SASU : ARE ou ARCE, quel chemin financier pour votre projet ?
Être accompagné →La feuille de calcul est ouverte. D’un côté, le montant de l’ARCE, tentant, qui pourrait financer ce nouvel ordinateur ou cette campagne de pub. De l’autre, la sécurité des ARE, un virement mensuel qui garantit de payer le loyer sans toucher à la trésorerie de votre SASU. Vous avez lu les conditions, vous avez fait les simulations. Mais la décision reste bloquée. Normal. Ce choix dépasse le simple cadre administratif : c’est le premier vrai pari stratégique que vous faites pour votre boîte après la création de votre SASU. Parmi toutes les aides à la création d’entreprise, celle-ci est la plus structurante. On décortique ça ensemble.
Ce qu’il faut retenir
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L’ARCE : un capital de 60% de vos droits France Travail, idéal pour un projet nécessitant un fort investissement initial mais qui supprime votre revenu mensuel.
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Le maintien des ARE : une sécurité mensuelle parfaite pour les activités de service (freelance, conseil) et pour piloter une croissance progressive sans pression.
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La SASU est le statut idéal pour l’ARE : sans rémunération, vous cumulez 100% de vos droits et pouvez vous verser des dividendes après le premier bilan.
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Votre choix est stratégique : il consiste à sélectionner l’aide la plus adaptée à votre projet et à votre tolérance au risque.
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ARE, ARCE : on révise les bases en 60 secondes
Pas de jargon, juste l’essentiel pour poser le cadre. Vous connaissez probablement déjà ces deux acronymes, mais clarifions leur rôle exact pour la suite.
Simuler votre situation avec un expert
L’ARE : votre parachute de sécurité mensuel
L’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), c’est tout simplement le maintien de vos allocations chômage. France Travail vous verse chaque mois une partie de vos droits, comme si vous étiez en recherche d’emploi. C’est votre revenu de remplacement, qui sécurise vos finances personnelles pendant que vous lancez l’activité.
Le chiffre clé à retenir est simple : si en tant que président de SASU, vous décidez de ne pas vous verser de rémunération, vous maintenez 100% de vos ARE.
L’ARCE : votre capital de départ boosté
L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) est une option radicalement différente. Vous demandez à France Travail de vous verser une partie de vos droits restants sous forme de capital, en deux fois.
Le chiffre clé : l’ARCE correspond à 60% du montant total de vos droits ARE restants. Le premier versement a lieu à la création, le second six mois plus tard si l’activité existe toujours. Attention, première étape obligatoire pour l’ARCE : l’obtention de l’ACRE.
Le vrai choix : le sprint ou le marathon pour votre SASU ?
C’est ici que la décision se joue vraiment. Oubliez un instant les pourcentages, et posez-vous la seule question qui compte : quel type de départ je veux pour ma boîte ?
Option 1 : L’ARCE, le sprint pour un décollage rapide
Choisir l’ARCE, c’est décider d’accélérer dès le premier jour. C’est un pari sur une croissance rapide, financée par un apport de cash immédiat.
- Pour qui ? Les projets qui nécessitent un investissement initial important. On pense aux e-commerçants qui doivent acheter du stock, aux développeurs qui financent un logiciel, aux artisans qui s’équipent en matériel coûteux, ou à ceux qui prévoient un budget publicitaire de lancement conséquent.
- Avantages concrets : Vous pouvez injecter ce capital directement dans votre SASU pour rassurer les banques et financer les premiers mois sans chiffre d’affaires. C’est un boost de trésorerie qui permet de voir plus grand, plus vite.
- Le revers de la médaille : Le chômage s’arrête. Vous n’avez plus de revenus personnels réguliers garantis par France Travail. La pression sur la rentabilité est donc maximale dès le début. Si le lancement est plus lent que prévu, votre trésorerie personnelle peut vite en pâtir. C’est un risque plus élevé.
Option 2 : Le maintien des ARE, le marathon pour une croissance sécurisée
Opter pour le maintien des ARE, c’est choisir de sécuriser et de piloter votre croissance sur la durée. C’est une stratégie de prudence et de maîtrise.
- Pour qui ? C’est la voie royale pour la majorité des freelances et consultants en SASU, dont les investissements de départ sont faibles (un ordinateur, quelques logiciels). C’est aussi idéal pour les projets innovants qui ont besoin de temps pour tester leur marché et ajuster leur offre, ou tout simplement pour les entrepreneurs qui préfèrent la sécurité.
- Avantages concrets : Vous bénéficiez d’un “salaire” garanti chaque mois qui couvre vos charges personnelles. La trésorerie de votre SASU, elle, reste 100% dédiée à l’activité (vos premiers contrats, vos petites dépenses). La pression psychologique est infiniment moindre, ce qui est un atout majeur pour prendre de bonnes décisions.
- Le revers de la médaille : Vous ne disposez pas d’un boost de trésorerie initial pour investir massivement. Certains projets peuvent être freinés par ce manque de capital de départ. Il y a aussi une petite complexité administrative : vous devez vous actualiser chaque mois auprès de France Travail.
