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Votre chiffre d’affaires est bon : salaire ou dividendes, comment optimiser votre rémunération ?

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On parie que vous avez déjà ouvert une feuille de calcul. Colonne A : salaire. Colonne B : dividendes. Vous avez rentré des formules, testé des hypothèses, pour voir ce qu’il reste à la fin. Mais les chiffres ne disent pas tout. Ils ne parlent ni de tranquillité d’esprit, ni de flexibilité, ni de vision à long terme. C’est l’étape qui paralyse beaucoup d’entrepreneurs. Normal. Sortons des maths pures. On vous propose une grille d’analyse stratégique pour faire le choix qui vous ressemble vraiment, au-delà du simple calcul fiscal.

La question de la rémunération est une étape clé juste après la création de votre SASU.

Le match en un coup d’œil : Salaire vs. Dividendes

Pour visualiser rapidement les deux options, on met les deux options sur le grill. Ce tableau vous permet de distinguer les différences fondamentales entre ces deux modes de rémunération du président de SASU.

Faites le point sur votre stratégie de rémunération

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Critère Salaire (Président de SASU) Dividendes
Nature Rémunération du travail (mandat social) Rémunération du capital (des parts sociales)
Régularité Mensuelle, prévisible Annuelle, après approbation des comptes
Base de calcul Montant fixé dans le procès-verbal Bénéfice distribuable de l’entreprise
Charges sociales Élevées (environ 80% du net) Non (sauf pour gérant majoritaire EURL/SARL à l’IS)
Fiscalité (pour vous) Impôt sur le Revenu (IR), barème progressif Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30%
Protection sociale Complète (retraite, santé, prévoyance) Aucune
Impact sur la société Charge déductible du résultat imposable Non déductible (versé après calcul de l’IS)

Le critère n°1 : La protection sociale, votre filet de sécurité

L’optimisation fiscale, c’est tentant. Mais avez-vous pensé à ce qui se passe en cas de coup dur ou pour préparer demain ? C’est la décision qui a le plus d’impact sur vos finances personnelles et votre tranquillité d’esprit.

Le salaire : acheter sa tranquillité d’esprit

En vous versant un salaire, vous adoptez le statut d’assimilé-salarié. Concrètement, vous cotisez au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique (à l’exception de l’assurance chômage).

Ce choix vous permet de construire une protection solide :

  • Validation de trimestres de retraite : Chaque salaire vous rapproche un peu plus d’une retraite complète.
  • Couverture maladie : En cas de maladie, vous bénéficiez d’indemnités journalières pour compenser la perte de revenus.
  • Prévoyance : Vous êtes couvert en cas d’invalidité ou de décès.

Le coût de cette protection se reflète dans les charges sociales élevées en SASU, qui ne sont rien d’autre que le financement de cette sécurité. Le tout est formalisé chaque mois via la fiche de paie du président de SASU.

Les dividendes : l’impasse sur la protection sociale

Soyons directs : les dividendes ne génèrent AUCUN droit social. Zéro. Ni retraite, ni indemnités maladie, ni prévoyance. Pourquoi ? Parce que l’URSSAF considère que c’est une rémunération de votre capital (votre investissement dans l’entreprise), et non de votre travail.

C’est une option viable uniquement si vous bénéficiez d’une protection par ailleurs. C’est le cas si vous avez une autre activité salariée à côté, ou si vous maintenez vos droits Pôle Emploi (ARE) au démarrage. C’est une stratégie qui peut être intéressante notamment pour savoir comment se rémunérer en SASU la première année. Mais sans couverture externe, choisir le 100% dividendes, c’est naviguer sans filet de sécurité.


Le critère n°2 : L’optimisation fiscale, le nerf de la guerre

C’est souvent là que les calculettes chauffent. Voyons clairement ce qui arrive dans votre poche, une fois que l’État a pris sa part. Piloter sa rémunération, c’est aussi piloter sa fiscalité.

Le salaire : la double imposition (charges + IR)

Le mécanisme du salaire est fiscalement lourd. Il subit une double taxation :

  1. Les cotisations sociales : payées par votre société.
  2. L’Impôt sur le Revenu (IR) : payé par vous, à titre personnel, sur votre salaire net imposable.

Pour donner un ordre de grandeur concret : pour que vous puissiez virer 1000 € net sur votre compte personnel, votre société doit débourser environ 1800 €. L’avantage, c’est que ce coût total (salaire brut + charges patronales) est une charge déductible, ce qui vient réduire le bénéfice imposable de votre société.

