Icone du topbar La création d’entreprise est offerte chez Keobiz ! La création d’entreprise est offerte chez Keobiz ! J’en profite
GUIDE COMPLET 5 min de lecture

Tronc commun : le traitement fiscal des pourboires en France (2026)

Être accompagné →

En fin de service, la question des pourboires revient souvent sur la table. Pour le salarié, c’est un complément de revenu apprécié. Pour l’employeur, notamment en restauration, c’est un sujet qui soulève des questions de gestion, de paie et de fiscalité. Sont-ils imposables ? Faut-il les déclarer ? Qui est responsable de quoi ? Clarifions ensemble les règles du jeu pour piloter votre activité sereinement.

Ce qu’il faut retenir

  • Principe : les pourboires sont en principe un revenu imposable et soumis aux cotisations sociales, sauf disposition dérogatoire.
  • Exception temporaire : exonération d’impôt et de cotisations possible si le salarié est en contact direct avec la clientèle et que sa rémunération brute mensuelle n’excède pas 1,6 fois le SMIC.
  • Rôle de l’employeur : dès lors que les pourboires transitent par l’établissement (terminal de paiement, pot commun), l’employeur doit tracer, répartir équitablement, mentionner les montants sur le bulletin de paie et les déclarer en DSN.
  • Cas pratiques : pourboires en espèces peuvent être difficiles à tracer mais restent imposables hors exonération ; pourboires par carte doivent être collectés puis redistribués intégralement ; le partage via tronc commun est possible si les règles sont formalisées.

Les pourboires sont-ils imposables en France ? Réponse rapide

En principe, oui, les pourboires sont un revenu imposable pour le salarié qui les perçoit. Cependant, une exonération temporaire d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales a été mise en place pour soutenir certains secteurs. Elle s’applique uniquement si la rémunération du salarié ne dépasse pas un certain plafond.

La création d’une entreprise, ça ne s’improvise pas : on s’en parle ?

Prendre un rendez-vous

Ce qu’il faut retenir :

  • Le principe général : Les pourboires sont considérés comme un revenu et sont donc, par défaut, soumis à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales.
  • L’exception temporaire : Une exonération fiscale et sociale s’applique sous conditions, notamment pour les salariés dont la rémunération ne dépasse pas 1,6 fois le SMIC.
  • Le rôle de l’employeur : Il devient central dès que les pourboires sont collectés par l’entreprise (via carte bancaire, par exemple). Il doit alors assurer leur traçabilité et leur juste répartition.
  • La vigilance pour l’avenir : L’exonération actuelle est une mesure temporaire, issue d’une loi de finances. Il est crucial de vérifier sa reconduction dans les années à venir.

Qu’est-ce qu’un pourboire au sens fiscal et social ?

Un pourboire est une somme d’argent remise volontairement par un client à un salarié, en plus du montant de la facture, pour marquer sa satisfaction quant à la qualité d’un service. C’est cette nature volontaire et discrétionnaire qui le définit juridiquement.

Différence entre pourboire volontaire, frais de service et salaire

Ne pas les confondre est la première étape pour éviter les erreurs. Le traitement comptable et fiscal est radicalement différent.

  • Le pourboire volontaire : Remis à la discrétion du client (en espèces ou par carte), il n’apparaît pas sur la note finale comme une ligne de facturation.
  • Les frais de service (ou “service compris”) : Il s’agit d’un pourcentage fixe ajouté au prix de vente. Ce n’est pas un pourboire, mais une partie du chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette somme est ensuite utilisée pour composer la rémunération des salariés et est donc traitée comme un salaire, soumise à cotisations et impôts.
  • Le salaire : C’est la contrepartie contractuelle du travail fourni, fixée dans le contrat de travail.

Le traitement fiscal des pourboires : principe et exceptions

La règle par défaut est l’imposition. Mais une mesure dérogatoire, introduite par la loi de finances pour 2022 et prolongée depuis, a changé la donne pour de nombreux salariés.

Quand les pourboires sont imposables à l’impôt sur le revenu

Les pourboires sont intégralement imposables et doivent être ajoutés à votre revenu déclaré dans les cas suivants :

  1. Si votre rémunération mensuelle brute (hors pourboires) dépasse 1,6 fois le SMIC.
  2. Si l’exonération temporaire n’est pas reconduite par une future loi de finances.

Dans ce cas, le pourboire est traité comme un complément de salaire. S’il est géré par l’employeur, il sera soumis au prélèvement à la source, comme le reste de votre paie. Comprendre les mécanismes de l’impôt sur les sociétés et des autres taxes est essentiel pour tout dirigeant.

Quand une exonération peut s’appliquer

Les pourboires perçus sont exonérés d’impôt sur le revenu (et de prélèvements sociaux) si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • Le salarié qui les perçoit est en contact direct avec la clientèle.
  • Sa rémunération brute mensuelle, pour le mois considéré, n’excède pas 1,6 SMIC (soit 2 827,12 € bruts au 1er janvier 2024).
  • Les pourboires ont été versés volontairement par les clients, que ce soit en espèces ou par carte bancaire.

Cette mesure, confirmée par la doctrine administrative (BOI), vise à augmenter le pouvoir d’achat des salariés des secteurs concernés (hôtellerie, restauration, cafés, etc.) sans alourdir les charges.

Attention au plafond de rémunération

Le calcul du seuil de 1,6 SMIC se fait mois par mois. Un salarié peut donc bénéficier de l’exonération certains mois et pas d’autres, par exemple en cas de versement d’une prime ou d’heures supplémentaires importantes.


