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GUIDE COMPLET 5 min de lecture

Chiffrer votre projet de restaurant ou d’hôtel : guide complet 2026

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L’idée est là, brillante, peut-être même gourmande. Vous vous imaginez déjà accueillir vos premiers clients, gérer le coup de feu en cuisine ou superviser l’arrivée des voyageurs. Mais une question, plus pragmatique, vous empêche de dormir : combien ça coûte, vraiment ?

Ce qu’il faut retenir

  • Chiffrer sert à valider la viabilité du concept, convaincre les financeurs et piloter le lancement avec un prévisionnel fiable.
  • Investissements initiaux : local (achat, droit au bail ou location), travaux et mise aux normes (sécurité, PMR, HACCP), équipement cuisine/hôtelier, mobilier, frais administratifs, licences et communication — prévoir une marge de sécurité ≥15 %.
  • Charges d’exploitation mensuelles : masse salariale (souvent 35–45 % en restauration), achats de matières (≈25–35 % du CA), loyer, énergie, assurances, maintenance, frais de gestion et commissions ; distinguer charges fixes et variables pour piloter.
  • Estimer le CA : pour un restaurant = couverts × ticket moyen × taux de remplissage × services × jours ; pour un hôtel = chambres × prix moyen (ADR) × taux d’occupation × jours ; intégrer saisonnalité et montée en charge progressive la 1re année.

Pourquoi chiffrer son projet de restaurant ou d’hôtel dès le départ ?

On connaît la tentation de foncer tête baissée, porté par la passion. Pourtant, prendre le temps de poser les chiffres est l’acte le plus stratégique que vous puissiez faire. Le chiffrage, ou prévisionnel financier, remplit trois objectifs vitaux :

La création d’une entreprise, ça ne s’improvise pas : on s’en parle ?

Prendre un rendez-vous

Le chiffrage d’un projet de restaurant, d’hôtel ou d’hôtel-restaurant n’est pas qu’une simple formalité administrative. C’est le test de résistance de votre idée, le passage obligé pour transformer un rêve en une entreprise viable. Un chiffrage précis et honnête est votre meilleure assurance contre les mauvaises surprises.

Ce guide est conçu pour vous aider à y voir clair, étape par étape. On va décortiquer ensemble les investissements de départ, les charges mensuelles, le chiffre d’affaires espéré et le financement nécessaire pour lancer votre activité sur des bases solides.

  1. Valider la viabilité de votre concept : Votre idée peut-elle être rentable ? Le chiffrage répond à cette question fondamentale en confrontant vos ambitions à la réalité économique.
  2. Convaincre les financeurs : Aucune banque ne prêtera sur la base d’une simple idée. Un prévisionnel détaillé et argumenté prouve votre sérieux et votre maîtrise du projet. C’est le cœur de votre business plan.
  3. Piloter votre lancement : Une fois lancé, ce document devient votre feuille de route. Il vous permet de suivre vos performances, d’anticiper les difficultés de trésorerie et de prendre les bonnes décisions.

Les grands postes de dépenses à prévoir avant l’ouverture

Avant même d’encaisser votre premier euro, vous devrez faire face à des investissements significatifs. C’est le budget de départ, celui qui conditionne tout le reste.

Le local : le cœur de l’investissement

Que vous optiez pour un restaurant, un hôtel ou un hybride, le local est souvent le poste le plus lourd.

  • Achat du fonds de commerce ou des murs : L’option la plus coûteuse, qui implique des frais de notaire et un crédit important.
  • Location avec droit au bail (“pas-de-porte”) : Vous versez une somme au locataire précédent pour reprendre son bail commercial. Ce montant est très variable selon l’emplacement.
  • Location simple : Vous devrez verser un dépôt de garantie (généralement 3 mois de loyer hors charges) et souvent payer le premier mois d’avance. Le loyer doit être analysé avec attention ; dans la restauration, on considère qu’il ne doit idéalement pas dépasser 8 à 10 % du chiffre d’affaires prévisionnel.

