Votre salle est vide le mardi soir ? Et si l’emplacement était le problème ?
Être accompagné →Vous êtes là, devant cette vitrine. Le coup de cœur. Vous vous y voyez déjà. La terrasse en été, les habitués qui se pressent… Et puis le doute s’installe. Est-ce vraiment le bon quartier ? Y a-t-il assez de passage le midi ? Ce coup de cœur peut-il se transformer en gueule de bois financière ? C’est le moment où l’instinct du cuisinier doit rencontrer la rigueur du gestionnaire. Avant de parler business plan ou de négocier le bail, on vous aide à faire parler les murs et la rue pour sécuriser votre projet de restaurant.
Ce qu’il faut retenir
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Votre emplacement n’est pas une charge, c’est votre premier commercial. Il doit générer plus de chiffre d’affaires que ce qu’il ne coûte.
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Définissez votre zone de chalandise en minutes (5, 10, 15) pour identifier le cœur de votre clientèle potentielle et vos habitués de demain.
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Combinez le comptage terrain aux heures clés avec des outils data pour avoir une vision complète des flux piétons sans y perdre des jours.
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La qualité du flux piéton prime sur la quantité : 100 clients potentiels valent mieux que 1000 passants hors cible.
La boîte à outils du créateur d’entreprise
Avant les chiffres : Pourquoi l’emplacement est votre meilleur (ou pire) investissement
On sait que vous avez la tête dans le concept, le menu, le recrutement du personnel… L’emplacement peut sembler être un détail logistique. C’est une erreur qui coûte cher. Vous pouvez avoir le meilleur chef en cuisine, si personne ne passe devant votre porte, l’équation est perdante.
L’enjeu est de transformer une intuition en une décision solide. Discutons de votre projet avec un expert pour poser des bases saines dès le départ.
Votre emplacement n’est pas une charge, c’est un apporteur d’affaires silencieux qui travaille 24/7. Un bon emplacement peut représenter jusqu’à 50% de votre succès. Le coût d’un mauvais choix, lui, est double : un loyer qui pèse sur votre trésorerie chaque mois et un chiffre d’affaires qui peine à décoller. C’est la spirale infernale.
Pour vous donner un ordre de grandeur, un restaurant bien placé peut voir son chiffre d’affaires grimper de 30% par rapport à un emplacement moyen, pour un concept et une qualité identiques. Anticipez donc cet impact pour blinder votre business plan prévisionnel et valider les étapes clés de votre projet.
Définir votre zone de chalandise : Le GPS de vos futurs clients
Avant de compter les passants, il faut cartographier votre territoire. La zone de chalandise d’un restaurant, c’est la zone géographique d’où proviennent la majorité de vos clients. On la délimite non pas en kilomètres, mais en temps d’accès : c’est le principe de la zone isochrone.
La zone primaire (5 min à pied) : vos habitués de demain.
C’est le cœur de votre réacteur. Les personnes qui vivent ou travaillent à moins de 5 minutes de votre porte sont la base de votre chiffre d’affaires récurrent. Ce sont les employés des bureaux voisins pour le déjeuner, les résidents du quartier pour le dîner. Pour décortiquer ce potentiel, vous pouvez vous appuyer sur les données de l’INSEE pour connaître la densité de population, la typologie des logements et la présence d’entreprises.
La zone secondaire (10-15 min à pied/voiture) : les clients d’opportunité.
Ici, on cible les personnes qui se déplacent dans votre secteur pour une autre raison : faire du shopping, aller au cinéma, visiter un lieu touristique. Leur venue dépendra directement de votre attractivité et de votre communication. Sont-ils en voiture ? Le parking est-il facile d’accès ? Leur parcours logique les fait-il passer devant votre vitrine ?
La zone tertiaire (au-delà de 15 min) : le potentiel à aller chercher.
Cette zone regroupe les clients qui feront le déplacement spécifiquement pour vous. Ce sont les touristes qui ont lu un article sur votre établissement, les “foodies” qui suivent les recommandations des guides, ou simplement des clients fidélisés par votre réputation. Cette clientèle se construit sur le long terme grâce à votre référencement, votre présence dans la presse et le bouche-à-oreille.
Mesurer les flux piétons sans y passer la nuit : Les outils qui travaillent pour vous
Personne n’a le temps de passer trois jours avec un compteur manuel au coin d’une rue. Heureusement, il existe des méthodes plus malignes pour mesurer et décrypter le potentiel de votre futur emplacement.
