Freelance, prêt à agir ? Capital, statuts, banque : les 3 piliers de votre SASU
Être accompagné →Votre prévisionnel est calé dans un Google Sheet impeccable, votre business plan est mappé sur Miro ou Notion. Tout est prêt, en théorie. Et maintenant ? Vous devez donner corps à ce projet. L’étape 5 est ce moment charnière où vous passez du digital au juridique. Déposer un capital, rédiger des statuts, ouvrir un compte pro… Ces trois actions sont les premières briques de votre future entreprise, bien plus que de simples cases à cocher. Voyons comment les poser intelligemment pour la préparation de votre création de SASU.
Ce qu’il faut retenir
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Capital social : Visez plus que le 1€ symbolique. Un capital de 1000€ est un signal fort de crédibilité pour votre banque et vos futurs partenaires.
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Statuts : Votre objet social doit être assez large pour ne pas brider vos ambitions futures. C’est la clause la plus stratégique de vos statuts.
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Banque pro : Le choix de la banque (surtout en ligne) conditionne la vitesse de votre création. C’est elle qui vous délivre l’attestation de dépôt, le sésame final.
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Chronologie : Ne mélangez pas les étapes. D’abord les statuts (au moins un projet), puis la banque, puis le dépôt du capital pour obtenir l’attestation.
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Créer sa SASU, étape 5 : le guide pour le capital, les statuts et la banque
Vous quittez la simulation pour le concret. C’est ici que votre projet prend une forme légale et financière. Les trois piliers que sont le Capital, les Statuts et la Banque sont les fondations de votre société. C’est là que les erreurs coûtent le plus cher et que le doute s’installe. Normal, vous engagez votre projet pour de bon.
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Prendre un rendez-vousLe capital social : muscler votre crédibilité dès le départ
On vous a sûrement dit que 1€ suffisait pour le capital de votre SASU. Techniquement, c’est vrai. Stratégiquement, c’est souvent une erreur. Le capital social est bien plus qu’une ligne administrative : c’est la première preuve de votre sérieux. C’est le message que vous envoyez aux banques, à vos fournisseurs et même à vos premiers gros clients. Un capital trop faible peut laisser penser que vous n’avez pas confiance en votre propre projet. Arbitrez intelligemment ce montant pour rassurer vos futurs partenaires et anticiper vos besoins.
En suivant ce guide, vous construisez pas à pas votre société. Pour une vision d’ensemble, vous pouvez toujours consulter ce guide complet pour créer votre SASU.
Définir le montant : le mythe du 1€ symbolique
Démystifions tout de suite cette idée du capital à 1€. Oui, la loi l’autorise. Mais dans la pratique, c’est une porte que vous fermez à de nombreuses opportunités. Imaginez la scène : vous allez voir votre banquier pour un prêt de 10 000€ afin de financer du matériel. Il regarde votre Kbis et voit “Capital social : 1€”. Quel message cela envoie-t-il sur votre capacité à investir dans votre propre business ?
Les risques concrets sont doubles :
- Difficulté d’accès au financement : Les banques seront beaucoup plus frileuses à vous prêter de l’argent. Votre engagement personnel semble quasi inexistant.
- Méfiance des partenaires : Un fournisseur qui doit vous avancer de la marchandise ou un grand compte qui s’apprête à signer un contrat de plusieurs milliers d’euros avec vous peut être refroidi par ce manque apparent de solidité financière.
Alors, quel est le bon montant ? Il n’y a pas de réponse universelle, mais un ordre de grandeur réaliste pour un freelance qui démarre est souvent de 1000 €. Ce n’est pas une somme insurmontable, mais elle envoie un signal clair : votre projet est sérieux et vous y croyez. C’est un premier pas pour muscler votre crédibilité avant même d’avoir signé votre premier client.
Pour approfondir les implications de ce choix, consultez notre analyse détaillée : Le capital à 1€ : vraiment une bonne idée ?.
Choisir la nature des apports : cash ou matériel ?
Le capital social ne se résume pas forcément à un virement bancaire. Il peut être constitué de deux types d’apports. Comprendre la différence vous permet d’optimiser la constitution de votre capital sans forcément sortir beaucoup de trésorerie.
1. L’apport en numéraire : le cash C’est le plus simple et le plus courant. Il s’agit de l’argent que vous versez sur le compte bancaire de la société en formation. Pour un capital de 1000 €, vous faites un virement de 1000 €. C’est clair, net et facile à justifier.
2. L’apport en nature : le matériel Vous avez déjà un Mac M3, un écran professionnel, une voiture ou des outils que vous comptez utiliser pour votre activité ? Ils ont de la valeur. Vous pouvez les “apporter” à votre société et leur valeur viendra constituer tout ou partie de votre capital social.
