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Votre échéance URSSAF approche : et si vous transformiez la fiscalité VTC en levier de croissance ?

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Le smartphone vibre : une course à Roissy. Le voyant carburant s’allume. Et dans un coin de votre tête, cette autre notification : l’échéance URSSAF qui approche. Gérer sa fiscalité VTC, c’est souvent jongler entre le volant et des dizaines de deadlines. Et si on transformait cette charge mentale en un véritable tableau de bord ? Un outil pour piloter votre activité, anticiper vos charges et sécuriser votre croissance. Oubliez la simple liste d’obligations, on vous donne les commandes.

Ce qu’il faut retenir

  • Votre statut juridique (EI ou SASU) est la décision clé qui détermine l’ensemble de votre fiscalité et de votre protection sociale.
  • Maîtriser les seuils de TVA est crucial pour piloter votre trésorerie et éviter les régularisations coûteuses en cas de dépassement.
  • Chaque dépense professionnelle, du carburant à votre forfait téléphonique, est un levier pour optimiser activement votre résultat et donc votre impôt.
  • Anticiper vos échéances (TVA, CFE, URSSAF) avec un calendrier vous permet de passer d’une gestion réactive à un pilotage stratégique.

Le socle : quel régime fiscal et social pour votre activité VTC ?

SASU ou Entreprise Individuelle ? On parie que vous avez déjà passé une nuit blanche sur ce choix. C’est normal, car cette décision structure tout le reste. Le choix de votre statut juridique est la première brique de votre performance. Ce choix est un arbitrage stratégique qui définit votre imposition, votre protection et l’optimisation de vos revenus.

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L’Entreprise Individuelle (EI) : la voie de la simplicité ?

L’Entreprise Individuelle est souvent le choix de départ pour se lancer rapidement. Sa gestion est allégée, mais cette simplicité cache des subtilités qu’il faut arbitrer.

Avec l’EI, vos bénéfices sont directement soumis à l’Impôt sur le Revenu (IR). Vous avez deux options principales :

Le régime micro-fiscal : Si votre chiffre d’affaires ne dépasse pas un certain seuil, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire pour vos frais. C’est simple, mais c’est un piège si vos charges réelles (carburant, assurance, entretien du véhicule) sont supérieures à cet abattement. Vous payez alors de l’impôt sur un bénéfice qui n’existe pas.

Le régime réel : Vous déduisez vos charges pour leur montant exact. C’est plus de suivi, mais c’est presque toujours plus avantageux pour un VTC, dont les frais de véhicule sont conséquents.

L’EI vous offre une rampe de lancement rapide, mais demande une analyse fine de vos charges pour ne pas y laisser des plumes. Pour un guide complet sur la création, vous pouvez consulter notre fiche pratique pour créer votre activité de VTC.

La SASU : le choix de la protection et de l’optimisation ?

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) crée une entité distincte de vous. Votre patrimoine personnel est protégé. C’est un choix qui demande plus de formalisme, mais qui ouvre des portes pour optimiser votre situation.

La fiscalité de la SASU repose sur l’Impôt sur les Sociétés (IS). La société paie son propre impôt sur ses bénéfices. De votre côté, vous décidez comment vous rémunérer :

  • Un salaire : En tant que président, vous avez le statut d’assimilé-salarié. Vous cotisez au régime général de la sécurité sociale (meilleure protection) mais les charges sont plus élevées.
  • Des dividendes : En fin d’année, si la société a fait des bénéfices, vous pouvez vous verser des dividendes, moins taxés socialement mais qui n’ouvrent pas de droits à la retraite.

L’arbitrage salaire/dividendes est le cœur du pilotage en SASU. Il vous permet de moduler votre revenu et votre protection sociale en fonction de vos objectifs et de la santé de l’entreprise. C’est un levier puissant, qui demande de maîtriser les étapes de la comptabilité et de la gestion.


La TVA, votre passagère à plein temps

La TVA, on a tendance à la voir comme une simple ligne sur les factures. En réalité, c’est un flux de trésorerie permanent qu’il faut apprendre à maîtriser pour ne pas être pris au dépourvu. La piloter activement, c’est s’assurer de ne jamais avoir de mauvaise surprise et même d’en faire un avantage.

Franchise en base de TVA : rouler sans s’en préoccuper (jusqu’à un certain point)

En dessous d’un certain seuil de chiffre d’affaires (36 800 € pour les prestations de services en 2024, avec un seuil de tolérance à 39 100 €), vous pouvez être en franchise de TVA. Concrètement, vous ne la facturez pas à vos clients et ne la récupérez pas sur vos achats.

