Protection sociale et chômage : le portage salarial offre une couverture salarié complète (sécurité sociale, retraite, prévoyance, mutuelle et droits à l’assurance chômage), alors que le président de SASU est assimilé‑salarié pour la santé/retraite mais n’ouvre pas de droits au chômage.
Rémunération et coûts : en portage, le net perçu représente généralement ≈45–50% du CA HT après frais de gestion (5–10%) ; en SASU la part nette varie (≈40–65%) selon l’arbitrage salaire/dividendes et les optimisations fiscales (IS/IR, déduction de frais).
Gestion et démarches : la SASU nécessite création juridique, statuts, dépôt de capital, comptabilité d’engagement et honoraires comptables ; le portage supprime ces obligations pour le consultant, la société de portage gérant facturation et déclarations.
Objectifs et profils : choisissez la SASU si vous visez la croissance, l’embauche, la construction d’un actif et que votre CA dépasse souvent 70–80 k€/an ; préférez le portage pour démarrer, tester votre marché, privilégier la sécurité et éviter l’administratif.
Option progressive : stratégie courante — débuter en portage pour valider l’activité puis créer une SASU une fois l’activité stabilisée et rentable afin d’optimiser la rémunération et développer l’entreprise.
Vous lancez votre activité de consultant ou de freelance et vous voilà face à un dilemme majeur : faut-il créer votre propre société avec le statut de SASU ou opter pour la simplicité et la sécurité du portage salarial ? Cette décision n’est pas anodine, car elle impacte directement votre rémunération, votre protection sociale, votre gestion administrative et votre vision à long terme.
Ces deux cadres juridiques permettent d’exercer une activité indépendante, mais ils reposent sur des philosophies radicalement différentes. L’un vous place aux commandes de votre propre navire, avec une liberté totale mais aussi toutes les responsabilités qui en découlent. L’autre vous offre un statut de salarié au sein d’une structure existante, conciliant autonomie et sécurité. Analysons ensemble les spécificités de chaque option pour vous aider à faire le choix le plus éclairé pour votre projet.
Qu’est-ce que la SASU ? Un cadre pour entreprendre en solo
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une véritable société de capitaux, mais avec un seul et unique associé. C’est une structure juridique à part entière, distincte de la personne de son créateur. Cette forme est très prisée par les entrepreneurs qui se lancent seuls, car elle allie une grande souplesse de fonctionnement à une protection solide du patrimoine personnel.
Les caractéristiques clés de la SASU
Responsabilité limitée : L’un des avantages majeurs est que votre responsabilité financière est limitée au montant de vos apports au capital social. Vos biens personnels sont protégés en cas de dettes de l’entreprise.
Flexibilité des statuts : L’associé unique définit librement les règles d’organisation et de gestion de sa société dans les statuts. Cette liberté est un atout pour adapter la structure à l’évolution de l’activité.
Statut du dirigeant : Le président de la SASU, s’il se rémunère, est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’« assimilé-salarié ». Il bénéficie ainsi d’une protection sociale quasi-identique à celle d’un salarié classique (santé, retraite), à une exception notable près : l’assurance chômage.
Options fiscales : Par défaut, la SASU est soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS). Il est cependant possible d’opter pour l’Impôt sur le Revenu (IR) pour une durée maximale de 5 ans, sous certaines conditions. Cette dualité permet une optimisation fiscale intéressante, notamment en arbitrant entre salaire et dividendes en SASU.
Créer une SASU, c’est construire une entité pérenne, un véritable actif professionnel qui peut grandir, embaucher, et même être cédé ou transformé en SAS si de nouveaux associés rejoignent l’aventure.
Le portage salarial, l’indépendance avec un filet de sécurité
Le portage salarial est une forme d’emploi hybride, à mi-chemin entre le salariat et l’entrepreneuriat. Il s’agit d’une relation tripartite impliquant un consultant (le “salarié porté”), une entreprise de portage salarial et une entreprise cliente. Le consultant démarche ses clients et négocie ses missions en toute autonomie. Une fois l’accord trouvé, l’entreprise de portage signe un contrat commercial avec le client et un contrat de travail (CDD ou CDI) avec le consultant.
Le fonctionnement du portage salarial
Le mécanisme est simple : vous facturez vos prestations par l’intermédiaire de la société de portage. Celle-ci encaisse les paiements de vos clients, puis vous reverse un salaire mensuel après avoir déduit ses frais de gestion (généralement entre 5% et 10% de votre chiffre d’affaires) et les cotisations sociales salariales et patronales.
