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TVA kiné 2026 : régime, exonérations et cas pratiques

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Sommaire :

1.Le principe : une exonération de TVA pour les soins thérapeutiques
2.Activités annexes : quand la TVA s’invite dans votre cabinet
3.La franchise en base de TVA : un seuil à surveiller de près
4.L’importance d’un suivi par un expert-comptable
5.FAQ :
En résumé :
  • Les actes de kinésithérapie sont exonérés de TVA au titre de l’article 261, 4‑1° du CGI dès lors qu’ils relèvent des compétences réglementées (art. R.4321‑4 du Code de la santé publique) et poursuivent une finalité thérapeutique — la prescription est un indice, pas une garantie automatique.

  • De nombreuses activités annexes (Pilates non thérapeutique, coaching bien‑être, massages non médicaux, interventions en entreprise) ainsi que les recettes non issues des soins (redevances de collaboration, location de locaux aménagés, ventes de produits) sont commerciales et soumises à la TVA.

  • La franchise en base s’applique aux prestations de services tant que le chiffre d’affaires taxable reste sous 39 100 € (seuil majoré toléré : 41 250 € en 2025) ; un projet de réforme a envisagé d’abaisser ces seuils à environ 25 000 €, d’où la nécessité d’anticiper.

  • En cas de dépassement : assujettissement dès le 1er jour du mois de dépassement pour les recettes excédentaires, puis sur l’ensemble des opérations non exonérées à partir du 1er janvier de l’année suivante ; seules les recettes taxables sont prises en compte pour le seuil.

  • Mise en pratique : immatriculation à la TVA si assujetti, facturation distincte (mentionner l’exonération ou le taux applicable), comptabilité ventilée et conservation des prescriptions/BDK pour se défendre en contrôle — faites-vous accompagner par un expert‑comptable pour structurer et anticiper.

En tant que kinésithérapeute libéral, vous pensiez être totalement exonéré de TVA sur l’ensemble de votre activité ? Pourtant, la diversification de votre offre avec des cours de Pilates, du coaching bien-être ou la perception de redevances de collaboration sème le doute. Vous avez raison de vous interroger : la frontière entre les actes de soins exonérés et les prestations commerciales taxables est plus fine qu’il n’y paraît, et les récentes évolutions législatives vous obligent à une vigilance accrue. Comprendre les règles qui régissent la fiscalité de votre profession est essentiel pour sécuriser votre cabinet et éviter un redressement fiscal.

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Le principe : une exonération de TVA pour les soins thérapeutiques

La règle générale pour les masseurs-kinésithérapeutes est l’exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée. Ce principe est inscrit dans l’article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI), qui exempte de TVA les prestations de soins à la personne rendues par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées. Cependant, cette exonération n’est ni automatique ni absolue. Elle est soumise à une condition fondamentale : l’acte doit avoir une finalité thérapeutique.

Concrètement, un soin est considéré comme thérapeutique s’il vise à diagnostiquer, prévenir, traiter ou guérir une pathologie ou une affection. Le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP) vient préciser que pour bénéficier de l’exonération, les actes doivent satisfaire deux critères cumulatifs :

  1. Relever de la compétence réglementée de la profession de masseur-kinésithérapeute, définie par le Code de la santé publique.

  2. Poursuivre un but de soin, qu’il soit préventif ou curatif.

C’est l’article R.4321-4 du Code de la santé publique qui liste les actes relevant de votre champ de compétences, incluant les massages médicaux, les mobilisations articulaires, la rééducation fonctionnelle et la “gymnastique médicale”. Cette dernière notion est la clé pour comprendre pourquoi certaines de vos activités peuvent basculer dans le champ de la TVA.

Le critère déterminant : l’intention

L’administration fiscale ne se contente pas de vérifier si l’acte est réalisé par un kinésithérapeute. Elle analyse l’objectif de la prestation. Un massage de confort, même réalisé avec des techniques professionnelles, n’est pas un soin thérapeutique. De même, un cours de gymnastique visant le bien-être général n’est pas de la gymnastique médicale. La présence d’une prescription médicale est un indice fort, mais pas une garantie absolue d’exonération si l’acte sort du cadre thérapeutique.

Activités annexes : quand la TVA s’invite dans votre cabinet

La diversification est une tendance forte dans la profession, mais elle représente un risque fiscal si elle n’est pas correctement encadrée. De nombreuses prestations, bien que liées à votre expertise, ne sont pas considérées comme des soins et sont donc soumises à la TVA dès le premier euro, sous réserve du régime de la franchise.

Le cas du Pilates et des activités bien-être

Le Pilates est un exemple parfait de cette dualité. Son traitement fiscal dépend entièrement du contexte dans lequel il est dispensé.

Tableau récapitulatif

Contexte Thérapeutique (Exonéré de TVA)

Contexte Bien-être / Sportif (Soumis à TVA)

Objectif :Prévention ou traitement d’une pathologie (lombalgie, rééducation posturale, récupération post-partum).

