Chiffrer précisément vos besoins : distinguer investissements de démarrage et BFR, établir un plan de financement, un budget prévisionnel et un plan de trésorerie (12–36 mois).
Construire un montage financier diversifié : renforcer les fonds propres (apport, love money), compléter par prêts (bancaire, prêt d’honneur, microcrédit) et mobiliser aides publiques, subventions, crowdfunding ou investisseurs selon le profil.
Rédiger un business plan complet et crédible (partie rédactionnelle + prévisionnel financier : plan de financement, compte de résultat et bilan sur 3 ans, trésorerie mois par mois, seuil de rentabilité).
Suivre un plan d’action opérationnel : solliciter d’abord prêts d’honneur, présenter le dossier à plusieurs banques avec un pitch soigné, lancer crowdfunding ou demandes d’aides complémentaires et formaliser/déclarer les prêts familiaux si nécessaire.
Se faire accompagner et sécuriser le dossier : valider le prévisionnel avec un expert‑comptable, utiliser simulateurs/checklists et, en cas de refus bancaire injustifié, saisir la médiation du crédit.
Vous avez une idée brillante, une motivation sans faille et un projet d’entreprise qui n’attend que de voir le jour. Mais une question essentielle demeure : comment allez-vous le financer ? La recherche de capitaux est souvent perçue comme un parcours du combattant, mais avec une stratégie claire et une bonne connaissance des options disponibles, elle devient une étape structurante de votre aventure entrepreneuriale. Loin d’être une simple quête d’argent, il s’agit de trouver les partenaires financiers qui croiront en votre vision et vous donneront les moyens de la concrétiser.
Étape 1 : Définir précisément vos besoins financiers
Avant de frapper à la moindre porte, la première étape cruciale est de chiffrer précisément vos besoins. Une estimation floue est le meilleur moyen de perdre en crédibilité. Vos besoins se décomposent généralement en deux grandes catégories :
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Les investissements de départ : Il s’agit de toutes les dépenses nécessaires pour lancer l’activité. Cela inclut l’achat de matériel, le dépôt de garantie pour un local, les frais de création de la société (frais de greffe, annonce légale…), l’acquisition d’un fonds de commerce, ou encore les dépenses en marketing pour le lancement.
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Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) : C’est l’argent dont vous avez besoin pour faire tourner l’entreprise au quotidien en attendant que les clients paient. Il couvre le stock initial, les premières factures des fournisseurs, les salaires et les charges des premiers mois. Un BFR mal calculé est l’une des principales causes d’échec des jeunes entreprises.
Pour quantifier ces éléments, la réalisation d’un plan financier est indispensable. Ce document traduit votre projet en chiffres et doit inclure un budget prévisionnel détaillé, un plan de trésorerie sur 12 à 36 mois et un plan de financement initial. C’est ce document qui servira de base à toutes vos discussions avec de potentiels financeurs.
Étape 2 : Explorer le panorama complet des sources de financement
Une fois vos besoins chiffrés, il est temps d’explorer les différentes solutions pour y répondre. La meilleure stratégie est souvent de combiner plusieurs sources pour diversifier les risques et renforcer la crédibilité de votre projet.
Les fonds propres : le socle de votre projet
Les fonds propres sont la base de tout financement. Ils démontrent votre engagement et votre confiance dans le projet. Plus ils sont élevés, plus il sera facile de convaincre des partenaires extérieurs.
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L’apport personnel : C’est l’argent que vous investissez directement depuis votre épargne. Il est quasi systématiquement exigé par les banques.
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La “Love Money” : Il s’agit des fonds collectés auprès de vos proches (famille, amis). Cette aide peut prendre plusieurs formes :
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Le don d’argent : simple et direct.
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Le prêt familial : une solution souple, mais qui doit être formalisée. Un écrit (contrat de prêt ou reconnaissance de dette) est obligatoire pour tout montant supérieur à 1 500 €.
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L’entrée au capital : vos proches deviennent associés et participent aux bénéfices et aux décisions, en échange d’un apport.
