Comment investir la trésorerie excédentaire de sa SASU/EURL (holding) : solutions, fiscalité et points de vigilance
Être accompagné →Cet article est un guide pour vous aider à y voir clair. Nous allons structurer la réflexion pour faire de votre excédent de trésorerie un véritable levier de croissance, en toute sécurité.
Ce qu’il faut retenir
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Calculez d’abord le vrai excédent : distinguez le BFR, un matelas de sécurité (généralement 3–6 mois de charges) et la trésorerie réellement investissable.
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Adaptez le placement à l’horizon : court terme (5 ans) CTO pour actions/ETF (rendement u003e risque).
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Investir via la société nécessite l’ouverture d’un CTO au nom de la SASU/EURL, une comptabilité plus complexe et l’imposition des gains à l’Impôt sur les Sociétés (IS).
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Arbitrez entre conserver en société, distribuer (dividendes soumis au PFU ~30% pour SASU ou à cotisations sociales pour gérant d’EURL) ou créer une holding (régime mère‑fille ≈ exonération 95% mais coûts et formalités à prévoir).
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Définir la trésorerie excédentaire avant d’investir
On a souvent tendance à regarder le solde du compte en banque et à le considérer comme un surplus. C’est une erreur qui peut coûter cher. La trésorerie d’une société n’est pas un bloc homogène.
La création d’une entreprise, ça ne s’improvise pas : on s’en parle ?
Prendre un rendez-vousCe qu’il faut retenir pour bien investir la trésorerie de votre société :
- Calculer le vrai surplus : Avant tout investissement, assurez-vous de bien distinguer la trésorerie nécessaire à l’activité (fonds de roulement, charges futures) de l’excédent réellement disponible.
- Adapter le placement à l’horizon : La liquidité et la sécurité priment pour le court terme (comptes à terme). Le rendement et le risque augmentent avec l’horizon de placement (actions, ETF via un compte-titres).
- Investir via la société : Une SASU/EURL peut ouvrir un compte-titres ordinaire (CTO) pour investir en bourse. Les gains sont soumis à l’Impôt sur les Sociétés (IS).
- Arbitrer entre société, dividendes et holding : Chaque option a des conséquences fiscales et patrimoniales distinctes. La société holding est un outil puissant pour réinvestir, mais sa mise en place doit être justifiée et validée par un professionnel.
Votre tranquillité d’esprit avant tout
Cet article fournit des informations générales à but pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ou une recommandation fiscale. Chaque situation est unique. Avant toute décision, il est indispensable de consulter votre expert-comptable ou un conseiller spécialisé.
Différencier trésorerie de sécurité, charges à venir et surplus réellement disponible
Pour bien piloter votre entreprise, il faut décomposer votre trésorerie en trois parties :
- Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) : C’est l’argent nécessaire pour faire tourner l’activité au quotidien. Il couvre le décalage entre le paiement de vos fournisseurs et l’encaissement de vos clients.
- Le Matelas de Sécurité : C’est une réserve prudente pour faire face aux imprévus (baisse d’activité, retard de paiement d’un gros client, dépense urgente). En général, on recommande de conserver l’équivalent de 3 à 6 mois de charges fixes.
- L’Excédent de Trésorerie : C’est uniquement le solde restant après avoir soustrait le BFR et le matelas de sécurité. C’est cette somme, et seulement celle-ci, que vous pouvez envisager de placer.
Un bon plan de trésorerie est l’outil indispensable pour réaliser ce calcul précisément.
Pourquoi investir trop tôt peut fragiliser une SASU ou une EURL
Le risque est simple : si vous placez des fonds dont vous aurez besoin à court terme, vous pourriez être forcé de les retirer en urgence. Si le marché a baissé entre-temps, vous subirez une perte en capital. Pire, vous pourriez ne pas pouvoir payer vos salaires, vos fournisseurs ou vos cotisations, mettant en péril la continuité de votre activité.
La première règle de l’investissement de la trésorerie société est donc de ne jamais compromettre la liquidité nécessaire à son exploitation.
Quels placements pour la trésorerie d’une société selon l’horizon ?
Il n’y a pas de “meilleur placement” universel. La bonne solution dépend de trois facteurs : votre horizon de temps, le niveau de risque que votre société peut accepter, et votre besoin de récupérer les fonds rapidement (liquidité).
Court terme (< 1 an) : priorité à la sécurité et la liquidité
L’objectif ici n’est pas le rendement, mais de protéger le capital tout en le faisant travailler un minimum.
- Comptes à Terme (CAT) : Vous bloquez une somme pour une durée et un taux connus d’avance. C’est un placement sans risque, mais peu liquide avant l’échéance.
- Fonds monétaires (OPCVM monétaires) : Ces fonds investissent dans des titres de créance très courts et peu risqués. Ils offrent une liquidité quotidienne et un rendement indexé sur les taux interbancaires (comme l’€STR).
Moyen terme (1 à 5 ans) : un arbitrage entre rendement et risque
Vous pouvez viser un rendement légèrement supérieur en acceptant une part de risque mesurée.
