Activité d’achat‑revente = achat de marchandises pour revente en l’état ; en micro‑entreprise vous relevez juridiquement de l’Entrepreneur Individuel et fiscalement des BIC (SIRET, code APE à obtenir à l’immatriculation via le guichet unique INPI).
Immatriculation et obligations initiales : déclaration en ligne, réception du SIRET/APE, inscription au RNE, mention “EI” sur les documents, ouverture d’un compte dédié si CA > 10 000 € pendant 2 ans, assurance RC Pro recommandée, mise en place d’un médiateur en BtoC et déclaration CFE la 1re année.
Charges sociales et fiscales : cotisations sociales et contributions = 12,415 % du CA (12,30 % + CFP 0,10 % + TFCC 0,015 %) ; option prélèvement libératoire possible à 1 % pour l’achat‑revente, soit 13,415 % au total si choisie ; attention : prélèvements calculés sur le CA encaissé, pas sur le bénéfice.
TVA et plafonds : franchise en base de TVA tant que le CA < seuils (seuil de base 91 900 € / seuil majoré 101 000 €) ; plafond micro‑entreprise pour les activités de vente = 188 700 € (au‑delà, bascule au régime réel l'année suivante).
Gestion opérationnelle et rentabilité : calculez prix de vente pour couvrir coût d’achat + charges (ex. : coût unitaire 23 €, vente 50 €, marge brute 27 €), tenez livre des recettes et registre des achats, conservez factures 10 ans, et intégrez frais bancaires, plateformes et envois dans le calcul de la marge nette.
Vous envisagez de vous lancer dans l’achat-revente et le statut de micro-entrepreneur vous attire ? Simplifié, accessible et idéal pour tester un projet, ce régime est plébiscité par de nombreux créateurs. Mais derrière cette apparente facilité se cachent des règles fiscales et sociales précises qu’il est indispensable de maîtriser pour assurer la rentabilité de votre future activité. Comment immatriculer votre entreprise, quelles charges devrez-vous payer et comment fixer vos prix pour dégager une marge bénéficiaire ? Ce guide complet vous apporte toutes les réponses pour structurer votre projet et anticiper les défis de 2026.
Qu’est-ce que l’activité d’achat-revente en micro-entreprise ?
L’achat-revente, également appelée activité de négoce, consiste à acheter des biens (neufs ou d’occasion) dans le but de les revendre en l’état, sans transformation substantielle. L’objectif est de réaliser une plus-value, ou marge, entre le prix d’achat et le prix de vente. Le statut de micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) offre un cadre juridique et fiscal allégé, parfait pour débuter cette activité.
Juridiquement, vous exercerez en tant qu’Entrepreneur Individuel (EI), une forme d’entreprise où votre patrimoine personnel et professionnel sont (depuis 2022) séparés par défaut. Vos revenus issus de cette activité sont classés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), ce qui détermine votre régime fiscal et social. La distinction entre les revenus BIC et BNC est fondamentale, car elle impacte directement les taux de cotisations et les plafonds de chiffre d’affaires.
Cette activité peut recouvrir une multitude de projets concrets :
Vente de vêtements de seconde main : acheter des pièces de marque en friperie ou via des lots pour les revendre sur des plateformes comme Vinted ou Leboncoin.
Achat en gros et revente au détail : vous approvisionner auprès de fournisseurs pour vendre des produits neufs sur votre propre site e-commerce ou sur des marketplaces comme Amazon.
Mobilier et décoration vintage : chiner des objets en brocante ou vide-greniers pour les restaurer légèrement et les proposer à une clientèle ciblée.
Produits high-tech reconditionnés : acquérir des smartphones ou ordinateurs d’occasion, les faire vérifier, et les revendre avec une petite garantie.
Dropshipping : vendre des produits sans les stocker, en passant commande directement auprès d’un fournisseur qui se charge de la livraison.
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Je me lanceLes démarches de création et les obligations initiales
Lancer sa micro-entreprise d’achat-revente est un processus entièrement dématérialisé et simplifié. Voici les étapes clés à suivre.
L’immatriculation de votre activité
Depuis le 1er janvier 2023, toute création d’entreprise, y compris une micro-entreprise, doit se faire exclusivement en ligne via le guichet unique de l’INPI. Cette plateforme centralise toutes les formalités.
Remplir le formulaire en ligne : Vous devrez fournir vos informations personnelles et détailler la nature de votre activité (vente de marchandises).
Joindre les pièces justificatives : Une copie de votre pièce d’identité et un justificatif de domicile sont généralement requis.
Validation du dossier : Une fois votre déclaration validée, l’INPI transmet les informations aux organismes compétents (URSSAF, services fiscaux, INSEE).
