En SAS, le président est l’organe de direction légalement obligatoire et le représentant légal de la société ; le terme « gérant » appartient juridiquement à la SARL (il peut toutefois être utilisé comme titre interne sans valeur de représentation légale).
La grande liberté statutaire de la SAS permet de créer des postes (directeur général, comité de direction, intitulé « gérant » interne), de déléguer des pouvoirs et de fixer librement les règles de nomination et de révocation.
Régime social distinctif : le président de SAS est assimilé‑salarié (régime général — meilleure protection mais cotisations plus élevées) tandis que le gérant majoritaire de SARL est TNS/SSI (cotisations généralement plus faibles mais protection réduite).
Rémunération et fiscalité : le président peut être rémunéré au titre du mandat social (cotisations du régime général), non rémunéré (absence d’affiliation via le mandat) et/ou percevoir des dividendes (PFU 30% ou option IR) — l’équilibre salaire/dividendes doit être optimisé avec un expert‑comptable.
Bonnes pratiques : rédiger des statuts sur‑mesure prévoyant des garde‑fous (limitation des pouvoirs, décisions soumises aux associés), privilégier la nomination par acte séparé pour la souplesse et respecter les formalités de publicité (journal d’annonces légales, dépôt au greffe) pour sécuriser la gouvernance.
Vous vous lancez dans la création d’une Société par Actions Simplifiée (SAS) et une question cruciale se pose : faut-il nommer un président ou un gérant ? Si vous avez déjà entendu parler de ces deux termes, il est essentiel de comprendre que dans le cadre strict d’une SAS, la loi est formelle : un seul rôle est obligatoire, celui de président. Le terme “gérant” appartient à un autre univers juridique, celui de la SARL. Alors, comment naviguer entre ces appellations et structurer la direction de votre entreprise ?
Ce guide est conçu pour clarifier définitivement ces notions, comparer les implications de chaque statut et vous donner les clés pour organiser la gouvernance de votre SAS de manière optimale et sécurisée.
Le Président : Figure Imposée et Clé de Voûte de la SAS
Contrairement à d’autres formes de sociétés, la loi impose à toute Société par Actions Simplifiée (SAS) de désigner un président. Il est le représentant légal de l’entreprise, celui qui l’engage vis-à-vis des tiers. C’est le seul organe de direction obligatoire, ce qui confère à la SAS une grande simplicité de fonctionnement, surtout dans sa version unipersonnelle, la SASU.
Rôles et Pouvoirs du Président
Le président détient les pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société, dans la limite de l’objet social. Ses missions couvrent l’ensemble de la gestion quotidienne et stratégique :
Représentation légale : Il signe les contrats, représente la société en justice et accomplit les actes engageant l’entreprise. Son nom figure sur l’extrait Kbis.
Gestion opérationnelle : Il gère les affaires courantes, embauche et licencie les salariés, et prend les décisions nécessaires au bon fonctionnement de l’activité.
Décisions stratégiques : Il définit les orientations de l’entreprise, propose les investissements et pilote la politique commerciale.
Cependant, ses pouvoirs ne sont pas absolus. Les statuts peuvent (et devraient) prévoir des garde-fous. Les associés peuvent ainsi soumettre certaines décisions majeures (emprunt bancaire important, cession d’actifs stratégiques, augmentation de capital) à leur autorisation préalable en assemblée générale. De plus, la loi interdit formellement au président de contracter des emprunts auprès de la société ou de se faire consentir un découvert en compte courant.
Une personne physique : Un individu majeur ou un mineur émancipé. Il peut être l’un des associés ou une personne externe à la société.
Une personne morale : Une autre société peut être nommée présidente. Dans ce cas, c’est le dirigeant de cette société (gérant ou président) qui agira au nom et pour le compte de la SAS. Cette configuration est fréquente dans les groupes de sociétés (holding).
La personne désignée ne doit faire l’objet d’aucune interdiction de gérer et certaines professions réglementées (avocat, expert-comptable, notaire) sont incompatibles avec ce mandat social.
La grande liberté statutaire de la SAS est à la fois une force et une responsabilité. Prenez le temps de rédiger ou de faire rédiger des statuts sur-mesure. Une clause bien pensée limitant les pouvoirs du président pour les actes les plus importants peut éviter bien des conflits et sécuriser votre investissement. C’est une étape où l’accompagnement par un expert est un atout majeur.
