Icone du topbar La création d’entreprise est offerte chez Keobiz ! La création d’entreprise est offerte chez Keobiz ! J’en profite
Expert-comptable en ligne / Fiches pratiques / Fiches pratiques : Création d’entreprise / Quel statut après auto entrepreneur : EI, EURL ... /
GUIDE COMPLET 5 min de lecture

Quel statut après auto entrepreneur : EI, EURL ou SASU en 2026

Être accompagné →

Le régime de la micro-entreprise est un excellent tremplin pour se lancer. Mais lorsque votre activité grandit, ses limites peuvent devenir un frein. Dépassement des plafonds de chiffre d’affaires, charges professionnelles qui augmentent… Il est peut-être temps d’envisager un nouveau statut juridique.

En résumé :

  • Trois raisons fréquentes de quitter la micro : dépassement des plafonds, charges réelles supérieures à l’abattement, besoin de structurer.
  • EI au régime réel : continuité simple, déduction des charges réelles, mais pas de personnalité morale ni d’associés possibles.
  • EURL : société unipersonnelle, gérant TNS, fiscalité IR ou IS au choix, structuration intermédiaire et coût modéré.
  • SASU : société unipersonnelle, président assimilé-salarié, IS par défaut, structure attractive pour la croissance et la rémunération en dividendes.

Pourquoi changer de statut après l’auto-entrepreneur ?

Le passage à un autre statut n’est pas obligatoire, mais il devient souvent une évidence pour plusieurs raisons concrètes. Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces scénarios, il est probablement temps de réfléchir à la suite.

La création d’une entreprise, ça ne s’improvise pas : on s’en parle ?

Prendre un rendez-vous

Loin d’être une contrainte, ce changement est le signe d’une réussite. Il vous ouvre de nouvelles perspectives pour structurer, protéger et développer votre projet. Les options les plus courantes pour un entrepreneur seul sont l’Entreprise Individuelle (EI) au régime réel, l’EURL ou la SASU. Ce guide vous aide à comprendre quel statut choisir selon votre situation, sans jargon et en toute neutralité.

  1. Le dépassement des plafonds de chiffre d’affaires : C’est la raison la plus fréquente. Le régime micro-social et micro-fiscal est conditionné à des seuils de chiffre d’affaires annuels. Si vous les dépassez deux années de suite, vous basculez automatiquement au régime réel de l’entreprise individuelle. Anticiper ce changement vous permet de choisir une structure plus adaptée.
  2. L’augmentation de vos charges professionnelles : En micro-entreprise, vos cotisations et impôts sont calculés sur votre chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire pour frais professionnels (ex: 34 % pour les activités libérales). Si vos charges réelles (achats de matériel, loyer, logiciels, sous-traitance…) dépassent ce forfait, vous payez des cotisations sur un bénéfice qui n’existe pas. Passer à un régime “au réel” (EI, EURL, SASU) vous permet de déduire 100 % de vos dépenses réelles, ce qui est souvent plus juste et plus rentable.
  3. Le besoin de structurer et développer votre projet : La micro-entreprise est limitée. Vous ne pouvez pas vous associer. Il peut être plus difficile d’obtenir certains financements ou de gagner en crédibilité auprès de grands comptes. Créer une société (EURL ou SASU) donne une personnalité morale à votre activité, sépare clairement votre patrimoine de celui de l’entreprise et facilite les projets de croissance (embaucher, lever des fonds, etc.).

Les critères à comparer avant de choisir un nouveau statut

Choisir entre l’Entreprise Individuelle, l’EURL et la SASU revient à arbitrer entre plusieurs paramètres. Il n’y a pas de “meilleur statut” dans l’absolu, seulement celui qui est le plus adapté à votre projet.

Chiffre d’affaires, charges et rentabilité réelle

  • En micro-entreprise : Vous êtes imposé sur votre CA moins un abattement. Simple, mais potentiellement pénalisant si vos charges sont élevées.
  • En EI, EURL ou SASU : Vous êtes imposé sur votre bénéfice réel (Chiffre d’Affaires – Charges déductibles). C’est une vision plus juste de votre rentabilité. Plus vos charges sont importantes, plus ce système est avantageux.

