L’ACRE (Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) est une exonération partielle et temporaire de cotisations sociales, réformée au 1er janvier 2026 : elle n’est plus automatique et devient un dispositif ciblé nécessitant une demande explicite.
Conditions d’éligibilité resserrées : demandeurs d’emploi (indemnisés ou non sous condition d’inscription), bénéficiaires du RSA/ASS, jeunes 18–25 ans (ou moins de 30 ans reconnus handicapés), repreneurs salariés d’entreprises en difficulté, bénéficiaires de la PreParE, créateurs en QPV, titulaires d’un CAPE, ou implantés en ZFRR/ZFRR+ ; hors de ces cas, l’aide est exclue.
Pour dirigeants et entrepreneurs au régime réel : exonération appliquée 12 mois et modulée selon les revenus par rapport au PASS (exonération plafonnée si <75 % du PASS, dégressive entre 75 % et 100 % du PASS, nulle au‑delà).
Pour les micro‑entrepreneurs : application d’un taux de cotisation minoré pendant jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d’activité (taux 2026 : 6,20 % BIC marchandises, 10,60 % BIC services, 12,80 % BNC, 13,40 % CIPAV) — attention, à compter du 1er juillet 2026 l’avantage passera à 75 % du taux de droit commun, donc moins favorable.
Démarches obligatoires : la demande doit être déposée auprès de l’URSSAF au moment de la création ou rapidement après sous peine de perte définitive de l’aide ; vérifiez votre éligibilité en amont et faites-vous accompagner (expert‑comptable ou CFE) pour sécuriser la demande.
Vous vous lancez dans l’aventure entrepreneuriale et vous vous demandez ce qu’est l’ACRE ? Vous avez raison de vous y intéresser. Cette aide, destinée à alléger vos charges au démarrage, a connu une réforme majeure en 2026. Comprendre son nouveau fonctionnement est essentiel pour lancer votre activité sur des bases financières saines.
Qu’est-ce que l’ACRE ? Définition et objectifs
L’ACRE, ou Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise, est un dispositif d’aide de l’État conçu pour soutenir les nouveaux entrepreneurs. Son principal objectif est de leur accorder une exonération partielle et temporaire de certaines cotisations sociales durant la première année d’activité. Autrefois connue sous le nom d’ACCRE, cette aide vise à soulager la trésorerie des entreprises naissantes, leur permettant ainsi de consolider leur modèle économique lors de la phase la plus critique de leur développement.
Le principal changement intervenu le 1er janvier 2026 est la fin de son attribution quasi systématique. Désormais, l’ACRE est réservée à des profils spécifiques et nécessite une démarche de demande explicite. Elle n’est plus un droit ouvert à tous les créateurs, mais un soutien ciblé. Cette aide constitue un levier financier non négligeable, réduisant le montant des charges à payer et facilitant le lancement de votre projet.
Il est important de ne pas la confondre avec l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise), qui consiste à recevoir une partie de ses allocations chômage sous forme de capital. Bien que différentes, ces deux aides peuvent parfois être cumulées.
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Je me lanceLes conditions d’éligibilité à l’ACRE en 2026
Avec la réforme, les conditions pour accéder à l’ACRE ont été resserrées. L’attribution n’est plus automatique et il faut désormais répondre à des critères précis, tant sur le profil du porteur de projet que sur la nature de l’activité.
Être demandeur d’emploi indemnisé.
Être demandeur d’emploi non indemnisé, mais inscrit à France Travail (anciennement Pôle Emploi) pendant au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois.
Être bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active (RSA) ou de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS).
Être un jeune âgé de 18 à 25 ans révolus.
Être une personne de moins de 30 ans reconnue handicapée.
Être une personne de moins de 30 ans non indemnisée par l’assurance chômage car ne remplissant pas la condition de durée d’activité suffisante.
Être un salarié ou une personne licenciée d’une entreprise en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, qui reprend l’activité de cette entreprise.
