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Taux d’IS à 15% ou 25% : comment piloter votre impôt sans naviguer à vue ?

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Vous lancez un énième simulateur en ligne. D’un côté, on vous parle d’un taux d’IS à 15%. De l’autre, vous voyez passer le chiffre de 25%. Résultat : une projection de trésorerie qui varie du simple au double et cette désagréable impression de naviguer à vue. Lequel est le bon ? En fait, les deux. Nous vous expliquons comment ces deux taux cohabitent et, surtout, comment vous pouvez utiliser cette règle du jeu pour garder le contrôle sur votre impôt, sans mauvaises surprises en fin d’exercice. On décode ça ensemble, simplement, pour que vous puissiez vous concentrer sur ce qui compte vraiment : le développement de votre activité.

Ce qu’il faut retenir

  • L’impôt sur les sociétés (IS) se calcule par tranches : 15% sur la première partie des bénéfices, 25% sur le reste.
  • Le taux réduit de 15% s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice, à condition de respecter certains critères de chiffre d’affaires et de capital.
  • Ne confondez pas le chiffre d’affaires et le bénéfice imposable, qui est la base de calcul de votre impôt après déduction des charges.
  • Maîtriser ce calcul vous permet d’anticiper votre trésorerie et d’optimiser vos choix de rémunération ou d’investissement tout au long de l’année.

Comprendre le mécanisme de l’IS : 2 taux, 2 objectifs

Avant de vous lancer dans le calcul de l’impôt sur les sociétés, décryptez sa logique. Le piège est de penser que vous devez choisir entre 15% et 25%. En réalité, les deux s’appliquent l’un après l’autre. Pensez-y comme pour l’impôt sur le revenu : votre bénéfice imposable est découpé en tranches, et chaque tranche a son propre taux.

Passer de la théorie à une stratégie fiscale claire peut sembler complexe. Discuter de votre situation avec un expert

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Cette progressivité a deux objectifs clairs :

  • Le taux réduit (15%) : C’est un levier conçu pour le décollage des PME (Petites et Moyennes Entreprises). L’idée est d’alléger la pression fiscale sur les premiers euros de profit pour vous permettre de réinvestir, de consolider votre trésorerie ou de vous verser une première rémunération. C’est le coup de pouce du début.
  • Le taux normal (25%) : C’est le taux de croisière qui s’applique sur la partie des bénéfices qui dépasse le premier palier. Il concerne les entreprises qui ont déjà atteint une certaine rentabilité.

Vous ne choisissez donc pas votre taux. Votre bénéfice fiscal déclenche l’application séquentielle de ces deux paliers. La vraie question est : êtes-vous éligible au premier ?


Le taux réduit à 15% : le coup de pouce pour démarrer

Activer ce taux de 15% est la première étape de l’optimisation. Mais il ne s’applique pas automatiquement à toutes les sociétés. Pour en bénéficier, votre entreprise doit valider trois points de contrôle.

Quelles sont les 3 conditions pour en bénéficier ?

C’est là que ça devient technique, mais pas de panique, nous simplifions. Avant de rêver au taux à 15%, un petit check-up s’impose pour confirmer que votre entreprise coche bien toutes les cases auprès de l’administration fiscale.

  • Un chiffre d’affaires (HT) inférieur à 10 millions d’euros. Pour la plupart des freelances et des petites entreprises, ce critère est largement rempli. Il vise surtout à écarter les PME de plus grande taille.
  • Un capital social entièrement libéré. Cela signifie que vous et vos associés (s’il y en a) avez bien versé la totalité des apports en numéraire promis lors de la création de la société. Par exemple, si vous avez prévu un capital de 1 000 €, cette somme doit être sur le compte de l’entreprise.
  • Une détention du capital par des personnes physiques. Le capital de votre société doit être détenu à 75% au minimum par des personnes physiques (vous, d’autres freelances, des proches…) ou par une autre société qui respecte elle-même ce critère.

Ce sont des points cruciaux dès la création de votre société. Nous en parlons en détail dans notre guide pour créer votre SASU.

Comment fonctionne le plafond de 42 500 € ?

C’est le point de confusion numéro un. Oubliez votre chiffre d’affaires un instant. Le seul chiffre qui compte pour ce plafond, c’est votre bénéfice imposable.

Ce plafond signifie que seuls les premiers 42 500 € de votre bénéfice annuel sont taxés au taux réduit de 15%. Chaque euro de bénéfice que vous ferez au-delà de ce seuil basculera automatiquement dans la tranche suivante, taxée au taux normal de 25%.

Imaginons que votre bénéfice imposable à la fin de l’année soit de 40 000 €. L’intégralité de ce montant sera taxée à 15%, car il est inférieur au plafond. Votre IS sera donc de 40 000 € x 15% = 6 000 €. Simple.

