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Votre avis d’Impôt sur les Sociétés est arrivé : et si on optimisait votre trésorerie ?

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Ce moment, en fin d’exercice, où le chiffre tombe. L’avis d’imposition sur les sociétés arrive, et une partie significative du bénéfice pour lequel vous avez travaillé si dur s’envole. La sensation est frustrante : c’est de l’argent qui ne servira ni à refaire la vitrine, ni à acheter du stock, ni à vous verser une prime. Et si on changeait de perspective ? Plutôt que de subir cet impôt, voyons-le comme un paramètre à ajuster. Car oui, vous avez des leviers pour le maîtriser et protéger votre trésorerie.

Ce qu’il faut retenir

  • Maîtrisez vos charges déductibles : chaque dépense professionnelle justifiée est un levier direct pour réduire votre bénéfice imposable et donc votre impôt.
  • Arbitrez entre rémunération et dividendes : c’est un choix stratégique qui impacte à la fois l’IS de votre société et votre imposition personnelle.
  • Utilisez vos déficits : une année difficile n’est pas une fatalité. Son résultat négatif peut venir diminuer l’impôt de vos futures années profitables.
  • Anticipez avec un expert : l’optimisation fiscale se construit toute l’année, pas à la dernière minute. C’est la clé pour piloter sereinement votre trésorerie.

Avant d’optimiser, comprenons ce que vous payez vraiment

L’Impôt sur les Sociétés (IS) peut sembler complexe, mais son principe est simple. On va décrypter ça en deux minutes pour que vous maîtrisiez les bases.

Transformer une charge subie en un outil de pilotage demande une vision claire. Discutons de votre situation fiscale et mettons en place la bonne stratégie pour votre commerce.

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Concrètement, l’IS est un impôt que votre entreprise paie sur ses bénéfices. Mais attention, le bénéfice qui s’affiche sur votre logiciel de caisse (bénéfice comptable) n’est pas toujours celui que l’administration fiscale retient (bénéfice fiscal ou imposable). Certaines dépenses ne sont pas déductibles, d’autres sont réintégrées : c’est ce qui crée un petit décalage.

Qui est concerné ? Par défaut, les sociétés de capitaux comme la SARL et la SAS sont soumises à l’Impôt sur les Sociétés. C’est le régime le plus courant pour les commerçants qui ont créé une société. Pour tout savoir sur la fiscalité de la SARL, vous pouvez consulter notre guide. Dans certains cas, il est possible d’opter pour l’Impôt sur le Revenu, mais c’est une décision qui se pèse.

Maintenant, les taux. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un taux réduit pour les PME. En 2024, les taux sont les suivants :

  • Un taux réduit de 15 % s’applique sur la part de votre bénéfice allant jusqu’à 42 500 €.
  • Un taux normal de 25 % s’applique sur la part de votre bénéfice qui dépasse 42 500 €.

Prenons un exemple concret. Votre commerce dégage 50 000 € de bénéfice imposable cette année. Vous ne payez pas 25 % sur tout ! Le calcul est le suivant :

  • 15 % sur la première tranche de 42 500 € = 6 375 €
  • 25 % sur le reste (50 000 € – 42 500 € = 7 500 €) = 1 875 €
  • Total de votre IS = 8 250 €

Comprendre ce calcul est la première étape pour clarifier la situation et commencer à optimiser.


Levier n°1 : Déduire toutes les charges possibles (et légales !)

C’est la base, mais c’est aussi là que l’on oublie le plus de choses. Chaque facture oubliée, chaque dépense professionnelle non comptabilisée, c’est un cadeau que vous faites à l’administration fiscale. Actionner ce levier, c’est s’assurer que chaque euro dépensé pour votre commerce vient réduire votre base imposable.

Les achats de marchandises et matières premières

C’est le cœur de votre activité de commerçant. Le coût d’achat de tout ce que vous vendez est évidemment une charge déductible. Une gestion de stock rigoureuse et un suivi précis des factures fournisseurs sont donc vos meilleurs alliés pour ne rien laisser passer.

Les frais généraux : votre QG a un coût

Votre boutique ou votre local génère de nombreuses dépenses. Vérifiez que vous déduisez bien tout :

  • Le loyer et les charges locatives de votre local commercial.
  • Les factures d’énergie : électricité, gaz, eau.
  • Les assurances professionnelles (responsabilité civile, multirisque…).
  • Les abonnements : téléphone, internet, mais aussi votre logiciel de caisse, votre terminal de paiement, etc.
  • Les frais de déplacement : si vous utilisez votre véhicule personnel pour des livraisons ou des rendez-vous fournisseurs, des indemnités kilométriques peuvent être déduites.
  • Les repas : sous certaines conditions, vos repas pris dans le cadre professionnel peuvent être déduits.
  • Le petit équipement : tout le matériel dont la valeur est inférieure à 500 € HT (une nouvelle imprimante, une étagère, un lecteur de code-barres) peut être passé en charge directement l’année de l’achat.

Les salaires et charges sociales

La rémunération de vos salariés, ainsi que les charges sociales qui y sont associées, constituent une charge déductible majeure. Cela inclut également votre propre rémunération si vous avez le statut de dirigeant salarié (gérant minoritaire de SARL, président de SAS). Chaque euro versé en salaire vient diminuer d’autant le bénéfice imposable de l’entreprise. De plus, bien gérer ces charges vous aide également à optimiser le remboursement de la TVA sur vos achats.