Le comptage manuel : la méthode “à l’ancienne” qui reste indispensable.
Même si elle est chronophage, une session de comptage sur le terrain est irremplaçable. L’astuce est d’optimiser votre temps. Inutile de compter toute la journée. Ciblez les moments clés pour un restaurant :
- Le midi : 11h-12h (le flux avant service) et 13h-14h (le flux post-service).
- Le soir : 18h-20h.
Surtout, faites le test un jour de semaine ET un jour de week-end. Un quartier d’affaires animé le mardi midi peut être un désert le samedi soir.
Les outils data pour booster votre analyse.
Pour compléter vos observations, des solutions existent pour obtenir des données chiffrées. Des plateformes comme Mytraffic analysent les flux grâce aux données GPS anonymisées. Vous pouvez aussi vous tourner vers votre Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou les observatoires locaux du commerce qui réalisent souvent des études précises par quartier. Ces outils vous donneront non seulement un volume de passage, mais parfois aussi un profil type des passants (âge, provenance, etc.).
L’analyse qualitative : qui sont vraiment ces passants ?
C’est le point le plus important. Le volume de passage ne fait pas tout, c’est la typologie du flux qui compte. 1000 étudiants pressés avec un budget de 5€ n’ont pas la même valeur pour votre bistrot gastronomique que 200 cadres supérieurs cherchant une table pour un déjeuner d’affaires.
Posez-vous devant le local et observez. Les passants ont-ils des sacs de shopping, signe d’une zone commerçante et d’un certain pouvoir d’achat ? Voyez-vous des poussettes, indiquant un quartier familial ? Des costumes-cravates, synonymes de clientèle d’affaires ? C’est ça, la vraie information pour valider l’attractivité de la zone.
Une fois ces données récoltées, il faut les intégrer dans un prévisionnel financier qui tient la route. Faites valider votre business plan par nos équipes pour transformer vos observations en chiffres solides.
L’analyse de la concurrence : décoder le jeu de vos voisins
Voir plusieurs restaurants installés dans la même rue n’est pas un mauvais signe, au contraire ! Cela peut valider le potentiel commercial de la zone. Votre mission est de décoder leur jeu pour trouver votre place.
Commencez par identifier les concurrents directs (ceux qui proposent un concept et une gamme de prix similaires) et les concurrents indirects (boulangeries avec une offre snacking, food trucks, supermarchés avec un rayon traiteur…).
Le meilleur indicateur ? Allez-y aux heures de pointe. Leurs terrasses sont-elles pleines ? Y a-t-il une file d’attente à midi ? Observer un concurrent qui réussit vous donne une preuve tangible de la demande. Vous pouvez ainsi mieux évaluer le potentiel avant d’évaluer un fonds de commerce existant si c’est votre projet.
Le bail commercial : la dernière étape avant de lancer les moteurs
Vous avez validé l’emplacement. La pression monte pour signer. C’est le moment de garder la tête froide et de verrouiller les conditions qui protégeront votre activité. Une bonne analyse de zone de chalandise est votre meilleur argument pour négocier le loyer.
En tant que restaurateur, certains points du bail sont critiques. Portez une attention particulière aux clauses liées à l’exploitation d’une terrasse, aux éventuelles restrictions sur les nuisances sonores ou olfactives, et aux conditions pour réaliser des travaux (notamment pour installer un système d’extraction).
N’oubliez jamais que ce document vous engage pour 3 ans minimum. L’étude que vous venez de mener est l’assurance que ces trois premières années seront profitables, et non une lutte pour la survie. C’est un point crucial à négocier dans votre bail commercial 3-6-9.
Pour aller plus loin :
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Conclusion
Choisir son emplacement est bien plus qu’une ligne dans un business plan. C’est la décision stratégique qui conditionne tout le reste : votre visibilité, votre clientèle, votre rentabilité. Mener cette analyse sérieusement, c’est acheter de la tranquillité pour les années à venir et mettre toutes les chances de votre côté pour que vos mardis soirs ressemblent à des samedis.
C’est la mission de Keobiz : vous donner les bons outils pour prendre les décisions structurantes, puis absorber la complexité administrative pour que vous puissiez vous concentrer sur votre passion : la cuisine et l’accueil.
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Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.