Bilan positif : Flat Tax ou Barème progressif pour vos dividendes ?
Être accompagné →Vous avez ouvert un tableur. Colonne A : montant des dividendes. Colonne B : calcul avec la Flat Tax à 30 %. Colonne C : calcul avec le barème… et c’est là que ça se complique. Abattement de 40 %, TMI, CSG déductible… C’est l’étape qui fait douter, normal. L’enjeu est de taille : des milliers d’euros d’impôts en plus ou en moins sur votre imposition de dividendes en SASU. On a fait le calcul pour vous. Voici la règle simple pour savoir quand basculer et optimiser votre fiscalité.
Ce qu’il faut retenir
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La Flat Tax (30 %) est simple, mais pas toujours la plus rentable pour votre imposition personnelle.
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Le barème progressif devient très intéressant si votre Taux Marginal d’Imposition (TMI) est de 11 % ou 0 %.
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L’abattement de 40 % est la clé : il réduit votre base imposable et donc le montant de l’impôt final.
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Votre choix est annuel et global : il s’applique à tous vos revenus de capitaux, pas seulement aux dividendes.
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Les deux options sur la table : le match en 2 minutes chrono
Avant de plonger dans le simulateur mental, on schématise les deux adversaires. Comprendre leur mécanique est la première étape pour arbitrer intelligemment. C’est le fondement de les bases de la fiscalité en SAS.
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Prendre un rendez-vousL’option par défaut : la Flat Tax (ou PFU)
La Flat Tax, ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), est l’option de la simplicité. C’est un taux unique de 30 % qui s’applique sur le montant brut de vos dividendes. Ce taux se décompose en deux parties :
- 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu.
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS…).
Concrètement ? Pour 10 000 € de dividendes bruts versés, vous payez 3 000 € de taxes. Il vous reste 7 000 € nets. Point. C’est simple, prévisible et rapide à calculer.
L’option sur mesure : le barème progressif
Ici, on change de logique. On n’applique pas un taux forfaitaire, mais on intègre vos dividendes à l’ensemble des revenus de votre foyer fiscal (salaires, revenus fonciers…). Ils sont alors soumis à votre Taux Marginal d’Imposition (TMI), qui peut être de 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %.
L’énorme avantage de cette option, c’est son point clé : un abattement de 40 % sur le montant de vos dividendes. Vous n’êtes imposé que sur 60 % de ce que vous touchez. En contrepartie, vous payez toujours les 17,2 % de prélèvements sociaux sur le montant brut.
Flat Tax : la simplicité, pour qui ?
Vous n’avez pas le temps de faire des simulations complexes ? La Flat Tax est faite pour ça. C’est le choix de la tranquillité et de la visibilité immédiate. Pour anticiper votre net, le calcul est déjà fait.
Prenons un exemple pour sécuriser l’idée. Vous vous versez 20 000 € de dividendes.
- Calcul : 20 000 € x 30 % = 6 000 €.
- Net dans votre poche : 14 000 €.
Le profil idéal pour la Flat Tax est celui des associés déjà situés dans une Tranche Marginale d’Imposition (TMI) élevée, c’est-à-dire 30 % ou plus. Pourquoi ? Parce que le taux d’impôt du PFU (12,8 %) est bien plus avantageux que leur taux marginal d’imposition personnel. Pour eux, le choix est souvent une évidence.
Barème progressif : l’art d’optimiser grâce à l’abattement
Opter pour le barème, c’est décider d’affiner sa fiscalité. C’est un choix actif qui demande un petit calcul, mais dont le gain peut être substantiel. Tout repose sur le fameux abattement de 40 % et, dans une moindre mesure, sur la CSG déductible.
Le calcul, étape par étape
Reprenons notre exemple avec 20 000 € de dividendes bruts pour bien décomposer le mécanisme :
- On applique l’abattement de 40 %. Votre revenu imposable n’est plus de 20 000 €, mais de 20 000 € x 60 % = 12 000 €. C’est sur cette base que l’impôt sur le revenu sera calculé.
- On ajoute ce montant à vos autres revenus. C’est cette somme qui déterminera votre TMI et le montant de l’impôt final.
- On calcule les prélèvements sociaux. Attention, ils s’appliquent sur le montant brut, soit 20 000 € x 17,2 % = 3 440 €.
- On déduit une partie de la CSG. L’année suivante, vous pourrez déduire une fraction de la CSG payée (6,8 %) de votre revenu imposable, ce qui génère une petite économie d’impôt supplémentaire.
Le profil idéal pour cette option est sans conteste celui des associés avec une TMI faible (0 % ou 11 %). C’est dans ces situations que l’abattement de 40 % déploie tout son potentiel et devient un vrai levier d’optimisation, bien plus puissant que la simplicité de la Flat Tax. Ce calcul est distinct de celui de l’impôt sur les sociétés (IS), qui concerne les bénéfices de votre entreprise.
