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GUIDE COMPLET 5 min de lecture

Licence IV ou Petite Licence Restaurant : comment transformer cette obligation en levier ?

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Le moment où vous réalisez que sans ce fameux papier, le verre de vin qui accompagne parfaitement votre plat du jour est tout simplement illégal. C’est un détail qui peut paralyser tout un service, voire un lancement. Cette angoisse de l’oubli ou de l’erreur administrative, beaucoup de restaurateurs la connaissent. Pas de panique. On va clarifier tout ça ensemble. Quelle licence vous faut-il vraiment ? Comment l’obtenir sans y passer vos nuits ? Suivez le guide. Pour lancer votre projet de restaurant, la gestion de la licence d’alcool fait partie des obligations légales incontournables.

Ce qu’il faut retenir

  • Votre choix de licence (Petite ou IV) dépendra directement des alcools que vous souhaitez vendre, des plus courants aux spiritueux.
  • Le permis d’exploitation est la toute première étape : une formation obligatoire de 2,5 jours à planifier avant toute autre démarche.
  • La déclaration en mairie doit impérativement être déposée au moins 15 jours avant l’ouverture de votre établissement. Anticipez !
  • Une fois obtenue, votre licence doit être affichée visiblement, c’est une obligation légale au même titre que la protection des mineurs.

D’abord, choisir son camp : Licence IV ou Petite Licence Restaurant ?

La première question à vous poser est simple : qu’allez-vous servir à vos clients ? La réponse va directement déterminer la licence que vous devez viser. C’est le point de départ qui conditionne tout le reste. Vous devez donc arbitrer clairement entre deux options principales pour un débit de boissons dans un restaurant.

C’est une étape clé qui peut sembler complexe, mais qui est surtout très balisée. On est là pour éclaircir le chemin. Découvrez comment Keobiz simplifie la vie des restaurateurs

La Petite Licence Restaurant : pour accompagner les repas.

C’est la licence la plus courante pour les restaurants qui ne se spécialisent pas dans les cocktails ou les spiritueux. Elle vous autorise à vendre des boissons alcoolisées du groupe 3 à consommer sur place, mais uniquement en tant qu’accessoire de la nourriture. Concrètement, vos clients doivent commander à manger (un plat principal ou un repas complet) pour pouvoir commander une boisson alcoolisée.

Les alcools autorisés sont :

  • Le vin, la bière, le cidre, le poiré, l’hydromel.
  • Les vins doux naturels, crèmes de cassis, jus de fruits ou de légumes fermentés comportant de 1,2 à 3 degrés d’alcool.
  • Les liqueurs de fraise, framboise, cassis ou cerise, ne titrant pas plus de 18 degrés d’alcool pur.

C’est la licence qu’il vous faut si vous voulez simplement proposer un verre de vin ou une bière pour accompagner votre carte.

La Licence IV (ou “Grande Licence Restaurant”) : pour tous les alcools.

La Licence IV est le sésame pour servir toutes les boissons alcoolisées autorisées en France, sans restriction de catégorie. Elle couvre les boissons des groupes 4 et 5, c’est-à-dire les spiritueux comme le rhum, le whisky, la vodka, le gin, ainsi que tous les autres apéritifs et digestifs.

Attention, même avec cette “grande licence restaurant”, la vente d’alcool reste conditionnée à la consommation d’un repas. Vous n’êtes pas un bar, mais un restaurant avec une offre d’alcools élargie. C’est la licence indispensable si vous ambitionnez d’avoir un bar à cocktails, une belle carte de digestifs ou une offre d’apéritifs pointue pour booster votre ticket moyen.

Pour y voir plus clair, voici un résumé :

Type de licence Alcools autorisés Conditions de vente
Petite Licence Restaurant Boissons du groupe 3 (vin, bière, cidre…) Uniquement pour accompagner un repas.
Licence IV Toutes les boissons autorisées Uniquement pour accompagner un repas.

Le parcours en 2 étapes pour décrocher votre licence

Ok, la différence est claire. Mais concrètement, on s’y prend comment pour lancer les démarches ? C’est souvent là que ça se complique, car vous devez respecter un ordre précis et des délais à ne pas manquer. On décompose le plan d’action pour vous.

Étape 1 : Valider le permis d’exploitation, votre formation obligatoire.

Avant même de penser à remplir un formulaire, la première marche est de valider votre permis d’exploitation. C’est une formation obligatoire qui vise à vous sensibiliser sur vos droits et obligations en tant que gérant d’un établissement vendant de l’alcool.