Vous bénéficiez ainsi des avantages du statut de salarié (sécurité sociale, mutuelle, prévoyance, congés payés, et surtout, droits à l’assurance chômage) tout en conservant la liberté de choisir vos missions, vos clients et vos tarifs. C’est une solution idéale pour ceux qui veulent se concentrer sur leur cœur de métier sans les contraintes de la gestion d’entreprise.
SASU vs Portage Salarial : le comparatif point par point
Création et démarches administratives
SASU : La création est un processus formel et relativement complexe. Il faut rédiger les statuts, déposer le capital social sur un compte bancaire professionnel, publier une annonce légale et procéder à l’immatriculation de la SASU auprès du greffe. Ces démarches ont un coût et prennent du temps.
Portage Salarial : Il n’y a aucune structure juridique à créer. Il suffit de trouver une première mission et de signer une convention de portage avec une société spécialisée pour démarrer son activité, souvent en moins de 48 heures.
Statut social et protection
SASU : Le président est assimilé-salarié. Il bénéficie d’une excellente couverture pour la maladie et la retraite, identique à celle d’un salarié. Gros point de vigilance : il ne cotise pas à l’assurance chômage et n’y a donc pas droit en cas d’arrêt de son activité.
Portage Salarial : Le consultant est un salarié à part entière. Il profite de la protection sociale la plus complète : sécurité sociale, retraite, prévoyance, mutuelle d’entreprise et, surtout, il cotise et ouvre des droits à l’assurance chômage (ARE) entre deux missions.
Gestion comptable et fiscale
SASU : La gestion est lourde. L’entrepreneur doit tenir une comptabilité d’engagement, établir des comptes annuels (bilan, compte de résultat), réaliser les déclarations de TVA et la liasse fiscale. Le recours à un expert-comptable est quasi indispensable.
Portage Salarial : La gestion est inexistante pour le consultant. L’entreprise de portage s’occupe de toute la facturation, des relances clients, de la comptabilité et des déclarations fiscales et sociales. Vous vous concentrez à 100% sur vos missions.
La charge administrative d’une SASU ne doit pas être sous-estimée. Elle représente un coût (honoraires comptables) et un temps non négligeable. Des cabinets d’expertise comptable en ligne comme Keobiz simplifient et automatisent une grande partie de ces tâches, vous permettant de piloter votre entreprise sereinement sans sacrifier votre temps.
Coûts et Rémunération nette
C’est souvent le nerf de la guerre. Il est difficile de donner une réponse unique, car le résultat dépend du chiffre d’affaires, des frais professionnels et des choix d’optimisation.
SASU : Les cotisations sociales sur le salaire du président sont élevées (environ 80% du net). Cependant, la structure permet de déduire tous les frais professionnels (matériel, déplacements, etc.) et d’optimiser la rémunération en se versant des dividendes, moins taxés socialement (soumis à la flat tax de 30%). En général, la SASU devient plus avantageuse pour des chiffres d’affaires élevés.
Portage Salarial : Le salaire net correspond généralement à environ 45-50% du montant facturé HT, après déduction des frais de gestion et des charges sociales. Les cotisations sont plus élevées que pour un indépendant classique, mais elles ouvrent plus de droits. La déduction de frais professionnels est possible, mais plus encadrée qu’en SASU.
Tableau récapitulatif
Critère
SASU
Portage Salarial
Coûts de structure
Frais de création, CFE, honoraires comptables, compte bancaire pro
Frais de gestion (5-10% du CA HT)
Charges sociales
Élevées sur le salaire, faibles sur les dividendes
Très élevées (salariales + patronales)
Rémunération nette
Variable (40% à 65% du CA), dépend de l’arbitrage salaire/dividendes
Environ 45-50% du CA HT
Optimisation
Forte (choix IS/IR, arbitrage salaire/dividendes, déduction de frais)
Limitée (déduction de certains frais professionnels)
Liberté et flexibilité
SASU : Liberté totale. Vous êtes maître de votre stratégie commerciale, de votre image de marque, de vos investissements. Vous pouvez développer des activités annexes, embaucher, lever des fonds. C’est votre entreprise.
Portage Salarial : Grande autonomie dans le choix des missions et la gestion de votre temps. Cependant, vous restez dans le cadre défini par la société de portage et vous ne construisez pas un actif d’entreprise qui vous est propre.
Quand choisir la SASU ? Profils et situations idéales
Opter pour la création d’une SASU est judicieux si :
Votre projet est mûr et pérenne : Vous avez une vision à long terme et souhaitez construire une véritable marque.
