Principaux impôts pour 2026 : bénéfices (IR ou IS), TVA (si assujetti), CFE et cotisations sociales ; l’IR est intégré au foyer avec un barème progressif (0–45 % selon tranches 2026) tandis que l’IS taxe la société (15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 % au‑delà).
TVA : franchise en base jusqu’à 85 000 € (ventes) / 37 500 € (prestations) avec seuils majorés 93 500 € / 41 250 € ; dépassement entraîne assujettissement l’année suivante (ou immédiatement si seuil majoré dépassé) — option pour être assujetti possible si récupération de TVA souhaitée.
Micro‑entreprise vs régime réel : le régime micro offre simplicité et abattements forfaitaires (71 % ventes / 50 % BIC services / 34 % BNC) et cotisations sur le CA, alors que le régime réel permet de déduire les charges réelles (amortissements, frais, sous‑traitance) mais impose une comptabilité complète.
Société (EURL/SASU) : permet choix IR/IS et optimisation rémunération (salaire déductible, dividendes soumis au PFU 30 %) ; EURL = gérant TNS (cotisations ~45 %), SASU = assimilé salarié (cotisations plus élevées ~75–80 % mais meilleure protection sociale).
Actions concrètes : déclarations et formulaires à connaître (2042‑C PRO, liasse 2035, CA3/CA12 pour la TVA), CFE due même à domicile (exonération 1ère année et si CA < 5 000 €), anticiper échéances, faire des simulations chiffrées et consulter un expert‑comptable pour arbitrages statutaires.
Vous lancez votre activité de freelance et le labyrinthe fiscal vous effraie ? Entre l’impôt sur le revenu, la TVA, la CFE et les différents régimes possibles, il est facile de se sentir submergé. Pourtant, une bonne compréhension de vos obligations fiscales est le pilier d’une activité sereine et rentable. Anticiper, choisir les bonnes options et optimiser sa situation sont des compétences aussi cruciales que votre savoir-faire métier. Ce guide pratique vous éclaire sur les impôts et taxes qui rythmeront votre vie d’indépendant en 2026.
Les impôts sur les bénéfices : le cœur de votre fiscalité
Le premier impôt majeur concerne les bénéfices que vous générez. Selon le statut juridique de votre activité, vous serez soumis soit à l’Impôt sur le Revenu (IR), soit à l’Impôt sur les Sociétés (IS). Ce choix est l’une des décisions les plus structurantes pour un freelance.
L’Impôt sur le Revenu (IR) : le régime par défaut
La grande majorité des freelances débutants sont soumis à l’impôt sur le revenu. C’est le cas si vous exercez en :
- Micro-entreprise
- Entreprise Individuelle (EI)
- EURL (régime par défaut)
- SASU (sur option, pour une durée limitée à 5 ans)
Vos bénéfices sont alors intégrés aux autres revenus de votre foyer fiscal et imposés selon un barème progressif. La nature de votre activité détermine la catégorie de vos revenus :
- Bénéfices Non Commerciaux (BNC) : pour les prestations de services intellectuelles et libérales (consultants, développeurs, graphistes, rédacteurs…). C’est la catégorie la plus courante pour les freelances.
- Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) : pour la vente de marchandises ou les prestations de services commerciales et artisanales (agent immobilier, coiffeur, e-commerçant…).
Voici le barème progressif de l’impôt sur le revenu prévu pour 2026, qui s’appliquera à vos revenus de 2025 :
Tableau récapitulatif
Part du revenu imposable (par part fiscale)
Taux d’imposition
Jusqu’à 11 600 €
0 %
De 11 601 € à 29 579 €
11 %
De 29 580 € à 84 577 €
30 %
De 84 578 € à 181 917 €
41 %
Au-delà de 181 917 €
45 %
Il est crucial de noter que ces revenus s’ajoutent à ceux de votre foyer. Le montant final de l’impôt dépendra de votre situation familiale, via le système de parts et du quotient familial.
L’Impôt sur les Sociétés (IS) : une option stratégique
Si vous créez une société (EURL sur option, SASU par défaut), vous pouvez choisir l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, ce n’est plus vous, mais votre entreprise qui est imposée sur ses bénéfices. De votre côté, vous êtes imposé personnellement sur la rémunération que vous vous versez et/ou les dividendes que vous percevez.