Levier n°2 : Piloter votre rémunération et vos dividendes

La question qui revient chaque année : “Je me paye plus ou je sors un dividende ?”. Il n’y a pas de réponse unique, juste la vôtre, celle qui correspond à votre situation et à vos objectifs. Piloter cet arbitrage est un des outils les plus puissants pour optimiser la fiscalité globale, celle de votre entreprise et la vôtre.

La rémunération : une charge qui baisse votre IS

Le principe est simple : votre salaire de dirigeant est une charge pour l’entreprise. Plus votre rémunération est élevée, plus les charges de l’entreprise augmentent, et donc plus son bénéfice imposable diminue. L’Impôt sur les Sociétés à payer sera donc plus faible. En contrepartie, vous payez personnellement des charges sociales (qui vous ouvrent des droits à la retraite, à la santé…) et de l’impôt sur le revenu sur ce salaire.

Les dividendes : un partage du bénéfice après impôt

Les dividendes, c’est différent. Ils représentent une partie du bénéfice net qui est distribué aux associés. Ils sont donc versés après que l’entreprise a payé son Impôt sur les Sociétés. Augmenter vos dividendes ne réduit donc pas l’IS de votre société. Une fois versés, ces dividendes sont fiscalisés à votre niveau, le plus souvent via le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou “flat tax”) de 30 %.

Le bon arbitrage

Alors, comment choisir ? Le calcul dépend de nombreux facteurs : le montant de votre bénéfice, votre taux marginal d’imposition (TMI), votre besoin de protection sociale, vos projets personnels…

  • Privilégier la rémunération peut être judicieux si vous souhaitez maximiser vos droits sociaux (retraite notamment) et si votre TMI est faible.
  • Opter pour les dividendes peut être plus intéressant si votre entreprise a déjà payé l’IS au taux réduit et que vous n’avez pas besoin de cotiser davantage.

Vous le voyez, le choix entre rémunération et dividendes n’a rien d’anodin. Il dépend de vos projets, de votre taux d’imposition, de vos besoins. Jongler entre ces options demande une vision claire et en temps réel de votre activité.

C’est un calcul complexe qui change chaque année. Obtenez une simulation personnalisée pour prendre la décision la plus rentable pour vous et votre entreprise.

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Levier n°3 : Anticiper pour transformer les coups durs en avantage fiscal

Une mauvaise année, ça arrive. Un gros investissement qui plombe la trésorerie aussi. La bonne nouvelle ? Fiscalement, rien n’est perdu. Anticiper et utiliser les mécanismes prévus par la loi permet de transformer une situation difficile en un levier pour sécuriser l’avenir.

Le déficit : votre “joker” pour les années suivantes

Si votre commerce clôture son exercice avec une perte, on parle de déficit fiscal. Loin d’être une fatalité, ce déficit est une sorte de “joker” que vous pouvez utiliser plus tard. Le mécanisme s’appelle le report en avant. Il vous permet de déduire le déficit d’une année N des bénéfices de l’année N+1 (et des suivantes, sans limite de temps).

Exemple concret :

  • Année N : votre activité a été difficile, vous enregistrez un déficit de 10 000 €. Vous ne payez évidemment pas d’IS.
  • Année N+1 : les affaires reprennent, vous réalisez un bénéfice de 30 000 €.
  • Au lieu d’être imposé sur 30 000 €, vous allez d’abord déduire votre déficit de l’année N. Votre base imposable sera de 30 000 € – 10 000 € = 20 000 €. Vous ne paierez l’IS que sur 20 000 €.

Cette règle simple permet de lisser l’impôt sur le long terme et de ne pas être pénalisé après une année compliquée.

Prenez le contrôle de votre fiscalité avec Keobiz et assurez-vous que chaque décision est la bonne pour votre trésorerie.

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L’amortissement : lisser le coût de vos gros investissements

Vous devez changer votre vitrine réfrigérée ou acheter une nouvelle camionnette de livraison ? Ces gros investissements sont essentiels, mais ils pèsent sur la trésorerie. Fiscalement, l’amortissement comptable est là pour vous aider.

L’idée est de ne pas déduire la totalité de la dépense l’année de l’achat, mais de l’étaler sur sa durée d’utilisation prévue. Prenons l’exemple de l’achat d’un nouveau système de caisse complet à 3 000 €. L’administration estime sa durée de vie à 3 ans. Au lieu de déduire 3 000 € de votre bénéfice la première année, vous allez déduire une charge (un amortissement) de 1 000 € par an pendant 3 ans.

Cela permet de lisser l’impact de l’investissement sur votre résultat et de réduire votre base imposable de manière plus régulière. C’est un outil de planification fiscale puissant, surtout quand on prévoit de moderniser son commerce. Pour que ces mécanismes fonctionnent au mieux, il faut avoir pensé en amont à créer une SARL bien structurée.

Optimiser votre Impôt sur les Sociétés consiste à utiliser les règles du jeu à votre avantage, sans chercher de faille. C’est une stratégie qui se construit à deux, avec un partenaire qui connaît votre activité et anticipe pour vous, pour que vous puissiez vous concentrer sur ce que vous faites le mieux : faire tourner votre commerce.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.