Fiscalité, protection sociale et formalités

  • Le régime fiscal : Souhaitez-vous être imposé personnellement sur les bénéfices via l’Impôt sur le Revenu (IR), comme en micro-entreprise ? Ou préférez-vous que la société paie son propre impôt, l’Impôt sur les Sociétés (IS), et que vous soyez imposé uniquement sur la rémunération que vous vous versez ? L’EURL offre le choix, la SASU est par défaut à l’IS et l’EI à l’IR.
  • La protection sociale : Préférez-vous le statut de Travailleur Non Salarié (TNS), avec des cotisations sociales plus faibles mais une protection sociale un peu moins étendue (retraite notamment) ? C’est le cas en EI et en EURL. Ou préférez-vous être assimilé salarié, avec une protection quasi identique à celle d’un salarié (sauf l’assurance chômage) mais des cotisations plus élevées ? C’est le cas en SASU.
  • Les formalités de gestion : L’EI reste la forme la plus simple. La création et la gestion d’une société (EURL/SASU) impliquent plus de formalisme : rédaction de statuts, dépôt de capital social, tenue d’une comptabilité plus stricte, assemblées générales, etc.

Passer à l’entreprise individuelle : pour qui et dans quels cas ?

L’Entreprise Individuelle (EI) au régime réel est la continuité logique de la micro-entreprise. C’est le statut vers lequel vous basculez automatiquement si vous ne faites rien après avoir dépassé les plafonds.

  • Avantages : C’est la solution la plus simple après la micro-entreprise. Les formalités de création sont quasi inexistantes si vous y basculez. La comptabilité est allégée (comptabilité de trésorerie souvent suffisante). Depuis 2022, votre patrimoine personnel est automatiquement protégé, comme en société.
  • Limites : Vous ne pouvez pas vous associer. L’imposition se fait obligatoirement à l’IR (sauf option pour l’IS sous conditions), ce qui signifie que tout le bénéfice de l’entreprise est considéré comme votre revenu, que vous l’ayez pris ou non.
  • Profil adapté : Le freelance ou l’indépendant qui dépasse les plafonds mais souhaite conserver un maximum de simplicité administrative, et dont les charges deviennent supérieures à l’abattement forfaitaire.

Choisir l’EURL après la micro-entreprise : avantages, limites et bon timing

L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL avec un seul associé. C’est la première option pour créer une véritable société, une personne morale distincte de vous.

  • Avantages : Elle offre une grande souplesse fiscale avec le choix entre l’Impôt sur le Revenu (IR) et l’Impôt sur les Sociétés (IS). Le gérant associé unique relève du régime des TNS, ce qui permet de maîtriser le niveau des cotisations sociales. La responsabilité est limitée aux apports.
  • Limites : Sa création et sa gestion sont plus formelles que l’EI (rédaction de statuts, bilan annuel…). Un point important : les dividendes que vous vous versez sont en grande partie soumis aux cotisations sociales, ce qui réduit l’intérêt d’un arbitrage rémunération/dividendes.
  • Profil adapté : L’entrepreneur qui cherche à protéger son patrimoine, souhaite avoir le choix de son régime fiscal (notamment pour l’IS) tout en conservant des charges sociales modérées. C’est un statut très prisé des artisans, commerçants et de certaines professions libérales.

Choisir la SASU après la micro-entreprise : avantages, limites et profils adaptés

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une SAS avec un seul associé. C’est un statut souvent perçu comme plus moderne et flexible, orienté vers la croissance.

