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Votre nouveau véhicule VTC est là : et si la TVA boostait déjà votre marge ?

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Vous venez de signer pour votre nouveau véhicule. Leasing ou achat, peu importe. Sur la facture, une ligne saute aux yeux : la TVA. Plusieurs milliers d’euros. Et cette question qui tourne en boucle : “Cet argent, je peux le récupérer ou pas ?”. Le choix entre franchise en base et régime réel de TVA commence exactement ici. Ce n’est pas qu’une formalité administrative. C’est la décision qui va déterminer si vous démarrez votre activité en finançant l’État ou en finançant votre croissance. Prêt à faire le bon calcul ?

Ce qu’il faut retenir

  • La franchise en base vous exonère de collecte de TVA, mais vous empêche de la récupérer sur vos charges clés (véhicule, carburant, entretien).
  • Le régime réel vous permet de déduire la TVA sur tous vos frais professionnels, optimisant directement la rentabilité de chaque course.
  • Pour un VTC qui investit dans un véhicule, le régime réel est souvent plus avantageux dès le tout premier jour d’activité.
  • Basculer d’un régime à l’autre est simple : une lettre au service des impôts suffit pour activer l’option TVA et booster vos marges.

TVA en VTC : franchise en base ou régime réel, le choix qui définit votre marge

Le choix de votre régime de TVA est l’une des premières décisions stratégiques que vous prendrez. Bien plus qu’une simple case à cocher sur un formulaire, il va directement conditionner votre rentabilité et votre trésorerie. Nous n’allons pas vous refaire un cours de fiscalité, mais plutôt vous donner les clés pour transformer cette obligation en levier de performance. Ce choix intervient très tôt, dès que vous décidez de créer votre activité de VTC. Analysons ensemble les deux options pour que vous puissiez faire un choix éclairé, et surtout, rentable.

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Franchise en base de TVA : la fausse bonne idée pour démarrer en VTC ?

Sur le papier, la franchise en base de TVA a tout pour plaire. Sa simplicité est souvent mise en avant comme un atout pour se lancer. Mais pour un chauffeur VTC, cette simplicité cache un coût bien réel qui pèse lourdement sur les marges. Analysons ce qui se cache derrière cette option par défaut.

Le principe : simple, rapide, mais coûteux

Le mécanisme est direct : vous ne facturez pas la TVA à vos clients et, en contrepartie, vous ne la récupérez pas sur vos dépenses professionnelles. Vos factures portent la mention “TVA non applicable, art. 293 B du CGI” et vous n’avez aucune déclaration de TVA à déposer.

C’est tentant. Pas de déclaration à gérer, un prix affiché au client qui est net pour vous. On a l’impression de gagner un temps précieux. Sur une course facturée 30 €, ces 30 € vont directement dans votre chiffre d’affaires, sans calcul complexe. Simple, non ? Le problème, c’est que cette simplicité s’arrête là où vos dépenses commencent.

Le vrai coût caché pour un chauffeur VTC

Pensez à vos plus grosses dépenses : le véhicule, le carburant, l’assurance, l’entretien. Sur chacune de ces lignes, vous payez 20 % de TVA que vous ne récupérez jamais. Cet argent sort de votre poche et va directement dans celle de l’État.

Calculons l’impact concret :

  • Sur un plein de carburant à 100 € TTC, vous perdez 16,67 € de TVA que vous auriez pu récupérer. Sur un an, cela représente facilement plus de 2000 € qui s’envolent.
  • Sur l’achat ou le leasing d’un véhicule à 30 000 € TTC, ce sont 5 000 € de TVA non déductible. C’est une somme colossale qui impacte directement votre capacité d’investissement de départ.

Au final, toutes vos charges vous coûtent 20 % plus cher que pour un concurrent au régime réel. Un désavantage compétitif majeur.

Les seuils de chiffre d’affaires : l’épée de Damoclès

La franchise en base est conditionnée par un plafond de chiffre d’affaires. Pour les prestations de services comme le VTC, ce seuil est de 36 800 € par an. Une tolérance est accordée jusqu’à 39 100 €.

C’est le paradoxe : votre activité décolle, vous enchaînez les courses, et d’un coup, vous voilà en train de dépasser le seuil. Vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Vous devez alors régulariser votre situation en urgence, ce qui peut vite tourner à l’usine à gaz administrative. Anticipez donc ce passage pour ne pas être pris au dépourvu.


Le régime réel de TVA : l’outil pour optimiser vos investissements

Loin d’être une simple contrainte administrative, le régime réel de TVA (souvent le régime réel simplifié ou RSI pour commencer) est un véritable outil de gestion. Il permet de maîtriser vos coûts et de booster la rentabilité de votre investissement initial.

Comment ça marche ? Collecter pour mieux déduire

Le principe est un jeu de balance. D’un côté, vous collectez la TVA pour le compte de l’État sur les courses que vous réalisez (10 % sur le transport de personnes). De l’autre, vous déduisez la TVA que vous payez sur tous vos achats professionnels.

Vous devenez en quelque sorte un collecteur pour l’État. Mais la bonne nouvelle, c’est que ça vous donne le droit de récupérer la TVA sur presque toutes vos charges. Chaque mois ou chaque trimestre, vous faites le calcul : TVA collectée – TVA déductible. La différence est reversée à l’État (via une déclaration CA3 ou CA12) ou, si elle est négative, l’État vous la doit.

