Dividendes SASU : la Flat Tax à 30% est-elle vraiment votre meilleure option ?
Être accompagné →Vous avez probablement lu partout que les dividendes en SASU sont taxés à 30%. Point. Simple, net, efficace. Mais votre instinct d’entrepreneur vous dit qu’en fiscalité, rien n’est jamais aussi simple. Et vous avez raison. Cette fameuse “flat tax” n’est pas une fatalité, mais une option. L’autre option, le barème progressif, pourrait bien vous faire économiser gros selon votre situation. On décortique ensemble les deux scénarios pour que vous puissiez choisir, en toute confiance, la voie la plus intelligente pour votre rémunération.
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La Flat Tax, ou PFU : c’est quoi exactement ce 30% ?
On va commencer par décortiquer ce chiffre que vous voyez partout. “Flat tax” est le surnom du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Il a été mis en place pour simplifier l’imposition des revenus du capital, dont font partie vos dividendes de SASU.
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Ce bloc de 30% se décompose en deux parties très distinctes :
- 12,8% au titre de l’impôt sur le revenu (IR). C’est un prélèvement forfaitaire, qui ne tient pas compte de vos autres revenus.
- 17,2% au titre des prélèvements sociaux. Ils financent la protection sociale (CSG, CRDS, etc.).
Le mot clé ici est “forfaitaire”. Ce taux est non progressif. Que votre SASU vous verse 1 000 € ou 100 000 € de dividendes, le taux appliqué reste le même : 30%. C’est simple, prévisible, et ça évite les mauvaises surprises.
Cette simplicité explique son succès. Mais attention, ce prélèvement intervient seulement à la fin du processus. Il ne faut pas le confondre avec l’Impôt sur les Sociétés (IS) qui taxe les bénéfices de votre entreprise. C’est seulement après avoir payé l’IS que la question se pose de savoir comment se verser des dividendes en fin d’année.
Calcul concret de la Flat Tax sur vos dividendes : l’exemple qui parle
L’abstrait, c’est bien. Le concret, c’est mieux. On va simuler ensemble un cas typique pour que vous puissiez projeter vos propres chiffres.
Imaginons : vous clôturez votre exercice. Après paiement de l’Impôt sur les Sociétés, votre SASU affiche un bénéfice net de 15 000 €.
Étape 1 : Le bénéfice distribuable
Votre bénéfice net est de 15 000 €. C’est la somme maximale que vous pouvez décider de distribuer.
Étape 2 : La décision de versement
Lors de votre Assemblée Générale (même si vous êtes seul), vous décidez de vous verser 10 000 € de dividendes et de laisser les 5 000 € restants en réserve dans l’entreprise.
Étape 3 : On applique le PFU de 30%
C’est votre SASU qui va calculer et prélever la flat tax avant de vous virer la somme.
- Impôt sur le revenu (acompte) : 10 000 € x 12,8% = 1 280 €
- Prélèvements sociaux : 10 000 € x 17,2% = 1 720 €
- Total du prélèvement (PFU) : 1 280 € + 1 720 € = 3 000 €
Étape 4 : Ce que vous touchez vraiment sur votre compte perso
Dividende net = Dividende brut – PFU Dividende net = 10 000 € – 3 000 € = 7 000 €.
Le calcul est limpide. Pour 10 000 € de dividendes bruts décidés, vous recevez 7 000 € nets sur votre compte en banque. La question qui vous brûle les lèvres est la bonne : “OK, c’est simple. Mais est-ce que c’est le plus malin ?”
Le vrai choix : Flat Tax ou option pour le barème progressif ?
C’est ici que 90% des entrepreneurs s’arrêtent. Ils prennent la flat tax par défaut, car elle est simple et présentée comme la norme. Mais vous, vous voulez optimiser. Alors on va challenger cette option par défaut. Car oui, le PFU est une option, pas une obligation. Vous pouvez y renoncer et choisir l’imposition de vos dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
C’est quoi, l’option au barème progressif ?
