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Zéro salaire, zéro cotisation : est-ce vraiment sans impact pour vous ?

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Vous venez de lancer votre SASU, et vous touchez l’ARE. La tentation est immense : ne pas vous verser de salaire pour maintenir 100% de vos allocations Pôle Emploi. C’est une stratégie de décollage parfaitement légitime pour préserver votre trésorerie. Mais est-ce vraiment sans aucune contrepartie ? On va droit au but : oui, c’est possible de ne payer aucune cotisation sociale si on ne se verse pas de salaire. Maintenant, regardons ensemble ce que ça implique concrètement pour votre couverture santé, votre retraite, et les alternatives pour vous rémunérer.

Ce qu’il faut retenir

  • En SASU, ne pas vous verser de salaire en tant que président signifie bien payer 0€ de cotisations sociales à l’URSSAF.
  • Cette absence totale de cotisations entraîne une absence équivalente de protection sociale (retraite, indemnités maladie, prévoyance).
  • Les dividendes sont une alternative pour vous rémunérer, mais ils sont fiscalisés (flat tax 30%) et ne créent aucun droit social.
  • L’arbitrage (0€, salaire, dividendes) est une décision stratégique à piloter selon vos priorités : ARE, trésorerie ou protection future.

La réponse est oui… mais le diable est dans les détails

Alors, est-ce vrai qu’on ne paie aucune cotisation sociale si on ne se verse pas de salaire ? La réponse est un grand oui. C’est même l’un des mécanismes les plus connus de la SASU. Pour décrypter cela, clarifions deux points.

Pour y voir clair dès le départ et sécuriser vos choix, vous pouvez faire le point sur votre stratégie avec un expert Keobiz.

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Premièrement, en tant que président de SASU, vous avez un statut d’assimilé salarié. Cela signifie que vous êtes rattaché au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique, dès lors que vous vous versez une rémunération.

Deuxièmement, les cotisations sociales ne sont déclenchées que par une seule chose : l’émission d’un bulletin de paie. La logique est implacable :

  • Pas de salaire versé.
  • Donc, pas de bulletin de paie à établir.
  • Donc, mathématiquement, 0€ de cotisations sociales à déclarer et à payer à l’URSSAF.

Distinguez bien votre fonction de votre rémunération. Vous pouvez parfaitement exercer votre mandat social de président sans être rémunéré pour cela. La société fonctionne, vous signez les contrats, mais aucune charge sociale n’est due tant qu’aucun euro ne sort sous forme de salaire. C’est une flexibilité incroyable, mais elle a un coût.


Zéro salaire = Zéro cotisation, mais aussi Zéro protection sociale

Vous l’avez compris : la stratégie “zéro salaire” est une arme redoutable pour la trésorerie de votre entreprise. Tout le cash généré reste dans la société pour financer sa croissance. Mais cette médaille a un revers, et il concerne directement votre sécurité personnelle. Pas de cotisations, pas de protection. C’est aussi simple que ça. Mesurez bien ce à quoi vous renoncez.

Concrètement, qu’est-ce que vous perdez ?

  • Votre retraite : 0 trimestre validé. C’est le point le plus impactant à long terme. Chaque année sans salaire, c’est une année où vous ne cotisez absolument rien pour votre retraite de base et votre retraite complémentaire. Zéro euro versé = zéro trimestre validé. Cela peut décaler votre âge de départ ou diminuer drastiquement le montant de votre future pension.
  • Votre santé : pas d’indemnités journalières. Vous restez bien couvert pour vos frais de santé de base (consultations, pharmacie…) grâce à la Protection Universelle Maladie (PUMa). En revanche, en cas d’arrêt maladie ou d’accident, vous ne toucherez aucune indemnité journalière de la part de la Sécurité sociale. Un simple accident de vélo qui vous immobilise trois semaines peut vite se transformer en un vrai problème financier.
  • Votre prévoyance : une couverture inexistante. En cas de coup dur (invalidité, décès), l’absence de cotisation vous prive de toute couverture du régime général. Vos proches ne bénéficieraient d’aucun capital décès, par exemple.
  • Votre assurance chômage : un faux débat. Le statut de mandataire social (président de SASU) n’ouvre de toute façon pas droit aux allocations chômage en cas de cessation d’activité. L’absence de salaire ne change donc rien sur ce point précis.

C’est un pari sur l’avenir : vous préservez votre trésorerie aujourd’hui en renonçant à une sécurité pour demain. Un calcul qui mérite d’être posé.