Les thèmes abordés sont très concrets : prévention de l’alcoolisme, protection des mineurs, répression de l’ivresse publique, lutte contre le bruit, et les bases de la législation sur les stupéfiants.

  • Où la suivre ? Auprès d’un organisme de formation agréé. Les plus connus sont souvent rattachés aux Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) ou aux syndicats professionnels comme l’UMIH.
  • Combien de temps ? La formation dure environ 20 heures, réparties sur 2,5 jours.
  • Combien ça coûte ? Prévoyez un budget de 400 à 600 € en moyenne.
  • Quelle validité ? Le permis d’exploitation est valable 10 ans. Au-delà, une formation de mise à jour de 6 heures est nécessaire pour le renouveler.

Cette formation est un prérequis absolu pour la suite. Elle ne doit pas être confondue avec une autre formation obligatoire : l’HACCP, qui concerne l’hygiène alimentaire.

Étape 2 : Déclarer votre activité en mairie.

Une fois votre permis d’exploitation en poche, vous pouvez passer à la déclaration administrative. Il s’agit d’une déclaration préalable à effectuer à la mairie de la commune où votre restaurant sera implanté.

Attention au calendrier : la mairie exige votre déclaration au moins 15 jours avant l’ouverture de votre établissement, ou avant le début de l’exploitation suite à une mutation (reprise d’un fonds de commerce). C’est un délai strict, pas un de moins. Anticipez !

Pour cela, vous devrez remplir le formulaire officiel appelé CERFA 11542*05 et le déposer accompagné des pièces justificatives suivantes :

  • Une pièce d’identité.
  • Votre permis d’exploitation.
  • Un extrait Kbis de votre société de moins de 3 mois.
  • Une copie de votre bail commercial ou de l’acte de vente du fonds de commerce.

Une fois le dossier complet déposé, la mairie vous délivre un récépissé qui vous autorise à exploiter votre licence.

Voilà, le plan d’action est posé. Entre la recherche d’un organisme de formation, le remplissage du CERFA et le respect des délais, le marathon administratif est bien réel. C’est une charge mentale que vous n’êtes pas obligé de porter seul. Déléguez la complexité administrative à un expert-comptable qui connaît votre métier


La licence est dans la poche. Et maintenant, on fait quoi ?

Obtenir le récépissé de la mairie n’est pas la ligne d’arrivée. Pour exploiter votre licence sereinement et sécuriser votre activité sur le long terme, vous devez respecter certaines obligations au quotidien. C’est ce qui vous permet de dormir sur vos deux oreilles.

L’affichage, une règle d’or à ne jamais oublier.

Une fois le papier en main, affichez-le au mur. L’affichage obligatoire est un point de contrôle fréquent et une règle simple à respecter. Vous devez afficher de manière visible pour les clients :

  • Le panonceau correspondant à votre type de licence (Petite Licence Restaurant ou Licence IV).
  • La réglementation sur la répression de l’ivresse publique et la protection des mineurs. Ces affiches sont généralement fournies lors de votre formation au permis d’exploitation.

Pensez-y comme une partie de votre décoration. C’est non négociable et ça vous protège en cas de contrôle. Bien sûr, d’autres affichages sont également obligatoires dans votre restaurant, comme ceux sur les allergènes ou l’origine des viandes.

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Les autres réglementations qui gravitent autour de votre licence.

Votre licence de débit de boissons s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large. Votre établissement étant ouvert au public, vous devez aussi :

  • Respecter les normes ERP (Établissement Recevant du Public), notamment en matière de sécurité incendie et d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR).
  • Penser à la SACEM si vous diffusez de la musique. L’exploitation d’une licence de débit de boissons va souvent de pair avec une ambiance musicale, qui nécessite de payer une redevance à la SACEM/SPRE.
  • Obtenir les autorisations nécessaires si vous prévoyez une terrasse. Cela fait l’objet d’une demande distincte auprès de la mairie.

Vérifier ces points vous évitera bien des tracas et vous permettra de vous concentrer sur ce que vous faites le mieux : la cuisine et l’accueil de vos clients.

Obtenir votre licence n’est que le début. Vient ensuite la gestion de la TVA multiple, des saisonniers, de la trésorerie… L’aventure ne fait que commencer, et soyez bien accompagné pour tenir la distance. Le but est de piloter votre affaire, pas de subir l’administratif. Avec le bon copilote, vous pouvez vous concentrer sur votre croissance et enfin décoller.

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Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.