Le traitement social des pourboires : cotisations et rémunération

Le traitement social (c’est-à-dire le calcul des cotisations pour la retraite, la maladie, etc.) suit la même logique que le traitement fiscal.

Pourquoi les pourboires peuvent être assimilés à une rémunération

Juridiquement, les pourboires sont considérés comme un accessoire de la rémunération. C’est pourquoi, en dehors du dispositif d’exonération, ils entrent dans l’assiette des cotisations sociales de l’Urssaf. Si les pourboires sont exonérés d’impôt, ils sont également exonérés de toutes les cotisations et contributions sociales, d’origine légale ou conventionnelle.

Rôle de l’employeur, paie et DSN

Quand l’employeur centralise les pourboires, ses obligations se précisent. Il doit :

  1. Tracer les sommes perçues : Conserver une trace claire des montants collectés, notamment via les terminaux de paiement.
  2. Répartir les pourboires : Mettre en place des critères de répartition justes et transparents entre les salariés bénéficiaires.
  3. Mentionner les pourboires sur le bulletin de paie : Même s’ils sont exonérés, leur montant doit apparaître sur une ligne dédiée pour assurer la transparence et la traçabilité en cas de contrôle fiscal.
  4. Déclarer les informations : Transmettre les données via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), qui est le canal unique de communication avec les organismes sociaux.

Gérer ces aspects demande de la rigueur. S’appuyer sur un expert-comptable en ligne permet de sécuriser ces processus et de se concentrer sur son cœur de métier.


Pourboires en espèces, par carte ou partagés : quels cas pratiques ?

Le mode de versement impacte surtout les obligations de l’employeur, pas le principe d’imposition ou d’exonération pour le salarié.

Pourboires remis directement au salarié

C’est le cas classique du pourboire en espèces laissé sur la table. Légalement, le salarié est tenu de déclarer ces sommes à l’administration fiscale. Dans la pratique, leur traçabilité est complexe. Toutefois, en cas de non-respect des conditions d’exonération, ces sommes restent un revenu imposable.

Pourboires collectés via l’établissement ou le terminal de paiement

Avec la généralisation du paiement par carte, de plus en plus de pourboires transitent par le terminal de paiement de l’entreprise. Dans ce cas, l’employeur a une obligation de collecte et de redistribution intégrale aux salariés. Il ne peut en aucun cas conserver ces sommes pour l’entreprise.

Partage des pourboires entre salariés

La mise en place d’un pot commun (“tronc commun”) pour partager les pourboires entre le personnel de salle et d’autres employés (cuisine, plonge, etc.) est une pratique courante. L’employeur est responsable de définir les modalités de cette répartition. Celles-ci doivent être objectives et connues de tous les salariés. L’exonération s’applique à la part reçue par chaque salarié, à condition qu’il remplisse individuellement les critères (contact clientèle et plafond de rémunération).

La traçabilité est votre meilleure alliée

Pour les pourboires par carte, conservez les relevés du terminal de paiement. Pour le partage, formalisez les règles de répartition dans une note de service. Une comptabilité claire, notamment sur la gestion de la TVA en restauration, est la clé pour éviter tout litige.


Ce qu’il faut vérifier en 2025-2026

L’exonération des pourboires est une mesure politique, pas une règle fiscale structurelle. Sa survie dépend des votes annuels de la loi de finances.

Textes, doctrine BOI et informations Urssaf à contrôler

Pour rester à jour, il faut garder un œil sur les sources officielles.

  • Les lois de finances : Votées chaque fin d’année, ce sont elles qui prolongent (ou non) le dispositif.
  • Le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFIP-Impôts) : Il contient la doctrine de l’administration fiscale (chercher la référence BOI-RSA-CHAMP-10-10).
  • Le site de l’Urssaf : La page dédiée aux “pourboires exonérés” est généralement mise à jour rapidement après les annonces légales.

Ces vérifications sont indispensables pour établir des bulletins de paie conformes et donner une information fiable à vos équipes. En cas de doute, la consultation d’un professionnel reste le meilleur réflexe.


FAQ sur le traitement fiscal des pourboires

Quel est le traitement fiscal des pourboires ?

Par défaut, les pourboires sont un revenu imposable, à intégrer dans la déclaration de revenus du salarié. Cependant, un dispositif temporaire permet une exonération totale d’impôt sur le revenu si la rémunération du salarié est inférieure à 1,6 fois le SMIC.

Est-ce que les pourboires sont imposables ?

Oui, ils le sont, sauf si les conditions strictes de l’exonération temporaire sont remplies. La règle de base est l’imposition ; l’exonération est l’exception.

Comment les pourboires sont-ils imposés ?

Lorsqu’ils sont imposables, les pourboires sont ajoutés au salaire net imposable. Ils sont alors soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Si l’employeur les collecte, il doit appliquer le prélèvement à la source, comme pour le salaire.

Marre de l’administratif avant même d’avoir commencé ?

Laissez nos experts Keobiz structurer votre démarrage pendant que vous peaufinez votre produit. Nous gérons la complexité pour vous.

Créer mon entreprise gratuitement Créer mon entreprise

Un employeur peut-il interdire les pourboires ?

Un employeur ne peut généralement pas interdire les pourboires donnés volontairement par un client à un salarié. Cependant, le règlement intérieur ou le contrat de travail peut encadrer leur gestion, notamment en imposant un pot commun pour garantir une répartition équitable.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.