C’est précisément sur ce genre d’arbitrage que votre expert-comptable devient un copilote. On est là pour ça. Simulez votre rémunération avec un expert Keobiz pour prendre la meilleure décision.

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ARE, dividendes, compte courant : quelles sont les alternatives au salaire ?

Vous savez maintenant que la stratégie du “zéro salaire” est un levier à double tranchant. Alors, comment jongler avec les autres options pour vous rémunérer tout en optimisant la situation ? Car des alternatives existent, et vous les connaissez sûrement déjà.

Maintenir l’ARE : le combo gagnant au démarrage

C’est le cas d’usage le plus fréquent et le plus intelligent en début d’activité. Si vous êtes éligible à l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), le fait de ne pas vous verser de salaire en SASU vous permet de maintenir 100% de vos allocations Pôle Emploi. C’est un véritable booster pour votre trésorerie personnelle et celle de votre entreprise. Vous sécurisez vos revenus personnels via l’ARE, et laissez 100% du chiffre d’affaires dans la société pour qu’elle grandisse.

Se verser des dividendes : l’autre option sur la table

Une fois l’année comptable terminée et si votre société a réalisé un bénéfice, vous pouvez décider de vous verser des dividendes. C’est l’alternative principale au salaire. Voici comment ça fonctionne :

  1. Votre SASU paie l’impôt sur les sociétés (IS) sur son bénéfice.
  2. Sur le bénéfice restant, vous pouvez distribuer des dividendes.
  3. Ces dividendes sont soumis à une fiscalité propre : le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé “flat tax”, de 30% (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux).

Le point crucial à marteler : les dividendes ne sont pas un salaire. Ils ne génèrent aucune protection sociale. Pas de retraite, pas de couverture maladie, rien. C’est un revenu du capital, pas un revenu du travail. C’est le cœur de l’arbitrage entre salaire et dividendes. Ce système est très différent de ce que vous pourriez connaître par ailleurs, comparé à l’auto-entreprise par exemple.

Utiliser son compte courant d’associé : la solution de dépannage

Le compte courant d’associé (CCA) peut être utilisé pour que la société vous rembourse des avances de fonds que vous lui avez faites personnellement (par exemple, pour payer les premiers frais). Attention, ce n’est pas une rémunération. C’est un simple remboursement de dette, donc non imposable et sans charges. C’est une solution de trésorerie ponctuelle, pas une stratégie de revenus.

On vous aide à y voir clair et à construire la bonne stratégie pour vous. Discutez de votre projet avec un conseiller Keobiz.

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Alors, on fait quoi ? Piloter votre stratégie de rémunération

Vous avez toutes les cartes en main. La question n’est plus “est-ce possible ?” mais “est-ce la bonne stratégie pour moi, maintenant ?”. Pour piloter cette décision, posez-vous les bonnes questions :

  • Votre priorité absolue est de maximiser l’ARE ? Dans ce cas, la stratégie 0€ de salaire est faite pour vous au démarrage. C’est le montage le plus efficace pour lancer la machine sans vous mettre en danger financièrement.
  • Votre activité génère déjà du cash et vous voulez optimiser votre fiscalité ? L’arbitrage entre un salaire modéré et des dividendes en fin d’année est à modéliser. On peut définir un salaire qui couvre vos besoins et valide des droits, puis compléter avec des dividendes moins chargés socialement. C’est un des avantages clés de la SASU.
  • Vous voulez commencer à cotiser pour votre retraite le plus tôt possible ? Dans ce cas, définissez un salaire minimum, même faible, pour commencer à valider des trimestres. Pour information, en 2024, un salaire brut annuel d’environ 6 990 € (soit 150h de SMIC par trimestre) est nécessaire pour valider 4 trimestres de retraite. C’est un objectif concret à intégrer dans votre prévisionnel.

Piloter sa rémunération est au cœur de votre stratégie de création de votre SASU. C’est un sujet trop important pour le laisser au hasard, et vous devez bien comprendre le fonctionnement de la SASU pour faire les bons choix.

Finalement, la réponse à la question “est-ce vrai qu’on ne paie aucune cotisation sociale si on ne se verse pas de salaire ?” est bien oui. Mais vous voyez maintenant que cette simplicité cache une décision stratégique majeure pour votre avenir.

Ne pas se rémunérer est un outil puissant, surtout au lancement. Mais ce n’est souvent qu’une phase. Le vrai enjeu est de construire une stratégie de rémunération évolutive, qui s’adapte à la croissance de votre entreprise et sécurise votre futur. C’est précisément le rôle d’un expert-comptable qui vous accompagne comme un véritable partenaire.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.