Vous recevrez ensuite vos identifiants officiels :
Un numéro SIRET, qui identifie votre établissement et doit figurer sur tous vos documents commerciaux (factures, devis).
Un code APE (Activité Principale Exercée), qui correspond à la nature de votre activité (par exemple, 47.91A pour la vente à distance sur catalogue général).
Votre entreprise sera inscrite au Registre National des Entreprises (RNE). Il est crucial d’indiquer la mention “Entrepreneur Individuel” ou “EI” sur tous vos documents professionnels.
Les obligations à ne pas négliger au démarrage
Même si le régime est simplifié, certaines obligations sont incontournables :
Ouvrir un compte bancaire dédié : Si votre chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives, l’ouverture d’un compte bancaire distinct de votre compte personnel est obligatoire. Il est toutefois recommandé de le faire dès le début pour une gestion plus saine et claire de votre trésorerie.
Souscrire une assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) : Bien que non toujours obligatoire pour l’achat-revente pur, elle est fortement conseillée. Elle vous couvre en cas de dommages causés à un tiers (un client, un fournisseur) dans le cadre de votre activité. Si vous disposez d’un local commercial ou d’un lieu de stockage, une assurance multirisques professionnelle devient indispensable.
Mettre en place un dispositif de médiation : Si vous vendez à des particuliers (BtoC), vous devez obligatoirement proposer un service de médiation de la consommation en cas de litige. Les coordonnées du médiateur doivent être mentionnées sur vos conditions générales de vente (CGV).
Tout micro-entrepreneur est redevable de la CFE, un impôt local. Vous en êtes exonéré l’année de la création de votre activité. Pensez à remplir la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre de votre première année pour que votre base d’imposition soit correctement établie les années suivantes. L’absence de déclaration peut entraîner une taxation d’office sur une base élevée.
Fiscalité et charges : le calcul de votre rentabilité
C’est le cœur du sujet : combien allez-vous réellement gagner ? La rentabilité de votre activité d’achat-revente dépend de votre capacité à anticiper les charges qui seront prélevées sur votre chiffre d’affaires (CA).
Les cotisations sociales et contributions
En micro-entreprise, vos cotisations sociales sont calculées en appliquant un taux forfaitaire sur le chiffre d’affaires que vous déclarez (mensuellement ou trimestriellement). Pour une activité d’achat-revente, ce système est particulièrement simple.
Tableau récapitulatif
Type de prélèvement
Taux applicable sur le CA
Couverture
Cotisations sociales
12,30 %
Maladie-maternité, retraite de base, invalidité-décès, allocations familiales.
Contribution à la Formation Professionnelle (CFP)
0,10 %
Droits à la formation continue pour vous-même.
Taxe pour Frais de Chambre Consulaire (TFCC)
0,015 %
Contribution à la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie).
TOTAL
12,415 %
Taux global de cotisations (hors impôt sur le revenu).
Attention : Ces charges sont calculées sur votre chiffre d’affaires encaissé, et non sur votre bénéfice. Cela signifie que même si vous vendez un produit à perte, vous paierez des cotisations sur le prix de vente. Une bonne gestion de vos marges est donc essentielle.
L’impôt sur le revenu : deux options possibles
Vous avez le choix entre deux modes d’imposition pour vos revenus professionnels.
1. Le régime micro-fiscal (par défaut)
L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 71 % sur votre chiffre d’affaires pour déterminer votre revenu imposable. Cet abattement est censé représenter l’ensemble de vos frais professionnels (achats de marchandises, frais de port, etc.). Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Votre CA après abattement est ensuite ajouté aux autres revenus de votre foyer fiscal et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
2. Le Prélèvement Libératoire (sur option)
Cette option vous permet de payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales, en appliquant un taux supplémentaire sur votre CA.
Taux du prélèvement libératoire pour l’achat-revente : 1 %
En choisissant cette option, votre taux global de prélèvement (social + fiscal) s’élèvera à 13,415 %. L’impôt est alors considéré comme payé : les revenus de votre micro-entreprise n’ont plus à être intégrés au barème progressif.
Cette option est intéressante si le taux moyen d’imposition de votre foyer fiscal est supérieur ou égal à la tranche de 11 %. Si vous êtes non imposable, il est plus judicieux de rester au régime micro-fiscal classique. Pour opter pour le prélèvement libératoire, votre Revenu Fiscal de Référence (RFR) de l’année N-2 ne doit pas dépasser un certain seuil (par exemple, 27 478 € pour une personne seule en 2024).
