Définition et périmètre : la plus-value = prix de cession − valeur nette comptable du fonds ; sont cédés la clientèle, l’enseigne, le droit au bail, le matériel et les éléments numériques, tandis que le stock est évalué et facturé séparément (soumis à la TVA).
Calcul pratique : le prix de cession retenu est le montant net perçu après frais; la valeur nette comptable correspond au prix d’acquisition (les éléments corporels sont minorés des amortissements déjà pratiqués).
Distinction fiscalité court/long terme et selon le statut : biens détenus <2 ans = plus-value à court terme, ≥2 ans = long terme ; pour les cédants à l'IR, la plus-value court terme est intégrée au revenu imposable et soumise aux cotisations sociales, la long terme est en principe taxée au PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux) ; pour les sociétés à l'IS, la plus-value est intégrée au résultat et taxée à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 % au-delà), les distributions étant ensuite soumises au PFU au niveau des associés.
Dispositifs d’exonération importants : exonération totale si prix de cession < 500 000 € (article 238 quindecies), exonération dégressive entre 500 000 € et 1 000 000 € ; exonération pour départ à la retraite (article 151 septies A) sous conditions strictes (activité ≥5 ans, cession de l'intégralité du fonds, cessation des fonctions et départ à la retraite dans un délai de deux ans).
Formalités et conseils pratiques : publier l’avis de cession, clôturer les comptes et déclarer la plus-value au SIE dans les 60 jours, l’acquéreur paie les droits d’enregistrement (0 % ≤ 23 000 €, 3 % de 23 000 € à 200 000 €, 5 % au-delà) ; anticipez le calcul, évaluez séparément les stocks, et faites-vous accompagner par un expert‑comptable pour optimiser la transmission et vérifier les conditions d’exonération.
Vous envisagez de céder votre fonds de commerce et vous vous interrogez sur l’impact fiscal de cette opération ? La vente d’un fonds de commerce est une étape clé dans la vie d’une entreprise, qui génère souvent une plus-value. Comprendre son calcul, son régime d’imposition et les dispositifs d’exonération est essentiel pour optimiser la transmission et éviter les mauvaises surprises. Ce guide complet détaille les règles fiscales applicables pour aborder cette transition en toute sérénité.
Les éléments cédés avec le fonds
Les éléments incorporels : la clientèle (l’élément essentiel), le nom commercial, l’enseigne, le droit au bail, les licences et autorisations administratives (licence IV pour un bar, par exemple), ainsi que les droits de propriété intellectuelle (brevets, marques).
Les éléments corporels : le matériel, l’outillage, le mobilier et les agencements nécessaires à l’activité.
Les éléments numériques : Aujourd’hui cruciaux, ils incluent le site internet, le nom de domaine, les comptes sur les réseaux sociaux, les fichiers clients, ou encore les profils sur les plateformes de réservation ou de vente en ligne.
Certains contrats : Les contrats de travail, les contrats d’assurance et le bail commercial sont automatiquement transférés au repreneur.
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Je me lanceLes éléments généralement exclus de la cession
Les créances et les dettes, qui restent à la charge du vendeur.
Les immeubles (les murs du local commercial) si le vendeur en est propriétaire.
Les documents comptables, que le cédant doit conserver mais tenir à la disposition de l’acquéreur pendant trois ans.
La plupart des contrats fournisseurs, qui devront être renégociés par le repreneur.
Le stock de marchandises n’est pas inclus dans la valeur du fonds de commerce. Il fait l’objet d’une évaluation et d’une facturation distinctes lors de la cession, et sa vente est soumise à la TVA.
Le prix de cession : Il s’agit du montant que le vendeur perçoit réellement, après déduction des frais et taxes directement liés à la vente (par exemple, les commissions d’intermédiaires).
La valeur nette comptable (VNC) : Elle correspond au prix d’acquisition initial du fonds. Comme le fonds de commerce est un actif non amortissable, sa VNC est généralement égale à son prix d’achat. Pour les éléments corporels (matériel, outillage) cédés avec le fonds, leur VNC correspond à leur prix d’achat moins les amortissements déjà pratiqués.
Une fois la plus-value globale calculée, le droit fiscal opère une distinction fondamentale en fonction de la durée de détention du fonds.
Plus-value à court terme vs. plus-value à long terme
La fiscalité appliquée dépend de la nature de la plus-value, déterminée par la durée de détention des actifs cédés.
Plus-value à court terme : Elle concerne les éléments du fonds détenus depuis moins de deux ans à la date de la cession.
Plus-value à long terme : Elle s’applique aux éléments du fonds détenus depuis deux ans ou plus.
Cette distinction est capitale car les modalités d’imposition diffèrent radicalement entre les deux.
Pour une entreprise soumise à l’Impôt sur le Revenu (IR)
C’est le cas des entrepreneurs individuels (y compris les micro-entrepreneurs sous conditions) et de certaines sociétés de personnes (EURL à l’IR, SNC…).
