Une holding est une société mère (SAS/SARL/SCI) créée pour détenir et piloter des filiales : pure (passive) si elle se contente de détenir des titres, animatrice si elle fournit des services facturés (management fees) et influence la stratégie.
Choix du statut : la SAS offre une grande flexibilité statutaire et facilite l’entrée d’investisseurs (président assimilé‑salarié), la SARL convient aux montages familiaux et sécurisés (gérant majoritaire TNS), la SCI est recommandée pour un objectif patrimonial immobilier (IR par défaut, option IS possible).
Fiscalité clé : régime mère‑fille (exonération de 95 % des dividendes sous conditions), intégration fiscale (compensation bénéfices/déficits si détention ≥95 %), et exonération partielle des plus‑values de cession (88 % exonérés, 12 % réintégrés).
Aspects pratiques et coûts : capital minimum symbolique possible (1 €), mais capital crédible recommandé pour l’accès au crédit ; frais incompressibles : greffe (~40 €), annonce légale (150–200 €) et honoraires de rédaction des statuts ; possibilité de créer en unipersonnel (SASU/EURL).
Décisionnel opérationnel : évaluer objectifs (protection patrimoniale, optimisation fiscale, animation de groupe), horizon de transmission, profil des dirigeants, puis sécuriser le montage par des statuts/Pacte d’associés adaptés et l’accompagnement d’un expert‑comptable ou avocat fiscaliste.
Vous envisagez de créer une holding pour optimiser la gestion de votre patrimoine ou de votre groupe de sociétés ? C’est une excellente stratégie, mais elle soulève une question fondamentale : quelle forme juridique choisir ? Entre la souplesse de la SAS, le cadre sécurisant de la SARL ou la spécificité de la SCI, le choix du statut de votre holding est une décision qui aura des conséquences directes sur sa fiscalité, sa gouvernance et son évolution.
Qu’est-ce qu’une holding et pourquoi en créer une ?
Avant de comparer les statuts, il est essentiel de bien comprendre le rôle et les avantages d’une société holding. Loin d’être un statut juridique en soi, une holding est une “société mère” dont l’objet principal est de détenir des parts sociales ou des actions dans d’autres sociétés, appelées “filiales”. Elle doit donc adopter une forme juridique existante, comme une SAS ou une SARL.
Définition et rôle d’une société holding
La vocation d’une holding est avant tout financière : son chiffre d’affaires est principalement constitué des dividendes qui remontent de ses filiales. En détenant plus de 50 % du capital d’une filiale, la holding en prend le contrôle et peut ainsi centraliser les décisions stratégiques, influencer la gestion et harmoniser la direction du groupe.
On distingue généralement deux types de holdings :
La holding passive (ou pure) : Son activité se limite à la détention et à la gestion de son portefeuille de titres de participation. Elle n’intervient pas dans la gestion opérationnelle de ses filiales.
La holding active (ou animatrice) : En plus de détenir des titres, elle participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle des filiales. Elle leur fournit des services spécifiques (administratifs, juridiques, comptables, marketing, etc.) qui sont facturés via des conventions de prestations de services, aussi appelées “management fees”.
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Le comparatif des statuts juridiques pour votre holding : SAS, SARL, SCI
Le choix de la structure juridique de la holding est déterminant. Les formes les plus courantes sont les sociétés commerciales (SAS, SARL) et, dans un contexte patrimonial immobilier, la société civile (SCI).
La holding SAS : la flexibilité avant tout
La Société par Actions Simplifiée (SAS) est très prisée pour sa grande souplesse. Sa principale force réside dans la liberté contractuelle laissée aux associés pour organiser son fonctionnement dans les statuts.
Avantages :
Gouvernance sur mesure : Les associés peuvent librement définir les règles de direction (président, directeur général, comité de direction), les conditions d’entrée et de sortie des actionnaires, etc.
Statut social du dirigeant : Le président de la SAS est assimilé-salarié. Il bénéficie d’une protection sociale complète (hors assurance chômage), ce qui peut être un critère important.
Cession des titres simplifiée : La transmission des actions est plus simple que celle des parts sociales, ce qui facilite l’arrivée de nouveaux investisseurs.
Pas de cotisations sociales sur les dividendes : Les dividendes versés aux dirigeants actionnaires ne sont pas soumis aux cotisations sociales.
