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Votre SAS grandit : est-il temps d’intégrer un Directeur Général pour accélérer ?

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Votre SAS tourne bien. Tellement bien que la répartition des tâches avec votre associé(e) devient un sujet quotidien. Au début, un seul Président suffisait. Aujourd’hui, vous jonglez entre le stratégique et l’opérationnel, et ça commence à grincer. Vous vous demandez comment officialiser les rôles sans créer de la complexité. Le poste de Directeur Général en SAS (DG) n’est pas juste une ligne sur un Kbis. C’est la solution pour structurer votre duo de tête et vous concentrer sur ce qui compte : la croissance.

Nous allons décortiquer ensemble le rôle du DG, le comparer à celui du Président, voir comment le nommer et quels sont les points de vigilance pour que ce levier de croissance ne devienne pas une source de problèmes.

Ce qu’il faut retenir

  • Le Président est le représentant légal obligatoire ; le Directeur Général est un copilote opérationnel dont la nomination est un choix stratégique.
  • Les statuts sont la pierre angulaire : ils définissent la possibilité de nommer un DG, ses pouvoirs réels et les modalités de sa nomination.
  • Le DG engage sa responsabilité civile et pénale au même titre que le Président et, s’il est rémunéré, bénéficie du statut d’assimilé-salarié.
  • Nommer un DG est un signe de croissance : c’est l’outil parfait pour structurer un duo de direction et séparer les tâches stratégiques des opérationnelles.

Pourquoi nommer un DG en SAS ? Le signal que votre projet passe un cap.

Au lancement, vous étiez probablement l’homme ou la femme-orchestre. C’est normal. Mais quand l’activité décolle, cette organisation atteint ses limites. Le risque ? Devenir un goulot d’étranglement qui freine votre propre entreprise. Nommer un Directeur Général en SAS, c’est la décision qui permet de structurer votre direction et d’accélérer.

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C’est l’outil idéal pour clarifier les rôles et séparer la vision stratégique de l’exécution opérationnelle.

  • Le Président se concentre sur le cap à long terme : la vision, les levées de fonds, les partenariats stratégiques, la représentation de la marque.
  • Le Directeur Général pilote la machine au quotidien : il manage les équipes, supervise les opérations, s’assure que les objectifs sont atteints, décline la stratégie en actions concrètes.

Imaginez un cas concret : une startup tech en pleine croissance. Le Président (souvent le fondateur) passe son temps à pitcher des investisseurs et à nouer des alliances. Pendant ce temps, le DG s’assure que le produit est développé à temps, que l’équipe commerciale a les bons outils et que le support client tourne. Sans cette répartition, tout reposerait sur une seule personne, ce qui n’est tout simplement pas tenable.

C’est une étape clé pour toute entreprise qui veut grandir. On vous explique toutes les étapes pour lancer votre projet en SAS sereinement.


Président vs Directeur Général : le match des rôles (sans K.O.)

Confondre les deux, c’est une erreur classique. Pourtant, leurs natures sont très différentes, même si leurs pouvoirs peuvent se ressembler. Pour y voir clair, distinguez leur fonction intrinsèque de leur pouvoir d’action. Les deux sont des mandataires sociaux, mais ils ne jouent pas dans la même catégorie par défaut.

Le Président : le représentant légal, obligatoire et unique.

C’est le “visage” officiel de la société. La loi impose la nomination d’un Président dans chaque SAS. Il est le représentant légal de l’entreprise vis-à-vis des tiers (l’administration, les banques, les clients, les fournisseurs). C’est sa signature qui engage la société pour les actes les plus importants.

Par défaut, ses pouvoirs sont les plus étendus pour agir au nom de la société. Les statuts peuvent bien sûr limiter ses pouvoirs en interne (par exemple, en exigeant l’accord des associés pour un emprunt supérieur à 50 000 €), mais vis-à-vis des tiers, il conserve une très large marge de manœuvre pour représenter l’entreprise.

Pour un portrait-robot complet, nous avons un guide dédié sur le rôle et les responsabilités du Président de SAS. Et pour tordre le cou à une idée reçue, non, il ne peut y avoir qu’un seul Président dans une SAS.

Le Directeur Général : le copilote opérationnel, facultatif et puissant.

Le Directeur Général en SAS n’est pas une obligation légale. C’est un choix stratégique. Sa mission principale est de seconder le Président et de piloter l’activité. Il peut même y avoir plusieurs Directeurs Généraux (on les appelle alors souvent “Directeurs Généraux Délégués”).

Là où ça devient intéressant, c’est que les statuts peuvent lui conférer des pouvoirs aussi étendus que ceux du Président. Vis-à-vis des tiers, s’il est nommé et déclaré au Kbis, il a le même pouvoir d’engager la société. C’est un véritable numéro deux, pas un simple manager. C’est vous qui décidez de l’étendue de sa laisse.

Tableau récapitulatif : qui fait quoi ?

Critère Président Directeur Général
Obligatoire ? Oui, toujours. Non, facultatif.
Représentant légal ? Oui, par nature. Oui, s’il est nommé.
Pouvoirs Les plus étendus par défaut. Définis sur mesure par les statuts.
Nomination Par les statuts ou décision des associés. Par l’organe prévu dans les statuts.