La plus-value à court terme est intégrée au résultat d’exploitation de l’entreprise. Elle est donc ajoutée aux autres revenus professionnels de l’exploitant et soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ainsi qu’aux cotisations sociales.
La plus-value à long terme bénéficie d’une fiscalité allégée. Elle est imposée au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé “flat tax”, au taux global de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux).
Naviguer entre ces régimes peut être complexe. L’accompagnement par un expert-comptable pour artisans et commerçants est essentiel pour optimiser votre situation et assurer la conformité de vos déclarations.
Pour une société soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS)
Pour les sociétés comme les SAS, SASU ou les SARL ayant opté pour l’IS, la distinction entre court et long terme n’a plus d’impact sur le taux d’imposition. La totalité de la plus-value (court terme + long terme) est intégrée au résultat fiscal de la société.
Elle est ensuite taxée au taux normal de l’IS :
Taux réduit de 15 % sur la tranche de bénéfices allant jusqu’à 42 500 €.
Taux normal de 25 % au-delà de ce seuil.
Si les associés décident ensuite de se distribuer tout ou partie de ce résultat (après paiement de l’IS), ces dividendes seront à leur tour soumis à la “flat tax” de 30 % au niveau personnel.
Après la cession, le vendeur dispose d’un délai de 60 jours à compter de la publication de la vente dans un journal d’annonces légales pour clôturer ses comptes et effectuer sa déclaration de résultats auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE). Le respect de ce délai est impératif.
Exonération en fonction du prix de cession
Ce dispositif (article 238 quindecies du CGI) s’applique aux petites entreprises, que ce soit une entreprise individuelle ou une société, à condition que l’activité ait été exercée pendant au moins 5 ans.
Exonération totale : Si le prix de cession du fonds de commerce est inférieur à 500 000 €.
Exonération partielle et dégressive : Si le prix de cession est compris entre 500 000 € et 1 000 000 €.
Attention, cette exonération ne concerne que l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés. Les prélèvements sociaux restent dus sur la plus-value à long terme.
Exonération en cas de départ à la retraite
Un autre dispositif majeur (article 151 septies A du CGI) permet au dirigeant d’une PME de bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur la plus-value lors de la cession de son fonds s’il part à la retraite. Les conditions sont strictes :
L’activité doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans.
La cession doit porter sur l’intégralité du fonds de commerce.
Le cédant doit cesser toute fonction dans l’entreprise et faire valoir ses droits à la retraite dans un délai de deux ans (avant ou après la cession).
Cet avantage fiscal est personnel au dirigeant et ne s’applique pas au niveau de la société si elle est soumise à l’IS. La planification est donc cruciale pour en bénéficier. La cession du fonds marque souvent la fin de l’activité, et il est essentiel de bien préparer les démarches pour fermer son entreprise en bonne et due forme.
La cession d’un fonds de commerce est une opération lourde de conséquences fiscales. La plus-value générée est soumise à une imposition dont les règles varient fortement selon le statut de l’entreprise et la durée de détention du fonds. Il est donc indispensable d’anticiper, de calculer précisément le gain potentiel et d’étudier les possibilités d’exonération bien en amont du projet. Faire appel à un expert-comptable vous permettra de sécuriser l’opération, d’optimiser la charge fiscale et de vous concentrer sur la réussite de votre transmission.
FAQ : Vos questions sur la plus-value de cession
Quelles sont les principales obligations déclaratives après la vente ?
Après avoir publié l’avis de cession, vous disposez de 60 jours pour clôturer les comptes de l’entreprise et déposer une déclaration d’impôt sur les bénéfices de l’exercice en cours auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE). Cette déclaration doit faire apparaître la plus-value réalisée.
La vente d'un fonds de commerce est-elle soumise à la TVA ?
En principe, la cession d’un fonds de commerce est exonérée de TVA. Cette dispense s’applique à condition que la vente porte sur une universalité de biens (l’ensemble des éléments permettant la poursuite de l’activité) et que l’acquéreur soit lui-même assujetti à la TVA. En revanche, la vente isolée des stocks de marchandises est, elle, soumise à la TVA.
Que se passe-t-il si la cession génère une moins-value ?
Une moins-value (prix de cession inférieur à la valeur d’origine) n’est évidemment pas imposée. Elle constitue une charge qui peut être imputée sur les bénéfices de l’entreprise, réduisant ainsi l’impôt dû pour l’exercice en cours. Les règles d’imputation diffèrent selon qu’il s’agit d’une moins-value à court ou long terme et que l’entreprise est à l’IR ou à l’IS.
L'acquéreur a-t-il des impôts à payer lors de l'achat ?
Oui, l’acquéreur doit s’acquitter des droits d’enregistrement. Ces droits sont calculés par tranches sur le prix de cession : 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % pour la tranche de 23 000 € à 200 000 €, et 5 % au-delà de 200 000 €. Ces frais sont à la charge de l’acheteur et doivent être réglés lors de l’enregistrement de l’acte de cession.