- Fonds obligataires datés : Ces fonds investissent dans un portefeuille d’obligations d’entreprises avec une échéance connue. Le rendement potentiel est défini à l’avance si vous conservez les parts jusqu’au terme, mais le capital n’est pas garanti.
- Produits structurés : Ce sont des placements offrant une protection partielle ou totale du capital à l’échéance, en échange d’un rendement potentiel plafonné et lié à la performance d’un indice (par exemple, le CAC 40). La complexité de ces produits exige un accompagnement.
Long terme (> 5 ans) : le compte-titres ordinaire pour viser la performance
Si votre société dispose d’une trésorerie stable et que vous n’aurez pas besoin de ces fonds avant plusieurs années, vous pouvez envisager un investissement sur les marchés actions.
- Le Compte-Titres Ordinaire (CTO) : C’est l’enveloppe qui permet à une personne morale (votre SASU/EURL) d’investir en Bourse. Vous pouvez y loger des actions en direct, des obligations, et surtout des ETF.
- Les ETF (Exchange Traded Funds) : Aussi appelés “trackers”, ce sont des fonds qui répliquent la performance d’un indice boursier (comme le CAC 40 ou le S&P 500). Ils permettent une large diversification à frais réduits.
| Type de placement | Horizon de temps | Risque de perte | Potentiel de rendement | Liquidité | Fiscalité (gains) |
|---|---|---|---|---|---|
| Compte à Terme (CAT) | 3 mois – 2 ans | Nul (si détenu à terme) | Faible | Faible (avant échéance) | Impôt sur les Sociétés |
| Fonds monétaires | Jours – 1 an | Très faible | Faible | Très élevée (quotidienne) | Impôt sur les Sociétés |
| Fonds obligataires | 2 – 8 ans | Faible à modéré | Modéré | Moyenne (selon fonds) | Impôt sur les Sociétés |
| Actions / ETF via CTO | > 5 ans | Élevé | Élevé | Élevée (marchés ouverts) | Impôt sur les Sociétés |
Comment investir en bourse depuis une SASU ou une EURL ?
C’est une question fréquente pour les dirigeants qui veulent dynamiser leur trésorerie société. La procédure est assez simple, mais les implications sont importantes.
Ouvrir et utiliser un compte-titres ordinaire au nom de la société
Contrairement à un particulier qui peut ouvrir un PEA (Plan d’Épargne en Actions), une société n’a accès qu’au compte-titres ordinaire (CTO).
La démarche est la suivante :
- Choisir un courtier : Sélectionnez un établissement financier (banque, courtier en ligne) qui propose des comptes-titres pour les personnes morales.
- Fournir les documents : Vous devrez transmettre les documents juridiques de la société (Kbis, statuts, pièce d’identité du dirigeant).
- Alimenter le compte : Une fois ouvert, vous pouvez virer des fonds depuis le compte courant de l’entreprise vers le CTO.
- Passer des ordres : Vous pouvez alors acheter et vendre des titres (actions, ETF, etc.) au nom et pour le compte de la société.
ETF, titres en direct et points de vigilance comptables et fiscaux
Investir via le CTO de la société a des conséquences directes sur votre comptabilité et votre fiscalité.
- Fiscalité : Tous les gains (plus-values de cession et dividendes perçus) sont intégrés au résultat de l’entreprise. Ils sont donc soumis à l’Impôt sur les Sociétés (IS) au taux en vigueur (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà, sous conditions).
- Comptabilité : La gestion d’un portefeuille de titres complexifie la comptabilité. Il faut valoriser le portefeuille à la clôture de chaque exercice, enregistrer les plus ou moins-values latentes, et traiter correctement les dividendes et les cessions.
Attention à l’objet social de votre société
Vérifiez que les statuts de votre SASU ou EURL autorisent explicitement la réalisation de placements financiers. Si l’objet social est trop restrictif (par exemple, “activité de conseil en informatique” uniquement), il pourrait être nécessaire de le modifier pour y ajouter “la gestion de son propre patrimoine mobilier et immobilier”. Parlez-en à votre expert-comptable.
Faut-il conserver, distribuer en dividendes ou créer une holding ?
Une fois l’excédent de trésorerie identifié, une décision stratégique s’impose. Comment faire fructifier ou récupérer ces fonds ? Trois grandes options s’offrent à vous.
Option 1 : Conserver et investir dans la société
Vous utilisez le CTO de votre SASU/EURL pour placer la trésorerie.
- Avantages : Les fonds restent disponibles pour l’entreprise. Vous différez l’imposition personnelle et les cotisations sociales, ce qui maximise le capital qui travaille (effet “boule de neige”).
- Inconvénients : L’argent est “prisonnier” de la société d’exploitation. Le sortir vous exposera à une fiscalité (dividendes ou rémunération). Le risque de marché du placement est supporté par l’entreprise qui génère l’activité.
Option 2 : Distribuer des dividendes à l’associé
Vous sortez l’argent de la société pour l’investir à titre personnel.