Les dividendes : la Flat Tax, un avantage (apparent)

Le mécanisme des dividendes semble plus simple et plus attractif. Votre société réalise un bénéfice, paie l’Impôt sur les Sociétés (IS), puis vous distribue une partie du reliquat. Sur ce montant, vous ne payez “que” le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), ou Flat Tax.

Le fonctionnement de la Flat Tax (30%) sur les dividendes de SASU est simple : 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux.

La fausse bonne idée est de s’arrêter à ce chiffre de 30%. Vous devez vous souvenir que le bénéfice à l’origine de ce dividende a déjà été taxé à l’IS (au taux réduit de 15% jusqu’à 42 500 €, puis à 25%). Le calcul d’optimisation pour trouver votre point d’équilibre personnel demande une simulation précise.

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Le critère n°3 : La flexibilité, piloter sa trésorerie

Votre rémunération n’est pas figée dans le marbre. Elle doit s’adapter au rythme de votre activité, à vos pics de facturation comme à vos périodes plus calmes. Vous devez pouvoir anticiper et piloter ces flux.

Le salaire, une charge fixe pour l’entreprise

Le salaire offre une grande visibilité pour vos finances personnelles : vous savez ce qui tombe sur votre compte chaque mois. C’est rassurant pour lisser vos dépenses.

L’inconvénient est que cette régularité se transforme en charge fixe pour l’entreprise. Que votre chiffre d’affaires soit de 10 000 € ou de 2 000 € ce mois-ci, le salaire et les charges associées doivent être payés. Cela peut créer une tension sur votre trésorerie dans les moments de creux.

Les dividendes, le bonus de fin de partie

Les dividendes fonctionnent sur un rythme totalement différent : annuel. Ils ne peuvent être versés qu’une fois par an, après la validation des comptes annuels.

L’avantage est immense en termes de gestion : on ne distribue que ce que l’entreprise a réellement et définitivement gagné. Il n’y a donc aucun risque pour la trésorerie. C’est une récompense qui vient couronner une année réussie. L’inconvénient est l’absence totale de régularité. Vous devez avoir la capacité financière d’attendre la fin de l’exercice. Pour les détails pratiques, découvrez comment se verser des dividendes en fin d’année.


Verdict : quel mix pour votre stratégie ?

Alors, après tout ça, on fait quoi concrètement ? L’arbitrage entre salaire ou dividendes est très personnel. Il n’y a pas une seule bonne réponse, mais il y a VOTRE bonne réponse, celle qui correspond à votre projet de vie et à la maturité de votre entreprise.

Scénario 1 : La Sécurité Maximale (100% salaire)

Pour qui ? Pour le dirigeant qui veut sécuriser son avenir et celui de sa famille. Si vous avez besoin de fiches de paie pour un projet personnel (un emprunt immobilier, par exemple) ou si la constitution de vos droits retraite est votre priorité absolue, c’est la voie à choisir.

Scénario 2 : Le Cash Immédiat (100% dividendes)

Pour qui ? Pour le créateur qui bénéficie de l’ARE (chômage) et peut donc se passer de salaire. C’est aussi une option pour le dirigeant qui a une autre activité salariée à temps plein ou qui a déjà souscrit à une excellente prévoyance et une épargne retraite privée (PER).

Scénario 3 : Le Mix Malin (le plus courant)

Le principe : C’est la stratégie d’optimisation la plus répandue et souvent la plus équilibrée. Elle consiste à se verser un salaire “suffisant” pour valider ses 4 trimestres de retraite et bénéficier d’une couverture sociale de base, puis de compléter sa rémunération avec des dividendes en fin d’année.

Concrètement : Pour valider un trimestre de retraite en 2024, vous devez cotiser sur la base d’un salaire brut de 1 747,50 € (soit 600 fois le SMIC horaire). Un salaire mensuel brut d’environ 600 € suffit donc pour valider ses 4 trimestres.

C’est le cœur du sujet de la rémunération du dirigeant de SASU.

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Conclusion

L’arbitrage entre salaire ou dividendes est bien plus qu’un calcul. C’est le reflet de votre stratégie d’entrepreneur : privilégiez-vous la sécurité à long terme (salaire) ou le rendement net à court terme (dividendes) ? La meilleure stratégie est celle qui est sur-mesure, celle qui évolue avec la croissance de votre entreprise et vos projets personnels.

Le choix entre salaire et dividendes n’est pas un acte administratif, c’est le reflet de votre stratégie d’entrepreneur. La bonne nouvelle ? Vous n’avez pas à décider seul.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.