Par défaut la SARL est soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS) ; option possible pour l’Impôt sur le Revenu (IR) sous conditions (moins de 5 ans d’existence, <50 salariés, CA < 10 M€, droits de vote ≥50 % détenus par des personnes physiques et ≥34 % par le(s) gérant(s)) pour une durée maximale de 5 exercices.
Taux et prélèvements clés : IS à 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 % au‑delà ; dividendes distribués après IS soumis par défaut au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux) ou, sur option, au barème de l’IR avec abattement de 40 %.
Rémunération du gérant : à l’IS le salaire est déductible pour la société ; à l’IR la part de bénéfice versée au gérant-associé n’est pas déductible. Statuts sociaux différents : gérant majoritaire = TNS, gérant minoritaire/égalitaire = assimilé‑salarié ; attention aux rémunérations excessives réintégrables.
Autres obligations fiscales : assujettissement à la TVA (franchise en base / réel simplifié / réel normal selon CA), contribution économique territoriale (CFE) et CVAE (seuil 500 k€ ; suppression progressive à prévoir), ainsi qu’échéances d’acomptes et déclarations régulières.
Critères de choix pratiques : opter pour l’IS si réinvestissement et bénéfices importants ; privilégier l’IR en cas de pertes initiales ou petits bénéfices pour imputer les déficits sur le revenu personnel — consulter un expert‑comptable pour simulation chiffrée et calendrier déclaratif (acomptes IS, déclarations TVA, CFE, etc.).
Vous vous apprêtez à créer votre SARL et la question de la fiscalité vous semble être un labyrinthe complexe ? Comprendre le régime d’imposition de votre future société est pourtant une étape cruciale pour optimiser vos revenus et sécuriser votre projet sur le long terme. Entre l’Impôt sur les Sociétés (IS) et l’option pour l’Impôt sur le Revenu (IR), le choix n’est pas anodin et dépendra entièrement de votre situation et de vos ambitions.
Ce guide complet pour 2026 a pour vocation de démystifier la fiscalité de la SARL. Nous aborderons les deux régimes d’imposition des bénéfices, l’impact sur la rémunération du gérant et les dividendes des associés, ainsi que les autres taxes à ne pas négliger.
Les deux régimes d’imposition des bénéfices : IS ou IR ?
Le choix du régime fiscal est la pierre angulaire de la stratégie financière de votre SARL. Il détermine qui, de la société ou des associés, paiera l’impôt sur les bénéfices générés.
L’Impôt sur les Sociétés (IS) : le régime par défaut
Par principe, une SARL est soumise à l’Impôt sur les Sociétés. C’est le régime qui s’applique automatiquement si vous n’exprimez aucun autre choix lors de la création de votre SARL.
Le principe de l’IS est celui de l’opacité fiscale : il y a une distinction claire entre la personnalité fiscale de la société et celle de ses associés. C’est la SARL elle-même qui s’acquitte de l’impôt sur les bénéfices qu’elle a réalisés au cours de son exercice comptable. Les associés, quant à eux, ne sont imposés personnellement que sur les revenus qu’ils tirent effectivement de la société, comme une rémunération ou des dividendes.
Les taux de l’impôt sur les sociétés (IS) en vigueur sont les suivants :
- Taux réduit de 15 % sur la tranche des bénéfices allant jusqu’à 42 500 €.
- Taux normal de 25 % sur la tranche des bénéfices au-delà de 42 500 €.
Pour bénéficier du taux préférentiel de 15 %, votre SARL doit remplir trois conditions cumulatives :
1. Réaliser un chiffre d’affaires hors taxes inférieur à 10 millions d’euros.
2. Avoir son capital social entièrement libéré par les associés.
3. Être détenue à 75 % au moins par des personnes physiques (ou par une société respectant ce critère).
Le paiement de l’IS se fait en quatre acomptes provisionnels versés tout au long de l’année (15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre), le solde étant régularisé après la clôture des comptes.
Les avantages de l’IS :
- Pilotage des revenus personnels : Tant que les bénéfices ne sont pas distribués sous forme de dividendes, les associés ne paient pas d’impôt. Cela permet de réinvestir les gains dans l’entreprise pour financer sa croissance.
- Déduction de la rémunération du gérant : Le salaire versé au gérant est considéré comme une charge pour l’entreprise et vient donc diminuer le bénéfice imposable, réduisant ainsi le montant de l’IS.
- Taux d’imposition potentiellement plus faible : Si les bénéfices sont importants, le taux plafonné de 25 % peut être plus avantageux que les tranches supérieures de l’impôt sur le revenu.
- Report des déficits : En cas de pertes, celles-ci peuvent être reportées sur les bénéfices des exercices futurs, diminuant ainsi l’impôt à payer lorsque la situation s’améliorera.