Vos charges VTC : ce que vous pouvez enfin déduire

C’est ici que le régime réel prend tout son sens pour un chauffeur VTC. Reprenons la liste de vos dépenses clés :

  • Achat ou leasing du véhicule : Vous récupérez intégralement les 20 % de TVA. Sur un véhicule à 30 000 € TTC, c’est 5 000 € qui reviennent dans votre trésorerie.
  • Carburant : Vous déduisez 80 % de la TVA sur l’essence ou 100% sur le gazole et l’électrique. C’est 150 à 200 € d’économies par mois.
  • Entretien et réparations : La TVA sur la facture du garagiste est 100 % déductible.
  • Autres frais : Péages, abonnements téléphoniques, frais de nettoyage, commissions des plateformes (Uber, Bolt…), et même les honoraires de votre expert-comptable.

Pour une liste complète, consultez notre guide sur les charges déductibles en VTC. Cette gestion s’intègre parfaitement dans vos obligations fiscales et sociales quotidiennes.

L’impact sur votre trésorerie : le crédit de TVA

Lorsque vous démarrez avec un gros investissement, comme l’achat d’un véhicule, votre TVA déductible est bien plus élevée que la TVA que vous collectez sur vos premières courses. Le résultat ? Un crédit de TVA. C’est l’État qui vous doit de l’argent. Vous pouvez demander son remboursement, ce qui constitue une bouffée d’air frais pour votre trésorerie de départ.

Oui, ça demande un peu plus de rigueur dans le suivi. Fini les notes de frais jetées en vrac. Mais avec un bon outil et un expert-comptable qui anticipe, c’est une arme redoutable pour votre trésorerie.


Le match : Franchise vs. Réel. Quel régime pour votre situation ?

Pour vous aider à choisir, comparons les deux régimes sur les critères qui comptent vraiment pour un entrepreneur VTC.

Le tableau comparatif pour décider en 5 minutes

Critère Franchise en base Régime réel de TVA
Simplicité administrative ✅ Très simple (pas de déclaration) ⚠️ Demande de la rigueur (déclarations régulières)
Impact sur les charges ❌ Négatif (tout est 20% plus cher) ✅ Positif (récupération de la TVA)
Trésorerie au démarrage ❌ Neutre ou négatif ✅ Très positif (crédit de TVA sur l’investissement)
Gestion de la croissance ⚠️ Risquée (surveillance des seuils) ✅ Adaptée (pas de plafond de CA)

Cas pratique 1 : Démarrage avec un véhicule d’occasion (faible investissement)

Vous achetez un véhicule d’occasion à un particulier (donc sans TVA) et prévoyez un CA de 25 000 € la première année. Vos charges (carburant, assurance) sont modérées. Dans ce scénario très spécifique, la franchise en base peut sembler une option viable pour sa simplicité. Mais attention, vous laissez quand même de l’argent sur la table chaque mois sur le carburant et l’entretien. C’est un pari à surveiller de très près.

Cas pratique 2 : Achat ou leasing d’un véhicule neuf (fort investissement)

Vous investissez dans une berline neuve ou un leasing. C’est le cas de figure le plus courant. Ici, le calcul est vite fait. La possibilité de récupérer immédiatement plusieurs milliers d’euros de TVA sur le véhicule rend le régime réel non seulement avantageux, mais indispensable pour rentabiliser l’investissement. Ne pas opter pour le réel serait une erreur stratégique majeure.

La question des plateformes (Uber, Bolt, FREENOW…)

“Comment je gère la collecte de TVA avec les plateformes ?” C’est une excellente question. La bonne nouvelle, c’est qu’elles vous simplifient la vie. Les plateformes comme Uber ou Bolt calculent et affichent la TVA sur les factures émises à vos clients pour votre compte. Il vous suffit de récupérer ces informations pour votre déclaration. C’est un argument de moins en faveur de la prétendue “simplicité” de la franchise.

Ces simulations vous donnent un ordre de grandeur. Mais votre situation est unique : type de véhicule, statut juridique, prévisionnel de CA… Le diable se cache dans les détails.

Parlons de votre situation précise


Changer de régime de TVA : le mode d’emploi pour basculer

Le choix que vous faites à la création de votre entreprise n’est pas gravé dans le marbre. Vous pouvez parfaitement piloter votre fiscalité et basculer d’un régime à l’autre.

Passer de la franchise au réel : comment et quand ?

Vous avez démarré en franchise et, après lecture de cet article, vous réalisez que vous perdez de l’argent ? Pas de panique. Vous pouvez opter pour le paiement de la TVA à tout moment.

La démarche est d’une simplicité déconcertante : envoyez simplement une lettre d’option à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE). L’option prend effet le 1er jour du mois où vous en faites la demande. Vous pouvez donc commencer à récupérer la TVA sur vos dépenses dès le mois suivant.

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Le chemin inverse : est-ce possible ?

On se pose rarement la question dans ce sens, mais sachez que des portes de sortie existent. Si votre activité ralentit et que votre chiffre d’affaires repasse durablement sous les seuils, vous pouvez renoncer à l’option TVA. Attention, cette option vous engage pour une période de deux ans. Il s’agit d’une décision à prendre avec l’aide de votre expert-comptable, car toutes ces décisions fiscales sont au cœur de la gestion comptable et quotidienne de votre activité VTC.

Le choix de votre régime de TVA n’est pas anodin. C’est un des premiers arbitrages qui prouve que vous êtes plus qu’un chauffeur : vous êtes un entrepreneur. Et un entrepreneur averti en vaut deux.

Faites le point avec un expert Keobiz

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.