Clair, net et précis. Le Président est le capitaine institutionnel, le DG est le commandant opérationnel. Maintenant, comment s’assurer que cette répartition est gravée dans le marbre et sécurisée juridiquement ?

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Nommer un Directeur Général : le guide pratique en 3 étapes.

Officialiser le poste de DG n’est pas qu’une poignée de main. C’est un processus formel qui vient sécuriser la position de chacun et rendre la décision opposable aux tiers. Voici la marche à suivre.

Étape 1 : Prévoir le rôle dans les statuts (l’étape fondatrice).

C’est l’étape que l’on a tendance à négliger. Grosse erreur. Pour pouvoir nommer un DG, les statuts de la SAS doivent le prévoir explicitement. C’est l’acte fondateur pour anticiper la croissance.

Concrètement, vos statuts doivent préciser :

  • La possibilité de nommer un ou plusieurs Directeurs Généraux.
  • L’organe compétent pour le nommer et le révoquer (le plus souvent, c’est le Président ou l’assemblée des associés).
  • Les modalités de cette nomination (majorité requise, etc.).

C’est ici que vous décidez des règles de vote pour les décisions importantes. Si ce n’est pas prévu, il faudra d’abord modifier les statuts, ce qui est une procédure plus lourde.

Étape 2 : Rédiger l’acte de nomination.

Une fois que les statuts le permettent, l’organe compétent (Président ou assemblée générale des associés) se réunit et prend la décision. Cette décision est formalisée dans un acte de nomination. Le plus souvent, il s’agit d’un procès-verbal (PV).

Ce document doit mentionner clairement :

  • L’identité complète du nouveau DG (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse).
  • La durée de son mandat (déterminée ou indéterminée).
  • L’étendue de ses pouvoirs.
  • Les modalités de sa rémunération, le cas échéant.

Étape 3 : Déclarer la nomination.

Pour que la nomination soit officielle aux yeux de tous, vous devez la rendre publique. Vous disposez d’un délai d’un mois après la décision pour effectuer les formalités suivantes :

  1. Publier un avis de nomination dans un Journal d’Annonces Légales (JAL).
  2. Déposer un dossier au greffe du Tribunal de Commerce. Ce dossier contient l’acte de nomination, l’attestation de parution dans le JAL, un formulaire M3 rempli et signé, ainsi que les justificatifs d’identité du DG.

Le greffe mettra alors à jour le Kbis de la société pour y faire figurer le nom du Directeur Général. À partir de ce moment, il peut officiellement engager la société.


Pouvoirs, rémunération, responsabilité : les 3 points de vigilance.

Nommer un DG a des conséquences très concrètes que vous devez maîtriser pour protéger l’entreprise et ses dirigeants.

L’étendue des pouvoirs : tout est dans les statuts.

C’est le point crucial. Vis-à-vis des tiers, le DG a les pouvoirs les plus étendus pour engager la société. En revanche, en interne (vis-à-vis des associés), ses pouvoirs sont limités par ce qui est écrit dans les statuts ou dans l’acte de nomination. Vous pouvez par exemple prévoir qu’il ne peut pas signer de contrat dépassant 100 000 € sans l’accord du Président. Le piège classique ? Des statuts flous qui créent des conflits. Nous vous montrons comment verrouiller ça dès le départ.

La rémunération et le statut social : comment ça marche ?

S’il est rémunéré pour son mandat, le Directeur Général de SAS est “assimilé-salarié”. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

  • Il est affilié au Régime Général de la Sécurité Sociale.
  • Il cotise comme un salarié (sauf à l’assurance chômage).
  • Il bénéficie de la même protection sociale (maladie, retraite) qu’un salarié cadre.

Sachez que, comme le Président, il ne cotise pas à l’assurance chômage et n’y a donc pas droit au titre de son mandat. C’est un point clé à optimiser dans votre stratégie de rémunération de dirigeant.

La responsabilité : un engagement à ne pas prendre à la légère.

Le DG, comme le Président, est un mandataire social. Concrètement, ça veut dire qu’il engage sa responsabilité civile et pénale. En cas de faute de gestion, de violation des statuts ou d’infraction à la loi, il peut être tenu personnellement responsable des préjudices causés à la société, aux associés ou à des tiers. Ce n’est pas un titre honorifique, c’est un poste à haute responsabilité.

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Au-delà du DG : structurer sa gouvernance pour l’avenir.

Le duo Président / Directeur Général est une excellente structure pour une SAS en croissance. Mais que se passe-t-il quand l’équipe de direction s’agrandit encore ?

La nomination d’un DG est souvent le premier pas vers une gouvernance plus élaborée. C’est le signal que vous ne pilotez plus seulement un produit, mais une organisation. C’est la base de ce qu’on appelle la gouvernance et les prises de décision en SAS. À terme, lorsque l’entreprise atteint une certaine taille, on peut alors envisager de créer un Comité Stratégique ou un Conseil de Surveillance pour accompagner les dirigeants dans leurs choix.

Mettre en place un Directeur Général, c’est bien plus qu’une simple formalité administrative. C’est un acte de management fort qui prépare votre SAS à l’étape d’après. C’est la preuve que vous construisez une organisation solide, prête à accélérer.

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Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.