La gestion de la TVA
En tant que micro-entrepreneur, vous bénéficiez par défaut de la franchise en base de TVA. Cela signifie que :
Vous ne facturez pas la TVA à vos clients.
Vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats professionnels.
Vous devez obligatoirement apposer la mention “TVA non applicable, art. 293 B du CGI” sur vos factures.
Ce régime s’applique tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas certains seuils :
Seuil de base : 91 900 €
Seuil majoré : 101 000 €
Si votre CA se situe entre ces deux seuils, vous conservez la franchise en base pour l’année en cours, mais vous deviendrez redevable de la TVA dès le 1er janvier de l’année suivante. Si vous dépassez le seuil majoré de 101 000 €, vous devez facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement.
Définir sa stratégie et piloter son activité au quotidien
La réussite d’une activité de e-commerce ou de vente physique ne repose pas seulement sur le respect des obligations légales, mais aussi sur une gestion rigoureuse et une stratégie commerciale bien pensée.
Calculer son prix de vente et sa marge nette
Pour être rentable, votre prix de vente doit couvrir le coût d’achat du produit, toutes vos charges et vous laisser un bénéfice.
Exemple chiffré :
Imaginons que vous achetiez un lot de 10 articles pour 200 € (soit 20 € par article) et que vous ayez 30 € de frais de port pour la réception. Votre coût d’achat total est de 230 €, soit 23 € par article. Vous souhaitez vendre chaque article 50 €.
Chiffre d’Affaires (CA) pour 1 article : 50 €
Coût d’achat de l’article : 23 €
Marge brute : 50 € – 23 € = 27 €
Calcul des charges (avec PFL) : 50 € x 13,415 % = 6,71 €
Bénéfice net avant autres frais : 27 € (marge brute) – 6,71 € (charges) = 20,29 €
Il faudra ensuite déduire de ce bénéfice les autres frais non inclus dans l’abattement : frais bancaires, abonnements aux plateformes de vente, frais d’envoi aux clients, etc.
Les obligations comptables simplifiées
La gestion comptable est l’un des grands avantages du régime. Vos obligations sont allégées mais doivent être tenues avec rigueur :
Tenir un livre des recettes : Un registre chronologique de toutes vos ventes, mentionnant la date, le montant, l’origine de la vente et le mode de règlement.
Tenir un registre des achats : Ce document récapitule le détail de vos dépenses professionnelles. Il est obligatoire si votre activité principale est la vente de marchandises.
Conserver toutes les factures : Vous devez garder l’ensemble de vos factures d’achat et un double de vos factures de vente. La durée de conservation de ces documents professionnels est de 10 ans.
Se lancer dans l’achat-revente en micro-entreprise est une excellente porte d’entrée dans le monde de l’entrepreneuriat. La simplicité administrative et la maîtrise des coûts grâce au système forfaitaire permettent de se concentrer sur l’essentiel : trouver les bons produits et les vendre. Cependant, cette simplicité ne doit pas occulter la nécessité d’une gestion rigoureuse, notamment dans le calcul de vos prix et l’anticipation des charges. Une bonne préparation et un suivi attentif de votre trésorerie seront les clés de votre succès.
FAQ – Micro-entreprise et achat-revente
FAQ :
Quel est le taux global de charges pour un micro-entrepreneur en achat-revente ?
Le taux global des cotisations et contributions sociales s’élève à 12,415 % du chiffre d’affaires. Si vous optez pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu, il faut ajouter 1 %, portant le total des prélèvements à 13,415 % de votre chiffre d’affaires.
Quel est le plafond de chiffre d'affaires pour l'achat-revente en 2024-2025 ?
Pour une activité d’achat-revente de marchandises, le plafond de chiffre d’affaires annuel pour bénéficier du régime de la micro-entreprise est fixé à 188 700 €. Au-delà de ce montant, vous basculez au régime réel d’imposition l’année suivante.
Comment déclarer mon chiffre d'affaires ?
La déclaration se fait en ligne sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr, selon la périodicité que vous avez choisie lors de votre immatriculation (mensuelle ou trimestrielle). Vous devez y déclarer le montant brut de vos encaissements. Le paiement des cotisations se fait également en ligne, par carte bancaire ou prélèvement SEPA. Même si votre CA est de 0 €, la déclaration reste obligatoire.
Puis-je déduire mes frais d'achats de mon chiffre d'affaires ?
Non, c’est l’une des principales caractéristiques du régime micro-fiscal. Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles (achats de marchandises, frais de port, publicité, etc.). À la place, l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 71 % sur votre chiffre d’affaires pour calculer votre revenu imposable. Il est donc crucial que vos charges réelles ne dépassent pas ce pourcentage pour que le statut reste avantageux.