La SCM permet à des kinésithérapeutes de mutualiser locaux, matériel et services (secrétariat, consommables) sans exercer de soins ni percevoir de recettes : chaque associé conserve son indépendance, sa patientèle et ses honoraires.
Différences clés avec la SCP/SEL : la SCM fournit uniquement des moyens (pas de partage de patientèle ni d’honoraires), responsabilité indéfinie et conjointe des associés, et régime fiscal en transparence (imposition des associés en BNC) contrairement à la SEL soumise à l’IS.
Étapes essentielles pour créer une SCM : rassembler au moins deux associés, définir les moyens à mutualiser et la clé de répartition, rédiger des statuts précis (objet, apports, répartition des charges, gérance, conditions d’entrée/sortie, préemption), publier l’avis légal et immatriculer la société pour obtenir l’extrait Kbis.
Gestion comptable et fiscale : la comptabilité vise l’équilibre entre dépenses et contributions, la quote‑part de charges est déductible en BNC pour chaque associé, la SCM est en principe exonérée de TVA mais peut opter pour l’assujettissement pour récupérer la TVA sur les investissements — recours conseillé à un expert‑comptable.
Bénéfices et risques pratiques : gain d’attractivité et économies d’échelle (équipements coûteux, secrétariat partagé) contre une responsabilité indéfinie et l’interdiction de partager la patientèle ; prévoyez des clauses de sortie/cession robustes et proposez ressources pratiques (modèles de statuts, checklist, accompagnement juridique) pour sécuriser le projet.
Vous êtes kinésithérapeute et vous envisagez de vous regrouper avec des confrères pour optimiser vos conditions d’exercice ? La Société Civile de Moyens (SCM) est souvent la première option qui vient à l’esprit, mais comment fonctionne-t-elle réellement et est-elle la solution adaptée à votre projet ? Créer une structure commune peut sembler complexe, pourtant, avec la bonne approche, cela devient un formidable levier pour développer votre activité tout en maîtrisant vos charges.
La SCM est une structure juridique conçue pour faciliter l’exercice d’une profession libérale en permettant à ses membres de partager des ressources. Loin d’être une simple colocation professionnelle, elle offre un cadre légal et fiscal optimisé pour mutualiser les dépenses sans fusionner les activités ni les revenus.
Qu’est-ce qu’une Société Civile de Moyens (SCM) pour kinésithérapeute ?
Une SCM est avant tout un outil de gestion. Son objectif unique est de fournir à ses membres, les kinésithérapeutes associés, les moyens matériels nécessaires à l’exercice de leur profession. Cela inclut le local, le matériel de rééducation, le secrétariat, les consommables ou encore les logiciels de gestion.
Définition et objectif : la mutualisation des ressources
Concrètement, la SCM ne pratique aucun soin et ne génère aucun chiffre d’affaires. Elle est propriétaire ou locataire des moyens mis en commun et facture à chaque associé une participation pour couvrir les frais engagés. Chaque praticien conserve son indépendance professionnelle, sa propre patientèle et ses propres honoraires.
Cette structure est particulièrement adaptée aux cabinets modernes qui souhaitent investir dans des équipements de pointe, souvent coûteux pour un praticien seul. On peut imaginer un cabinet équipé de :
- Un espace balnéothérapie avec bassin chauffé et postes de rééducation aquatique.
- Du matériel spécialisé comme des appareils à ondes de choc, de cryothérapie ou de pressothérapie.
- Un plateau technique complet avec tapis de course, vélos elliptiques et zone de proprioception.
- Des salles de soin individuelles et un secrétariat partagé pour la prise de rendez-vous et la gestion administrative.
Le regroupement en SCM permet d’offrir une gamme de soins plus large et de meilleure qualité, ce qui renforce l’attractivité du cabinet.
Le principe fondamental de la SCM est la non-ingérence dans l’exercice professionnel. Il ne peut y avoir de partage d’honoraires ni de patientèle commune. Les contrats d’assistanat ou de collaboration sont conclus directement par les associés en leur nom propre, et non par la SCM. Cette distinction est cruciale et garantit que chaque kinésithérapeute reste maître de son activité.
Les différences clés avec la SCP et la SEL
Il est essentiel de ne pas confondre la SCM avec d’autres formes de sociétés d’exercice. La Société Civile Professionnelle (SCP) et la Société d’Exercice Libéral (SEL) ont des objectifs radicalement différents.