L’IS fonctionne avec deux taux d’imposition :
Tableau récapitulatif
Tranches de bénéfices
Taux d’imposition
Part des bénéfices jusqu’à 42 500 €
15 % (taux réduit)
Part des bénéfices au-delà de 42 500 €
25 % (taux normal)
L’IS permet de mieux piloter votre fiscalité personnelle. Les bénéfices non distribués restent dans l’entreprise pour être réinvestis. La rémunération que vous vous versez est une charge déductible du bénéfice de la société, tandis que les dividendes sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique (la “flat tax”) de 30 %. Le choix entre IR et IS est complexe et mérite une analyse approfondie de votre situation.
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Les autres taxes incontournables pour le freelance
Au-delà de l’imposition des bénéfices, deux autres taxes majeures rythment la vie des indépendants : la TVA et la CFE.
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)
La TVA est un impôt indirect sur la consommation. En tant que freelance, vous jouez le rôle de collecteur pour l’État : vous facturez la TVA à vos clients, puis la reversez à l’administration fiscale, après avoir déduit la TVA que vous avez vous-même payée sur vos achats professionnels.
Cependant, vous n’êtes pas toujours redevable de la TVA. Le régime de la franchise en base de TVA vous exonère de sa déclaration et de sa facturation tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas certains seuils.
Tableau récapitulatif
Nature de l’activité
Seuil de franchise
Seuil majoré (tolérance)
Vente de marchandises, fournitures de logement
85 000 €
93 500 €
Prestations de services
37 500 €
41 250 €
Si vous dépassez le seuil de franchise, vous devenez redevable de la TVA l’année suivante. Si vous dépassez le seuil majoré, vous devez facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Le taux de TVA standard est de 20 %.
Même sous les seuils, vous pouvez choisir d’être assujetti à la TVA. Cette option est intéressante si vous avez des investissements importants à réaliser (ordinateur, logiciel, matériel…). Cela vous permet de récupérer la TVA sur ces achats, ce qui peut représenter une économie substantielle. C’est un calcul à faire au cas par cas.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
La CFE est un impôt local dû par toute entreprise, y compris les freelances. Son montant dépend de la valeur locative des biens immobiliers que vous utilisez pour votre activité professionnelle et du taux voté par votre commune.
- Même si vous travaillez depuis votre domicile, vous êtes redevable de la CFE. Dans ce cas, elle est calculée sur une base minimale.
- Le montant varie fortement d’une commune à l’autre, allant de quelques centaines d’euros à plus d’un millier par an.
Heureusement, il existe des exonérations. Vous êtes notamment exonéré de CFE l’année de la création de votre activité, et si votre chiffre d’affaires annuel est inférieur à 5 000 €.
Choisir son régime fiscal et social : l’impact sur vos impôts et charges
Le choix de votre structure juridique et de votre régime fiscal a des conséquences directes sur le calcul de vos impôts et de vos charges sociales. C’est le point central de l’optimisation pour un travailleur indépendant.
Le régime de la micro-entreprise : la simplicité avant tout
Le régime micro-fiscal (souvent appelé auto-entreprise) est le plus simple. Vos obligations comptables et déclaratives sont allégées.
- Fiscalement : Vous ne déduisez pas vos charges réelles. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires pour déterminer votre bénéfice imposable (71 % pour les activités de vente, 50 % pour les BIC services, 34 % pour les BNC).
- Socialement : Vous payez des cotisations sociales à l’URSSAF sur la base d’un pourcentage fixe de votre chiffre d’affaires encaissé. Ce taux varie selon l’activité.
Ce régime est idéal pour débuter, mais il peut vite montrer ses limites. Si vos frais professionnels réels (logiciels, matériel, déplacements…) dépassent le montant de l’abattement forfaitaire, vous payez plus d’impôts que nécessaire.