Objectif :Remise en forme, détente, loisir, amélioration des performances sportives.

Cadre :Séance individualisée ou en très petit groupe, intégrée à un plan de soins personnalisé.

Cadre :Cours collectif ouvert à tous, sans diagnostic préalable.

Justification :Acte inscrit dans un parcours de rééducation, souvent sur la base d’un bilan ou d’une prescription.

Justification :Prestation de service de type coaching sportif ou activité de loisir.

Cette logique s’applique à toutes les activités similaires : coaching sportif, massages non-médicaux (californien, ayurvédique, etc.), ateliers collectifs en entreprise… Si la finalité n’est pas le soin d’une pathologie identifiée, la prestation devient commerciale et taxable.

Les redevances de collaboration et autres revenus taxables

L’un des pièges les plus courants concerne les revenus qui ne proviennent pas directement des soins que vous dispensez. Ces recettes sont presque systématiquement soumises à la TVA.

Attention aux revenus non issus des soins

Les recettes suivantes sont par nature imposables à la TVA et doivent être intégrées dans le calcul de vos seuils de franchise :

    n
  • Les redevances de collaboration : Les sommes que vous verse votre collaborateur ou assistant ne sont pas une rémunération de soins, mais la contrepartie d’une mise à disposition de moyens (local, matériel, patientèle). C’est une prestation de services taxable.

  • n

  • La location de locaux aménagés : Si vous sous-louez une partie de votre cabinet équipé à un autre professionnel, les loyers perçus sont soumis à la TVA.

  • n

  • La vente de produits : La vente de crèmes, bandes, petit matériel d’exercice ou tout autre produit constitue une activité commerciale taxable.

  • n

La franchise en base de TVA : un seuil à surveiller de près

Tant que le chiffre d’affaires de vos activités taxables reste sous un certain seuil, vous pouvez bénéficier de la “franchise en base de TVA”. Cela signifie que vous ne facturez pas de TVA et ne la récupérez pas sur vos achats. C’est un régime de simplification, mais ses seuils sont rapidement atteints, surtout avec les redevances de collaboration.

Pour 2025, le seuil de franchise pour les prestations de services (BNC) est fixé à 39 100 €. Un seuil majoré de 41 250 € est toléré pour l’année de dépassement.

Projet de réforme et vigilance pour 2026 : Un projet de loi de finances pour 2025 prévoyait un abaissement drastique de ces seuils à 25 000 € (et 27 500 € en tolérance). Bien que le gouvernement ait annoncé une phase de consultation suite aux protestations des professionnels, cette tendance montre une volonté de réduire le champ de la franchise. Les kinésithérapeutes doivent donc anticiper et se préparer à un éventuel assujettissement beaucoup plus rapide.

Comment fonctionne le dépassement des seuils ?

Le mécanisme de sortie de la franchise peut être complexe. Il est essentiel de bien le comprendre pour éviter les mauvaises surprises.

  1. Année N (l’année du dépassement) :

    • Si votre CA taxable de l’année N-1 est inférieur à 39 100 € ET que votre CA taxable de l’année N se situe entre 39 100 € et 41 250 €, vous restez en franchise pour l’année N.

    • Si votre CA taxable de l’année N dépasse 41 250 €, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement et uniquement sur les revenus excédentaires.

  2. Année N+1 (l’année suivante) :

    • Si votre CA taxable de l’année N a dépassé le seuil de 39 100 €, vous serez assujetti à la TVA sur toutes vos opérations non exonérées dès le 1er janvier de l’année N+1.

Exemple concret :

Un titulaire de cabinet perçoit 42 000 € de redevances de collaboration en 2025.

  • En 2025, il dépasse le seuil majoré. Supposons que le dépassement ait lieu en octobre. Il devra facturer et déclarer la TVA sur les redevances perçues à partir du 1er octobre.

  • En 2026, il sera redevable de la TVA sur la totalité de ses 42 000 € de redevances, et ce dès le 1er janvier.

Quels revenus compter pour le seuil ?

Seul le chiffre d’affaires provenant de vos activités taxables est pris en compte pour le calcul du dépassement du seuil de franchise. Les honoraires issus de vos actes de soins thérapeutiques exonérés ne sont pas inclus dans ce calcul. La confusion est fréquente et peut entraîner des erreurs de déclaration.

Facturation et comptabilité en activité mixte

Dès que vous êtes assujetti à la TVA, même partiellement, votre organisation doit s’adapter :

  • Immatriculation à la TVA : Vous devez demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre Service des Impôts des Entreprises (SIE).

  • Facturation distincte : Vos factures doivent clairement faire apparaître les prestations exonérées (avec la mention “Exonération de TVA – Article 261, 4-1° du CGI”) et les prestations taxables, en indiquant le taux de TVA applicable (généralement 20%) et le montant de la taxe.