Tableau récapitulatif
Caractéristique
Société Civile de Moyens (SCM)
Société Civile Professionnelle (SCP)
Société d’Exercice Libéral (SEL)
Objet
Fournir des moyens (matériel, locaux)
Exercer la profession en commun
Exercer la profession en commun
Patientèle
Individuelle
Commune
Commune
Honoraires
Individuels
Partagés selon les statuts
Appartenant à la société
Responsabilité
Indéfinie et conjointe pour les dettes de la SCM
Indéfinie et solidaire sur tout le patrimoine
Limitée aux apports (sauf faute professionnelle)
Régime fiscal
Translucidité fiscale (associés imposés en BNC)
Impôt sur le Revenu (IR)
Impôt sur les Sociétés (IS)
Le choix de la structure dépend donc entièrement de votre projet : souhaitez-vous simplement partager des frais (SCM) ou exercer et partager les bénéfices en commun (SCP ou SEL) ?
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Comment créer votre SCM kiné : le guide étape par étape
La création d’une SCM est un processus structuré qui demande rigueur et anticipation. Bien que plus simple que pour d’autres sociétés commerciales, chaque étape doit être validée avec soin pour garantir la pérennité et le bon fonctionnement de votre collaboration.
1. Rassembler les associés et définir le projet
La première étape, et la plus importante, est humaine. Une SCM repose sur la confiance et une vision partagée. Il faut au minimum deux associés, qui peuvent être des personnes physiques (les kinésithérapeutes) ou morales (d’autres sociétés).
Avant toute démarche administrative, réunissez-vous pour définir clairement :
- Les moyens à mutualiser : Quel local ? Quel matériel acheter ou louer ? Faut-il embaucher du personnel (secrétaire, agent d’entretien) ?
- Le budget prévisionnel : Évaluez le montant des apports nécessaires (en numéraire ou en nature) et les charges mensuelles prévisionnelles (loyer, salaires, crédits, assurances).
- Les règles de fonctionnement : Comment seront prises les décisions ? Qui sera le gérant ? Comment seront réparties les charges entre les associés ?
2. Rédiger les statuts : le cœur de votre SCM
Les statuts sont l’acte fondateur de votre société. C’est un contrat qui lie les associés et définit toutes les règles de vie de la SCM. La rédaction doit être particulièrement soignée.
Les clauses indispensables à inclure sont :
- La dénomination sociale, l’objet, le siège social et la durée (généralement 99 ans).
- Le montant du capital social et la nature des apports de chaque associé (argent, matériel, droit au bail…).
- Les modalités de fonctionnement du compte courant d’associé.
- La clé de répartition des charges, qui est le point le plus sensible. Elle peut être égalitaire, proportionnelle à l’usage, au temps d’occupation ou à tout autre critère objectif défini par les associés.
- Les règles de gérance : nomination du ou des gérants, étendue de leurs pouvoirs.
- Les conditions de prise de décision en assemblée générale (majorité requise, quorum).
- Les modalités de cession des parts sociales et les conditions d’entrée ou de sortie d’un associé.
Rédiger des statuts solides est fondamental pour prévenir les conflits futurs. Chez Keobiz, nous savons que chaque projet est unique. C’est pourquoi nous vous accompagnons gratuitement dans toutes vos [démarches de création d’entreprise](https://keobiz.fr/creation-entreprise-gratuite-en-ligne/), y compris la rédaction de statuts sur mesure qui sécurisent votre collaboration.
3. Accomplir les formalités administratives
Une fois les statuts signés, plusieurs formalités sont obligatoires pour donner une existence légale à votre SCM.
- Enregistrement des statuts : Cette étape n’est plus obligatoire sauf pour les apports de biens immobiliers.
- Publication d’un avis de constitution : Vous devez publier une annonce dans un journal d’annonces légales (JAL) du département du siège social.
- Immatriculation de la société : Le dossier complet doit être déposé sur le site du Guichet unique des entreprises. Il comprend notamment un exemplaire des statuts, l’attestation de parution de l’annonce légale et le formulaire de déclaration de création d’une société civile.
Après validation, vous recevrez l’extrait Kbis de votre SCM, qui atteste de son existence juridique.
