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Dépôt de bilan en SARL : Précis 2026 sur la procédure et les risques du gérant

Sommaire :

1.Comprendre le dépôt de bilan : l’obligation de déclaration de cessation des paiements
2.Les conséquences directes sur la gestion de la SARL
3.La responsabilité du gérant : un risque à ne pas sous-estimer
4.Prévenir les difficultés et explorer les alternatives
5.FAQ :
En résumé :
  • Le « dépôt de bilan » correspond à la déclaration de cessation des paiements lorsque la société ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible ; vous avez un délai maximal de 45 jours pour la déclarer en ligne au greffe via le Guichet unique.

  • Après dépôt, le tribunal peut ouvrir un redressement judiciaire (administrateur nommé, gel des dettes antérieures, période d’observation de 6 à 18 mois) ou prononcer la liquidation judiciaire (dessaisissement total, nomination d’un liquidateur et dissolution éventuelle).

  • Le gérant bénéficie en principe de la responsabilité limitée aux apports, mais peut voir son patrimoine personnel engagé en cas de caution personnelle (simple, solidaire, indéfinie) ou de faute de gestion reconnue entraînant une action en comblement de passif ou une interdiction de gérer.

  • Constituez rapidement le dossier (extrait Kbis, comptes annuels, situation de trésorerie <1 mois, état chiffré des créances et dettes, inventaire, liste du personnel, pièce d’identité) : vous serez convoqué en audience sous 15 jours après dépôt.

  • Privilégiez les mesures préventives et l’assistance (mandat ad hoc, conciliation, bilan prévisionnel, suivi comptable rigoureux) et contactez sans délai un avocat ou expert‑comptable dès les premiers signes de difficulté pour limiter les risques.

Cette procédure, souvent redoutée, est encadrée par la loi pour protéger l’écosystème économique, mais elle entraîne des conséquences significatives qu’il est crucial d’anticiper. Loin d’être une fin en soi, comprendre les tenants et aboutissants du dépôt de bilan est le premier pas pour naviguer la crise, protéger au mieux votre patrimoine et envisager l’avenir.

Le terme « dépôt de bilan » est une expression du langage courant qui désigne en réalité l’obligation légale de déclarer l’état de cessation des paiements. Cette situation survient lorsque votre entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible (ses dettes arrivées à échéance) avec son actif disponible (sa trésorerie et ses actifs rapidement mobilisables). C’est une étape charnière dont les répercussions dépendront grandement de vos actions, passées et présentes.

Comprendre le dépôt de bilan : l’obligation de déclaration de cessation des paiements

La première responsabilité du gérant face à des difficultés insurmontables est d’agir vite. La loi est très claire : dès que l’état de cessation des paiements est constaté, vous disposez d’un délai maximal de 45 jours pour en informer le greffe du tribunal de commerce compétent.

Cette déclaration, qui se fait obligatoirement en ligne via le portail du Guichet unique, est un acte juridique lourd de conséquences. Le non-respect de ce délai peut être considéré comme une faute de gestion, ouvrant la voie à des sanctions personnelles.

Pour constituer votre dossier, vous devrez rassembler plusieurs documents essentiels qui permettront au tribunal d’évaluer la situation financière de la SARL :

  • Un extrait d’immatriculation de la société (Kbis).

  • Les comptes annuels du dernier exercice.

  • Une situation de trésorerie datant de moins d’un mois.

  • Un état chiffré des créances et des dettes, avec l’identité des créanciers.

  • Un état de l’actif disponible et du passif exigible.

  • L’inventaire sommaire des biens de l’entreprise.

  • La liste des salariés et le montant des sommes qui leur sont dues.

  • Une copie de votre pièce d’identité.

Une fois le dossier déposé, vous serez convoqué sous 15 jours pour une audience à huis clos. C’est lors de cette entrevue que le tribunal, après vous avoir entendu, décidera de la suite des opérations.

Les conséquences directes sur la gestion de la SARL

La décision du tribunal suite au dépôt de bilan orientera l’avenir de votre entreprise et votre rôle en tant que gérant. Deux scénarios principaux sont possibles, comme le prévoient les articles R631-1 à R631-15 du Code de commerce.