Avoir conclu un Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE), à condition de remplir l’un des critères ci-dessus à la date de la conclusion du contrat.
Créer ou reprendre une entreprise implantée au sein d’un Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV).
Être bénéficiaire de la Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant (PreParE).
Exercer son activité au sein d’une zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ou d’une zone France ruralités revitalisation « plus » (ZFRR+).
Si vous ne correspondez à aucun de ces profils, vous êtes malheureusement exclu du dispositif.
Les conditions liées à l’entreprise et à l’activité
Au-delà de votre situation personnelle, d’autres conditions doivent être respectées :
Le contrôle effectif de l’entreprise : Si vous créez une société (comme une SASU ou une EURL), vous devez en détenir le contrôle effectif.
La nouveauté de l’activité : Vous ne devez pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes. Ce délai est calculé à partir de la date de fin du bénéfice de l’aide pour une activité antérieure.
La nature du projet : L’aide est refusée en cas de simple modification des conditions d’exercice d’une activité existante, de changement de lieu d’exercice, ou si vous reprenez la même activité que vous avez cessée dans l’année en cours ou l’année précédente.
Avant même de commencer vos démarches de création, il est crucial de vérifier précisément si vous entrez dans l’une des catégories éligibles. Une erreur d’interprétation pourrait vous priver d’une aide précieuse. Un expert-comptable peut vous aider à valider ce point et à sécuriser votre demande dans le cadre de l’accompagnement à la création de votre entreprise, souvent sans frais supplémentaires.
Quels sont les avantages concrets de l’ACRE ? Montant et durée de l’exonération
L’avantage principal de l’ACRE est une réduction de vos cotisations sociales personnelles. Le mode de calcul, la durée et le montant de cette exonération diffèrent radicalement selon votre statut juridique : micro-entrepreneur ou dirigeant de société / entrepreneur individuel au régime réel.
Pour les entrepreneurs individuels et dirigeants de sociétés
Pour les dirigeants assimilés-salariés (président de SAS/SASU) et les travailleurs non-salariés (gérant d’EURL/SARL, entrepreneur individuel) qui ne sont pas en micro-entreprise, l’exonération est appliquée pendant 12 mois à compter de la date de création de l’entreprise.
Le montant de l’exonération dépend de vos revenus professionnels :
Revenus inférieurs à 75 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) : Vous bénéficiez d’une exonération de vos cotisations, plafonnée à 25 % des cotisations sociales dues.
Revenus compris entre 75 % et 100 % du PASS : L’exonération devient dégressive. Plus vos revenus se rapprochent du PASS, plus l’exonération diminue.
Revenus supérieurs au PASS : L’exonération est nulle. Vous ne bénéficiez d’aucun avantage de l’ACRE.
Quelles cotisations sont concernées ?
L’exonération ACRE porte sur les cotisations patronales et salariales (pour les assimilés salariés) relatives à :
L’assurance maladie, maternité, invalidité, décès
Les prestations familiales
L’assurance vieillesse de base (retraite de base)
Attention, certaines contributions restent dues intégralement. C’est le cas notamment de la CSG-CRDS, de la retraite complémentaire, de la formation professionnelle, et pour les assimilés-salariés, des cotisations liées aux accidents du travail, au FNAL ou encore au versement mobilité.
Le cas spécifique des micro-entrepreneurs
Pour les micro-entrepreneurs, le mécanisme est différent. L’ACRE ne supprime pas une partie des cotisations, mais applique un taux de cotisation minoré. La durée de l’avantage est également spécifique : elle s’applique jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant celui du début de votre activité.
