Obligation d’avoir un expert-comptable en 2026
Être accompagné →À l’heure de créer ou de gérer votre entreprise, une question revient inévitablement : êtes-vous obligé de recourir aux services d’un expert-comptable ? La réponse légale est simple et directe, mais la réalité pratique est bien plus nuancée. Si la loi offre une grande liberté, la complexité croissante des obligations fiscales et comptables rend l’accompagnement par un professionnel non seulement rassurant, mais souvent stratégique. Démêlons ensemble le vrai du faux pour vous aider à prendre la meilleure décision pour votre activité.
En résumé :
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Aucune loi n’oblige à recourir à un expert-comptable : le dirigeant peut tenir lui-même sa comptabilité.
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Mais la complexité des obligations fiscales (bilan, liasse, TVA) rend l’accompagnement quasi indispensable au régime réel.
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Si externalisation : obligation de passer par un professionnel inscrit à l’Ordre, sous peine d’exercice illégal.
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Au-delà du légal, l’expert-comptable apporte sécurité, optimisation fiscale et conseil stratégique difficiles à internaliser.
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La règle générale : une obligation légale quasi-inexistante
Sur le plan purement légal, aucune disposition n’oblige une entreprise, quelle que soit sa forme juridique (entreprise individuelle, SAS, SARL) ou son chiffre d’affaires, à faire appel à un expert-comptable externe ou à employer un comptable salarié. Le dirigeant a parfaitement le droit de tenir sa comptabilité lui-même.
La création d’une entreprise, ça ne s’improvise pas : on s’en parle ?
Prendre un rendez-vousCependant, cette liberté s’accompagne d’une responsabilité importante. La réglementation fiscale, elle, impose à toute entreprise relevant d’un régime réel d’imposition (Réel Simplifié ou Réel Normal) de produire et de transmettre à l’administration des documents comptables et fiscaux normés. Ces documents, comme le bilan, le compte de résultat ou la liasse fiscale, doivent respecter des règles précises. Toute erreur ou omission peut entraîner des pénalités, des majorations, voire un redressement fiscal.
Le véritable enjeu n’est donc pas l’obligation de recruter un expert, mais l’obligation de produire une comptabilité conforme. C’est cette contrainte qui, en pratique, rend le recours à un professionnel quasi-systématique pour la majorité des sociétés.
Si vous décidez de déléguer la tenue de votre comptabilité à un prestataire externe, vous avez l’obligation de faire appel à un professionnel inscrit au tableau de l’Ordre des Experts-Comptables. Confier cette mission à une personne non diplômée ou non inscrite constitue un exercice illégal de la profession, une pratique sanctionnée par la loi qui engage votre propre responsabilité.
L’obligation pratique : quand l’expert-comptable devient-il indispensable ?
Si la loi n’impose rien, la complexité des obligations comptables et fiscales attachées à certains statuts ou régimes d’imposition rend l’accompagnement par un expert-comptable fortement recommandé, voire indispensable pour garantir la conformité et la pérennité de l’entreprise.
Selon le statut juridique de votre entreprise
- L’auto-entrepreneur (micro-entreprise) : Ce régime bénéficie d’une comptabilité ultra-simplifiée (tenue d’un livre des recettes). L’intervention d’un expert-comptable n’est donc absolument pas nécessaire au quotidien. Il peut toutefois être judicieux de le consulter ponctuellement, par exemple en cas de dépassement des plafonds de chiffre d’affaires pour anticiper le passage à un régime réel, ou pour envisager une transformation en société.
- L’entreprise individuelle (EI) au régime réel : Bien que légalement non obligatoire, le recours à un expert-comptable est ici très courant. L’entrepreneur doit en effet tenir une comptabilité plus formelle (comptabilité de trésorerie ou d’engagement) et produire une déclaration de résultats spécifique (liasse 2031 pour les BIC, 2035 pour les BNC).
- Les sociétés (SAS, SARL, EURL, SASU) : C’est dans ce cas que l’expert-comptable devient un partenaire quasi-incontournable. Les obligations sont lourdes et techniques :
- Tenue d’une comptabilité d’engagement : Les dettes et créances sont enregistrées dès leur naissance, ce qui est plus complexe qu’une simple comptabilité de trésorerie.
- Établissement des comptes annuels : Chaque année, la société doit produire un bilan, un compte de résultat et des annexes.
- Dépôt des comptes au greffe : Ces documents doivent être approuvés en assemblée générale puis déposés au greffe du tribunal de commerce, sous peine de sanctions.
- Déclarations fiscales complexes : Il faut remplir et télédéclarer la liasse fiscale (formulaire n°2065 et ses annexes pour l’IS), gérer les déclarations de TVA, la CFE, la CVAE, etc.