Inconvénients :
Charges sociales élevées : La protection sociale du régime assimilé-salarié a un coût. Les charges sur la rémunération du président sont plus importantes que pour un gérant TNS en SARL.
Rigueur dans la rédaction des statuts : La grande liberté statutaire impose de se faire accompagner par un professionnel pour rédiger des statuts clairs et complets afin d’éviter les futurs conflits. Les statuts de votre SAS doivent être rédigés avec une grande liberté et précision.
La SAS est donc idéale pour les holdings qui prévoient une évolution de leur actionnariat ou qui souhaitent mettre en place une gouvernance complexe et personnalisée.
La holding SARL : la sécurité d’un cadre légal
La Société à Responsabilité Limitée (SARL) offre un cadre juridique plus rigide et sécurisant, largement défini par la loi. C’est un choix pertinent pour des projets plus stables, souvent familiaux.
Avantages :
Cadre légal protecteur : Le fonctionnement de la SARL est très encadré par le Code de commerce, ce qui limite les risques de blocage et protège les associés minoritaires.
Statut social du gérant majoritaire : Le gérant détenant plus de 50 % des parts est Travailleur Non Salarié (TNS). Ses cotisations sociales sont plus faibles que celles d’un assimilé-salarié, optimisant le coût de sa rémunération.
Structure adaptée aux projets familiaux : L’agrément obligatoire pour la cession de parts à des tiers permet de garder le contrôle sur la composition du capital, ce qui en fait une forme juridique prisée des entreprises familiales.
Inconvénients :
Moins de souplesse : La gouvernance est plus rigide et offre peu de place à la personnalisation via les statuts.
Dividendes soumis à cotisations : Pour le gérant majoritaire TNS, la part des dividendes qui excède 10 % du capital social est soumise à cotisations sociales.
Procédure d’agrément pour la cession de parts : La cession de parts sociales est plus formelle et nécessite l’accord des autres associés.
Quel que soit le statut choisi, la rédaction des statuts de la holding est une étape cruciale. Les enjeux financiers et fiscaux sont conséquents. Il est fortement déconseillé d’utiliser un modèle standard en ligne sans l’adapter à votre situation spécifique. L’accompagnement par un expert est indispensable pour sécuriser votre montage.
La holding SCI : la solution pour un patrimoine immobilier
La Société Civile Immobilière (SCI) est une forme spécifiquement conçue pour la détention et la gestion d’un patrimoine immobilier. Elle peut tout à fait servir de holding si l’objectif est de détenir des parts d’autres SCI ou sociétés patrimoniales.
Avantages :
Gestion de patrimoine optimisée : Idéale pour détenir plusieurs biens immobiliers via différentes filiales (par exemple, une SCI par bien).
Facilité de transmission : Permet de transmettre un patrimoine immobilier de manière progressive et fiscalement optimisée (donations de parts).
Choix du régime fiscal : Par défaut à l’Impôt sur le Revenu (IR), elle peut opter pour l’Impôt sur les Sociétés (IS), ce qui est quasi systématique pour une holding afin de bénéficier des régimes fiscaux de groupe.
Inconvénients :
Objet social purement civil : Une SCI à l’IR ne peut pas exercer d’activité commerciale. L’option pour l’IS lui ouvre cette possibilité mais la rend irrévocable.
Responsabilité illimitée des associés : Les associés sont responsables des dettes de la société sur leur patrimoine personnel, proportionnellement à leur participation au capital.
La SCI est donc réservée aux holdings patrimoniales dont l’activité est centrée sur l’immobilier. Pour bénéficier des avantages d’une holding, l’immatriculation d’une SCI et son option à l’IS sont des étapes clés.
Tableau comparatif des statuts pour une holding
Tableau récapitulatif
Caractéristique
Holding SAS
Holding SARL
Holding SCI (à l’IS)
Flexibilité des statuts
Très élevée (liberté contractuelle)
Faible (très encadrée par la loi)
Moyenne (encadrée mais adaptable)
Capital social minimum
1 €
1 €
Pas de minimum légal
Régime social du dirigeant
Assimilé-salarié
TNS (gérant majoritaire)
TNS (gérant)
Cession des titres
Actions (cession libre en principe)
Parts sociales (agrément obligatoire)
Parts sociales (agrément obligatoire)
Fiscalité par défaut
Impôt sur les Sociétés (IS)
Impôt sur les Sociétés (IS)
Impôt sur le Revenu (IR)
Idéal pour…
Groupes évolutifs, levées de fonds
Structures stables, familiales
Patrimoine immobilier
Fiscalité de la holding : comment optimiser votre groupe ?
