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Votre feuille de calcul est ouverte : Salaire ou Dividendes en SAS, quel est le meilleur choix pour vous ?

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Vous avez lu partout qu’il fallait vous verser un petit salaire “pour la forme” et maximiser les dividendes pour échapper aux charges ? C’est le conseil de base que l’on trouve sur tous les forums. Soyons francs : pour un freelance ou un entrepreneur ambitieux, c’est souvent un très mauvais calcul à moyen terme. Ce “grand match” entre salaire et dividendes est plus subtil qu’un simple KO fiscal. Nous vous expliquons comment marquer des points à chaque round, selon votre stratégie et votre situation.

C’est la question qui vous empêche de dormir, juste après celle de trouver votre prochain client. Et c’est normal, car l’impact est énorme sur votre revenu net, votre protection sociale et la trésorerie de votre boîte. Nous n’allons pas vous donner une réponse toute faite, mais les clés pour construire VOTRE propre stratégie de rémunération en SAS, celle qui vous ressemble.

Ce qu’il faut retenir

  • Le salaire vous offre une protection sociale complète (retraite, santé) et une régularité, mais coûte cher en charges sociales pour votre SAS.
  • Les dividendes optimisent votre cash à court terme grâce à la flat tax, mais ne vous ouvrent aucun droit social et dépendent des bénéfices.
  • La stratégie la plus efficace est souvent un mix intelligent des deux, à ajuster chaque année selon vos objectifs personnels et la santé de l’entreprise.
  • L’arbitrage idéal au démarrage (avec l’ARE) n’est pas le même que celui d’une entreprise en phase de croissance ou de maturité : pilotez-le !

Les règles du jeu : Salaire et dividendes sur le ring

Avant de choisir votre camp, décryptez les deux combattants. Nous clarifions les bases, vite et bien, pour que vous puissiez comparer efficacement les options de rémunération en SAS, que ce soit via un salaire ou des dividendes.

Démarrez sur les bonnes bases. Discutons de votre projet.

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Le salaire : une charge pour l’entreprise, un revenu protégé pour vous

Le salaire du président de SAS est simple à comprendre : c’est une rémunération versée en échange de votre travail de dirigeant. Vous recevez un bulletin de paie chaque mois, et votre statut est celui d’assimilé-salarié.

Cela signifie que vous êtes rattaché au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique, à l’exception de l’assurance chômage. L’URSSAF collecte les charges sociales, qui sont divisées en deux parts : salariales (déduites de votre brut) et patronales (payées par l’entreprise).

Concrètement, pour 1000 € que votre société débourse (le “super-brut”), attendez-vous à voir environ 450-500 € arriver sur votre compte personnel après prélèvement des charges et de l’impôt à la source. Vous voulez savoir quelles sont les cotisations sociales en détail ? Nous avons une fiche pratique pour ça.

Les dividendes : une part du gâteau, directement dans votre poche (ou presque)

Les dividendes ne sont pas un salaire. C’est la distribution d’une partie du bénéfice distribuable de votre entreprise, une fois que l’Impôt sur les Sociétés (IS) a été payé. Cette décision est prise une fois par an, lors de l’assemblée générale qui approuve les comptes.

Leur grand avantage en SAS (et SASU) : ils ne sont pas soumis aux charges sociales. Ils subissent une fiscalité différente, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé “flat tax”. Ce prélèvement s’élève à 30 % du montant brut des dividendes que vous vous versez (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux).

Concrètement, pour 1000 € de bénéfice avant impôt, votre société paie d’abord l’IS (15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %). Sur les 850 € restants, si vous vous les versez en dividendes, la flat tax de 30 % s’applique. Il vous reste alors environ 595 € dans votre poche.

Le tableau comparatif pour y voir clair en 30 secondes

Critère Salaire Dividendes
Base de calcul Chiffre d’affaires Bénéfice après IS
Coût pour la société Élevé (~75-80% de charges sur le net) Faible (uniquement l’IS)
Protection sociale Maximale (retraite, maladie, etc.) Nulle
Régularité Mensuelle Annuelle (en général)
Imposition perso Barème progressif IR Flat tax 30% (ou option barème)

Round 1 : Le salaire, le choix de la sécurité et de la vision long terme

Oui, nous le savons. Les charges sociales sur un salaire de dirigeant de SAS peuvent faire mal. On a l’impression que la moitié du budget part avant même d’arriver sur notre compte. Mais ce coût n’est pas une perte sèche, il vous permet de construire votre avenir et de sécuriser votre présent.

Votre bouclier social : retraite, santé, prévoyance

Ce que vous versez à l’URSSAF “achète” votre tranquillité d’esprit. Un salaire vous permet de valider des trimestres pour votre retraite, de bénéficier d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, et d’être couvert par une prévoyance en cas de coup dur.

Le concret écrase l’abstrait : un salaire, même modeste (autour de 600 € brut par mois), suffit souvent à valider vos 4 trimestres de retraite pour l’année. C’est un investissement direct dans votre futur.