- Gestion sociale du dirigeant : Le président de SAS, par exemple, a un statut d’assimilé-salarié. Sa rémunération implique l’émission de bulletins de paie et la transmission de Déclarations Sociales Nominatives (DSN).
[image alt=”Dirigeant d’entreprise consultant son expert-comptable pour la préparation du bilan annuel”]
Selon le régime d’imposition
Le régime fiscal est un autre facteur déterminant. Plus il est complexe, plus l’expertise comptable est nécessaire. Voici un aperçu simplifié des obligations :
| Régime d’imposition | Type de comptabilité principale | Principaux documents à produire |
|---|---|---|
| Réel Simplifié (RSI) | Comptabilité d’engagement (option trésorerie possible sous conditions) | Bilan, compte de résultat et annexes simplifiés (Tableaux 2033) ; Liasse fiscale (2031/2065). |
| Réel Normal (RN) | Comptabilité d’engagement (obligatoire) | Bilan, compte de résultat et annexes complets (Tableaux 2050 et suivants) ; Liasse fiscale (2031/2065). |
| BNC – Déclaration Contrôlée | Comptabilité de trésorerie | Livre-journal des recettes et dépenses ; Registre des immobilisations ; Liasse fiscale 2035 et annexes. |
Ce tableau montre clairement que dès que l’on quitte le régime micro, la production de documents normés et le respect de principes comptables stricts deviennent la règle.
Jusqu’en 2022, les entreprises au régime réel qui ne faisaient pas appel à un expert-comptable ou n’adhéraient pas à un Organisme de Gestion Agréé (OGA) voyaient leur bénéfice imposable majoré. Cette majoration a été progressivement supprimée et a totalement disparu depuis l’imposition des revenus de 2023. Si l’incitation fiscale directe a disparu, la nécessité d’une comptabilité juste et conforme demeure intacte.
Au-delà du tarif, plusieurs critères sont essentiels. Vérifiez son inscription à l’Ordre, sa réactivité et sa disponibilité. Assurez-vous que ses outils sont modernes et adaptés à votre activité (comptabilité en ligne, application mobile). Enfin, évaluez la qualité du conseil : posez-lui des questions sur votre projet pour voir s’il est proactif et s’il se positionne comme un véritable partenaire.
En conclusion, si la loi ne vous y contraint pas, la complexité de l’environnement réglementaire et les avantages stratégiques liés à un accompagnement de qualité rendent le recours à un expert-comptable non pas obligatoire, mais essentiel à la bonne gestion et au développement serein de votre entreprise. Plutôt qu’une charge, il faut le voir comme un investissement qui vous apporte sécurité, gain de temps et des conseils précieux pour piloter votre activité.
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Au-delà de l’obligation : les missions et avantages d’un expert-comptable
Considérer l’expert-comptable uniquement sous l’angle de l’obligation serait une erreur. Son rôle va bien au-delà de la simple saisie des écritures et de la production des déclarations. Il est un véritable partenaire stratégique pour le dirigeant.
Ses missions principales incluent :
- La gestion comptable et fiscale : Il assure l’ouverture et la tenue des comptes, établit les déclarations de TVA, les liasses fiscales et les comptes annuels. Il garantit la conformité de l’entreprise vis-à-vis de l’administration.
- La gestion sociale : Il peut prendre en charge l’établissement des bulletins de paie, les déclarations sociales (DSN), la rédaction des contrats de travail et les formalités liées à l’embauche.
- Le conseil et le pilotage : C’est là que réside sa plus grande valeur ajoutée. Il aide le dirigeant à prendre les bonnes décisions en matière de statut juridique, d’optimisation de la rémunération, de choix fiscaux, ou encore dans la préparation d’un business plan pour une demande de financement.
- Le rôle de tiers de confiance : En cas de contrôle fiscal, il est l’interlocuteur privilégié de l’administration, capable de justifier les choix comptables et de défendre les intérêts de l’entreprise.
Les cabinets modernes, comme Keobiz, amplifient ces avantages. En combinant la puissance d’outils digitaux (portail client en temps réel, synchronisation bancaire, traitement intelligent des documents) à l’accompagnement personnalisé d’un chargé de mission dédié, ils transforment la comptabilité d’une contrainte administrative en un véritable outil de pilotage. Vous gagnez du temps, vous réduisez les risques d’erreur et vous disposez d’une vision claire de votre performance financière pour prendre des décisions éclairées. Cette approche est particulièrement adaptée aux besoins des freelances et indépendants qui cherchent à la fois autonomie et sécurité.
Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.