces, prestations, immobilisations (classes 2–3–4–6/7) et suivre la rentabilité par pôle.

  • Sécurisez la gestion de la TVA : régime classique pour les VN et prestations, régime de la marge pour les VO achetés sans TVA déductible (TVA calculée sur la marge brute — traçabilité des achats impérative).

  • Respectez les obligations documentaires : tenue du livre-journal et grand-livre, conservation des justificatifs et, pour les VO, tenue du livre de police mentionnant origine, vendeur, date et prix d’achat.

  • Maîtrisez stocks et immobilisations : enregistrement des entrées/sorties au coût d’acquisition, inventaire physique régulier, valorisation (FIFO/PPV) et amortissements pour matériel, véhicules de démonstration et de courtoisie.

  • Automatisez et sécurisez via un DMS connecté à un logiciel comptable et l’accompagnement d’un expert‑comptable : modèles d’écritures, tableaux de bord en temps réel, déclarations TVA et optimisation du BFR.

Vous gérez un garage ou une concession et vous vous demandez comment transformer votre comptabilité d’une contrainte légale en un véritable levier de performance ? Entre la vente de véhicules neufs et d’occasion, les réparations, la gestion des pièces détachées et les relations avec les constructeurs, la gestion financière de votre activité est un véritable puzzle. Une simple erreur peut avoir des conséquences fiscales et financières importantes.

Ce guide pratique est conçu pour éclaircir les zones d’ombre de la comptabilité automobile. Nous aborderons les obligations spécifiques, les régimes de TVA, la gestion des stocks et les écritures comptables clés qui vous permettront de piloter votre entreprise avec précision et sérénité.

Les spécificités de la comptabilité pour le secteur automobile

La gestion comptable d’un garage ou d’une concession est bien plus complexe que celle d’une entreprise de services classique. La diversité des activités menées sous un même toit impose une rigueur et une organisation sans faille. On y retrouve :

  • La vente de véhicules neufs (VN) : soumise à des règles strictes dictées par les constructeurs.
  • La vente de véhicules d’occasion (VO) : avec un régime de TVA très particulier.
  • Les prestations de service : réparation mécanique, carrosserie, entretien, dépannage, contrôle technique sous-traité.
  • La vente de pièces détachées et d’accessoires : impliquant une gestion de stock conséquente.
  • La vente de carburants et lubrifiants pour certaines structures.

Cette multiplicité des sources de revenus exige une comptabilité analytique fine pour identifier la rentabilité de chaque pôle. De plus, la relation avec les constructeurs, souvent formalisée par un contrat de concession, ajoute une couche de complexité. Ce contrat, qui accorde une exclusivité territoriale, n’est pas une franchise et engendre des obligations spécifiques, comme le respect de la politique commerciale de la marque, ainsi que des avantages, comme les primes sur objectifs. L’ensemble de ces flux doit être retranscrit avec exactitude dans vos comptes.

Obligations comptables et fiscales : le cadre à respecter

Comme toute entreprise, un garage doit tenir une comptabilité régulière et sincère, produire un bilan et un compte de résultat annuels, et déclarer ses résultats à l’administration fiscale. Cependant, le secteur automobile est régi par des normes spécifiques qui vont au-delà du plan comptable général (PCG).

Le plan comptable automobile : une nomenclature adaptée

Pour répondre aux particularités du métier, un plan comptable professionnel spécifique a été élaboré. Ayant fait l’objet d’un avis de conformité dès 1983, ce plan (“carrosserie, commerce et réparation d’automobiles, cycles et motocycles”) adapte les comptes pour mieux refléter la réalité de l’activité.

Les principales adaptations concernent :

  • Les comptes d’immobilisations (Classe 2) : pour distinguer clairement les véhicules de démonstration, les véhicules de courtoisie et le matériel de garage.
  • Les comptes de stocks (Classe 3) : avec une ventilation précise entre les véhicules neufs, les véhicules d’occasion, les pièces détachées d’origine, les pièces adaptables, et les fournitures d’atelier.
  • Les comptes clients et fournisseurs (Classe 4) : pour suivre distinctement les créances liées aux ventes de véhicules et celles liées aux réparations, ainsi que les dettes envers les constructeurs et les autres fournisseurs.
  • Les comptes de charges et de produits (Classes 6 et 7) : pour isoler les primes versées par les constructeurs, les coûts liés aux garanties, ou encore les revenus de la main-d’œuvre et ceux de la vente de pièces.

Les documents et registres obligatoires

Au-delà des livres comptables traditionnels (livre-journal, grand-livre), une obligation majeure pèse sur les professionnels vendant des véhicules d’occasion : la tenue d’un livre de police. Ce registre, qui peut être physique ou dématérialisé, doit tracer l’origine de chaque véhicule d’occasion acquis en vue de la revente. Il doit mentionner l’identité du précédent propriétaire, la date d’acquisition, le prix d’achat et les caractéristiques du véhicule. Ce document est essentiel en cas de contrôle fiscal, notamment pour justifier l’application de la TVA sur marge.