Le principal inconvénient du régime micro est l’impossibilité de déduire vos dépenses. Avant de vous lancer, listez l’ensemble de vos frais prévisionnels. Si leur total dépasse 34 % de votre chiffre d’affaires (pour une activité de conseil, par exemple), le régime réel est probablement plus avantageux pour vous.
Le régime réel d’imposition : pour déduire vos charges
Accessible en Entreprise Individuelle, en EURL ou en SASU, le régime réel vous permet de déduire l’ensemble de vos charges professionnelles de votre chiffre d’affaires pour déterminer votre bénéfice imposable. C’est un régime plus juste si vous avez des frais importants.
En contrepartie, les obligations comptables sont plus lourdes : vous devez tenir une comptabilité complète (livre-journal, grand-livre) et produire un bilan et un compte de résultat chaque année. L’accompagnement par un expert-comptable devient alors quasi indispensable pour sécuriser vos déclarations et optimiser votre situation.
Le statut de société (EURL/SASU) : optimisation et protection
La création d’une société (EURL ou SASU) ouvre la porte à des stratégies d’optimisation plus poussées, notamment via le choix entre l’IR et l’IS.
- En EURL, le gérant est Travailleur Non Salarié (TNS), affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Ses cotisations sociales représentent environ 45 % de sa rémunération nette.
- En SASU, le président est Assimilé Salarié, affilié au régime général de la Sécurité Sociale. Ses cotisations sont plus élevées (environ 75-80 % de sa rémunération nette), mais sa protection sociale (notamment pour la retraite) est meilleure.
Le choix du statut de freelance est donc un arbitrage complexe entre coût des charges sociales, niveau de protection, et options fiscales. Pour y voir clair, il est essentiel de réaliser des simulations chiffrées. C’est là que l’expertise d’un cabinet comme Keobiz prend tout son sens, en vous accompagnant gratuitement dès la création de votre entreprise individuelle ou de votre société.
Naviguer dans les méandres de l’administration fiscale française est un défi, mais pas une fatalité. En anticipant vos principales échéances (déclaration de revenus, de TVA, paiement de la CFE), en choisissant un régime adapté à votre niveau de charges réelles, et en vous faisant accompagner pour les décisions structurantes, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour piloter votre activité avec succès et sérénité. Une gestion fiscale maîtrisée est le socle d’une carrière de freelance pérenne.
FAQ :
Quels sont les principaux impôts à payer pour un freelance en 2026 ?
Un freelance doit principalement s’acquitter de trois impôts : l’impôt sur les bénéfices (soit l’Impôt sur le Revenu, soit l’Impôt sur les Sociétés), la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) s’il dépasse les seuils de franchise, et la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), qui est un impôt local. À cela s’ajoutent les cotisations sociales, qui financent votre protection sociale.
Comment choisir entre micro-entreprise et régime réel ?
Le choix dépend principalement du montant de vos charges professionnelles. La micro-entreprise est simple mais applique un abattement forfaitaire. Si vos dépenses réelles (matériel, logiciels, déplacements, sous-traitance…) sont supérieures à cet abattement (ex: 34% du CA pour les BNC), le régime réel sera fiscalement plus intéressant car il permet de déduire 100% de vos frais réels.
Est-il plus intéressant de créer une société (EURL/SASU) ?
Créer une société offre plus de flexibilité et de possibilités d’optimisation. Cela permet de choisir entre l’IR et l’IS, de séparer votre patrimoine personnel de celui de l’entreprise, et de piloter votre rémunération (salaire vs dividendes). En contrepartie, la gestion est plus complexe et coûteuse. La SASU offre une meilleure protection sociale mais des charges plus élevées que l’EURL. Une simulation est indispensable.
Comment déclarer et payer mes impôts en tant que freelance ?
Les démarches dépendent de votre statut. En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement sur le site de l’URSSAF pour les cotisations, et annuellement via la déclaration de revenus 2042-C PRO pour l’impôt. Au régime réel ou en société, les déclarations sont plus complexes (liasse fiscale 2035 pour les BNC, bilan, compte de résultat, déclarations de TVA CA3 ou CA12) et nécessitent souvent l’aide d’un expert-comptable. Unlogiciel de facturationpeut également simplifier la gestion de votreTVA en freelance.



