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SARL ou SAS : ce soir, combien reste-t-il dans votre caisse ?

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Le soir, après le service ou la fermeture, il y a ce moment de vérité : le bilan de la caisse. Vous savez précisément ce qui est rentré et ce qui est sorti. Alors, quand il s’agit de choisir la structure de votre entreprise, pourquoi serait-ce différent ? Le choix entre SARL et SAS dépasse la simple formalité des statuts : c’est un arbitrage direct sur votre trésorerie future. Analysons ensemble quel statut protégera le mieux votre caisse et optimisera ce qu’il vous reste à la fin du mois.

Rémunération du dirigeant : premier round du comparatif

La première question qui vient à l’esprit est simple : “Combien vais-je pouvoir me payer ?”. Mais la vraie question pour votre entreprise est : “Combien va me coûter ce salaire ?”. C’est ici que le premier grand écart se creuse entre la SARL et la SAS. Calculons et comparons le coût total pour l’entreprise pour un même salaire net dans votre poche.

Choisir son statut, c’est la première décision stratégique pour votre trésorerie. C’est une étape qui ne doit pas se faire seul. Discutons-en 15 minutes

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En SARL, le gérant majoritaire : moins de charges, moins de protection

En SARL, si vous êtes gérant majoritaire, vous avez le statut de Travailleur Non Salarié (TNS). Concrètement, vous n’avez pas de fiche de paie classique. Vous êtes affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (ex-RSI), gérée par l’URSSAF.

Ancrage concret :

Imaginons que vous souhaitiez vous verser une rémunération nette de 2000 €. Pour cela, anticipez des cotisations sociales d’environ 45%.

  • Calcul rapide : 2000 € (net) + ~900 € (cotisations) = 2900 €.
  • Coût total pour votre entreprise : Environ 2900 € pour que vous touchiez 2000 €.

Payer moins de charges est tentant. Cela représente 700 € de moins qui sortent de la caisse chaque mois par rapport à une SAS. Cependant, cela signifie aussi une moins bonne couverture retraite et des indemnités journalières plus faibles en cas d’arrêt maladie. C’est un vrai pari sur l’avenir, un arbitrage à faire en pleine conscience. Pour affiner ce calcul, vous pouvez Simulez vos cotisations de gérant majoritaire.

En SAS, le président : la sécurité d’un quasi-salarié, mais à quel prix ?

En SAS, en tant que président rémunéré, vous êtes “assimilé-salarié”. Vous recevez une vraie fiche de paie et êtes affilié au régime général de la Sécurité Sociale, comme n’importe quel salarié cadre (à l’exception de l’assurance chômage).

Ancrage concret :

Reprenons notre objectif de 2000 € nets. Ici, les cotisations sociales (salariales et patronales) grimpent à environ 82% du net.

  • Calcul rapide : 2000 € (net) + ~1640 € (cotisations) = 3640 €.
  • Coût total pour votre entreprise : Environ 3640 € pour que vous touchiez 2000 €.

La différence est énorme : 740 € de plus à sortir chaque mois. Mais la fiche de paie est claire, la protection sociale est maximale (retraite, maladie). C’est le prix de la tranquillité d’esprit. Vous payez plus cher, mais vous achetez de la sécurité.


Distribution des dividendes : ce qui reste vraiment dans votre poche

Après avoir payé les salaires, les fournisseurs et l’impôt sur les sociétés (IS), il reste un bénéfice. Vous pouvez le réinvestir ou le distribuer sous forme de dividendes. Mais que se passe-t-il si vous voulez vous verser les bénéfices en fin d’année ? Là encore, le match SARL vs SAS est serré, et le gagnant n’est pas celui qu’on croit.

En SAS : la simplicité de la “flat tax”

La SAS marque un point décisif sur la fiscalité des dividendes. Le système est d’une simplicité redoutable : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé “flat tax”.

Ancrage concret :

Votre SAS réalise un bénéfice et décide de vous distribuer 10 000 € de dividendes.

  • Le calcul : 10 000 € x 30% = 3 000 € de prélèvement.
  • Ce qu’il vous reste dans la poche : 7 000 € nets.

C’est simple, direct, et aucune cotisation sociale n’est à payer dessus. C’est une stratégie très efficace si vous prévoyez de vous verser un petit salaire et de compléter vos revenus avec les bénéfices.

En SARL : le piège des cotisations sociales sur les dividendes

C’est là que ça se complique. Vous pourriez penser faire une bonne affaire sur la rémunération en SARL, mais les dividendes peuvent coûter très cher. La règle est la suivante : la part de vos dividendes qui dépasse 10% du capital social de votre entreprise est soumise aux cotisations sociales des TNS (~45%).