Un signal de confiance pour vos projets de vie

Essayez de demander un prêt immobilier ou de louer un appartement en ne présentant que des procès-verbaux de distribution de dividendes… C’est souvent mission impossible. Les banquiers et les agences immobilières sont rassurés par des fiches de paie régulières. C’est un signal de stabilité et de solvabilité qui peut débloquer vos projets personnels. La Fiche de paie obligatoire devient alors votre meilleur allié.

Lisser vos revenus et piloter votre budget

Vous verser un salaire fixe chaque mois apporte un confort psychologique non négligeable. Vous pouvez piloter votre budget personnel, anticiper vos dépenses et éviter les montagnes russes financières liées à un versement annuel. Cette régularité vous permet de vous concentrer sur ce qui compte : le développement de votre activité.


Round 2 : Les dividendes, le sprint pour optimiser le cash

C’est tentant. Voir le bénéfice de votre SAS se transformer quasi directement en cash sur votre compte, avec une fiscalité qui semble plus douce. Nous comprenons l’attrait. Cette option est un excellent outil pour accélérer, à condition de bien en mesurer les contreparties.

L’avantage fiscal de la “flat tax”

L’atout majeur des dividendes, c’est la simplicité et la prévisibilité de la flat tax dividendes. Le PFU de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) s’applique quel que soit le montant que vous vous versez. Pas de mauvaise surprise avec les tranches progressives de l’impôt sur le revenu. C’est une solution efficace pour booster votre revenu net disponible à court terme.

Le combo gagnant avec Pôle Emploi (ARE)

C’est la stratégie de démarrage la plus connue des créateurs de SAS. Si vous bénéficiez de l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), vous pouvez la maintenir intégralement tant que vous ne vous versez pas de salaire. Les dividendes n’étant pas considérés comme un revenu du travail, ils n’impactent pas vos allocations. C’est un excellent moyen de sécuriser vos revenus personnels le temps que votre entreprise décolle. Vous vous demandez si vous pouvez cumuler ses indemnités chômage dans votre situation ? Nous vous expliquons les règles.

Les limites à ne pas ignorer

Rappelons les points faibles de cette stratégie : elle ne vous ouvre aucune protection sociale. Zéro euro versé en dividende ne cotisera jamais pour votre retraite ou votre couverture maladie. De plus, le versement est généralement annuel et surtout, il est conditionné à l’existence d’un bénéfice. Pas de bénéfice, pas de dividendes. C’est une rémunération opportuniste, pas structurelle.

Besoin d’une simulation claire ? Nos experts sont là pour ça.

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Le verdict : construire votre stratégie de rémunération sur-mesure

Alors, que faire ? La bonne réponse dépend de votre situation. L’optimisation de votre rémunération de dirigeant de SAS n’est pas une science exacte, c’est un arbitrage à piloter. Analysons les 3 scénarios les plus courants pour vous aider à décider.

Scénario 1 : Le décollage (création avec ARE)

Vous lancez votre activité et vous êtes éligible aux aides de Pôle Emploi.

Stratégie : Optez pour l’absence de salaire afin de maintenir 100 % de vos ARE. Vous laissez la trésorerie dans l’entreprise pour réinvestir. En fin d’année, si les bénéfices sont au rendez-vous, vous vous versez des dividendes.

Objectif : Maximiser le cash disponible au démarrage, pour l’entreprise comme pour vous. C’est parfaitement logique et légal de ne pas rémunérer le Président dans cette phase.

Scénario 2 : La croissance (le mix intelligent)

Votre SAS a 1 ou 2 ans, le chiffre d’affaires est stable et vous n’avez plus l’ARE.

Stratégie : Versez-vous un salaire “d’arbitrage”. Il s’agit d’un salaire modeste, juste suffisant pour valider vos trimestres de retraite et bénéficier d’une couverture sociale de base (par exemple, 10 000 à 15 000 € bruts annuels). Vous complétez cette base avec un versement de dividendes en fin d’exercice.

Objectif : Commencer à construire votre protection sociale sans plomber la trésorerie. C’est le scénario le plus courant et le plus équilibré pour les freelances et TPE en phase de croissance.

Prêt à optimiser votre rémunération ? Parlons-en.

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Scénario 3 : La maturité (la protection maximale)

Votre entreprise est bien installée, les revenus sont récurrents et solides. Vos priorités personnelles évoluent.

Stratégie : Augmentez significativement la part du salaire dans votre rémunération globale et réduisez celle des dividendes.

Objectif : Maximiser vos droits à la retraite, optimiser votre prévoyance pour protéger votre famille, et profiter pleinement du fait que votre salaire est une charge déductible, ce qui diminue le résultat imposable à l’IS.

Avant de choisir, assurez-vous de bien maîtriser les étapes clés de la rémunération des dirigeants de SAS.

Vous l’avez compris, il n’y a pas de champion universel dans le grand match rémunération SAS salaire dividendes. Le meilleur choix est un arbitrage, une décision stratégique à réévaluer chaque année avec un partenaire qui comprend vos ambitions et votre contexte. Votre expert-comptable n’est pas là pour appliquer une formule, mais pour co-construire cette stratégie avec vous, pour que vous puissiez dormir sur vos deux oreilles.

Et vous, où en êtes-vous dans votre réflexion ?

Prêt à lancer votre projet ? Retrouvez notre guide complet pour créer une SAS.

Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.