Comment ça marche ?
- Évaluation : Vous devez estimer la valeur de chaque bien. Pour du matériel informatique récent, la facture d’achat est une bonne base. Pour un véhicule, la cote Argus fait foi.
- Le commissaire aux apports : Si la valeur d’un seul bien dépasse 30 000 €, ou si la valeur totale de vos apports en nature dépasse 50% du capital social, vous devez faire appel à un commissaire aux apports pour valider ces estimations. Mais rassurez-vous : pour la majorité des freelances qui apportent un ordinateur et quelques logiciels, on reste bien en dessous de ces seuils. La procédure est donc simple et se fait sous votre propre responsabilité.
La combinaison des deux est souvent une solution intelligente. Vous pouvez par exemple apporter un ordinateur d’une valeur de 1500 € et compléter avec 500 € en numéraire pour atteindre un capital social de 2000 €.
Pour les détails techniques de cette procédure, on vous guide ici : Apport en numéraire vs en nature : le match.
La rédaction des statuts : le “code source” de votre entreprise
On arrive à la partie qui peut sembler la plus rébarbative. Les statuts. On pourrait voir ça comme de la paperasse juridique indigeste. Imaginez-les plutôt comme le code source ou le système d’exploitation de votre entreprise. C’est le document qui définit toutes les règles du jeu : qui dirige, quelles sont les limites de l’activité, comment les décisions sont prises.
Oui, c’est une étape exigeante. Mais la survoler maintenant en téléchargeant un modèle générique, c’est s’assurer des bugs et des blocages plus tard. Chaque clause a son importance. Avant de vous lancer dans la rédaction, assurez-vous que les décisions fondamentales sont prises. Avant ça, avez-vous bien cadré votre rémunération (étape 3) ? Et êtes-vous au clair sur votre fiscalité (étape 4) ? Ces choix influencent directement certaines clauses de vos statuts.
L’objet social : la clause qui peut tout changer
Parmi toutes les clauses, s’il y en a une sur laquelle vous devez passer du temps, c’est bien l’objet social. Il définit le périmètre exact de toutes les activités que votre société a le droit d’exercer. C’est le cadre de votre terrain de jeu. Un objet social trop restrictif peut devenir un véritable boulet.
Prenons un exemple concret. Vous êtes développeur et vous rédigez : “Développement de sites web sous WordPress”. C’est précis, mais c’est une cage. Le jour où vous voulez proposer de la formation, du conseil en stratégie digitale ou du développement sur une autre technologie, vous êtes bloqué. Votre société n’a légalement pas le droit de facturer ces prestations. Vous seriez obligé de faire une modification des statuts : une procédure coûteuse (environ 200-300€) et administrativement lourde.
La bonne pratique est de structurer votre objet social en deux temps :
- Une description précise de votre activité principale : “Le conseil et la prestation de services dans le domaine du numérique, notamment le développement de sites internet et d’applications web.”
- Une formule d’ouverture plus large : “…et plus généralement, toutes opérations industrielles, commerciales, financières, mobilières ou immobilières, se rattachant directement ou indirectement à l’objet social ou susceptibles d’en faciliter l’extension ou le développement.”
Cette structure vous permet d’être clair sur votre cœur de métier tout en vous laissant la flexibilité d’évoluer. Vous voulez pivoter, ajouter une corde à votre arc ? Pas de problème, votre “code source” l’a déjà anticipé.
Pour des exemples et une méthode pas à pas, suivez notre guide : Comment rédiger votre objet social sans vous mettre dans un coin.
Président et Directeur Général : faut-il vraiment s’encombrer ?
Dans les statuts, vous devez désigner le dirigeant. En SASU, il s’agit du Président. C’est vous. Mais les statuts permettent aussi de nommer un Directeur Général (DG) pour vous seconder. La question se pose alors : est-ce une bonne idée ?
Pour vous, freelance qui vous lancez en solo, la réponse est non dans 99% des cas. Pourquoi est-on parfois tenté ? On peut imaginer nommer un conjoint ou un proche pour qu’il ou elle participe à l’aventure. Mais attention aux implications. La nomination d’un DG entraîne des responsabilités juridiques et sociales pour cette personne. S’il est rémunéré, cela implique l’édition d’un bulletin de paie et le paiement de charges sociales.
Soyons francs : en tant qu’associé unique, vous avez déjà tous les pouvoirs. La nomination d’un Directeur Général ajoute une couche de complexité administrative inutile à ce stade. Concentrez-vous sur l’essentiel : vous nommer Président. C’est la structure la plus simple, la plus agile et la plus adaptée pour démarrer.