La gestion de la TVA : un enjeu majeur pour les garages et concessions

La TVA est sans doute l’aspect fiscal le plus complexe de la gestion automobile. Les règles diffèrent radicalement selon que l’on vend un véhicule neuf, un véhicule d’occasion ou une prestation de service.

La TVA sur les ventes de véhicules neufs et les réparations

Pour la vente de véhicules neufs et pour toutes les prestations de service (réparation, entretien), le régime de TVA classique s’applique. La TVA est collectée sur le prix de vente total facturé au client. Le taux normal de 20 % est généralement appliqué. La TVA payée sur les achats de pièces ou les frais généraux est déductible dans les conditions de droit commun.

La TVA sur les véhicules d’occasion (VO) : le régime de la marge

C’est ici que réside la plus grande spécificité du secteur. Pour la vente d’un véhicule d’occasion acquis auprès d’un non-assujetti à la TVA (un particulier, par exemple) ou d’une personne qui n’a pas pu la déduire, la TVA n’est pas calculée sur le prix de vente total, mais uniquement sur la marge brute réalisée par le garage.

Comment calculer la TVA sur marge ?

  1. Calcul de la marge brute TTC : Marge = Prix de vente TTC – Prix d’achat
  2. Calcul de la marge HT : Marge HT = Marge TTC / 1,20 (pour une TVA à 20%)
  3. Calcul de la TVA à reverser : TVA = Marge TTC – Marge HT (ou Marge HT * 0,20)

Exemple concret :

  • Achat d’un véhicule à un particulier : 10 000 €
  • Revente du véhicule : 13 000 € TTC
  • Marge brute TTC : 13 000 – 10 000 = 3 000 €
  • TVA à déclarer et à reverser : 3 000 / 1,20 * 0,20 = 500 €

Si le régime normal s’appliquait, la TVA à reverser aurait été de 13 000 / 1,20 * 0,20 = 2 166,67 €. Ce régime est donc extrêmement avantageux, mais il impose une traçabilité parfaite des achats.

Attention aux conditions d’application

Le régime de la TVA sur marge ne s’applique que si le véhicule a été acheté sans TVA déductible. Si vous achetez un véhicule d’occasion à une autre entreprise qui a récupéré la TVA, vous devrez le revendre sous le régime de la TVA classique, en appliquant la taxe sur le prix de vente total.

Gérer les stocks et les immobilisations : le cœur du réacteur

Le stock d’un garage ou d’une concession représente une part très importante de son actif et de son besoin en fonds de roulement (BFR). Une mauvaise gestion peut rapidement immobiliser de la trésorerie et peser sur la rentabilité.

La comptabilisation rigoureuse des stocks

Une gestion efficace des stocks est primordiale. Qu’il s’agisse des véhicules ou des milliers de références de pièces détachées, un suivi précis est indispensable. La comptabilité doit permettre :

  • D’enregistrer les entrées en stock à leur coût d’acquisition (comptes de la classe 6 “Achats”).
  • De suivre les sorties de stock, que ce soit lors d’une vente ou de l’utilisation d’une pièce pour une réparation.
  • De réaliser un inventaire physique annuel (au minimum) pour ajuster la valeur comptable des stocks à la réalité. Les écarts sont enregistrés dans les comptes de variation de stocks (Classe 6 ou 7).

Le stock disponible de pièces détachées permet de réduire les délais de réparation, tandis qu’un parc de véhicules d’occasion attractif est clé pour fidéliser la clientèle. Cependant, ces stocks ont un coût de détention non négligeable.

Conseil d’expert : utilisez la technologie à votre avantage

Pour un suivi optimal, l’adoption d’un logiciel de gestion de garage (DMS – Dealer Management System) couplé à une solution comptable moderne est indispensable. Chez Keobiz, nous assurons la synchronisation de votre comptabilité avec de nombreux outils métier. Cela permet d’automatiser la saisie des factures d’achat et de vente, de suivre les stocks en temps réel et d’obtenir des tableaux de bord fiables pour piloter votre activité.

Le traitement des immobilisations et des amortissements

Les biens destinés à être utilisés durablement par l’entreprise ne sont pas des stocks, mais des immobilisations. Dans un garage, il s’agit principalement :

  • Du matériel d’atelier (ponts élévateurs, outils de diagnostic, etc.).
  • Des véhicules de démonstration (VD), qui sont destinés à la vente mais utilisés temporairement pour les essais clients.
  • Des véhicules de prêt ou de courtoisie.

Ces biens perdent de la valeur avec le temps et l’usure. Cette perte de valeur est constatée en comptabilité par le biais des amortissements. Chaque année, une partie de la valeur du bien est enregistrée comme une charge, ce qui vient diminuer le résultat imposable de l’entreprise. La durée et le mode d’amortissement dépendent de la nature du bien.

