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Votre SAS décolle : avez-vous pensé au code source de votre collaboration ?

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Vous y êtes. Les post-its couvrent le mur, le nom de domaine est réservé, et l’énergie avec votre associé est à son maximum. Vous êtes alignés sur la vision, le produit, la stratégie. Mais avez-vous parlé de ce qui se passe si l’un de vous veut vendre ses parts dans 3 ans ? Ou si une offre de rachat se présente ? C’est là qu’intervient le pacte d’associés SAS. Moins sexy que le brainstorming initial, mais c’est lui qui va sécuriser votre décollage. Il formalise les règles du jeu entre vous pour que la seule chose sur laquelle vous ayez à vous concentrer, c’est la croissance de votre boîte.

Ce qu’il faut retenir

  • Le pacte d’associés en SAS n’est pas une obligation légale, mais c’est un outil stratégique indispensable pour piloter votre collaboration.
  • À la différence des statuts qui sont publics, le pacte est un document confidentiel qui ne lie que les associés signataires.
  • Pour être efficace, il doit blinder les règles sur la gouvernance (qui décide ?), le capital (qui peut entrer ?) et les scénarios de sortie (comment on se sépare ?).
  • C’est un document vivant : pensez à le mettre à jour à chaque tournant majeur de votre entreprise (levée de fonds, arrivée d’un nouvel associé…).

Pacte d’associés en SAS : on démystifie la question de l’obligation

Allons droit au but : non, la loi n’impose pas la rédaction d’un pacte d’associés pour créer votre SAS. Vous pouvez tout à fait vous lancer sans. Mais s’en passer, c’est un peu comme développer une application sans documentation : ça fonctionne au début, quand vous êtes deux à connaître le code par cœur, puis ça devient un cauchemar à la première mise à jour ou à l’arrivée d’un nouveau développeur.

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On sait, vous avez mille choses à faire pour lancer votre projet. La paperasse peut sembler secondaire face à l’urgence de trouver vos premiers clients. C’est une réaction normale.

Pour clarifier les choses, deux documents principaux organisent votre société :

  • Les statuts : c’est le squelette de votre SAS. Ils sont obligatoires, publics (déposés au greffe) et définissent les grandes règles de fonctionnement de l’entreprise vis-à-vis des tiers. Modifier les statuts est une procédure formelle et coûteuse.
  • Le pacte d’associés : c’est le système nerveux de votre collaboration. Il est facultatif, et surtout, confidentiel. Personne d’autre que les signataires n’a à le connaître. Il précise les règles du jeu entre vous, les associés. Il est beaucoup plus souple à modifier qu’un statut.

Considérez les statuts de votre SAS comme la façade de votre maison, visible de tous. Le pacte, lui, c’est le règlement de copropriété que vous écrivez entre vous pour décider qui sort les poubelles et qui a le droit d’utiliser le barbecue le dimanche. C’est ce document qui sécurise la vie au quotidien.


Le pacte, c’est le “code source” de votre association : les clauses à blinder

Si on continue la métaphore digitale, le pacte d’associés est l’API de votre collaboration. Il définit les fonctions, les droits d’accès et les protocoles de communication pour que tout tourne sans friction. Ce document ne sert pas à préparer la guerre, mais à concevoir une collaboration fluide et évolutive.

Voici les fonctions essentielles à “coder” dans votre pacte.

Les clauses de gouvernance : qui pilote l’avion ?

Au-delà de la répartition du capital, vous devez définir clairement qui prend les décisions stratégiques au quotidien. Sans règles claires, un désaccord sur une embauche clé ou une levée de fonds peut paralyser l’entreprise.

Ici, on structure le pouvoir. Le pacte permet de définir des règles sur-mesure, beaucoup plus fines que ce que prévoient les statuts :

  • Décisions stratégiques : Listez les décisions qui ne peuvent pas être prises par le dirigeant seul. Par exemple : un investissement supérieur à 20 000 €, le recrutement d’un cadre, le changement de business model…
  • Majorité qualifiée : Pour ces décisions importantes, vous pouvez exiger une majorité renforcée (deux tiers, 75 %…) pour forcer le consensus.
  • Droit de véto : Un ou plusieurs associés peuvent disposer d’un droit de véto sur des sujets critiques pour s’assurer que leurs lignes rouges ne sont pas franchies.

L’objectif est simple : piloter l’entreprise efficacement, sans transformer chaque décision en assemblée générale. Trouvez le bon équilibre entre agilité et contrôle, ce qui passe souvent par la bonne répartition du capital entre vous.

Les clauses sur le capital : on verrouille l’actionnariat

C’est le cœur du réacteur. Votre capital, c’est votre actif le plus précieux. L’enjeu est de s’assurer que les parts de votre SAS restent entre les bonnes mains et d’éviter qu’un concurrent ou un investisseur non désiré ne s’invite à la fête.