L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire

Si le tribunal estime que la SARL a une chance de se redresser, il ouvrira une procédure de redressement judiciaire. L’objectif est de permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement des dettes.

Pour vous, gérant, les conséquences sont immédiates :

  • Perte partielle du pouvoir de gestion : Un administrateur judiciaire est nommé pour vous assister ou, dans certains cas, vous remplacer dans la gestion de l’entreprise.

  • Gel des dettes antérieures : La société a l’interdiction de payer les créances nées avant le jugement d’ouverture.

  • Période d’observation : Une période de 6 à 18 mois s’ouvre pour analyser la situation et élaborer un plan de redressement.

Le placement en liquidation judiciaire

Si la situation est jugée irrémédiablement compromise, le tribunal prononcera la liquidation judiciaire. Cette procédure vise à mettre fin à l’activité de l’entreprise, à vendre ses actifs pour rembourser les créanciers.

Dans ce cas, les conséquences pour le gérant sont plus radicales :

  • Dessaisissement total : Vous perdez immédiatement et totalement vos pouvoirs de gestion.

  • Nomination d’un liquidateur : Un liquidateur judiciaire est désigné pour gérer la société, licencier les salariés, vendre les actifs et répartir le produit de la vente entre les créanciers. C’est la fin de l’activité de la SARL, qui mènera à terme à sa dissolution complète.

Le respect du délai de 45 jours est impératif

Déclarer la cessation des paiements tardivement est l’une des fautes de gestion les plus courantes et les plus sanctionnées. Le tribunal pourrait vous interdire de gérer une entreprise ou, dans les cas les plus graves, vous tenir personnellement responsable d’une partie des dettes de la société. N’attendez jamais le dernier moment.

La responsabilité du gérant : un risque à ne pas sous-estimer

C’est souvent la question la plus angoissante pour un dirigeant : mon patrimoine personnel est-il en danger ? La réponse est nuancée et dépend de votre comportement en tant que gestionnaire.

La protection de principe : la responsabilité limitée

Le principal avantage de la structure de la SARL est la séparation des patrimoines. En principe, la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports. De même, en tant que gérant (surtout si vous n’êtes pas associé), votre patrimoine personnel est protégé des créanciers de la société. Si la société ne peut plus payer ses dettes, les créanciers ne peuvent pas se retourner contre vous pour être remboursés.

Les exceptions qui engagent votre patrimoine personnel

Cette protection n’est malheureusement pas absolue. Plusieurs situations peuvent faire tomber cette barrière et mettre vos biens personnels en péril.

L’acte de cautionnement personnel

C’est le cas le plus fréquent. Pour obtenir un prêt bancaire, il est courant que la banque exige du gérant qu’il se porte caution personnelle. En signant cet acte, vous vous engagez à rembourser la dette de la société avec vos propres deniers si celle-ci fait défaut. En cas de liquidation judiciaire, la banque se tournera inévitablement vers vous. La nature de la caution est importante :

  • Caution simple : Le créancier doit d’abord poursuivre la société.

  • Caution solidaire : Le créancier peut vous poursuivre directement, sans même passer par la société.

  • Caution indéfinie : La garantie couvre l’ensemble des dettes présentes et futures envers le créancier.

La faute de gestion avérée

Le tribunal peut engager votre responsabilité personnelle si une ou plusieurs fautes de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif sont prouvées. La notion de faute de gestion est large et peut inclure :

  • Le fait de ne pas avoir déclaré la cessation de paiement dans le délai de 45 jours.

  • La poursuite d’une activité déficitaire en toute connaissance de cause, aggravant ainsi le passif.

  • L’omission de tenir une comptabilité régulière ou la tenue d’une comptabilité manifestement erronée.

  • L’usage des biens de la société à des fins personnelles.

  • Des négligences graves dans la gestion quotidienne.

Si une telle faute est reconnue, le tribunal peut vous condamner via une action en comblement de passif. Vous seriez alors obligé de payer sur votre patrimoine personnel tout ou partie des dettes que la société ne peut pas rembourser.