Travaux, mise aux normes, équipement et mobilier

Un local “brut” ou à rénover peut sembler une bonne affaire, mais le coût des travaux peut vite grimper.

  • Travaux de gros œuvre et de second œuvre : Rénovation de la cuisine, des salles, des chambres, plomberie, électricité, peinture, sols… Demandez plusieurs devis détaillés.
  • Mise aux normes : C’est un poste non négociable et souvent coûteux. Il inclut :
  • Équipement de cuisine (Restaurant) : Fours, pianos, chambres froides, lave-vaisselle professionnel… Le coût varie énormément entre du matériel neuf et d’occasion.
  • Équipement hôtelier : Literie, linge de lit et de toilette, télévisions, mobilier des chambres.
  • Mobilier et décoration : Tables, chaises, luminaires, comptoir, décoration de la salle et des chambres. L’ambiance que vous créez a un coût.

[image alt=”Tableau de bord financier d’un prévisionnel pour un restaurant ou un hôtel”]

Frais administratifs, assurances, licences et communication

Ces frais sont souvent sous-estimés, mais ils sont indispensables.

  • Frais de création d’entreprise : Rédaction des statuts (SAS ou SARL par exemple), immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), publication d’une annonce légale.
  • Licences : La licence restaurant ou la licence IV pour vendre de l’alcool est obligatoire et nécessite une formation spécifique (permis d’exploitation).
  • Assurances : Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) est le minimum. D’autres sont à prévoir (multirisque, perte d’exploitation…).
  • Logiciels et caisse : Logiciel de caisse certifié, système de réservation, terminal de paiement électronique (TPE).
  • Stock de départ : Achat des premières matières premières, boissons, produits d’accueil…
  • Communication de lancement : Création d’un site web, shooting photo, flyers, publicité sur les réseaux sociaux.

Attention à la sous-estimation

L’erreur la plus fréquente est de sous-estimer le budget travaux et les frais annexes. Prévoyez toujours une marge de sécurité d’au moins 15 % sur votre budget d’investissement pour faire face aux imprévus.


Les charges d’exploitation mensuelles à intégrer dans le calcul

Une fois l’établissement ouvert, les dépenses récurrentes commencent. Ce sont les charges d’exploitation, qui déterminent la rentabilité au quotidien.

Personnel, achats, énergie, maintenance et outils

Voici la liste des principales charges à anticiper chaque mois :

  • Masse salariale : Salaires bruts et charges sociales (patronales et salariales). C’est souvent le premier poste de dépense, pouvant représenter 35 à 45 % du chiffre d’affaires en restauration.
  • Achats de matières premières : Nourriture et boissons pour un restaurant ; produits de petit-déjeuner et d’entretien pour un hôtel. Le ratio “matières” en restauration se situe généralement entre 25 % et 35 % du CA.
  • Loyer et charges locatives.
  • Énergie et fluides : Électricité, gaz, eau. Ces coûts ont fortement augmenté et doivent être estimés avec précision.
  • Assurances et mutuelle d’entreprise.
  • Maintenance : Entretien du matériel, des ascenseurs, des systèmes de sécurité…
  • Frais de gestion : Honoraires de l’expert-comptable, frais bancaires, abonnements logiciels.
  • Marketing et communication : Publicité en ligne, commissions des plateformes de réservation (Booking, TheFork…), etc.
  • Taxes et impôts : TVA, CFE, impôt sur les sociétés…

Différence entre charges fixes et charges variables

Pour bien piloter, il est crucial de distinguer ces deux types de charges.

Charges Fixes Charges Variables

Définition : Coûts à payer quel que soit votre niveau d’activité.

Exemples : Loyer, salaires du personnel permanent, assurances, abonnements, remboursement d’emprunt.

Définition : Coûts qui augmentent ou diminuent avec votre activité.

Exemples : Achats de matières premières, coût du personnel extra, commissions sur réservation, consommation d’énergie (en partie).

Comprendre cette distinction est la première étape pour calculer votre seuil de rentabilité.


Comment estimer le chiffre d’affaires d’un restaurant ou d’un hôtel ?