Maintenant, que se passe-t-il si vous dépassez ce seuil ?


Le taux normal à 25% : le calcul au-delà du seuil

Voir son bénéfice dépasser 42 500 € n’est pas une punition. Au contraire, c’est le signe que votre activité se développe bien et que vous avez réussi à générer une rentabilité significative. Le taux de 25% n’est que la suite logique du calcul.

Il ne s’applique que sur la part du bénéfice qui excède 42 500 €. Jamais sur la totalité.

Un exemple concret pour tout comprendre

Prenons une SASU qui a réalisé un excellent exercice et dégage un bénéfice imposable de 60 000 €.

Le calcul de son impôt sur les sociétés se fera en deux temps :

  1. Tranche 1 (le taux réduit) : On applique le taux de 15% sur la première partie du bénéfice, jusqu’au plafond.
    • 42 500 € x 15% = 6 375 €
  2. Tranche 2 (le taux normal) : On calcule la part du bénéfice qui dépasse le plafond, et on lui applique le taux de 25%.
    • Partie du bénéfice concernée : 60 000 € – 42 500 € = 17 500 €
    • Calcul : 17 500 € x 25% = 4 375 €
  3. Total de l’IS à payer : On additionne les deux montants.
    • Total IS = 6 375 € + 4 375 € = 10 750 €

Le taux d’imposition effectif de l’entreprise n’est donc ni 15%, ni 25%, mais (10 750 / 60 000) = 17,9%. Ce bénéfice est calculé après déduction de toutes vos charges professionnelles, comme la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE).

Le calcul peut vite devenir un casse-tête quand on ajoute les acomptes et la régularisation finale. L’important est de ne jamais être pris au dépourvu. Simuler votre IS avec un conseiller Keobiz

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Anticiper pour optimiser : passer de la théorie à la stratégie

Maintenant que le calcul est clair, la vraie question est : comment l’utiliser à votre avantage ? Connaître la règle du jeu vous permet de ne plus subir votre fiscalité, mais de la piloter. C’est toute la différence entre une gestion passive et une gestion stratégique de votre entreprise.

Piloter votre résultat fiscal en cours d’année

Plutôt que de découvrir le montant de votre IS à la clôture des comptes, l’objectif est de l’anticiper. En suivant un prévisionnel de bénéfice tout au long de l’année, vous pouvez estimer en temps réel si vous allez dépasser le seuil de 42 500 €.

Pourquoi est-ce si important ? Car l’IS se paie via des acomptes trimestriels. Une bonne anticipation vous évite une mauvaise surprise de régularisation en fin d’année qui pourrait mettre un coup à votre trésorerie. Savoir en juin que vous allez probablement devoir payer 10 000 € d’IS en fin d’année vous laisse six mois pour lisser l’impact.

Rémunération, dividendes, investissements : les bons arbitrages

C’est là que votre maîtrise du calcul de l’IS devient un véritable levier pour votre croissance. Chaque décision de gestion a un impact sur votre résultat fiscal.

L’arbitrage central pour tout dirigeant de société à l’IS est celui de la rémunération.

  • Augmenter votre rémunération de dirigeant : Cela augmente vos charges déductibles, ce qui réduit mécaniquement votre bénéfice imposable (et donc votre IS). En contrepartie, cela augmente vos cotisations sociales personnelles.
  • Limiter votre rémunération : Cela laisse plus de bénéfice dans la société, ce qui augmente l’IS à payer. En contrepartie, ce bénéfice net peut être mis en réserve pour investir, ou distribué en dividendes (qui subissent une fiscalité différente, la flat tax).

Il n’y a pas de réponse toute faite. La bonne stratégie dépend de vos objectifs : privilégiez-vous un revenu immédiat ? La constitution de droits à la retraite ? Ou la capitalisation de votre entreprise pour financer un projet ? Cet arbitrage est au cœur du choix entre IS et IR pour votre SASU. Pour aller plus loin, vous pouvez même explorer l’option pour l’impôt sur le revenu en SASU, qui change complètement la donne pour les premières années.

Un expert-comptable n’est pas là que pour déclarer, mais pour vous aider à arbitrer. Prenez rendez-vous pour un diagnostic fiscal

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Conclusion

L’impôt sur les sociétés n’est pas un bloc monolithique à 25%. C’est un impôt à paliers, dont la mécanique est prévisible et, par conséquent, maîtrisable. En comprenant comment s’articulent le taux réduit de 15% et le taux normal de 25%, vous débloquez une vision claire sur le coût fiscal de votre rentabilité.

En résumé, comprendre la mécanique des taux de l’IS est la première étape. La seconde, c’est de l’intégrer à votre stratégie pour en faire un véritable outil de pilotage. Prêt à transformer votre fiscalité en levier de croissance ?

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.