L’option pour l’Impôt sur le Revenu (IR) : la transparence fiscale
Bien que l’IS soit le régime par défaut, les associés peuvent, sous certaines conditions, opter à l’unanimité pour l’Impôt sur le Revenu. On parle alors de “transparence fiscale”, car l’impôt n’est plus payé par la société mais directement par les associés.
Chaque associé intègre alors sa quote-part des bénéfices (proportionnelle à ses parts dans le capital) dans sa propre déclaration de revenus, dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) ou des Bénéfices Non Commerciaux (BNC) selon la nature de l’activité.
Cette option n’est possible que si la SARL remplit les critères suivants :
- Elle a moins de 5 ans d’existence au moment de la demande.
- Elle emploie moins de 50 salariés.
- Son chiffre d’affaires annuel est inférieur à 10 millions d’euros.
- Les droits de vote sont détenus à 50 % au moins par des personnes physiques, et à 34 % au moins par le ou les gérants.
L’option pour l’IR est valable pour une durée maximale de cinq exercices comptables. Passé ce délai, la SARL bascule automatiquement et définitivement à l’IS.
Les avantages de l’IR :
- Imputation des déficits : C’est le principal atout de ce régime, surtout en début d’activité. Si la SARL est déficitaire, les associés peuvent imputer leur part de perte sur leurs autres revenus (salaires, revenus fonciers…), ce qui réduit leur impôt sur le revenu global.
- Pas de double imposition : Les bénéfices sont imposés une seule fois, directement entre les mains des associés. Il n’y a pas d’imposition sur les dividendes comme à l’IS.
- Taux d’imposition avantageux pour les faibles bénéfices : Si les bénéfices sont modestes et que les associés sont dans les tranches basses de l’impôt sur le revenu, l’IR peut s’avérer moins coûteux que l’IS.
Le choix dépend de votre projet.
• Optez pour l’IS si : Vous prévoyez des bénéfices importants, vous souhaitez réinvestir les profits dans l’entreprise, et/ou les associés sont déjà fortement imposés sur leurs autres revenus.
• Optez pour l’IR si : Vous anticipez des pertes lors des premières années (pour les imputer sur vos revenus personnels), les bénéfices attendus sont faibles, et les associés ont peu d’autres revenus.
Tableau récapitulatif
Critère
Impôt sur les Sociétés (IS)
Impôt sur le Revenu (IR)
Qui paie l’impôt ?
La SARL
Les associés, personnellement
Taux d’imposition
Forfaitaire : 15 % puis 25 %
Barème progressif de l’IR (0 % à 45 %)
Gestion des déficits
Reportables sur les futurs bénéfices de la société
Imputables sur les autres revenus du foyer fiscal de l’associé
Rémunération du gérant
Déductible du bénéfice imposable
Non déductible (sa part de bénéfice constitue sa rémunération)
Dividendes
Imposés au PFU de 30 % ou au barème de l’IR
Sans objet (les bénéfices sont déjà imposés)
Durée
Indéfinie (régime par défaut)
5 ans maximum (sur option)
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Je me lanceL’imposition du gérant et des associés
La fiscalité d’une SARL ne s’arrête pas à l’imposition des bénéfices. Elle a des conséquences directes sur les revenus perçus par les dirigeants et les investisseurs de la société.
La rémunération du gérant : un enjeu fiscal et social
La manière dont le gérant de la SARL est imposé dépend de deux facteurs : le régime fiscal de la société (IS ou IR) et son statut (majoritaire, égalitaire ou minoritaire).
Pour déterminer ce statut, on additionne les parts sociales détenues par le gérant, son conjoint (quel que soit le régime matrimonial), son partenaire de PACS et ses enfants mineurs.
Gérant majoritaire : Il détient plus de 50 % des parts sociales.
Gérant égalitaire : Il détient exactement 50 % des parts.
Gérant minoritaire : Il détient moins de 50 % des parts.
Dans une SARL à l’IS :
La rémunération versée au gérant est toujours déductible du résultat de la société.
Gérant minoritaire ou égalitaire : Sur le plan fiscal, il est assimilé à un salarié. Sa rémunération est imposée dans la catégorie des “traitements et salaires” et bénéficie de l’abattement pour frais professionnels de 10 % (ou de la déduction des frais réels).
Gérant majoritaire : Sa rémunération est imposée selon les règles de l’article 62 du Code général des impôts. Le calcul est similaire à celui des traitements et salaires, avec également la possibilité d’opter pour l’abattement de 10 % ou les frais réels. La principale différence est sociale : il est affilié au régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), alors que le gérant minoritaire relève du régime général de la Sécurité sociale (assimilé-salarié).
Une rémunération jugée “excessive” par l’administration fiscale par rapport aux fonctions exercées ou aux capacités financières de l’entreprise peut être réintégrée dans le bénéfice imposable de la SARL. Cette réintégration entraîne un rappel d’impôt sur les sociétés, souvent majoré pour manquement délibéré. Pour le gérant, la fraction excessive est requalifiée en revenus de capitaux mobiliers, sans l’abattement de 10 %.