C’est l’étape la plus délicate, car elle repose sur des hypothèses. Soyez réaliste, voire un peu pessimiste, pour construire un prévisionnel solide.

Méthode pour un restaurant : capacité, rotation, ticket moyen

Le calcul se base sur une formule simple :

CA prévisionnel = (Nombre de couverts) x (Ticket moyen par client) x (Taux de remplissage) x (Nombre de services par jour) x (Nombre de jours d’ouverture)

  • Nombre de couverts : La capacité maximale de votre salle.
  • Ticket moyen : Le prix moyen payé par un client. Estimez-le en créant plusieurs menus types (entrée + plat, plat + dessert, formule complète…).
  • Taux de remplissage : C’est le pourcentage de sièges que vous pensez occuper. Il sera différent le midi en semaine et le soir le week-end. Soyez prudent, ne tablez pas sur 100 % dès le départ.
  • Nombre de services : Prévoyez-vous un, deux ou trois services par repas ?

Méthode pour un hôtel : nombre de chambres, taux d’occupation, prix moyen

La logique est similaire pour un projet d’hôtellerie :

CA prévisionnel = (Nombre de chambres) x (Prix moyen par chambre) x (Taux d’occupation) x (Nombre de jours d’ouverture)

  • Nombre de chambres : La capacité de votre hôtel.
  • Prix moyen par chambre (ADR) : Fixez une grille tarifaire en fonction du type de chambre, de la saison (haute/basse) et des jours de la semaine.
  • Taux d’occupation (TO) : C’est le pourcentage de chambres louées. Renseignez-vous sur les taux moyens dans votre zone géographique pour rester crédible.

Intégrer la saisonnalité et la montée en charge

Votre chiffre d’affaires ne sera pas linéaire.

  • Montée en charge : Les premiers mois, votre activité sera probablement plus faible. Prévoyez une croissance progressive sur la première année (ex: 40% du CA cible le 1er trimestre, 60% le 2e, etc.).
  • Saisonnalité : Un hôtel à la mer et un restaurant en station de ski n’ont pas la même activité en juillet et en janvier. Intégrez ces pics et ces creux dans vos prévisions mensuelles.

Quel financement prévoir pour lancer le projet ?

Une fois que vous avez estimé vos besoins d’investissement et votre prévisionnel, il faut trouver l’argent.

Apport personnel, emprunt et aides possibles

Le financement d’un projet repose généralement sur un mix de ces trois sources :

  • Apport personnel : C’est la somme que vous investissez avec vos propres fonds. Les banques exigent généralement un apport représentant entre 20 % et 30 % du besoin de financement total. Il prouve votre implication et limite le risque pour le prêteur.
  • Emprunt bancaire : C’est le levier principal pour financer les investissements lourds (fonds de commerce, travaux). Votre prévisionnel sera la pièce maîtresse pour convaincre la banque de la rentabilité future et de votre capacité à rembourser. Pour cela, un compte bancaire professionnel dédié est indispensable.
  • Aides à la création : Renseignez-vous sur les dispositifs existants (prêts d’honneur, subventions régionales, aides de Bpifrance…).

Le besoin en fonds de roulement (BFR) : le grand oublié

Le BFR est la trésorerie nécessaire pour faire fonctionner l’entreprise au quotidien. C’est l’argent dont vous avez besoin pour payer vos fournisseurs et vos salaires avant même que vos clients aient payé. Ne pas l’intégrer au plan de financement est l’une des principales causes de faillite la première année. Il doit être financé par votre apport ou l’emprunt.


Construire un prévisionnel financier simple et crédible

Le prévisionnel se compose de plusieurs tableaux financiers qui synthétisent votre chiffrage.

Plan de financement initial

Ce tableau équilibre vos besoins et vos ressources au démarrage. Il doit être parfaitement équilibré.