- Avantages : Vous récupérez les fonds sur votre patrimoine privé.
- Inconvénients : C’est la solution la plus coûteuse fiscalement. Les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (“flat tax”) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux) pour l’associé de SASU. Pour un gérant majoritaire d’EURL, les dividendes sont en partie soumis aux cotisations sociales (environ 45%), ce qui est encore plus pénalisant.
Option 3 : Utiliser une société holding
La holding est une société (souvent une SASU ou une SARL) dont l’objet est de détenir les parts de votre société d’exploitation (la “fille”).
Le mécanisme : Votre SASU/EURL verse ses bénéfices sous forme de dividendes à la holding. Grâce au régime mère-fille, ces dividendes sont exonérés d’impôt à 95 % dans la holding.
- Avantages : C’est une méthode très efficace pour remonter la trésorerie de la société d’exploitation en quasi-franchise d’impôt. La holding peut alors utiliser ces fonds pour investir (via son propre CTO), racheter une autre société, ou investir dans l’immobilier, tout en protégeant le patrimoine de l’activité opérationnelle.
- Inconvénients : Cela crée une structure juridique supplémentaire, avec des coûts de création et de gestion annuels (comptabilité, frais juridiques). Ce n’est pertinent que si les montants à investir et les projets sont significatifs.
La holding, un outil puissant mais pas automatique
La création d’une société holding est une décision patrimoniale majeure. Elle permet de séparer les risques et d’optimiser les flux de capitaux. Cependant, elle doit répondre à une véritable stratégie à long terme. Sa mise en place doit impérativement être validée avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste.
Méthode : comment arbitrer et prendre la bonne décision ?
Pour vous aider à structurer votre choix, suivez ces étapes.
Étape 1 : Valider le montant de l’excédent réel
Revenez à la base : assurez-vous que le montant identifié est bien un surplus structurel et non un pic de trésorerie temporaire.
Étape 2 : Définir l’objectif du placement
Soyez au clair sur le but de cet argent. Est-ce pour :
- Sécuriser l’avenir de l’entreprise ? (Option 1)
- Financer un futur investissement pour l’activité ? (Option 1)
- Préparer votre retraite ou un projet personnel ? (Option 2 ou 3)
- Diversifier votre patrimoine en lançant d’autres projets ? (Option 3)
Étape 3 : Choisir la structure (société, perso, holding) et l’horizon
Votre objectif déterminera la meilleure structure et, par conséquent, les placements accessibles. L’horizon de temps vous guidera ensuite vers la bonne classe d’actifs (monétaire, obligataire, actions).
Checklist finale avant d’investir la trésorerie de votre société
Avant de signer quoi que ce soit, passez en revue ces points de contrôle :
- [ ] Ai-je bien calculé mon excédent de trésorerie (après déduction du BFR et du matelas de sécurité de 3-6 mois) ?
- [ ] Quel est mon objectif principal (sécurité, rendement, projet futur) ?
- [ ] Quel est mon horizon de placement ? (court, moyen ou long terme)
- [ ] Ai-je besoin de cet argent à titre personnel prochainement ?
- [ ] Mes statuts autorisent-ils les placements financiers ?
- [ ] Ai-je validé la stratégie (comptable, fiscale, juridique) avec mon expert-comptable ?
Pour aller plus loin :
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FAQ : Vos questions sur l’investissement de trésorerie
Cela dépend de votre horizon. Pour le court terme (< 1 an), privilégiez les comptes à terme et les fonds monétaires pour leur sécurité. Pour le moyen terme (1-5 ans), vous pouvez explorer les fonds obligataires. Pour le long terme (> 5 ans), un compte-titres ordinaire (CTO) au nom de la société permet d’investir sur les marchés actions via des titres ou des ETF.
Il n’existe pas de “meilleur” placement unique. Le choix optimal dépend de vos objectifs, de votre tolérance au risque et de votre besoin de liquidité. Le placement le plus sûr est souvent un compte à terme, mais son rendement est faible. Le plus performant potentiellement est l’investissement en actions, mais il comporte un risque de perte en capital élevé.
Votre SASU (ou EURL) peut ouvrir un compte-titres ordinaire (CTO) auprès d’un courtier ou d’une banque. Vous pourrez y virer la trésorerie de votre entreprise et acheter des actions, obligations ou ETF. Les plus-values et dividendes générés seront imposés à l’Impôt sur les Sociétés (IS).
Trois stratégies principales existent :
- Investir via la société : Les fonds restent dans l’entreprise et sont placés via un CTO. Les gains sont soumis à l’IS.
- Distribuer des dividendes : Vous récupérez l’argent à titre personnel, mais avec une fiscalité importante (30 % ou plus).
- Créer une holding : Vous remontez la trésorerie vers une société mère avec une fiscalité quasi nulle (régime mère-fille), pour ensuite la réinvestir dans d’autres projets. C’est une option plus complexe et coûteuse à mettre en place.
Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.