L’avantage est la simplicité. Le risque majeur ? Le dépassement. Si vous franchissez le seuil de tolérance, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. La régularisation peut être un véritable coup dur pour votre trésorerie si vous ne l’avez pas anticipé.

Régime réel simplifié : quand et pourquoi basculer ?

Basculer au régime réel simplifié de TVA devient une option stratégique, voire une obligation si vous dépassez les seuils. À quel moment est-ce intéressant ? Dès que vous prévoyez des investissements importants.

L’achat d’un nouveau véhicule est l’exemple parfait. Au régime réel, vous pouvez récupérer la TVA sur cet achat, ce qui représente une économie de plusieurs milliers d’euros. Vous récupérez aussi la TVA sur le carburant (en partie), l’entretien, les péages, votre abonnement téléphonique… Cet argent collecté pour l’État sur vos courses est compensé par celui que vous récupérez sur vos dépenses.

Le choix entre le match franchise en base ou régime réel n’est pas anodin. Il dépend de votre niveau de charges, de vos projets d’investissement et de votre stratégie de croissance. C’est une décision qui mérite une analyse précise.

Simulez votre situation et validez votre stratégie TVA avec un conseiller Keobiz.

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Le carburant de votre activité : cotisations sociales et CFE

Au-delà de l’impôt sur le revenu ou les sociétés, d’autres prélèvements rythment votre quotidien d’entrepreneur. Les prévoir et les lisser est essentiel pour sécuriser votre modèle économique.

Les cotisations sociales : sécuriser votre protection

C’est le prix de votre protection sociale (santé, retraite, prévoyance). Leur calcul dépend directement de votre statut juridique :

  • En Entreprise Individuelle, vous dépendez de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), gérée par l’URSSAF. Vos cotisations sont calculées sur votre bénéfice.
  • En SASU, en tant que président rémunéré, vous êtes assimilé-salarié et cotisez au régime général. Les cotisations sont calculées sur votre salaire et sont globalement plus élevées, mais offrent une meilleure couverture (notamment pour la retraite).

Provisionner ces sommes chaque mois est une discipline indispensable. On recommande de mettre de côté un pourcentage de votre chiffre d’affaires sur un compte séparé pour ne jamais être pris au dépourvu par un appel de l’URSSAF VTC.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : l’impôt local à ne pas oublier

C’est la surprise pour beaucoup d’indépendants : la CFE VTC est due même si votre bureau, c’est votre voiture. Cet impôt local est basé sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés par l’entreprise.

Même sans local dédié, vous êtes redevable d’une cotisation minimale qui dépend de l’adresse de domiciliation de votre entreprise et de votre chiffre d’affaires. La date clé à inscrire en rouge dans votre calendrier est le 15 décembre. Anticipez cette dépense pour qu’elle ne vienne pas grever votre budget de fin d’année.

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Optimiser au quotidien : les charges qui allègent la note

Chaque ticket de péage, chaque plein d’essence, chaque abonnement téléphonique est une opportunité. La discipline sur le suivi des frais est ce qui distingue une gestion subie d’une gestion optimisée. Chaque dépense non suivie est un cadeau fait à l’administration fiscale. On vous aide à ne rien laisser passer.

Pour maximiser vos charges déductibles VTC et donc réduire votre bénéfice imposable, vous devez tracer méthodiquement tous vos frais professionnels :

  • Le véhicule : C’est votre principal outil de travail. Vous pouvez déduire l’amortissement si vous en êtes propriétaire, ou les loyers si vous êtes en location (LLD/LOA). L’assurance, l’entretien, les réparations, le nettoyage sont également déductibles.
  • Les frais de route : Le carburant (attention, la déduction de TVA est partielle), les péages, les frais de parking lors de vos missions.
  • Les frais de gestion : Les honoraires de votre expert-comptable, les commissions des plateformes (Uber, Bolt…), les frais bancaires de votre compte professionnel, les licences de logiciels.
  • Les frais de communication : Votre abonnement téléphonique et internet au prorata de l’usage professionnel.

Tenir un tableau de suivi ou utiliser une application dédiée vous permet de ne rien oublier et de maximiser votre résultat net. Pour un aperçu exhaustif, consultez notre guide sur la liste complète des charges déductibles pour VTC.

En résumé, aborder votre fiscalité comme un tableau de bord vous donne un coup d’avance. Vous ne vous contentez pas de payer ce que vous devez : vous comprenez pourquoi, vous anticipez et vous optimisez. C’est la différence entre conduire et piloter. Maîtriser ces obligations fiscales et sociales, c’est vous donner les moyens de prendre les bonnes décisions pour votre croissance et, au final, de dormir sur vos deux oreilles.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.