Ancrage concret :

Votre SARL a un capital de 2 000 €. Vous vous versez 10 000 € de dividendes.

  • Partie 1 (sous le seuil) : 10% de 2 000 € = 200 €. Ces 200 € sont soumis à la flat tax de 30%.
  • Partie 2 (au-dessus du seuil) : 10 000 € – 200 € = 9 800 €. Cette somme est considérée comme un revenu et est soumise aux cotisations sociales d’environ 45% ! Soit 4 410 € de cotisations.
  • Sur ce qui reste après cotisations (9 800 – 4 410 = 5 390 €), vous payez encore l’impôt (la flat tax de 30% ou le barème progressif).

Le net en poche est bien plus faible qu’en SAS. C’est un point crucial à vérifier avant de vous lancer.


Tableau récapitulatif : SARL vs SAS, les chiffres en un coup d’œil

Pour y voir plus clair, voici un résumé du coût SARL vs SAS.

Critère SARL (Gérant majoritaire TNS) SAS (Président assimilé-salarié)
Statut du dirigeant Travailleur Non Salarié (TNS) Assimilé-salarié
Taux de cotisations sur la rémunération ~45% du net ~82% du net
Protection sociale Plus faible (retraite, maladie) Maximale (hors chômage)
Imposition des dividendes Flat tax (30%) + cotisations sociales (~45%) au-delà de 10% du capital Flat tax (30%) sur la totalité
Coût pour 2000€ de revenu net ~2900 € ~3640 €
Net en poche pour 10 000€ de dividendes Variable, souvent bien moins que 7000€ 7000 €

Ce tableau vous donne une vision claire, mais chaque situation est unique. Votre capital de départ, votre prévisionnel de chiffre d’affaires, vos besoins personnels… tout cela peut faire pencher la balance.

Un expert-comptable n’est pas là que pour les bilans. Il est là pour faire ces simulations avec vous, avant même de créer. Obtenez une simulation personnalisée

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Au-delà des chiffres : quel statut pour votre projet ?

Le choix entre SARL et SAS n’est pas qu’une question de comparatif chiffré SARL contre SAS. C’est aussi une question de vision pour votre projet. Comment imaginez-vous votre commerce dans 3, 5 ou 10 ans ?

La SARL : un cadre rassurant pour un projet familial ou à deux

La SARL est souvent perçue comme plus rigide, mais cette rigidité peut être une force. Son fonctionnement est très encadré par la loi, ce qui laisse peu de place à l’imprévu. C’est un cadre idéal si vous vous lancez avec votre conjoint, un ami ou un membre de votre famille. La cession de parts est contrôlée, ce qui permet de bloquer l’entrée d’un inconnu au capital. Vous sécurisez ainsi le cercle des associés.

La SAS : la souplesse pour grandir et attirer des investisseurs

La SAS, c’est la liberté. Les statuts peuvent être rédigés avec une grande souplesse pour organiser la direction, les prises de décision ou l’entrée et la sortie des associés. C’est le statut de choix si vous envisagez de faire entrer des investisseurs, de lever des fonds ou de faire évoluer votre actionnariat. La facilité avec laquelle on peut créer différentes catégories d’actions en fait un outil puissant pour piloter votre croissance. Transformer votre SARL en SAS est d’ailleurs une étape fréquente à ce moment clé de la vie d’une entreprise.

Choisir le bon statut est la fondation de votre tranquillité d’esprit d’entrepreneur. Votre expert-comptable Keobiz vous accompagne pour poser les bonnes briques dès le premier jour.

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Conclusion : alors, SARL ou SAS pour votre commerce ?

Assez de “ça dépend”. Voici une réponse tranchée pour vous aider à choisir, basée sur ce comparatif chiffré SARL contre SAS.

  • Si votre priorité absolue est de maximiser votre rémunération mensuelle dès le départ, que vous avez un besoin de trésorerie immédiat et que le niveau de votre protection sociale future est un souci secondaire, alors la SARL est souvent plus rentable pour démarrer. Le coût de votre salaire est plus faible, ce qui laisse plus d’air à votre caisse.
  • Si vous prévoyez de vous verser un faible salaire, de réinvestir massivement les bénéfices et de vous rémunérer principalement via des dividendes, ou si une protection sociale maximale est pour vous un critère non négociable, alors la SAS est plus adaptée, plus sûre et plus souple pour l’avenir.

Le bon statut est celui qui correspond à votre projet et à votre situation personnelle, pas une formule magique. L’important est de faire ce choix en toute connaissance de cause pour dormir sur vos deux oreilles. Une fois votre décision prise, vous pourrez vous concentrer sur l’essentiel : construire votre activité et lancer les démarches pour créer votre SARL ou votre SAS.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.