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Devant le formulaire M0, comment transformer la fiscalité de votre SAS en atout stratégique ?

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Vous venez de passer des jours à modéliser votre rémunération, à arbitrer entre salaire et dividendes. Vous pensiez avoir fini la partie complexe. Et voilà que le sujet “fiscalité” débarque, avec son lot d’acronymes : IS, IR, PFU, CFE… C’est l’étape qui peut donner le vertige, où l’on craint de faire une erreur qui coûtera cher plus tard. C’est exactement pour ça que nous sommes là. Au fil des étapes pour créer votre SAS, celle-ci est la suite logique de votre réflexion sur votre rémunération de dirigeant. Nous allons clarifier le jeu pour que vous puissiez choisir le scénario le plus malin pour votre SAS.

Ce qu’il faut retenir

  • IS par défaut : La SAS est soumise à l’Impôt sur les Sociétés, idéal pour protéger votre patrimoine personnel et réinvestir les bénéfices.
  • Option IR au démarrage : Vous pouvez opter pour l’Impôt sur le Revenu pour 5 ans maximum afin de déduire vos pertes initiales de vos revenus.
  • Un choix stratégique : L’arbitrage IS/IR dépend de votre rentabilité prévisionnelle, de votre situation personnelle et de votre stratégie de rémunération.
  • Dividendes optimisables : Si vous êtes à l’IS, vous aurez le choix entre la Flat Tax (30%) ou le barème progressif pour l’imposition de vos dividendes.

L’impôt sur les sociétés (IS) : le régime par défaut pour piloter sa croissance

Pour la SAS, l’Impôt sur les Sociétés (IS) est le régime fiscal appliqué par défaut. Pensez-y comme au réglage d’usine, conçu pour fonctionner dans la majorité des cas et, surtout, pour accompagner votre ambition de croissance. Le principe est simple : votre entreprise est une entité fiscale à part entière. Elle a ses propres revenus, ses propres dépenses, et elle paie son propre impôt. Cette étanchéité est la clé pour vous permettre de piloter sereinement et de séparer clairement ce qui appartient à l’entreprise de ce qui vous revient personnellement.

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Comment ça marche concrètement ?

Le mécanisme est assez direct. On part de ce que votre entreprise a facturé, et on soustrait tout ce qui a été nécessaire pour le produire. La formule est la suivante :

Chiffre d’affaires – Charges déductibles = Résultat fiscal

C’est sur ce résultat fiscal que l’impôt est calculé. Et c’est là que ça devient intéressant pour une jeune entreprise. La France applique deux niveaux d’imposition pour maîtriser la pression fiscale au démarrage :

  • Un taux réduit de 15 % sur la tranche de bénéfices allant jusqu’à 42 500 €. C’est un véritable coup de pouce pour les premières phases de rentabilité.
  • Un taux normal de 25 % sur la part des bénéfices qui dépasse ce seuil de 42 500 €.

Prenons un exemple simple. Votre SAS réalise 60 000 € de bénéfice fiscal sur son premier exercice. Le calcul de l’IS sera : (42 500 € x 15 %) + ((60 000 € – 42 500 €) x 25 %) = 6 375 € + (17 500 € x 25 %) = 6 375 € + 4 375 € = 10 750 € d’impôt sur les sociétés.

Le reste du bénéfice (49 250 €) reste dans l’entreprise. Vous pourrez alors décider de le réinvestir, de le garder en trésorerie, ou de le distribuer sous forme de dividendes. Vous voulez savoir précisément comment sont calculés les taux de l’IS ? Nous avons détaillé le sujet pour vous.

Pourquoi c’est le choix le plus courant ?

Si plus de 95% des créateurs de SAS conservent ce régime, ce n’est pas un hasard. Les avantages sont clairs et structurels :

  1. Protection de votre patrimoine personnel : La distinction est nette. Les créanciers de l’entreprise ne peuvent pas, sauf exception, se retourner contre vos biens personnels. L’impôt de la société est payé par la société, point.
  2. Pilotage de la rémunération : C’est le levier principal d’optimisation. Le salaire que vous vous versez en tant que président est une charge déductible. Concrètement, il vient réduire le bénéfice imposable de la société. Vous pouvez donc arbitrer finement entre salaire (qui réduit l’IS) et dividendes (versés sur le bénéfice après IS).
  3. Réinvestissement facilité : Une fois l’IS payé, l’argent qui reste dans la société peut être immédiatement réutilisé pour acheter du matériel, recruter, investir en R&D… C’est le moteur de la croissance autofinancée, avec un impôt maîtrisé.