Le verdict : le seuil de bascule à connaître par cœur
Alors, comment arbitrer ? La question n’est pas de savoir quelle option est la meilleure dans l’absolu, mais laquelle est la meilleure pour vous. Le principe fondamental est simple : comparez le taux d’impôt de la Flat Tax (12,8 %) au taux d’impôt que vous paieriez avec le barème.
La règle d’or est la suivante : si votre TMI est de 0 % ou 11 %, l’option pour le barème progressif est presque toujours gagnante.
Pourquoi ? Parce que même en étant imposé à 11 % sur 60 % de vos dividendes, le taux effectif d’imposition reste bien inférieur aux 12,8 % de la Flat Tax.
Le point de bascule se situe à la TMI de 30 %. À ce niveau, la Flat Tax redevient souvent plus intéressante. La raison est mathématique : l’imposition au barème (30 % appliqué sur 60 % des dividendes) additionnée aux prélèvements sociaux dépasse le taux global de 30 % du PFU.
Pour vous aider à visualiser, voici un tableau de décision simple :
| Votre TMI | Option la plus probable |
|---|---|
| 0% | Barème progressif |
| 11% | Barème progressif |
| 30% | Flat Tax (à simuler) |
| 41% / 45% | Flat Tax |
Vous voyez l’idée. La TMI est le pivot de votre décision. C’est l’étape où l’on sort la calculette pour faire une simulation précise avec l’ensemble des revenus du foyer. C’est souvent là qu’un regard expert fait la différence pour valider le bon choix et sécuriser votre optimisation.
Je veux une simulation personnalisée de mes dividendes
Prendre un rendez-vousCas pratique : la simulation pour Alex, freelance en SASU
Pour que tout devienne limpide, projetons-nous dans une situation concrète. Voici Alex, développeur freelance en SASU. Il est célibataire et se verse un petit salaire, ce qui le place dans la tranche marginale d’imposition à 11 %. Sa société a réalisé une belle année et dispose de 30 000 € de résultat distribuable. Il hésite. Quantifions ses options.
Simulation 1 : Alex choisit la Flat Tax.
- Calcul de l’impôt : 30 000 € x 30 % = 9 000 €.
- Net dans sa poche : 21 000 €.
Simulation 2 : Alex opte pour le barème progressif.
- Dividendes imposables (après abattement de 40 %) : 30 000 € x 60 % = 18 000 €.
- Calcul de l’impôt sur le revenu (TMI à 11 %) : 18 000 € x 11 % = 1 980 €.
- Calcul des prélèvements sociaux (sur le brut) : 30 000 € x 17,2 % = 5 160 €.
- Total des taxes : 1 980 € + 5 160 € = 7 140 €.
- Net dans sa poche : 22 860 €.
Conclusion du cas : Alex gagne 1 860 € nets en choisissant le barème. Pour un calcul qui prend cinq minutes, l’optimisation est plus que significative.
Les 3 points de vigilance avant de vous décider
Avant de cocher la case sur votre déclaration, il y a trois détails techniques à valider pour sécuriser votre choix. Ce sont des points qui font toute la différence entre une optimisation réussie et une mauvaise surprise.
L’option est globale et irrévocable
C’est le piège classique. Si vous optez pour le barème progressif, ce choix ne s’applique pas uniquement à vos dividendes. Il s’applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers de l’année : intérêts de vos placements, plus-values sur actions, etc. Impossible de panacher en gardant la Flat Tax pour un placement et le barème pour les dividendes. La décision est prise pour l’année entière au moment de votre déclaration de revenus. Attention, le choix est définitif pour l’année. Pas de retour en arrière possible.
N’oubliez pas l’acompte fiscal
Le prélèvement à la source s’applique aussi aux dividendes. Au moment où votre société vous verse les dividendes, elle prélève un acompte fiscal. Par défaut, cet acompte est calculé sur la base de la Flat Tax, soit 30 %. Si vous optez finalement pour le barème et que votre taux d’imposition est plus faible, l’administration fiscale vous remboursera le trop-perçu l’année suivante. Pensez simplement à l’anticiper dans votre trésorerie personnelle.
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Pensez votre stratégie globale de rémunération
Ce choix fiscal ne se fait pas dans le vide. Il est une pièce du puzzle de votre stratégie de rémunération globale (arbitrage salaire / dividendes), qui elle-même s’intègre dans une stratégie fiscale complète pour votre SAS. Il dépend aussi de vos autres revenus, de la situation de votre foyer fiscal, et peut être complété par d’autres leviers d’optimisation comme l’option pour l’IR dans certains cas.
Choisir entre la Flat Tax et le barème progressif n’est pas une simple formalité administrative. C’est une décision stratégique qui impacte directement votre portefeuille. En maîtrisant la règle de la TMI, vous avez déjà 90 % de la réponse. Pour les 10 % restants, qui tiennent compte de votre situation globale, un partenaire est là pour ça.
Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.