Pour verrouiller l’actionnariat, trois clauses sont reines :

  • La clause d’agrément : Si un associé veut vendre ses parts à une personne extérieure à l’entreprise, les autres associés doivent donner leur accord (“agrément”). C’est le filtre à l’entrée.
  • La clause de préemption : Si un associé vend, les autres associés sont prioritaires pour racheter ses parts, au même prix que celui proposé par un acheteur externe. Cela permet de garder le contrôle en interne.
  • La clause d’inaliénabilité : Vous pouvez décider d’interdire purement et simplement la vente des parts pendant une certaine durée (10 ans maximum). C’est un engagement fort, souvent utilisé au démarrage pour s’assurer que les fondateurs restent investis sur le long terme.

Les clauses de sortie : anticiper le meilleur… et le pire

C’est la partie qui fait douter, celle qu’on a tendance à remettre à plus tard. Et pourtant, elle est vitale. Que se passe-t-il si un associé veut quitter l’aventure ? S’il ne s’investit plus ? Si vous recevez une offre de rachat incroyable ?

Anticiper ces scénarios à tête reposée, quand tout va bien, vous évitera des déchirements et protégera l’entreprise.

  • Good Leaver / Bad Leaver : Les clauses de Good Leaver et Bad Leaver définissent les conditions de sortie. Un “Good Leaver” (départ pour des raisons non conflictuelles) part avec ses parts à un prix juste. Un “Bad Leaver” (faute grave, démission brutale…) peut être contraint de vendre ses parts à un prix décoté.
  • Le Vesting : Le mécanisme du Vesting conditionne l’acquisition définitive des parts à une durée de présence dans l’entreprise. Un associé qui part au bout de 6 mois ne repartira pas avec 50 % de la boîte. C’est la méritocratie appliquée au capital.
  • Sortie conjointe (Tag-along / Droit de suite) : Si un majoritaire vend ses parts, les minoritaires ont le droit de vendre les leurs aux mêmes conditions. C’est une protection pour ne pas se retrouver “coincé” avec un nouvel actionnaire inconnu.
  • Sortie forcée (Drag-along / Droit d’entraînement) : Si une offre de rachat de 100 % de la société se présente et qu’elle est acceptée par les majoritaires, les minoritaires sont obligés de vendre aussi. Cela évite qu’un seul associé bloque une sortie bénéfique pour tous.

Ces mécanismes sont aussi très utiles pour savoir comment gérer un associé qui devient dormant.

Et les cas spécifiques ? (Apport en industrie, non-concurrence…)

Votre pacte est un outil sur-mesure. Vous pouvez y ajouter d’autres clauses pour coller à votre réalité :

  • Clause de non-concurrence : pour interdire à un associé sortant de monter une activité concurrente pendant une durée et dans une zone géographique définies.
  • Clause d’exclusivité : pour s’assurer que les associés clés consacrent 100 % de leur temps professionnel au projet.
  • Organisation de la sortie d’un apporteur en industrie : prévoir les modalités pour valoriser un apport en industrie est capital si l’associé concerné quitte la société.

On est d’accord, cette liste peut faire peur. C’est normal de se sentir un peu dépassé. C’est précisément le moment où un regard extérieur et expert fait toute la différence, pour traduire votre vision en clauses claires et équilibrées, sans tomber dans la paranoïa.

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En pratique : comment on lance la rédaction du pacte ?

Alors, comment on passe de l’idée à un document signé ? Inutile de se jeter sur des modèles trouvés en ligne, qui sont souvent inadaptés. Voici une feuille de route en 3 étapes.

  1. Le workshop fondateur. C’est le point de départ. Bloquez un après-midi avec vos associés. Pas d’ordinateur. Un tableau blanc, des post-its et une discussion franche. Listez tous les scénarios possibles, les “et si…”. “Et si on n’est pas d’accord sur le budget marketing ?”, “Et si l’un de nous veut déménager à l’étranger ?”, “Et si on reçoit une offre de rachat à 1 million ?”. L’objectif n’est pas de rédiger, mais de s’aligner sur les principes.
  2. L’accompagnement. Une fois vos intentions clarifiées, faites-vous aider. La rédaction finale doit être confiée à un avocat spécialisé en droit des sociétés. C’est son métier de traduire vos discussions en clauses juridiquement solides. En amont, votre expert-comptable partenaire comme Keobiz joue un rôle clé pour vous aider à cadrer les aspects financiers et stratégiques (valorisation des parts en cas de sortie, impact fiscal, etc.). C’est une étape cruciale de l’association.
  3. La signature. Le pacte est un contrat “sous seing privé”. Pas besoin de passer chez le notaire ou de le déposer au greffe. Une signature de tous les associés (ou seulement d’un groupe d’associés, c’est possible aussi) suffit pour qu’il prenne effet immédiatement.

En somme, rédiger un pacte d’associés vous donne les moyens de construire le meilleur scénario pour votre entreprise. C’est un acte de maturité pour votre projet, la preuve que vous bâtissez sur des fondations solides. C’est ce qui vous permettra, vraiment, de dormir sur vos deux oreilles.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.