Un dossier incomplet ou mal rempli peut entraîner un rejet de la part du greffe et retarder le démarrage de votre activité commune. Pour éviter ces écueils, le recours à un expert est une sécurité. Keobiz vous propose une assurance anti-rejet, garantissant que votre dossier est traité rapidement et sans accroc.
Gestion comptable et fiscale de la SCM : ce qu’il faut savoir
La gestion d’une SCM est relativement simple, mais elle doit être rigoureuse, notamment en ce qui concerne la répartition des charges et les obligations fiscales.
La répartition des charges : une règle d’or
La SCM n’ayant pas pour but de réaliser des bénéfices, sa comptabilité vise à l’équilibre : le total des dépenses doit être égal au total des contributions versées par les associés. La clé de répartition, définie dans les statuts, est donc essentielle.
Exemple concret de répartition des charges :
- Un cabinet de 3 kinésithérapeutes en SCM a les charges mensuelles suivantes :
- Loyer et charges locatives : 2 000 €
- Salaire et charges de la secrétaire : 1 800 €
- Remboursement du matériel : 500 €
- Électricité, internet, consommables : 400 €
Total des charges mensuelles : 4 700 €
Si les statuts prévoient une répartition égalitaire, chaque kinésithérapeute versera à la SCM la somme de 1 566,67 € par mois. Cette somme constituera une charge professionnelle déductible de ses propres revenus (BNC).
Fiscalité et obligations comptables
La SCM bénéficie d’un régime de translucidité fiscale. Cela signifie qu’elle n’est pas elle-même soumise à l’impôt. Les charges qu’elle expose sont directement transférées aux associés. Chaque [kinésithérapeute libéral](https://keobiz.fr/metier/profession-liberale/kinesitherapeute-liberal/) reporte sa quote-part de frais sur sa propre déclaration de revenus professionnels (2035 pour le régime BNC).
En matière de TVA, la SCM est en principe exonérée si les services sont rendus exclusivement à ses membres, eux-mêmes exonérés de TVA pour leur activité de soins. Cependant, une option pour l’assujettissement à la TVA peut être intéressante si la SCM réalise des investissements importants, afin de récupérer la TVA sur les achats.
La tenue d’une comptabilité rigoureuse est obligatoire pour justifier la répartition des charges. Un expert-comptable spécialisé dans les [professions libérales](https://keobiz.fr/metier/profession-liberale/) peut vous aider à mettre en place une gestion saine et optimisée, vous assurant une parfaite conformité et une tranquillité d’esprit.
En conclusion, la SCM est un excellent outil pour les kinésithérapeutes souhaitant collaborer pour maîtriser leurs coûts et améliorer leur environnement de travail, tout en préservant une totale indépendance. La clé de la réussite réside dans une préparation minutieuse du projet et la rédaction de statuts clairs et équilibrés. Se faire accompagner par des experts dès le début est un investissement judicieux pour construire des bases solides et pérennes.
FAQ :
Faut-il inscrire une SCM à l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes ?
Non. Comme la SCM n’exerce pas la profession de masseur-kinésithérapeute, elle n’a pas à être inscrite au tableau de l’Ordre. Seuls les associés, en tant que praticiens, doivent l’être.
Comment un kinésithérapeute peut-il quitter une SCM ?
La sortie d’un associé se fait par la cession de ses parts sociales. Les conditions sont définies dans les statuts. Généralement, les autres associés disposent d’un droit de préemption. Si aucun accord n’est trouvé, la sortie peut nécessiter une décision de justice ou la dissolution de la société. Une clause de sortie bien rédigée dans les statuts est donc primordiale.
Peut-on partager une patientèle au sein d'une SCM ?
Absolument pas. Le partage de patientèle est contraire à l’objet même de la SCM. Chaque associé conserve sa propre patientèle et gère ses honoraires de manière indépendante. La SCM ne peut en aucun cas être un moyen de capter ou de se répartir des patients.
Quelle est la responsabilité des associés dans une SCM ?
La responsabilité des associés pour les dettes de la SCM est indéfinie et conjointe (non solidaire). Cela signifie qu’un créancier peut poursuivre chaque associé pour le paiement de la dette, mais uniquement à hauteur de la part qu’il détient dans le capital social.



