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EURL ou SASU : le comparatif pour les freelances qui ont déjà tout comparé

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Les onglets s’accumulent. D’un côté, 15 articles sur “EURL ou SASU”. De l’autre, un simulateur de cotisations sociales qui fume. Vous maîtrisez la théorie : TNS d’un côté, assimilé-salarié de l’autre. Pourtant, la décision reste floue. C’est normal. Le meilleur statut n’existe pas dans l’absolu. Le bon choix est celui qui sert réellement votre projet de vie et vos ambitions de freelance. On vous aide à y voir clair, au-delà des pourcentages.

Discutons de votre projet

Ce qu’il faut retenir

  • SASU : Idéale pour une protection sociale maximale et pour faciliter l’entrée de futurs associés, grâce à la souplesse des actions.
  • EURL : Parfaite pour optimiser le coût des cotisations sociales sur votre rémunération, avec un statut de gérant TNS plus léger.
  • Rémunération : Le vrai arbitrage se fait entre le salaire (coûteux mais protecteur en SASU) et les dividendes (plus taxés en EURL).
  • Le choix final : Votre décision doit être guidée par votre vision à 3 ans : croissance, protection sociale et stratégie de revenus.

Le face-à-face en 2 minutes chrono

Pour ceux qui sont pressés, on met les deux statuts sur le ring. Voici un tableau comparatif pour visualiser les différences fondamentales entre l’EURL et la SASU.

Critère EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
Régime social du dirigeant Gérant associé unique : Travailleur Non Salarié (TNS) Président de SASU : Assimilé-salarié
Affiliation Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) Régime général de la Sécurité Sociale
Mode de rémunération Rémunération de gérance Salaire (fiche de paie)
Cotisations sociales Environ 45% de la rémunération nette Environ 82% du salaire net (coût pour l’entreprise)
Fiscalité par défaut Impôt sur les Sociétés (IS) – Option IR possible Impôt sur les Sociétés (IS) – Option IR possible (5 ans max)
Dividendes Soumis aux cotisations sociales (~45%) sur la part > 10% du capital Soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30%
Flexibilité / Évolution Passage en SARL pour s’associer (assez formel) Très souple pour faire entrer des associés ou investisseurs
Coût de gestion Légèrement moins cher (pas de fiche de paie) Légèrement plus élevé (gestion de la fiche de paie)

Le vrai match : 3 questions pour piloter votre choix

Ce tableau, vous l’avez sûrement déjà vu. Maintenant, passons aux questions qui vont vraiment vous aider à arbitrer. Votre statut juridique, c’est le moteur de votre activité de freelance. Le choix du carburant est décisif pour sécuriser votre parcours et piloter votre croissance.

Quel est votre plan de rémunération ?

C’est souvent le nerf de la guerre. Combien va-t-il me rester à la fin du mois ? La réponse dépend totalement de la manière dont vous comptez vous payer.

La SASU : la clarté du salaire pour optimiser sa protection En SASU, en tant que Président, vous vous versez un salaire. Vous recevez une fiche de paie, comme un salarié cadre.

  • L’avantage : Vous bénéficiez de la meilleure protection sociale possible. Retraite de base et complémentaire solide (AGIRC-ARRCO), prévoyance, indemnités journalières en cas d’arrêt maladie… C’est le pack complet pour dormir sur ses deux oreilles.
  • L’inconvénient : Cette sécurité a un coût. Les cotisations sociales sont élevées, ce qui pèse sur votre trésorerie. Pour 1000 € net dans votre poche, l’entreprise doit débourser environ 1820 €.

L’EURL : la souplesse du TNS pour optimiser son revenu En EURL, le gérant associé unique est Travailleur Non Salarié (TNS). Vous ne vous versez pas un salaire, mais une “rémunération de gérance”.

  • L’avantage : Les cotisations sociales sont bien plus faibles (environ 45%). Pour 1000 € net dans votre poche, le coût pour l’entreprise est d’environ 1450 €. Vous maximisez votre revenu disponible à court terme.
  • L’inconvénient : La protection sociale est moins complète. Moins de droits à la retraite, des indemnités journalières plus faibles. Il faudra souvent compléter avec des contrats privés. Si vous hésitez encore, comparez le passage de la micro-entreprise à la société : EURL ou Micro-entreprise : à partir de quel chiffre d’affaires faut-il basculer ?.

Le joker des dividendes : le point de bascule Les dividendes, c’est la part de bénéfice que l’entreprise vous verse. Et là, la différence est énorme.

  • En SASU : C’est le paradis des dividendes. Ils sont soumis à un prélèvement unique de 30% (le PFU ou “flat tax”). Vous vous versez 10 000 €, vous payez 3 000 € de taxes, il vous reste 7 000 € net. Simple.
  • En EURL : C’est la douche froide. La part des dividendes qui dépasse 10% de votre capital social est soumise aux cotisations sociales des TNS (~45%). Pour 10 000 € de dividendes (avec un petit capital), vous payerez environ 4 500 € de cotisations, et le reste sera encore soumis à l’impôt.

L’arbitrage est donc clair : la SASU est intéressante si vous prévoyez une stratégie mixte (petit salaire + gros dividendes).

Quelle trajectoire de croissance pour votre activité ?

Aujourd’hui, vous êtes seul. Mais demain ? On sait que vous y pensez déjà. Votre choix de statut doit anticiper vos ambitions.

