Icone du topbar La création d’entreprise est offerte chez Keobiz ! La création d’entreprise est offerte chez Keobiz ! J’en profite
Expert-comptable en ligne / Fiches pratiques / Fiches pratiques : Création d’entreprise / Votre SAS perd de l’argent au démarrage :... /
GUIDE COMPLET 5 min de lecture

Votre SAS perd de l’argent au démarrage : et si l’option IR réduisait vos impôts ?

Être accompagné →

Les premières lignes de votre prévisionnel financier sont dans le rouge. C’est normal, c’est le décollage. Mais l’idée de payer des impôts sur votre revenu personnel alors que votre SAS, elle, brûle du cash pour se lancer… ça pique. C’est là que vous entendez peut-être parler d’une astuce : l’option pour l’Impôt sur le Revenu (IR). L’idée ? Transformer les pertes de votre boîte en une réduction de vos propres impôts. Alléchant, non ? Décortiquons ensemble si ce levier est le bon pour vous qui venez de créer une SAS.

Ce qu’il faut retenir

  • L’option IR permet d’imputer les pertes de votre SAS sur votre revenu personnel, réduisant ainsi l’impôt de votre foyer fiscal.
  • Elle est temporaire, limitée aux 5 premières années d’existence de la société, et soumise à des conditions strictes de détention du capital.
  • Ce choix est surtout pertinent si votre foyer fiscal a d’autres revenus importants sur lesquels imputer les déficits de la SAS.
  • Après 5 ans, le retour à l’Impôt sur les Sociétés (IS) est automatique et irrévocable, ce qui impose d’anticiper sa stratégie fiscale.

Concrètement, comment ça marche “d’imputer les pertes” ?

Pour bien visualiser le mécanisme, comprenez le changement de logique radical que cette option impose. Vous passez d’une société opaque à une société transparente pour le fisc.

C’est typiquement le genre de décision qui se prend avec un expert à vos côtés pour ne rien laisser au hasard. Faites le point avec un expert Keobiz

Prendre un rendez-vous

Le principe : votre SAS devient “transparente” fiscalement

En temps normal, la fiscalité par défaut de la SAS est l’Impôt sur les Sociétés (IS). Votre entreprise est une entité fiscale à part entière : elle calcule son résultat et paie son propre impôt. Vous, de votre côté, êtes imposé sur la rémunération ou les dividendes que vous vous versez. Il y a une frontière claire entre les deux.

Avec l’option IR, cette frontière disparaît. La SAS devient “transparente” : elle ne paie plus d’impôt elle-même. Son résultat, qu’il soit un bénéfice ou une perte, est directement attribué aux associés à hauteur de leur participation au capital. Ce sont eux qui intègrent cette quote-part dans leur propre déclaration de revenus.

L’astuce en action : le déficit de la SAS réduit votre revenu imposable

C’est là que le mécanisme devient puissant en phase de démarrage. Visualisons avec un cas concret.

Imaginons un associé unique (SASU). Son foyer fiscal déclare 50 000 € de revenus (par exemple, le salaire de son conjoint). Sa SAS, en première année de lancement, enregistre une perte de 20 000 €.

  • Sans l’option IR : Le foyer fiscal est imposé sur 50 000 €. La perte de 20 000 € reste “bloquée” dans la SAS et sera reportée sur les futurs bénéfices de l’entreprise.
  • Avec l’option IR : La perte de 20 000 € remonte dans le foyer fiscal. Le revenu global imposable n’est plus que de 50 000 € – 20 000 € = 30 000 €.

Le déficit imputable de la société vient directement gommer une partie des autres revenus du foyer. L’économie d’impôt sur le revenu peut être très significative, surtout si vous êtes dans une tranche d’imposition élevée. C’est un vrai coup de pouce pour la trésorerie personnelle les premières années.


L’option IR : un club sélect avec des conditions strictes

C’est la partie la moins fun, mais c’est là que tout se joue. Avant de rêver à l’optimisation, vérifiez si vous avez le ticket d’entrée. Attention, c’est un club sélect et les règles pour entrer sont non négociables.

Les 5 conditions à valider (pas une de moins)

Pour que votre SAS puisse prétendre à l’option IR, elle doit cocher toutes ces cases, définies par l’article 239 bis AB du Code Général des Impôts :

  • Être jeune : La société doit avoir moins de 5 ans d’existence à la date de la demande d’option.
  • Avoir une activité “réelle” : Elle doit exercer une activité principale commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Les activités de gestion de patrimoine sont exclues.
  • Ne pas être une multinationale : La SAS ne doit pas être cotée en bourse.
  • Garder une taille humaine : Son chiffre d’affaires annuel ou son total de bilan doit être inférieur à 10 millions d’euros, et elle doit employer moins de 50 salariés.
  • Avoir le bon actionnariat : C’est le point le plus technique. Les droits de vote doivent être détenus à 50% au minimum par des personnes physiques. De plus, le ou les dirigeants doivent détenir au moins 34% de ces droits de vote.