Besoins (Emplois) Ressources (Financement)

Investissements :

  • Fonds de commerce / Droit au bail
  • Travaux et aménagement
  • Matériel et mobilier
  • Frais d’établissement
  • Besoin en Fonds de Roulement (BFR)
  • TOTAL BESOINS

Apport personnel

  • Emprunt bancaire
  • Aides et subventions
  • Compte courant d’associé
  • TOTAL RESSOURCES

Compte de résultat prévisionnel

Il projette votre activité sur 3 ans et montre si votre projet est rentable. Sa structure est simple :

Chiffre d’Affaires Prévisionnel – Total des Charges d’Exploitation = Résultat Brut (Bénéfice ou Perte)

Seuil de rentabilité : le chiffre à connaître par cœur

Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires minimum que vous devez réaliser pour couvrir l’ensemble de vos charges (fixes et variables) et commencer à gagner de l’argent. En dessous, vous perdez de l’argent ; au-dessus, vous êtes bénéficiaire.

La formule de base est :

Seuil de rentabilité = Charges Fixes Annuelles / Taux de Marge sur Coûts Variables

Où le Taux de Marge sur Coûts Variables = (Chiffre d’Affaires – Charges Variables) / Chiffre d’Affaires.

Le connaître vous donne un objectif clair et mesurable.


Checklist : êtes-vous prêt à lancer le chiffrage ?

Avant de vous plonger dans les tableaux Excel, assurez-vous d’avoir rassemblé ces informations :

  • [ ] Au moins 2 devis pour chaque poste de travaux et d’équipement majeur.
  • [ ] Une estimation précise du loyer et des conditions du bail commercial.
  • [ ] Une grille tarifaire détaillée (menus, prix des chambres).
  • [ ] Une étude de la concurrence locale pour valider vos hypothèses de prix et de remplissage.
  • [ ] Une simulation de votre masse salariale (nombre d’employés, type de contrats).
  • [ ] La liste de toutes les assurances, licences et abonnements nécessaires.

Questions fréquentes sur le lancement d’un restaurant ou d’un hôtel

Comment déclarer l’ouverture d’un restaurant ?

La déclaration passe par plusieurs étapes clés : l’immatriculation de votre société au Guichet unique des entreprises, l’obtention d’un permis d’exploitation après une formation spécifique, une déclaration préalable à la mairie au moins 15 jours avant l’ouverture, et la déclaration auprès des services vétérinaires (DDPP) pour le respect des normes d’hygiène.


Quel est le chiffre d’affaires moyen d’un restaurant ?

Les chiffres varient énormément selon le concept, l’emplacement et la taille. Des sources sectorielles évoquent une moyenne autour de 16 000 € par mois pour un restaurant traditionnel et 14 000 € pour de la restauration rapide. Toutefois, ces chiffres ne sont que des indicateurs : un restaurant gastronomique dans une capitale et une petite brasserie de village n’auront pas du tout les mêmes revenus. Votre propre étude de marché est plus fiable que n’importe quelle moyenne nationale.


Comment rédiger un projet de restauration ?

Un projet de restauration se formalise dans un business plan. Il doit contenir une présentation du concept et de l’équipe, une étude de marché (clientèle cible, concurrence), votre stratégie commerciale et de communication, le choix de votre statut juridique, et bien sûr, le prévisionnel financier détaillé que nous avons abordé dans cet article.

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Quel est le chiffre d’affaires moyen d’un hôtel ?

La fourchette est encore plus large que pour un restaurant. Elle peut aller de 10 000 € à plus de 600 000 € par mois. Tout dépend du nombre d’étoiles, du nombre de chambres, de l’emplacement (Paris vs. province), des services annexes (spa, restaurant, séminaires) et de la saisonnalité. Là encore, une analyse locale est indispensable pour estimer un chiffre d’affaires réaliste.

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Disclaimer

Les informations fournies dans cet article le sont à titre purement informatif et pédagogique. Les chiffres, ratios et estimations peuvent varier considérablement en fonction de la nature, de la taille et de l’emplacement de votre projet. Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement ou une validation de business plan. La consultation d’un expert-comptable est indispensable pour valider votre prévisionnel financier et sécuriser le lancement de votre entreprise.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.