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Je me lancePrésident de SAS vs Gérant de SARL : Le Duel des Statuts
La confusion entre “président” et “gérant” vient souvent d’une comparaison avec l’autre forme de société commerciale très populaire en France : la SARL. Or, leurs dirigeants respectifs n’obéissent pas du tout aux mêmes règles. Comprendre ces différences est fondamental pour faire le bon choix de structure juridique.
Le gérant est le représentant légal de la SARL, de l’EURL ou encore d’une SCI. En SAS, si les statuts peuvent créer un poste de “directeur” ou “gérant” aux côtés du président, ce dernier reste le seul représentant légal. Les autres n’auront que les pouvoirs qui leur sont délégués.
La Différence Fondamentale : Le Régime Social
C’est sans doute le critère le plus discriminant.
Le président de SAS est systématiquement rattaché au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie d’une protection sociale quasi identique à celle d’un salarié cadre (maladie, retraite, maternité), à l’exception de l’assurance chômage. Ce statut implique l’établissement de bulletins de paie et le paiement de cotisations sociales plus élevées.
Le gérant de SARL a un statut qui dépend de sa participation au capital :
Majoritaire (>50% des parts) : Il est Travailleur Non Salarié (TNS), affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Sa protection sociale est moins complète (notamment pour la retraite et les indemnités journalières), mais ses cotisations sont nettement plus faibles, surtout sur les bas salaires.
Minoritaire ou égalitaire : Il est, comme le président de SAS, assimilé salarié et affilié au régime général.
La protection sociale d’un président de SAS est donc globalement plus complète, en particulier concernant la constitution des droits à la retraite. En contrepartie, le coût pour l’entreprise est plus élevé.
Tableau récapitulatif
Statut du dirigeant
Avantages
Inconvénients
Président de SAS (Assimilé-salarié)
✅ Protection sociale étendue (retraite, maladie)✅ Simplicité perçue (fiche de paie)
❌ Cotisations sociales élevées (environ 65% du net)❌ Pas de droit à l’assurance chômage
Gérant majoritaire de SARL (TNS)
✅ Cotisations sociales plus faibles (environ 45% du net)✅ Moins de formalisme (pas de fiche de paie)
❌ Protection sociale moins complète (retraite, IJ)❌ Calcul des cotisations plus complexe (base N-1/N-2)
La Gouvernance en Pratique : Nomination, Rémunération et Organisation
Au-delà du choix du titre, c’est l’organisation concrète du pouvoir qui importe. La SAS excelle par sa capacité d’adaptation.
Nomination et Révocation : La Primauté des Statuts
Les modalités de nomination et de révocation du président sont librement fixées par les associés dans les statuts. Deux options principales existent pour formaliser la nomination :
Nomination dans les statuts : Le nom du premier président est directement inscrit dans les statuts fondateurs. L’inconvénient majeur est que tout changement de dirigeant imposera une procédure lourde et coûteuse de modification des statuts.
Nomination par acte séparé : Les statuts prévoient simplement l’organe compétent pour la nomination (le plus souvent, l’assemblée des associés). La décision est ensuite consignée dans un procès-verbal. Cette méthode est bien plus souple et recommandée, car elle évite de modifier les statuts à chaque changement de direction.
La révocation du président peut également être aménagée : avec ou without juste motif, avec un préavis, avec une indemnité, etc. C’est un point crucial à définir pour garantir la stabilité de l’entreprise.
Rémunération du Dirigeant : Un Arbitrage Essentiel
Le président de SAS peut exercer ses fonctions à titre gratuit ou être rémunéré. S’il est rémunéré, il dispose de deux leviers principaux, qui peuvent être combinés :
Une rémunération au titre du mandat social : Il s’agit d’un “salaire” soumis aux cotisations sociales du régime général (assimilé-salarié). Cette rémunération est déductible du résultat imposable de la société.
Des dividendes : Si le président est aussi associé, il peut percevoir une partie des bénéfices sous forme de dividendes. Ceux-ci sont soumis à la “flat tax” (PFU de 30%) ou, sur option, au barème de l’impôt sur le revenu après un abattement de 40%. Ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales.