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Tout prêt conclu avec un proche d’un montant supérieur à 5 000 € (ou si le total des prêts sur l’année dépasse ce seuil) doit obligatoirement être déclaré à l’administration fiscale via le formulaire n°2062. Le non-respect de cette obligation peut entraîner une amende de 150 €.
Les prêts : l’effet de levier pour grandir
Les prêts représentent le levier financier le plus courant pour compléter les fonds propres.
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Le prêt bancaire professionnel : C’est la source de financement externe la plus répandue. Généralement, les banques acceptent de financer jusqu’à 70 % d’un projet, à condition que vous apportiez les 30 % restants. La durée de remboursement s’étale le plus souvent sur 5 à 7 ans. N’hésitez pas à consulter plusieurs établissements pour comparer les taux, les frais de dossier et les garanties demandées (nantissement du fonds de commerce, caution personnelle, etc.).
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Le prêt d’honneur : C’est un prêt personnel à taux zéro, accordé au dirigeant pour renforcer son apport personnel. Il est octroyé sans garantie ni caution, basé sur la confiance en votre projet et votre potentiel. Des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre sont les principaux acteurs de ce dispositif. Obtenir un prêt d’honneur est un excellent signal de confiance qui facilite ensuite l’obtention d’un prêt bancaire.
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Le microcrédit professionnel : Destiné aux porteurs de projet n’ayant pas accès au crédit bancaire classique, il permet de financer des besoins plus modestes (généralement jusqu’à 12 000 €). L’ADIE est l’organisme de référence dans ce domaine.
Les aides et dispositifs publics
L’écosystème entrepreneurial français regorge d’aides pour soutenir les créateurs. Il est essentiel de se renseigner en amont pour optimiser votre plan de financement.
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Les aides de Bpifrance : La Banque Publique d’Investissement est un partenaire clé. Elle ne prête pas directement aux créateurs mais propose des garanties de prêt qui facilitent l’accord des banques (en couvrant une partie du risque) et des prêts spécifiques pour l’innovation.
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Les aides aux demandeurs d’emploi : Si vous êtes demandeur d’emploi, vous pouvez bénéficier de dispositifs très avantageux. L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) vous permet par exemple de recevoir une partie de vos allocations chômage sous forme de capital, un excellent moyen de constituer votre apport initial.
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Les subventions et concours : De nombreuses aides, régionales ou sectorielles, existent sous forme de subventions (argent non remboursable). Des concours de création d’entreprise offrent également des dotations financières et un accompagnement précieux. Renseignez-vous auprès de votre région, de votre CCI ou de pôles de compétitivité.
Les financements alternatifs pour diversifier
Ne négligez pas les solutions plus modernes qui peuvent compléter un montage financier classique.
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Le financement participatif (Crowdfunding) : Via une plateforme en ligne, vous sollicitez le grand public pour financer votre projet. Il en existe trois formes principales :
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Le don contre don : les contributeurs reçoivent une contrepartie non financière (un produit en avant-première, un remerciement, etc.). Idéal pour tester un marché.
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Le prêt rémunéré (crowdlending) : des particuliers vous prêtent de l’argent en échange d’un intérêt.
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L’investissement en capital (crowdequity) : des investisseurs deviennent actionnaires de votre entreprise.
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Les investisseurs (Business Angels et Capital-Risque) : Si votre projet est innovant et à fort potentiel de croissance (type start-up), vous pouvez envisager une levée de fonds. Les Business Angels (investisseurs individuels) et les fonds de Capital-Risque (VCs) investissent dans votre capital en échange de parts dans votre société. Au-delà de l’argent, ils apportent leur réseau et leur expertise.
Étape 3 : Monter un dossier de financement solide et convaincant
Quelle que soit la source de financement visée, un document sera toujours au centre des discussions : le business plan. C’est le récit de votre projet, sa feuille de route stratégique et financière.
Un business plan efficace doit être clair, cohérent et réaliste. Il se compose généralement de deux grandes parties :
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La partie rédactionnelle : Elle présente votre projet, votre équipe, votre proposition de valeur, votre étude de marché, et votre stratégie commerciale et marketing.