L’IS est donc le choix de la stabilité et de la vision à long terme. Il vous donne les manettes pour construire une structure solide, prête à grandir.


L’option pour l’impôt sur le revenu (IR) : le coup de boost des 5 premières années

Vous anticipez des pertes sur les premiers exercices ? C’est le cas de 9 projets sur 10. Plutôt que de les subir, transformez-les en avantage fiscal personnel grâce à l’option pour l’Impôt sur le Revenu (IR). C’est une dérogation temporaire au régime de l’IS, conçue pour booster les lancements d’activité.

Le principe : imputer le déficit sur vos revenus personnels

Avec l’option IR, on change complètement de logique. La SAS devient “transparente” fiscalement. Qu’est-ce que ça veut dire ? L’entreprise ne paie plus son propre impôt. Le résultat (bénéfice ou perte) est directement affecté aux associés, à proportion de leurs parts dans le capital.

L’intérêt majeur se révèle au démarrage. Si votre SAS perd 10 000 € la première année et que vous êtes l’unique associé, ce déficit de 10 000 € vient directement en déduction de vos autres revenus personnels (un salaire que vous auriez par ailleurs, des revenus fonciers…). Si votre foyer fiscal déclare 50 000 € de revenus, vous ne serez imposé que sur 40 000 €. L’économie d’impôt personnelle est immédiate et peut représenter plusieurs milliers d’euros, une bouffée d’air frais pour votre trésorerie personnelle au moment où vous en avez le plus besoin.

Les conditions à respecter pour activer l’option

Attention, cette option n’est pas ouverte à tout le monde. C’est un dispositif encadré, une sorte de “pass startup” fiscal. Pour y prétendre, votre SAS doit cocher toutes les cases suivantes :

  • Être jeune : L’option doit être exercée dans les 5 premières années de la création de l’entreprise.
  • Être une PME : Elle doit employer moins de 50 salariés et réaliser un chiffre d’affaires annuel (ou un total de bilan) inférieur à 10 millions d’euros.
  • Avoir une activité éligible : L’activité doit être commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Les activités de gestion de patrimoine sont exclues.
  • Ne pas être cotée en bourse.
  • Avoir un actionnariat majoritairement humain : Au moins 50% des droits de vote doivent être détenus par des personnes physiques.
  • Le dirigeant doit être actionnaire : Au moins 34% des droits de vote doivent être détenus par le ou les dirigeants.

Cette option est valable pour 5 exercices fiscaux, sans possibilité de la renouveler. Vous pouvez y renoncer à tout moment, mais attention, ce choix est définitif. Si vous quittez le régime de l’IR, vous ne pourrez plus jamais y revenir. C’est une cartouche à utiliser au bon moment. Pour être sûr de ne rien rater, découvrez tout savoir sur l’option pour l’impôt sur le revenu en SAS.


IS ou IR : comment arbitrer pour votre projet ?

Choisir votre régime fiscal est une question de timing et de stratégie, pas un simple arbitrage entre “bon” et “mauvais”. Chaque option a son moment et son contexte. Pour y voir clair, nous pouvons dessiner deux scénarios types. Lequel vous ressemble le plus ?

Le scénario idéal pour l’IS

Optez pour l’Impôt sur les Sociétés si vous vous reconnaissez dans ces points :

  • Vous visez la rentabilité dès la première ou la deuxième année. Si vous n’anticipez pas de pertes significatives, l’intérêt de l’IR s’amenuise.
  • Vous voulez réinvestir massivement les bénéfices. L’IS est parfait pour ça : il taxe modérément les profits (15% au début) et vous laisse la liberté de les réallouer dans la croissance de l’entreprise.
  • Vous êtes plusieurs associés avec des situations fiscales différentes. L’IS crée une neutralité. Chaque associé est imposé uniquement sur ce qu’il perçoit (salaire ou dividendes), sans que la performance de l’entreprise ne vienne impacter directement sa feuille d’impôt personnelle.

Le scénario idéal pour l’IR

L’Impôt sur le Revenu est probablement le meilleur calcul pour vous si :

  • Vous projetez 1 à 3 ans de déficit. C’est le cas classique du projet qui demande un lourd investissement initial avant de générer des revenus.
  • Vous avez d’autres revenus et un Taux Marginal d’Imposition (TMI) élevé (30% ou plus). Plus votre TMI est haut, plus l’imputation du déficit de la SAS sur vos revenus personnels génère une économie d’impôt importante.
  • Vous êtes seul (SASU) ou les associés ont des profils fiscaux similaires. La transparence de l’IR est plus simple à gérer quand la situation de tous les associés est homogène.