Les avantages fiscaux sont au cœur de la stratégie de holding. Deux régimes principaux permettent de réduire drastiquement l’imposition du groupe.
Le régime mère-fille : éviter la double imposition des dividendes
Comment ça marche ? La holding est exonérée d’IS sur 95 % des dividendes perçus de sa filiale. Seule une quote-part de 5 % pour frais et charges est réintégrée à son résultat fiscal et imposée au taux normal de l’IS.
Conditions pour en bénéficier :
La holding et ses filiales doivent être soumises à l’IS.
La holding doit détenir au moins 5 % du capital de la filiale.
Les titres de participation doivent être conservés pendant au moins deux ans.
L’intégration fiscale : consolider les résultats du groupe
L’avantage principal ? Les bénéfices d’une société du groupe peuvent être compensés par les déficits d’une autre. Le résultat global est ainsi diminué, et donc l’impôt à payer est réduit. C’est un outil puissant pour les groupes composés de sociétés aux performances hétérogènes.
Conditions principales :
La holding doit détenir au moins 95 % du capital de ses filiales.
Toutes les sociétés du groupe doivent être soumises à l’IS et clore leurs exercices à la même date.
Un autre avantage majeur concerne la revente des titres d’une filiale. La plus-value réalisée par la holding bénéficie d’une exonération d’IS à hauteur de 88 %. Seule une quote-part de 12 % pour frais et charges est réintégrée dans le résultat imposable. C’est un levier d’optimisation considérable lors de la restructuration ou de la vente d’une partie du groupe.
Le choix du statut juridique pour votre holding est une décision stratégique qui ne doit pas être prise à la légère. Il n’y a pas de réponse unique : la SAS offrira la flexibilité nécessaire aux projets ambitieux et évolutifs, la SARL apportera la sécurité recherchée par les structures familiales et stables, tandis que la SCI restera l’outil privilégié pour la gestion d’un patrimoine immobilier. L’analyse de vos objectifs à long terme, de la nature de vos activités et de vos relations entre associés est primordiale.
Se faire accompagner par un expert-comptable est essentiel pour valider votre montage juridique et fiscal. Chez Keobiz, nos conseillers sont spécialisés dans l’accompagnement des holdings et vous aident à faire le choix le plus judicieux. Nous vous offrons même la création de votre entreprise pour que vous puissiez démarrer votre projet sur des bases solides et optimisées.
FAQ :
Quel est le coût de création d'une holding ?
Le coût de création dépend du statut choisi mais inclut des frais incompressibles : frais de greffe pour l’immatriculation (environ 40 € pour une société commerciale) et frais de publication dans un journal d’annonces légales (forfait d’environ 150-200 €). À cela s’ajoutent les honoraires pour la rédaction des statuts et l’accompagnement juridique, qui varient selon la complexité du montage. Chez Keobiz, nous prenons en charge l’ensemble des formalités de création gratuitement.
Une holding peut-elle facturer ses filiales ?
Oui, c’est même le principe de la holding active ou animatrice. Elle peut facturer des prestations de services (conseil stratégique, gestion administrative, services marketing, etc.) à ses filiales. Ces “management fees” doivent correspondre à des prestations réelles et être facturés à un prix de marché pour ne pas être contestés par l’administration fiscale.
Faut-il un capital social élevé pour une holding ?
Légalement, lemontant du capital socialde départ peut être de 1 € symbolique pour une SAS ou une SARL. Cependant, un capital plus conséquent peut être nécessaire pour donner de la crédibilité à la holding vis-à-vis des banques, notamment si elle doit contracter des emprunts pour racheter des filiales (montage LBO). Le capital peut être constitué d’apports en numéraire (argent) ou en nature (titres des filiales).
Puis-je créer ma holding seul ?
Oui, il est tout à fait possible de créer une holding en étant associé unique. Dans ce cas, la SAS devient une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) et la SARL devient une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Ces formes unipersonnelles conservent les mêmes caractéristiques et avantages que leurs versions pluripersonnelles.