Expert-comptable examinant le bilan d'une concession automobile sur une tablette
Expert-comptable examinant le bilan d’une concession automobile sur une tablette

Les écritures comptables clés du secteur automobile

Pour illustrer concrètement les principes évoqués, voici quelques exemples d’écritures comptables simplifiées.

Comptabiliser une vente de prestation de service (réparation)

Une facture de réparation de 600 € TTC se décompose en 150 € HT de pièces et 350 € HT de main-d’œuvre (TVA à 20% : 100 €).

Tableau récapitulatif

Compte

Intitulé

Débit

Crédit

411

Clients

600 €

706

Prestations de services (Main d’œuvre)

350 €

707

Ventes de marchandises (Pièces)

150 €

44571

TVA collectée

100 €

Comptabiliser la vente d’un véhicule d’occasion (TVA sur marge)

Reprenons notre exemple : achat 10 000 €, revente 13 000 € TTC. Marge = 3 000 €, TVA sur marge = 500 €.

1. Achat du véhicule

Tableau récapitulatif

Compte

Intitulé

Débit

Crédit

607

Achats de marchandises (VO)

10 000 €

401

Fournisseurs (ou 512 Banque)

10 000 €

2. Vente du véhicule

Tableau récapitulatif

Compte

Intitulé

Débit

Crédit

411

Clients

13 000 €

707

Ventes de marchandises (VO)

12 500 €

44571

TVA collectée

500 €

Cette écriture montre que le produit comptabilisé (12 500 €) correspond au prix de vente HT de la marge (2 500 €) ajouté au prix d’achat (10 000 €).

Optimiser sa gestion et sécuriser sa rentabilité

Une tenue comptable rigoureuse n’est pas seulement une obligation, c’est un outil de pilotage stratégique. Elle permet de surveiller des indicateurs clés comme la marge par véhicule, le taux de rotation des stocks, ou le coût de l’heure d’atelier. Analyser ces performances est essentiel pour prendre les bonnes décisions : ajuster les prix, optimiser les achats de pièces, ou négocier les primes avec le constructeur.

Cependant, jongler entre la gestion de l’atelier, les relations clients et les complexités administratives peut s’avérer épuisant. C’est là qu’un partenaire comme Keobiz fait toute la différence. En tant que cabinet d’expertise comptable en ligne, nous allions la puissance d’outils digitaux performants à l’accompagnement d’un chargé de mission dédié qui connaît les spécificités de votre secteur. Nous ne nous contentons pas de saisir vos chiffres ; nous vous fournissons un tableau de bord en temps réel pour piloter votre trésorerie, sécuriser vos marges et anticiper vos échéances fiscales. De la gestion de la paie de vos mécaniciens à l’optimisation de vos déclarations de TVA, nous prenons en charge l’ensemble de vos obligations pour que vous puissiez vous concentrer sur ce que vous faites de mieux : prendre soin des véhicules de vos clients.

La comptabilité automobile est un domaine exigeant qui ne laisse pas de place à l’improvisation. La maîtrise du plan comptable sectoriel, des règles de TVA sur marge et de la gestion des stocks est indispensable pour assurer la conformité et la pérennité de votre garage ou concession. En vous appuyant sur une expertise spécialisée et des outils adaptés, vous transformez cette complexité en un avantage concurrentiel, vous assurant une gestion financière saine et une meilleure visibilité sur votre rentabilité.

FAQ :

Comment gérer la comptabilité des véhicules de démonstration ?

Les véhicules de démonstration (VD) sont considérés comme des immobilisations et non comme du stock, car ils sont utilisés durablement par l’entreprise pour générer des ventes. Ils doivent être inscrits en compte de classe 2 et faire l’objet d’un amortissement comptable sur leur durée d’utilisation probable. Lors de leur revente, qui intervient généralement après une courte période, on constate une sortie d’immobilisation et une plus ou moins-value. La TVA initialement déduite lors de l’achat doit parfois faire l’objet d’une régularisation.

Quelle est la différence entre un contrat de concession et une franchise ?

Bien que similaires, ces deux contrats sont juridiquement distincts. Le contrat de franchise implique la transmission d’un savoir-faire et d’une assistance continue en échange de redevances. Le contrat de concession, typique du secteur automobile, accorde au concessionnaire une exclusivité de distribution d’une marque sur un territoire donné. Le concessionnaire est plus indépendant dans sa gestion quotidienne, mais reste dépendant de la politique commerciale du constructeur (le concédant).

Un logiciel de comptabilité est-il suffisant pour un garage ?

Un bonlogiciel de facturationou un logiciel de compta-gestion est une base nécessaire, mais souvent insuffisante face aux spécificités du secteur (TVA sur marge, livre de police, etc.). La meilleure approche est un modèle hybride : un outil performant connecté à votre banque et à votre logiciel métier, supervisé par un expert-comptable qui valide les écritures, établit les déclarations fiscales et vous conseille. C’est précisément ce que nous proposons chez Keobiz pour vous offrir la tranquillité d’esprit et la fiabilité dont vous avez besoin.

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