L’importance d’un suivi comptable rigoureux

La meilleure protection contre une accusation de faute de gestion est une comptabilité irréprochable. En tant qu’experts-comptables, nous ne pouvons que souligner l’importance d’un suivi régulier. Disposer d’un bilan comptable clair et à jour et procéder à une analyse régulière de vos comptes annuels vous permet non seulement de piloter votre activité, mais aussi de prouver votre bonne foi et la diligence de votre gestion en cas de coup dur.

Prévenir les difficultés et explorer les alternatives

Le dépôt de bilan n’est pas une fatalité. Il s’agit d’une solution de dernier recours lorsque la situation est déjà critique. La loi a prévu des mécanismes préventifs pour vous aider à agir en amont.

Les procédures amiables et confidentielles

Avant d’en arriver à la cessation des paiements, si vous anticipez des difficultés, vous pouvez solliciter l’ouverture de procédures préventives. Leur grand avantage est d’être confidentielles, ce qui évite d’alerter vos partenaires commerciaux.

  • Le mandat ad hoc : Vous demandez au président du tribunal de commerce de désigner un mandataire (un expert indépendant) qui vous aidera, en toute discrétion, à négocier avec vos principaux créanciers pour trouver des solutions (rééchelonnement de dettes, nouveaux financements, etc.). Votre rôle de gérant reste intact.

  • La conciliation : Cette procédure, également confidentielle, peut être ouverte si vous éprouvez une difficulté juridique, économique ou financière, avérée ou prévisible, et que vous n’êtes pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. Un conciliateur est nommé pour une durée limitée afin de conclure un accord amiable avec vos créanciers.

Anticiper est la clé. Un pilotage financier précis et la réalisation d’un bilan prévisionnel sont des outils indispensables pour identifier les signaux faibles et agir avant qu’il ne soit trop tard.

En conclusion, si la structure de la SARL offre une protection fondamentale au gérant, celle-ci n’est pas un bouclier infaillible. Votre comportement, votre diligence et votre réactivité face aux difficultés sont déterminants. Le respect scrupuleux de vos obligations, notamment le délai de déclaration de cessation des paiements, est votre première ligne de défense. S’entourer de conseils d’experts (avocat, expert-comptable) dès les premiers signes de faiblesse n’est pas un aveu d’échec, mais une preuve de gestion responsable, qui peut faire toute la différence pour l’avenir de votre entreprise et la protection de votre patrimoine personnel.

FAQ :

Quelle est la différence entre la responsabilité du gérant et celle d'un associé ?

La responsabilité d’un associé est, par principe, strictement limitée au montant de ses apports dans le capital social. Il ne peut pas perdre plus que sa mise de départ. La responsabilité du gérant, elle, est liée à ses actes de gestion. S’il ne commet aucune faute, son patrimoine personnel est protégé. En revanche, en cas de faute de gestion prouvée ayant contribué à la faillite, il peut être condamné à payer les dettes de la société sur ses biens propres, ce qui n’est pas le cas pour un associé qui n’est pas gérant.

Mon compte bancaire personnel peut-il être saisi ?

Oui, votre compte bancaire personnel peut être saisi dans deux situations principales. La première est si vous vous êtes porté caution personnelle pour un prêt de la société. La banque pourra alors saisir vos comptes pour se rembourser. La seconde est si un tribunal vous condamne pour faute de gestion dans le cadre d’une action en comblement de passif. Le jugement permettra alors aux créanciers de saisir vos biens, y compris vos comptes bancaires, pour couvrir les dettes impayées.

J'ai dépassé le délai de 45 jours pour déclarer la cessation des paiements. Que faire ?

Il est crucial d’agir immédiatement. Même si le délai est dépassé, vous devez effectuer la déclaration sans plus attendre. Chaque jour supplémentaire peut aggraver votre cas et être retenu contre vous comme un élément de la poursuite fautive d’une activité déficitaire. Rapprochez-vous en urgence d’un avocat spécialisé ou de votre expert-comptable pour préparer le dossier et votre défense. Expliquer les raisons de ce retard (par exemple, des négociations en cours qui laissaient espérer une solution) pourra, dans certains cas, atténuer votre responsabilité, mais l’absence de déclaration reste une faute.

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