Chaque situation est unique et une simulation chiffrée est souvent la meilleure façon de trancher.

Discutons de votre situation pour faire le bon arbitrage

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Au-delà de l’impôt sur les bénéfices : les autres taxes à anticiper

La fiscalité de la SAS ne s’arrête pas à l’IS ou à l’IR. Pour une vision à 360°, anticipez quelques autres taxes qui rythmeront la vie de votre entreprise. Nous vous les présentons pour que vous puissiez les prévoir sans stress.

La TVA : le B.A.-BA de la facturation

La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est un impôt sur la consommation. Dans la plupart des cas, votre SAS agira comme un collecteur pour l’État. Concrètement :

  • Vous facturez la TVA à vos clients (le plus souvent 20%).
  • Vous récupérez la TVA que vous payez sur vos propres achats professionnels (matériel, logiciels, matières premières…).
  • Périodiquement (chaque mois ou trimestre), vous reversez la différence à l’administration fiscale.

Les activités qui démarrent avec un petit chiffre d’affaires bénéficient d’un régime de “franchise en base” qui vous exonère de déclarer et de facturer la TVA. C’est plus simple, mais ça vous empêche de récupérer la TVA sur vos investissements. Un arbitrage à faire au cas par cas.

La CFE et autres impôts locaux

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local. Elle est due par presque toutes les entreprises, même si vous n’avez pas de local commercial dédié. Son calcul se base sur la valeur locative des biens immobiliers que vous utilisez pour votre activité. Pas de panique : les nouvelles entreprises bénéficient d’une exonération totale de CFE pour leur première année d’existence. Son montant les années suivantes reste souvent modéré, de quelques centaines d’euros pour une domiciliation simple.

La fiscalité sur les dividendes : la touche finale de votre optimisation

Ce point ne vous concerne que si votre SAS est à l’IS. Une fois l’impôt payé et les bénéfices constatés, vous pouvez décider de vous verser des dividendes. Au moment de les déclarer sur votre feuille d’impôt personnelle, une question se posera : quelle fiscalité choisir ?

Deux options s’offrent à vous :

  1. Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), ou “Flat Tax” : C’est l’option par défaut. Un prélèvement unique de 30% est appliqué sur le montant brut de vos dividendes (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux). C’est simple et prévisible.
  2. L’option pour le barème progressif : Vous pouvez choisir d’intégrer vos dividendes à vos autres revenus. Ils seront alors soumis à votre TMI. Cette option est intéressante si votre TMI est faible (0% ou 11%), car vous bénéficiez d’un abattement de 40% sur le montant des dividendes avant calcul de l’impôt.

La décision n’est pas anodine. Pour y voir plus clair, demandez-vous si Flat Tax ou barème progressif : faites le bon choix pour vos dividendes.

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Les dispositifs à activer pour les projets innovants

Vous lancez une startup dans la tech, la biotech ou un secteur à forte composante de Recherche et Développement (R&D) ? La fiscalité française a prévu des dispositifs spécifiques pour accélérer votre croissance. Ce sont des leviers puissants, souvent méconnus.

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) vous permet de récupérer une partie significative de vos dépenses de R&D (jusqu’à 30%) sous forme de crédit d’impôt. Concrètement, si vous n’avez pas d’impôt à payer, l’État vous fait un chèque. C’est une source de financement majeure pour les startups.

Le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), quant à lui, offre des exonérations massives de charges sociales sur les salaires du personnel de R&D et une exonération d’impôt sur les sociétés pour le premier exercice bénéficiaire.

Activer ces dispositifs dès le départ peut radicalement changer la donne pour votre trésorerie et votre capacité à recruter les meilleurs talents. C’est le genre de sujet sur lequel un expert-comptable partenaire fait toute la différence. Vous voulez savoir comment booster votre R&D avec le CIR et le statut JEI ? C’est par ici.

Vous l’avez compris, le choix du régime fiscal n’est pas une simple formalité. C’est le premier acte de pilotage de votre future entreprise, la décision qui transforme une contrainte administrative en une véritable arme stratégique. Pour démarrer sur des bases solides et sécuriser votre lancement, le mieux reste d’en parler.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.