Voici les taux réduits applicables en 2026 grâce à l’ACRE (correspondant à 50% du taux normal) :
Tableau récapitulatif
Secteur d’activité
Taux de cotisations ACRE 2026
Achat/revente de marchandises (BIC)
6,20 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)
10,60 %
Autres prestations de services et professions libérales (BNC)
12,80 %
Activités libérales réglementées (CIPAV)
13,40 %
Soyez vigilant ! La législation prévoit un durcissement du dispositif. Pour les créations ou reprises d’entreprise intervenant à compter du 1er juillet 2026, le taux de cotisation minoré ne correspondra plus à 50 % mais à 75 % du taux de droit commun. L’avantage financier sera donc moins important.
Comment faire la demande d’ACRE en 2026 ?
C’est le changement le plus important de la réforme : la demande d’ACRE est désormais obligatoire pour tous les créateurs d’entreprise éligibles, y compris les travailleurs indépendants qui en bénéficiaient auparavant automatiquement.
La demande doit être déposée auprès de l’Urssaf. En l’absence d’une demande conforme et déposée dans les temps, le bénéfice de l’aide est définitivement perdu. Il est donc primordial d’anticiper cette démarche dès le début de votre projet. La procédure exacte et les formulaires sont disponibles sur le site de l’Urssaf. Généralement, la demande doit être faite au moment de la création de l’entreprise ou très rapidement après.
Cette démarche administrative s’ajoute à toutes les autres formalités de création, qu’il s’agisse de créer une EURL ou une autre forme de société. La rigueur est de mise pour ne pas passer à côté de cette aide.
Avec la fin de l’automaticité, la responsabilité de la demande repose entièrement sur vous. Oublier de faire la demande ou la faire hors délai vous fera perdre plusieurs milliers d’euros d’économies de cotisations la première année. L’accompagnement par un professionnel lors de la création de votre structure vous assure que cette démarche cruciale ne sera pas oubliée.
L’ACRE 2026 reste un formidable coup de pouce pour les entrepreneurs éligibles, mais elle est devenue plus exigeante. Elle demande une bonne connaissance des critères, une anticipation des démarches et une grande rigueur administrative. En comprenant bien son fonctionnement et en vous assurant de remplir toutes les conditions, vous mettez une chance de plus de votre côté pour la réussite de votre projet entrepreneurial.
Questions fréquentes sur l’ACRE
FAQ :
Quelle est la différence entre l'ACRE et l'ARCE ?
L’ACRE est une exonération de charges sociales. L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est une aide financière versée par France Travail, qui permet à un demandeur d’emploi créateur de recevoir 60% de ses droits à l’ARE (allocation chômage) restants sous forme de capital, versé en deux fois. Pour obtenir l’ARCE, il faut obligatoirement avoir obtenu l’ACRE au préalable.
L'ACRE est-elle toujours attribuée automatiquement ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, l’attribution de l’ACRE n’est plus jamais automatique. Tous les créateurs et repreneurs d’entreprise, quel que soit leur statut (y compris les travailleurs indépendants), doivent impérativement déposer une demande auprès de l’Urssaf pour pouvoir en bénéficier.
Que se passe-t-il si je dépasse les plafonds de revenus ?
Pour un dirigeant de société ou un entrepreneur au régime réel, si vos revenus dépassent 100% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), l’exonération ACRE devient nulle. Entre 75% et 100% du PASS, elle est dégressive. Pour un micro-entrepreneur, l’ACRE s’applique tant que vous ne dépassez pas les plafonds de chiffre d’affaires du régime de la micro-entreprise. Si vous les dépassez, vous sortez du régime et perdez également le bénéfice de l’ACRE.
Puis-je cumuler l'ACRE avec le maintien de mes allocations chômage (ARE) ?
Oui, c’est tout à fait possible. Si vous êtes éligible, vous pouvez bénéficier de l’ACRE (exonération de cotisations) tout en continuant à percevoir vos allocations chômage (ARE). Le montant de l’ARE sera alors ajusté en fonction des revenus que vous déclarez au titre de votre nouvelle activité. C’est une alternative au versement en capital de l’ARCE.