  • Comptabilité séparée : Il est impératif de tenir une comptabilité qui ventile précisément les recettes exonérées et les recettes taxables. C’est indispensable pour établir vos déclarations de TVA et calculer correctement vos droits à déduction.

  • Droit à déduction : L’assujettissement à la TVA vous ouvre le droit de récupérer la TVA sur vos dépenses professionnelles. Attention, cette déduction n’est possible que sur les frais liés à votre activité taxable. Une clé de répartition (prorata) devra souvent être calculée pour les frais mixtes (loyer, électricité, etc.).

L’importance d’un suivi par un expert-comptable

La complexité du régime de TVA pour les kinésithérapeutes, notamment avec les activités mixtes, rend le suivi par un professionnel indispensable. Un cabinet d’expertise comptable comme Keobiz, habitué aux spécificités des professions libérales et des kinésithérapeutes, devient un allié stratégique pour :

  • Analyser votre activité pour identifier précisément les prestations taxables.

  • Surveiller vos seuils de chiffre d’affaires et anticiper le passage à la TVA.

  • Structurer votre facturation et votre comptabilité pour être en conformité.

  • Gérer vos déclarations de TVA et optimiser vos droits à déduction.

  • Vous conseiller sur la meilleure structure juridique si vous développez une activité “bien-être” significative.

Conseil d’expert : que faire en cas de contrôle fiscal ?

L’administration fiscale est de plus en plus attentive aux activités annexes des professions de santé. En cas de contrôle, soyez prêt à justifier le caractère thérapeutique de vos actes. Conservez précieusement les prescriptions médicales, les bilans diagnostics kinésithérapiques (BDK) et tout document prouvant que vos prestations de Pilates ou de gymnastique s’inscrivent dans un parcours de soins individualisé. Une comptabilité claire et bien tenue sera votre meilleur atout.

L’exonération de TVA pour les kinésithérapeutes est un avantage précieux, mais il est de plus en plus encadré. La diversification des activités et l’évolution des seuils fiscaux vous obligent à une vigilance constante. En distinguant clairement vos actes de soin de vos prestations commerciales et en vous faisant accompagner par un expert-comptable, vous sécurisez votre cabinet et pouvez développer votre offre en toute sérénité. Anticiper ces changements n’est pas une contrainte, c’est la clé pour pérenniser votre activité.

FAQ :

Un acte réalisé sur prescription médicale est-il automatiquement exonéré de TVA ?

Non, pas nécessairement. Si la prescription est un indice très fort du caractère thérapeutique, ce n’est pas une garantie absolue. L’administration fiscale peut requalifier une prestation si elle estime qu’elle sort du champ des soins, même avec une ordonnance. Par exemple, un programme de renforcement musculaire général pour un sportif sans pathologie avérée, même prescrit, pourrait être considéré comme du coaching sportif taxable. C’est la finalité réelle du soin qui prime.

Quels sont précisément les revenus à inclure dans le calcul du seuil de franchise ?

Vous devez additionner l’ensemble du chiffre d’affaires hors taxes généré par vos activités non thérapeutiques. Cela inclut principalement : les redevances perçues de vos collaborateurs, les loyers de sous-location de matériel ou de locaux équipés, la vente de produits (crèmes, bandes, etc.), les recettes de cours collectifs non thérapeutiques (Pilates, yoga, stretching), les prestations de coaching sportif ou de bien-être, et les interventions en entreprise. Vos honoraires conventionnés ou non, liés aux soins thérapeutiques, ne sont pas pris en compte.

Dois-je créer une société distincte pour mes activités bien-être ?

C’est une option stratégique à envisager si votre activité taxable devient significative. Créer une structure juridique distincte (par exemple, une SASU ou une EURL) pour vos prestations de bien-être permet de séparer clairement les deux activités sur les plans comptable et fiscal. Cela simplifie la gestion de la TVA (la société est redevable, votre activité libérale reste exonérée) et protège votre cabinet libéral en cas de contrôle sur la partie commerciale. Cette décision a des implications juridiques et sociales, il est donc crucial d’en discuter avec un expert-comptable pour évaluer sa pertinence dans votre situation.

Comment Keobiz peut-il m'aider concrètement à gérer ma TVA de kiné ?

Chez Keobiz, nous accompagnons de nombreuxindépendants et professions libérales. Pour un kinésithérapeute, notre rôle est multiple : nous analysons avec vous la nature de chaque prestation pour déterminer son régime fiscal. Nous mettons en place un plan comptable adapté à votre activité mixte, nous suivons en temps réel vos seuils de franchise pour anticiper tout dépassement, et nous prenons en charge l’ensemble de vos obligations, de l’immatriculation à la TVA à latélédéclaration périodique. Notre objectif est de vous libérer de cette complexité administrative pour que vous puissiez vous concentrer sur vos patients.

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