L’arbitrage entre ces deux modes de rémunération est une décision stratégique qui dépend des objectifs du dirigeant (maximiser son revenu immédiat, optimiser sa protection sociale, etc.) et de la situation de l’entreprise. C’est une question qui mérite l’analyse d’un expert-comptable, surtout si vous êtes consultant ou freelance.
Un président de SAS qui ne perçoit aucune rémunération au titre de son mandat n’est affilié à aucun régime de sécurité sociale. Il ne valide donc aucun trimestre pour sa retraite et ne bénéficie d’aucune couverture en cas de maladie ou d’accident du travail via la société. C’est une situation à risque qui ne doit être envisagée que s’il bénéficie d’une protection par ailleurs (autre activité salariée, Pôle Emploi, etc.).
Organiser la Direction à Plusieurs
La SAS n’est pas limitée à un seul dirigeant. Sa souplesse permet de créer une direction collégiale ou de répartir les pouvoirs. Les statuts peuvent ainsi prévoir la nomination :
D’un ou plusieurs Directeurs Généraux (DG) : Ils peuvent disposer des mêmes pouvoirs que le président pour représenter la société.
D’un conseil d’administration ou d’un comité de direction : Ces organes peuvent avoir un rôle consultatif ou décisionnaire sur les choix stratégiques.
Dans ce contexte, il est possible de nommer une personne à un poste de “gérant” au sein d’une SAS. Toutefois, ce titre n’aura pas la valeur juridique du “gérant de SARL”. Il s’agira d’un titre interne, dont les pouvoirs et les responsabilités seront uniquement ceux définis dans les statuts ou par délégation du président. Le seul représentant légal restera le président.
En définitive, le choix n’est pas tant entre “président” et “gérant” au sein d’une SAS, car le premier est une obligation légale. La véritable question est de savoir comment structurer la gouvernance, définir les pouvoirs du président, et décider de son statut social et fiscal à travers sa rémunération. La SAS offre un cadre d’une flexibilité inégalée pour adapter la direction à votre projet, à condition de maîtriser ses règles et de les inscrire dans des statuts solides et clairs.
FAQ : Président ou Gérant en SAS
Peut-on nommer un gérant dans une SAS ?
Juridiquement, le seul représentant légal obligatoire d’une SAS est le président. Le terme “gérant” est propre aux SARL/EURL. Cependant, la grande liberté des statuts de SAS permet de créer d’autres postes de direction, comme celui de Directeur Général, ou même d’utiliser le titre de “gérant” pour un poste interne. Ce dernier n’aura alors que les pouvoirs qui lui sont expressément délégués et ne sera pas le représentant légal.
Un président de SAS peut-il être non rémunéré ?
Oui, un président de SAS peut exercer son mandat à titre gratuit. Dans ce cas, aucune cotisation sociale n’est due par la société. Attention cependant, cette absence de rémunération signifie aussi une absence d’affiliation au régime général de la sécurité sociale au titre de ce mandat, et donc aucune validation de droits à la retraite ou de couverture maladie.
Quelle est la principale différence de protection sociale entre un président de SAS et un gérant majoritaire de SARL ?
La différence majeure réside dans le régime d’affiliation. Le président de SAS est “assimilé salarié” et bénéficie de la protection du régime général, plus complète notamment pour la retraite. Le gérant majoritaire deSARLest un “Travailleur Non Salarié” (TNS), affilié à la SSI, dont la couverture est moins étendue mais dont les cotisations sont plus faibles.
Peut-on nommer une autre société comme président de SAS ?
Absolument. Contrairement au gérant de SARL qui doit obligatoirement être une personne physique, le président d’une SAS peut être une personne morale (une autre société). C’est une pratique courante dans les montages de groupe avec une société holding qui détient des filiales.
Comment changer le président d'une SAS ?
Le changement de président s’effectue selon les modalités prévues dans les statuts (généralement par une décision collective des associés). Une fois le nouveau président nommé, il faut accomplir des formalités de publicité : publication d’un avis dans un journal d’annonces légales et dépôt d’un dossier de modification au greffe du tribunal de commerce pour mettre à jour l’extrait Kbis.