L’accord de tous les associés : une formalité décisive

Si vous n’êtes pas seul à bord, une autre condition s’ajoute : la décision d’opter pour l’IR doit être prise à l’unanimité de tous les associés. Un seul “non” et l’option est bloquée pour tout le monde. Cette décision doit être formalisée dans un procès-verbal d’assemblée générale.


Le vrai match : Option IR vs Impôt sur les Sociétés (IS) au démarrage

Maintenant que vous avez validé votre ticket d’entrée, la vraie question se pose : est-ce une bonne idée pour vous ? Pour arbitrer, projetez-vous sur deux scénarios bien distincts.

Scénario 1 : L’option IR est un vrai booster

Votre profil : Vous (ou votre foyer fiscal) disposez d’autres revenus conséquents. Par exemple, vous créez votre SAS tout en gardant un emploi à temps partiel, votre conjoint a un salaire élevé, ou vous percevez des revenus fonciers importants.

Dans ce cas, les pertes de démarrage de votre SAS vont créer une économie d’impôt substantielle, comme nous l’avons vu plus haut. C’est de l’argent que vous ne sortez pas de votre poche et que vous pouvez réinvestir dans votre projet ou utiliser pour votre quotidien. L’option IR joue alors pleinement son rôle d’amortisseur fiscal au décollage.

Scénario 2 : L’option IR est un mauvais calcul

Votre profil : Vous vous lancez à 100% dans votre projet et n’avez pas (ou très peu) d’autres revenus dans votre foyer fiscal. Ou alors, vous prévoyez une rentabilité très rapide, dès la première ou la deuxième année.

Ici, le piège se referme.

  • Si vous n’avez pas d’autres revenus : le déficit de la SAS ne peut s’imputer sur rien. Il est certes reportable sur vos revenus personnels des 6 années suivantes, mais l’avantage immédiat est nul. Vous perdez le principal intérêt du dispositif.
  • Si vous devenez rentable rapidement : le bénéfice de la SAS va remonter directement dans votre déclaration personnelle et sera taxé à votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI). Si vous êtes dans les tranches à 30%, 41% ou 45%, la note peut être salée ! À l’inverse, en restant à l’IS, vous auriez bénéficié du taux réduit de 15% sur les premiers 42 500 € de bénéfice. Comprendre le calcul de l’Impôt sur les Sociétés est clé pour cet arbitrage, tout comme la fiscalité des dividendes si vous envisagiez cette forme de rémunération.

Vous voyez le dilemme ? Le choix dépend entièrement de votre situation personnelle et de la vitesse à laquelle vous prévoyez d’être rentable. C’est un arbitrage qui ne supporte pas l’approximation.

Chaque situation est unique. Le meilleur moyen de ne pas se tromper est de poser les chiffres. Simulez votre cas avec un conseiller

Prendre un rendez-vous

Décision prise : comment activer (et désactiver) l’option ?

Vous avez pesé le pour et le contre et vous êtes décidé à lancer l’option IR. La procédure est simple, mais le timing est crucial.

La procédure pour se lancer : timing et formalités

Pour activer l’option, adressez une notification au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dont dépend votre SAS. Cette lettre doit comporter l’accord de tous les associés.

Le point de vigilance N°1 est le délai : la demande doit être envoyée dans les 3 premiers mois du premier exercice fiscal pour lequel vous souhaitez appliquer l’option. Si vous créez votre société le 1er janvier, vous avez jusqu’au 31 mars. Passé ce délai, il faudra attendre l’exercice suivant.

Préparez votre stratégie fiscale avec Keobiz et assurez-vous de prendre les bonnes décisions dès le départ.

Prendre un rendez-vous

Marre de l’administratif avant même d’avoir commencé ?

Laissez nos experts Keobiz structurer votre démarrage pendant que vous peaufinez votre produit. Nous gérons la complexité pour vous.

Créer mon entreprise gratuitement Créer mon entreprise

Et après les 5 ans ? Le retour automatique à l’IS

L’option IR n’est pas un choix à vie. Elle est valable pour une durée maximale de 5 exercices. À l’issue de cette période, ou si vous décidez d’y mettre fin plus tôt, la SAS bascule automatiquement et de manière irrévocable à l’Impôt sur les Sociétés.

Ce retour à l’IS n’est pas une punition, c’est une étape normale de la croissance de votre SAS. Mais comme toute étape clé, elle se prépare. Anticiper ce changement est essentiel pour piloter sereinement votre fiscalité et votre stratégie de rémunération. C’est à ce moment que d’autres leviers, comme certaines optimisations comme le statut Jeune Entreprise Innovante, peuvent être étudiés.

L’option IR SAS est un outil chirurgical : extrêmement efficace quand il est utilisé dans la bonne situation, mais potentiellement contre-productif si les conditions ne sont pas réunies. La clé est de ne pas la voir comme une “astuce” isolée, mais comme une brique de votre stratégie fiscale globale pour les 5 prochaines années.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.