Le principe est différent. Au lieu d’un taux fixe, vos dividendes sont ajoutés à vos autres revenus (salaires de président, revenus fonciers, etc.) et l’ensemble est imposé selon les tranches progressives de l’impôt sur le revenu (0%, 11%, 30%, 41%, 45%).
“Mais alors, pourquoi choisir ça si c’est pour être potentiellement taxé à 30% ou plus ?”, demandez-vous. Pour deux avantages fiscaux très puissants qui n’existent pas avec la flat tax :
- Un abattement de 40% sur le montant des dividendes bruts. Concrètement, si vous touchez 10 000 € de dividendes, seuls 6 000 € seront ajoutés à vos revenus imposables. 4 000 € ne sont tout simplement pas taxés à l’impôt sur le revenu.
- Une part de la CSG est déductible. Sur les 17,2% de prélèvements sociaux (qui restent dus dans tous les cas), 6,8% deviennent déductibles de votre revenu imposable de l’année du paiement.
Ces deux mécanismes peuvent complètement changer la donne.
Alors, on choisit quoi ? La règle simple pour arbitrer
Le critère décisif pour comparer les deux systèmes est votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI). C’est le taux d’imposition qui s’applique à la dernière tranche de vos revenus.
Voici la règle de pouce pour y voir clair en 2 minutes :
- Votre TMI est de 0% ou 11% ? L’option pour le barème progressif est presque toujours gagnante. L’abattement de 40% est si avantageux qu’il compense largement le passage à l’imposition progressive.
- Votre TMI est de 30% ou plus ? La Flat Tax à 30% (dont seulement 12,8% d’IR) est généralement plus avantageuse. Tenter le barème progressif reviendrait à taxer 60% de vos dividendes (après abattement) à 30% ou plus, ce qui est souvent moins intéressant que de taxer 100% de vos dividendes à 12,8%.
Le diable est dans les détails et une simulation précise est la seule façon d’être absolument certain. Ce choix s’inscrit dans une réflexion plus large sur le grand arbitrage entre salaire et dividendes, qui est un pilier de votre rémunération la première année de SASU.
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Comment ça se passe en pratique ? Déclaration et paiement
Maintenant que vous avez les clés pour arbitrer, voyons comment piloter ce choix administrativement. Le processus se déroule en deux temps, ce qui peut parfois prêter à confusion.
Temps 1 : Le prélèvement de l’acompte (au moment du versement)
Que vous comptiez choisir le barème ou non, la règle est la même au départ. Lorsque votre SASU vous verse les dividendes, elle prélève les 30% du PFU et les verse directement à l’administration fiscale. Ces 30% sont considérés comme un acompte.
Pour aller plus loin :
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Temps 2 : La régularisation (l’année suivante, N+1)
C’est au printemps suivant, lors de votre déclaration de revenus personnelle, que tout se joue.
- Vous reportez le montant brut des dividendes perçus dans la case 2DC (“Revenus des actions et parts”).
- Si vous voulez opter pour le barème progressif, vous devez cocher la case 2OP. Attention, ce choix est global : il s’appliquera à tous vos revenus du capital de l’année (dividendes, plus-values, etc.).
- L’administration fiscale recalculera alors l’impôt dû selon le barème, en appliquant l’abattement de 40%. Elle comparera le résultat avec l’acompte de 12,8% déjà prélevé. Si vous avez trop payé, elle vous remboursera la différence.
C’est une étape cruciale à ne pas manquer. C’est précisément sur ce genre de détails qu’un expert-comptable sécurise votre situation et s’assure que vous ne laissez rien au hasard. Ces questions de rémunération sont au cœur du pilotage, et ce, dès la création de votre SASU.
Maîtriser la fiscalité de vos dividendes de SASU est une compétence clé. Mais votre temps est plus précieux à développer votre business qu’à cocher des cases fiscales. Chez Keobiz, on s’occupe de ces arbitrages pour vous, chaque année, pour que votre rémunération soit toujours optimisée et que vous puissiez vous concentrer sur ce qui compte vraiment.
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Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.