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La partie financière (ou prévisionnel) : C’est le cœur de votre demande de financement. Elle doit impérativement contenir :
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Le plan de financement initial (détaillant les besoins et les ressources).
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Le compte de résultat prévisionnel sur 3 ans.
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Le bilan prévisionnel sur 3 ans.
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Le plan de trésorerie pour la première année, mois par mois.
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Le calcul de votre seuil de rentabilité.
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La partie financière du business plan est technique et ne laisse aucune place à l’improvisation. Faire appel à un expert-comptable pour la valider, voire la co-construire, est un gage de sérieux et de crédibilité qui rassurera vos interlocuteurs. Nos conseillers peuvent vous accompagner dans cette démarche décisive pour la réussite de votre projet.
Étape 4 : Le plan d’action pour décrocher vos fonds
La recherche de fonds est un processus qui s’organise. Voici un ordre logique pour maximiser vos chances de succès :
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Finalisez votre business plan : C’est votre outil de travail numéro un. Assurez-vous qu’il soit impeccable.
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Sollicitez les prêts d’honneur : Commencez par les réseaux d’accompagnement. Leur validation et leur apport financier renforceront considérablement votre dossier pour les banques.
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Présentez votre dossier aux banques : Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Préparez un pitch clair et présentez votre projet à au moins trois banques différentes. En cas de refus, exigez une réponse motivée : elle vous aidera à identifier les faiblesses de votre dossier et à l’améliorer.
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Explorez les financements complémentaires : En parallèle ou après avoir obtenu un accord de principe de la banque, lancez une campagne de crowdfunding pour financer un besoin spécifique (le premier stock, une machine…) ou activez les aides publiques auxquelles vous êtes éligible.
Si le refus d’une banque vous semble injustifié ou n’est pas argumenté, vous avez la possibilité de saisir la médiation du crédit. C’est un dispositif public et gratuit qui peut vous aider à renouer le dialogue avec l’établissement financier et à trouver une solution.
Trouver les ressources financières pour lancer son entreprise est un défi, mais c’est surtout la première preuve de la viabilité de votre projet. En structurant votre démarche, en chiffrant vos besoins avec rigueur et en diversifiant vos sources de financement, vous mettez toutes les chances de votre côté. Chaque “oui” obtenu est une validation de votre vision et un pas de plus vers la concrétisation de votre rêve entrepreneurial.
FAQ : Financement de la création d’entreprise
Quel apport personnel est nécessaire pour créer son entreprise ?
Il n’y a pas de règle absolue, mais un apport personnel représentant entre 20% et 30% du besoin de financement total est souvent considéré comme un minimum par les banques. Cet apport démontre votre implication personnelle et financière dans le projet, ce qui rassure les prêteurs. Pour certains projets de services nécessitant peu d’investissements, un apport plus faible peut être envisageable.
Peut-on obtenir un financement sans apport ?
C’est très difficile, mais pas impossible dans certains cas très spécifiques. Des solutions comme le microcrédit ou certaines aides ciblées (notamment pour les publics éloignés de l’emploi) peuvent être accessibles sans apport. De plus, un prêt d’honneur peut être considéré par la banque comme une partie de votre apport, vous permettant ainsi d’atteindre le seuil requis. Enfin, des projets à très faible besoin d’investissement initial peuvent parfois se lancer sans apport majeur.
Quelles sont les principales erreurs à éviter lors d'une demande de financement ?
La première erreur est de sous-estimer son besoin en fonds de roulement (BFR), ce qui peut rapidement mettre l’entreprise en difficulté de trésorerie. Une autre erreur fréquente est de ne pas soigner son business plan, qui doit être réaliste, chiffré et argumenté. Enfin, il faut éviter de ne solliciter qu’une seule banque ; la mise en concurrence est essentielle. Manquer de préparation pour son pitch et ne pas savoir défendre ses chiffres sont également des erreurs rédhibitoires pour les financeurs.