  • Avantages : Le président de SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie d’une excellente protection sociale (retraite, maladie) en échange de cotisations plus élevées. Le principal atout réside dans la fiscalité des dividendes : ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales, ce qui permet une optimisation fine entre salaire et dividendes. Enfin, elle est très évolutive : il suffit de faire entrer de nouveaux associés pour la transformer en SAS.
  • Limites : Le coût de la protection sociale est élevé. Les cotisations sur la rémunération du président sont significativement plus hautes qu’en EURL. La gestion est également plus formelle et potentiellement plus coûteuse.
  • Profil adapté : L’entrepreneur qui privilégie une forte protection sociale, qui prévoit de se verser peu de rémunération au début pour réinvestir, ou qui souhaite optimiser ses revenus grâce à l’arbitrage salaire ou dividendes. C’est aussi le choix privilégié pour les projets qui visent à lever des fonds ou à s’associer à moyen terme.

Tableau comparatif : ei, eurl ou sasu après auto-entrepreneur

Tableau récapitulatif
CritèreEntreprise Individuelle (EI)EURL (SARL Unipersonnelle)SASU (SAS Unipersonnelle)
Protection du patrimoineProtégé (séparation automatique)Limitée aux apportsLimitée aux apports
Régime social du dirigeantTravailleur Non Salarié (TNS)Gérant : TNSPrésident : Assimilé salarié
Régime fiscal (par défaut)Impôt sur le Revenu (IR)Impôt sur le Revenu (IR)Impôt sur les Sociétés (IS)
Option fiscale possibleOption pour l’IS (sous conditions)Option pour l’ISOption pour l’IR (5 ans max)
Déduction des chargesOui, au réelOui, au réelOui, au réel
Cotisations socialesModéréesModéréesÉlevées (sur la rémunération)
Versement de dividendesNon applicableOui (soumis aux cotisations sociales)Oui (non soumis aux cotisations sociales)
Simplicité de gestionTrès simpleMoyenne (formalités de société)Moyenne (formalités de société)
Évolution (s’associer)Non (nécessite une transformation)Facile (passage en SARL)Très facile (passage en SAS)

[image alt=”Schéma de décision pour choisir son statut après la micro-entreprise : EI, EURL ou SASU.”]


Comment choisir concrètement selon votre situation ?

La théorie est une chose, la pratique en est une autre. Voici quelques scénarios pour vous aider à y voir plus clair.

Si vous voulez rester simple et limiter les formalités

L’Entreprise Individuelle (EI) est sans conteste le choix le plus évident. Elle vous permet de déduire vos charges réelles sans vous imposer la complexité de la gestion d’une société. C’est une transition en douceur depuis la micro-entreprise.

Si vos charges augmentent ou si vous voulez structurer votre activité

Le choix se portera sur une société : EURL ou SASU.

  • Optez pour l’EURL si votre priorité est de limiter le montant de vos cotisations sociales tout en ayant la flexibilité de l’Impôt sur les Sociétés.
  • Optez pour la SASU si vous préférez une meilleure couverture sociale (quitte à payer plus de charges) ou si vous prévoyez une stratégie de revenus basée en partie sur les dividendes.
Pensez à faire des simulations chiffrées

Le choix entre EURL et SASU dépend fortement du niveau de rémunération que vous souhaitez vous verser et de votre chiffre d’affaires prévisionnel. N’hésitez pas à vous faire accompagner par un expert-comptable pour simuler les différents scénarios et valider l’option la plus rentable pour vous.

Vérification et accompagnement

Les informations de cet article sont fournies à titre pédagogique. Les réglementations fiscales et sociales évoluent. Avant toute décision, il est indispensable de vérifier les informations auprès des sources officielles (service-public.fr, Urssaf) et de vous faire conseiller par un professionnel (expert-comptable, avocat) pour sécuriser votre choix.

Marre de l’administratif avant même d’avoir commencé ?

Laissez nos experts Keobiz structurer votre démarrage pendant que vous peaufinez votre produit. Nous gérons la complexité pour vous.

Créer mon entreprise gratuitement Créer mon entreprise

Si vous visez une image plus “société” ou une évolution future

L’EURL et la SASU renvoient une image plus établie qu’une entreprise individuelle, ce qui peut rassurer des partenaires ou des banques. La SASU est particulièrement bien vue pour les projets innovants ou à forte croissance, car sa structure est conçue pour accueillir facilement des investisseurs.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.