SASU : le statut qui change tout pour l’arbitrage ARE / ARCE
Le fait d’avoir choisi la SASU n’est pas un détail. C’est ce statut qui vous offre une flexibilité unique pour optimiser votre situation.
L’impact de votre rémunération (ou non-rémunération)
En SASU, en tant que président, vous décidez de votre rémunération via un procès-verbal d’assemblée générale. C’est cette spécificité qui permet le montage le plus courant et le plus avantageux : fixer votre rémunération à 0 €.
En l’absence de revenus professionnels issus de votre société, France Travail maintient l’intégralité de vos allocations. C’est la clé du cumul intégral de vos ARE avec votre projet.
Dividendes et ARE : le duo gagnant (mais attention au timing)
“Mais comment je me paie si je n’ai pas de rémunération ?”. C’est là que les dividendes entrent en jeu. La bonne nouvelle, c’est que France Travail ne considère pas les dividendes comme un salaire. Vous pouvez donc toucher 100% de vos ARE et, en parallèle, vous verser des dividendes.
Le piège à anticiper : les dividendes ne sont versés qu’une seule fois par an, après la validation des comptes lors de votre première assemblée générale. Cela signifie que vous ne toucherez rien de la société avant 12 à 18 mois. L’ARE est donc votre seul revenu régulier la première année.
Et avec l’ARCE ? La liberté totale de rémunération
Si vous optez pour l’ARCE, la situation est plus simple. Une fois que vous avez reçu le capital, le lien avec France Travail est (presque) rompu. Vous êtes totalement libre de vous verser un salaire ou d’attendre les dividendes, quand vous le souhaitez et du montant que vous décidez, sans aucun impact sur l’aide déjà perçue.
Le choix entre salaire immédiat avec l’ARCE ou dividendes différés avec les ARE a un impact fiscal et social direct. C’est une optimisation fine qui se calcule dès le début.
Obtenir un prévisionnel chiffré
Le tableau de bord pour décider : ARE vs ARCE en SASU
Pour y voir clair, voici un résumé comparatif.
| Critère | Maintien des ARE (Le Marathon) | Versement de l’ARCE (Le Sprint) |
|---|---|---|
| Trésorerie de l’entreprise au lancement | Faible. Dépend de vos apports personnels ou des premiers clients. | Élevée. 60% de vos droits injectés comme capital de départ. |
| Revenus personnels garantis | Élevés. 100% de vos allocations chômage chaque mois. | Nuls. Vous dépendez de la capacité de l’entreprise à vous rémunérer. |
| Protection sociale (maladie/retraite) | Maintenue via France Travail. Vous ne cotisez pas avec la SASU. | Dépend de votre rémunération. Sans salaire, pas de protection sociale. |
| Flexibilité de rémunération | Faible la 1ère année. 0€ de salaire pour maintenir les ARE. Dividendes possibles après 1 an. | Totale. Vous pouvez vous verser un salaire ou des dividendes dès le début. |
| Charge administrative mensuelle | Existante. Actualisation mensuelle auprès de France Travail. | Nulle. Une fois la demande faite, le lien est rompu. |
| Profil de risque | Faible. Sécurisation des revenus personnels, croissance maîtrisée. | Élevé. Pression sur la rentabilité, pas de filet de sécurité. |
C’est décidé. Comment on fait, concrètement ?
Une fois votre stratégie arrêtée, les démarches sont assez directes.
Vous optez pour l’ARCE
- Obtenir l’ACRE : C’est le prérequis indispensable. La demande se fait auprès de l’URSSAF au moment de la création de votre SASU.
- Remplir le formulaire : Une fois l’ACRE obtenue, vous devez remplir le formulaire de “Demande d’aide à la reprise ou à la création d’entreprise” et le transmettre à votre agence France Travail.
- Attendre le premier versement : Il intervient généralement quelques semaines après la validation de votre dossier.
Pour aller plus loin :
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Vous choisissez le maintien des ARE
- S’actualiser chaque mois : Vous devez continuer à faire votre actualisation mensuelle sur le site de France Travail, en déclarant être toujours à la recherche d’un emploi.
- Déclarer 0€ de revenus : Dans la section revenus professionnels, vous déclarez 0 euro perçu. C’est le point clé de votre déclaration mensuelle.
- Fournir les justificatifs : France Travail peut vous demander de prouver votre absence de rémunération. Préparez le procès-verbal d’AG décidant de votre non-rémunération ou une attestation de non-rémunération.
Alors, sprinter ou marathonien ? Votre choix entre le maintien des ARE ou le versement en capital (ARCE) en SASU est bien plus qu’une case à cocher. Il dessine la trajectoire de votre première année d’activité.
Que vous soyez sprinter ou marathonien, l’important est de lancer votre SASU sur des bases financières saines et cohérentes avec vos ambitions. C’est la clé pour dormir sur vos deux oreilles.
Vos ressources complémentaires sur ce sujet :
Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.