Votre chiffre d’affaires est conséquent : La structure permet une meilleure optimisation fiscale et sociale à partir d’un certain seuil de revenus.
Vous prévoyez d’investir ou de recruter : La SASU est conçue pour la croissance et peut facilement accueillir des salariés ou de nouveaux associés (en passant en SAS).
La protection chômage n’est pas votre priorité : Vous êtes confiant dans la régularité de vos missions ou disposez d’une sécurité financière personnelle.
Vous voulez maîtriser votre image : Vous facturez sous votre propre nom commercial et construisez votre notoriété.
Quand privilégier le portage salarial ?
Le portage salarial est une excellente option si :
Vous démarrez votre activité : C’est une manière simple et sans risque de tester votre projet et votre marché avant de vous lancer dans la création d’entreprise.
La sécurité est votre priorité absolue : Le bénéfice de l’assurance chômage, des congés payés et d’une couverture sociale complète est un atout majeur.
Vous fuyez la gestion administrative : Vous voulez vous consacrer exclusivement à votre expertise et à vos clients.
Vous réalisez des missions ponctuelles ou de courte durée : La flexibilité du portage est parfaite pour enchaîner les contrats sans la rigidité d’une structure d’entreprise.
Vous n’avez pas d’apport initial : Contrairement à la SASU qui nécessite un capital social, le portage ne demande aucun investissement de départ.
Rien ne vous empêche de cumuler le meilleur des deux mondes. De nombreux freelances choisissent de débuter en tant que consultant indépendant en portage pour valider leur modèle économique. Une fois leur activité stabilisée et leur chiffre d’affaires en croissance, ils créent leur SASU pour optimiser leurs revenus et développer leur entreprise. C’est une stratégie prudente et efficace.
En définitive, le choix entre la SASU et le portage salarial n’est pas une question de “meilleur” ou de “moins bon” statut dans l’absolu. C’est une décision qui doit être alignée avec votre profil, vos ambitions et votre tolérance au risque. La SASU est un projet entrepreneurial à part entière, tourné vers la croissance et l’autonomie totale. Le portage salarial est une solution pragmatique qui privilégie la sécurité et la simplicité, vous offrant un statut de “freelance salarié”. Prenez le temps de peser chaque avantage et inconvénient au regard de votre situation personnelle pour démarrer votre activité sur des bases solides et sereines.
FAQ :
Quel statut est le plus rentable ?
Il n’y a pas de réponse unique. À chiffre d’affaires modéré, le portage salarial peut s’avérer plus simple et presque aussi rentable en net perçu. Pour des revenus plus élevés (généralement au-delà de 70 000 – 80 000 € de CA annuel), la SASU devient souvent plus intéressante grâce aux possibilités d’optimisation (arbitrage salaires/dividendes, déduction de frais plus large). Le calcul de votretaux journalier moyen en freelanceest une première étape essentielle pour faire des simulations.
Puis-je toucher le chômage avec ces statuts ?
Oui avec le portage salarial, qui est un contrat de travail ouvrant des droits à l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) entre deux missions. Non en tant que président de SASU, car ce mandat social ne permet pas de cotiser à l’assurance chômage.
Quelles sont les démarches pour commencer ?
Pour le portage salarial, il vous suffit de trouver une mission et de signer un contrat avec une société de portage. Pour la SASU, vous devez accomplir toutes les formalités de création d’entreprise : rédaction des statuts, dépôt de capital, publication d’annonce légale, immatriculation… Un processus qui peut être entièrement pris en charge gratuitement par des experts-comptables comme Keobiz lors de la souscription à une offre de suivi comptable.
Y a-t-il un plafond de chiffre d'affaires ?
Non, ni la SASU ni le portage salarial n’imposent de plafond de chiffre d’affaires, contrairement au régime de la micro-entreprise. Vous pouvez facturer autant que votre activité le permet. C’est un avantage majeur pour les deux statuts lorsque l’activité se développe.
Comment passer du portage salarial à la SASU ?
La transition est simple. Il ne s’agit pas d’une transformation mais d’un arrêt d’un statut pour la création d’un autre. Vous pouvez terminer votre mission en cours en portage, puis simplement créer votre SASU pour les missions suivantes. Pensez à bien anticiper les démarches de création pour que la transition se fasse sans interruption d’activité. C’est une étape clé dans le développement de nombreux freelances qui cherchent lemeilleur statut juridique pour leur activité.