Dans une SARL à l’IR :
La notion de rémunération déductible n’existe pas. La part des bénéfices qui revient au gérant associé constitue sa rémunération. Elle est directement imposée à l’impôt sur le revenu à son nom, sans distinction entre sa fonction de gérant et son statut d’associé.
L’imposition des dividendes pour les associés
Lorsque la SARL est à l’IS et qu’elle a réalisé des bénéfices, les associés peuvent décider, lors de l’assemblée générale annuelle, de se les distribuer sous forme de dividendes.
Ces dividendes sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé “flat tax”, au taux global de 30 %. Ce prélèvement se décompose en :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu.
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS…).
Sur option expresse, chaque associé peut choisir de ne pas appliquer la flat tax et de soumettre ses dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option peut être intéressante si l’associé est dans une tranche d’imposition faible (0 % ou 11 %). Dans ce cas, il bénéficie d’un abattement de 40 % sur le montant des dividendes bruts avant de les intégrer à ses autres revenus.
Les autres taxes et obligations de la SARL
Au-delà de l’impôt sur les bénéfices, la SARL est redevable d’autres taxes et doit respecter un calendrier déclaratif précis.
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)
La plupart des SARL sont assujetties à la TVA. Elles la collectent sur leurs ventes et la déduisent de leurs achats. Selon le chiffre d’affaires, plusieurs régimes de TVA sont possibles :
- La franchise en base de TVA : Si le chiffre d’affaires est inférieur à certains seuils, la SARL est exonérée de TVA. Elle ne facture pas de TVA à ses clients mais ne peut pas non plus la récupérer sur ses dépenses.
- Le régime réel simplifié : Il permet de ne faire qu’une seule déclaration de TVA par an (formulaire CA12) et de payer deux acomptes semestriels.
- Le régime réel normal : La déclaration de TVA (formulaire CA3) est mensuelle, ou trimestrielle si le montant annuel de la TVA due est inférieur à 4 000 €.
Le choix du régime de TVA est une décision importante à prendre lors de la création et doit être adapté à l’activité. Un expert-comptable peut vous aider à déterminer les obligations de TVA les plus pertinentes pour votre entreprise.
Les impôts locaux : CFE et CVAE
La SARL est également redevable de la Contribution Économique Territoriale (CET), qui se compose de deux éléments :
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : Elle est basée sur la valeur locative des biens immobiliers que l’entreprise a utilisés pour son activité. Toutes les entreprises y sont soumises, sauf exonérations spécifiques.
La Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) : Elle ne concerne que les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse un certain seuil (500 000 €). Elle est calculée sur la base de la valeur ajoutée produite par l’entreprise.
La CVAE est en cours de suppression progressive et devrait disparaître complètement dans les années à venir, mais les obligations déclaratives subsistent pour le moment.
La gestion fiscale d’une SARL est un exercice d’équilibre qui demande une vision claire de ses objectifs à court et long terme. Le choix entre l’IS et l’IR, la structuration de la rémunération du gérant, et la gestion des dividendes sont autant de leviers d’optimisation. Face à cette complexité, s’entourer d’un expert-comptable n’est pas un luxe mais un investissement stratégique pour assurer la pérennité et la rentabilité de votre entreprise.
FAQ : Questions fréquentes sur l’imposition en SARL
Peut-on changer de régime fiscal en cours de vie de la société ?
Oui, mais avec des contraintes. Si vous avez opté pour l’IR à la création, vous pouvez notifier votre souhait de passer à l’IS à tout moment durant la période de 5 ans. Ce choix sera alors définitif. En revanche, l’inverse (passer de l’IS à l’IR) n’est possible que dans les 5 premières années de la société et pour une durée maximale de 5 ans. Une fois à l’IS, il est généralement impossible de revenir à l’IR.
Que se passe-t-il si ma SARL ne réalise aucun bénéfice ?
Si le résultat de votre SARL est nul ou négatif (déficit), elle n’aura pas d’impôt sur les sociétés à payer. À l’IS, ce déficit pourra être reporté pour réduire les bénéfices des années suivantes. À l’IR, les associés pourront imputer ce déficit sur leurs revenus personnels de l’année, réduisant ainsi leur propre impôt.
Quelle est la fiscalité de la SARL de famille ?
La SARL de famille est une forme particulière de SARL (constituée entre membres d’une même famille) qui peut opter pour le régime de l’impôt sur le revenu (IR) sans limitation de durée, contrairement à une SARL classique. Cela en fait un outil très prisé pour certaines activités, notamment la location meublée (LMNP/LMP).
La rémunération du gérant est-elle toujours déductible ?
Dans une SARL soumise à l’IS, la rémunération du gérant est déductible si elle correspond à un travail effectif et n’est pas excessive. Dans une SARL à l’IR, la part de bénéfice revenant au gérant associé n’est pas considérée comme une charge déductible, car elle est directement imposée entre ses mains comme un revenu d’activité.