Vous hésitez encore ? Notre article tranche la question : Faut-il nommer un Directeur Général ?
Rédiger des statuts parfaits quand on n’est pas juriste, c’est un défi. Entre les modèles gratuits incomplets et les options payantes opaques, difficile de s’y retrouver. Pourtant, une clause mal rédigée peut vous coûter des milliers d’euros plus tard.
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Prendre un rendez-vousLe compte pro et le dépôt de capital : débloquer la dernière étape
Vous avez arbitré le montant de votre capital et vos statuts sont prêts. L’étape suivante est le geste qui rend tout officiel : le dépôt des fonds sur un compte bancaire professionnel ouvert au nom de votre “société en formation”. C’est une étape incontournable. Pas de compte pro, pas d’attestation de dépôt. Pas d’attestation, pas d’immatriculation. C’est aussi simple que ça.
Le choix de la banque n’est donc pas anodin. Il va conditionner la rapidité de cette démarche et la fluidité de votre gestion quotidienne future. C’est le moment de sélectionner le partenaire bancaire qui va accélérer votre lancement, pas le freiner.
Choisir sa banque : néobanque agile ou agence traditionnelle ?
Pour un “digital native” comme vous, le paysage bancaire a bien changé. Deux mondes s’affrontent, chacun avec ses avantages.
1. Les banques en ligne et néobanques (Shine, Qonto, etc.)
- Les plus : Ouverture de compte 100% en ligne en quelques minutes. Tarifs très compétitifs (souvent moins de 10€/mois). Interfaces modernes et connectées à vos outils de gestion. L’obtention de l’attestation de dépôt de capital est souvent plus rapide.
- Les moins : Pas d’interlocuteur physique. Pas de chéquier ou de possibilité de dépôt d’espèces. Moins adaptées pour des besoins de financement complexes (prêts importants).
2. Les banques traditionnelles (Crédit Agricole, BNP Paribas, etc.)
- Les plus : Un conseiller dédié que vous pouvez rencontrer. Une gamme de services plus large (crédit-bail, affacturage, prêts à l’investissement). La possibilité de déposer chèques et espèces facilement.
- Les moins : Procédures d’ouverture plus longues et plus lourdes. Tarifs souvent plus élevés. Interfaces web et mobiles parfois datées.
Pour un freelance en SASU qui démarre, dont les besoins sont principalement un compte pour encaisser ses clients et payer ses charges, et qui valorise la rapidité et l’efficacité… on parie que vous penchez pour la première option. Les néobanques sont conçues pour votre usage : agiles, économiques et parfaitement intégrées à un mode de travail numérique.
Pour faire votre choix éclairé, consultez notre comparatif : banque en ligne ou traditionnelle pour votre SASU.
Obtenir l’attestation de dépôt de fonds : le sésame
Une fois la banque choisie, le processus pour obtenir le document clé est simple et rapide. Il se déroule en trois temps, comme une checklist.
- Ouvrir le compte pro “en formation” : Vous fournissez à la banque votre projet de statuts (même non signé) et une pièce d’identité. La banque vous ouvre alors un compte temporaire bloqué.
- Virer le montant du capital : Vous effectuez le virement correspondant à vos apports en numéraire depuis votre compte personnel vers ce nouveau compte professionnel.
- Recevoir l’attestation : Une fois les fonds reçus, la banque génère l’attestation de dépôt de fonds et vous l’envoie par email, généralement sous 48 à 72 heures.
Ce document PDF est INDISPENSABLE. C’est la preuve officielle que vous avez bien versé le capital promis dans vos statuts. Vous devrez le joindre à votre dossier d’immatriculation. Gardez-le précieusement, c’est le dernier ticket d’entrée avant la création officielle de votre société.
Retrouvez toutes les astuces pour accélérer cette démarche dans le guide pour obtenir votre attestation de dépôt des fonds.
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Conclusion
Le capital est posé, les règles du jeu sont écrites dans vos statuts, et le compte en banque est ouvert. Vous avez les trois documents clés en main : les statuts signés, l’attestation de dépôt de fonds et la preuve de publication de votre annonce légale (on verra ça à la prochaine étape). Votre SASU n’est plus un projet dans Notion, elle a une existence juridique et financière. Vous avez posé des fondations saines.
Votre capital est déposé, vos statuts sont prêts, l’attestation est dans votre boite mail. Vous avez toutes les cartes en main pour lancer la dernière fusée : l’immatriculation. Mais avant d’appuyer sur le bouton, une dernière vérification s’impose.
Vous avez réussi la préparation de votre création de SASU. Vous êtes maintenant prêt pour le décollage : passons à l’immatriculation (étape 6).
Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.