L’EURL : pensée pour rester seul (ou presque) L’EURL est structurellement simple. Si vous décidez de vous associer, elle se transforme en SARL. C’est tout à fait possible, mais cela demande un certain formalisme juridique (modification des statuts, assemblée générale…). C’est un statut qui fonctionne parfaitement pour une activité solo pérenne. Pour en savoir plus, consultez les avantages et les limites de l’EURL.

La SASU : conçue pour grandir La SASU est le couteau suisse de la croissance. Son fonctionnement par actions la rend incroyablement flexible pour faire entrer de nouveaux partenaires :

  • Associer des collaborateurs : Vous pouvez facilement créer différentes catégories d’actions pour motiver des employés clés.
  • Faire entrer des investisseurs : La SASU est le statut qui rassure les fonds d’investissement. La rédaction d’un pacte d’associés permet de définir des règles du jeu sur-mesure.

Si votre plan à 3 ans inclut de lever des fonds, de vous associer ou de bâtir une équipe, la SASU vous offre une longueur d’avance.

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Comment envisagez-vous votre protection sociale ?

La fiche de paie, ce n’est pas juste une ligne de chiffres. C’est votre parachute de sécurité. Quelle altitude de vol choisissez-vous ?

La SASU : la voie royale de la protection Le statut d’assimilé-salarié vous donne une couverture quasi identique à celle d’un salarié cadre. Vous cotisez pour une retraite complémentaire solide (AGIRC-ARRCO), vous êtes bien couvert en cas d’arrêt de travail et d’accident. C’est la tranquillité d’esprit maximale, intégrée par défaut.

L’EURL : l’autonomie à construire La protection via la SSI est un socle. Elle existe, mais elle est moins généreuse. Pour atteindre un niveau de sécurité équivalent à la SASU, vous devez booster votre protection. Cela signifie souscrire à des contrats privés :

  • Une bonne mutuelle.
  • Un contrat de prévoyance pour maintenir vos revenus en cas d’incapacité.
  • Un Plan d’Épargne Retraite (PER, ex-Madelin) pour préparer l’avenir.

Ce coût supplémentaire doit être intégré dans votre business plan.


Fiscalité : IS ou IR, le choix qui change tout

Au-delà du statut, vous devrez décider du régime fiscal de votre entreprise. Par défaut, EURL et SASU sont à l’Impôt sur les Sociétés (IS), mais une option pour l’Impôt sur le Revenu (IR) est possible.

  • Scénario 1 : Vous voulez réinvestir vos bénéfices. L’IS est votre allié. L’entreprise paie son propre impôt (taux réduit de 15% jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25%). L’argent qui reste dans la société n’est pas taxé à titre personnel, ce qui vous permet de financer votre croissance.
  • Scénario 2 : Vous prévoyez un déficit au démarrage. L’option IR peut être un levier intelligent. Le déficit de l’entreprise vient s’imputer sur le revenu global de votre foyer fiscal, ce qui réduit vos impôts personnels la première année.

Focus EURL : Si le gérant est une personne physique, l’option pour l’IR est sans limite de temps, ce qui offre une souplesse intéressante. En SASU, elle est limitée aux 5 premières années. Pour anticiper au mieux, Pour tout comprendre sur le fonctionnement de l’EURL, c’est par ici.


EURL, SASU : on déconstruit 2 idées reçues

Pour challenger votre réflexion, finissons-en avec deux mythes qui ont la vie dure.

Idée reçue 1 : “L’EURL est beaucoup plus simple à gérer”.

Ce point est à nuancer. Sur le plan comptable (bilan, compte de résultat, déclarations de TVA), les obligations sont quasiment identiques. La “complexité” de la SASU vient de la nécessité d’établir une fiche de paie pour le président. Mais c’est précisément le rôle de votre expert-comptable de s’en charger. Pour vous, au quotidien, la différence est minime. La vraie question n’est pas la simplicité, mais Quelle est la différence exacte entre une EURL et une SARL à associé unique ?.

Idée reçue 2 : “La SASU coûte toujours plus cher”.

C’est vrai si vous comparez uniquement le coût d’un salaire élevé. Mais c’est faux si vous envisagez une stratégie d’optimisation. Un freelance en SASU peut choisir de se verser un salaire modeste (juste assez pour valider ses trimestres de retraite) et compléter ses revenus avec des dividendes, bien moins taxés. Un arbitrage intelligent peut rendre la SASU très compétitive, voire plus rentable sur le long terme.


Alors, EURL ou SASU : comment faire le choix final ?

Le choix final vous appartient. Votre objectif n’est pas de trouver le statut “parfait”, mais celui qui correspond à votre projet. Pour vous aider à lancer votre réflexion, voici deux profils-types.

Vous devriez lancer une EURL si…

Vous privilégiez une rémunération optimisée à court terme avec des charges sociales plus faibles. Vous n’avez pas de plan d’embauche ou d’association immédiat, et vous êtes prêt à gérer activement votre protection sociale via des contrats privés pour la compléter.

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Vous devriez lancer une SASU si…

Vous visez une protection sociale maximale pour une tranquillité d’esprit totale. Vous prévoyez de faire entrer des associés ou des investisseurs à moyen terme, et votre stratégie de revenus repose sur un arbitrage entre un salaire raisonnable et des dividendes importants.

Si vous êtes prêt à vous lancer et créer une EURL, ou si la SASU vous semble plus adaptée, la prochaine étape est de valider votre intuition avec des chiffres précis.

Validez votre choix avec un conseiller Keobiz

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.