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Votre SAS décolle : Comment rédiger un pacte d’associés qui protège vraiment ?

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Vous venez de télécharger un “modèle_pacte_final_v2.docx”. C’est un bon réflexe. Sauf que ce document générique est comme un costume taille unique : il ne va bien à personne. Il ne sait rien de votre ambition, de la répartition des rôles entre vous, ou de votre vision pour une future levée de fonds. Avant de remplir les blancs, posons-nous les vraies questions. Ce document n’est pas une formalité à expédier, c’est l’assurance vie de votre SAS.

Stop au copier-coller : Pourquoi un modèle de pacte d’associés ne suffit pas

On le sait, la tentation de télécharger un modèle de pacte d’associés gratuit, de le signer en cinq minutes et de passer à autre chose est forte. Vous voulez avancer, lancer le projet, vous concentrer sur le business. C’est normal. Mais cette étape, si elle est négligée, peut faire dérailler les projets les plus prometteurs.

La première chose à clarifier, c’est la différence avec les statuts de la SAS. Vos statuts de SAS sont le document fondateur de votre société. Ils sont publics, déposés au Greffe du Tribunal de commerce, et visibles par tous. Leur modification est une procédure formelle et parfois coûteuse.

Le pacte d’associés, lui, est un acte sous seing privé. Son super-pouvoir ? La confidentialité. Il n’engage que ses signataires et son contenu reste secret. C’est dans ce document que vous allez pouvoir organiser vos relations sur-mesure, avec une souplesse impossible à atteindre dans les statuts.

Le risque d’un modèle générique ? Il ne peut pas anticiper votre réalité. Imaginez : votre associé-clé, celui qui porte toute la partie tech, décide de partir après un an. Le modèle que vous avez téléchargé ne prévoit rien de spécifique. Il peut vendre ses actions à n’importe qui, peut-être même à un concurrent. Un pacte bien rédigé aurait pu prévoir une clause l’obligeant à vous céder ses actions à un prix défini, protégeant ainsi l’entreprise. C’est ce genre de scénario catastrophe qu’un bon pacte permet d’éviter.

Vous l’avez compris, la différence entre un pacte générique et un pacte sur-mesure, c’est la différence entre un parapluie troué et une véritable armure pour votre projet. Chaque clause doit être pensée pour votre situation unique.

Discutons de votre projet


Les clauses à blinder pour dormir sur ses deux oreilles

Un pacte d’associés efficace n’est pas une accumulation de jargon juridique. C’est une série de réponses à des questions simples : “Que se passe-t-il si… ?”. Voici la checklist des clauses à blinder pour sécuriser votre aventure commune.

Verrouiller le capital : qui entre et qui sort ?

Le capital de votre société, c’est le cœur du réacteur. Maîtriser ses mouvements est votre priorité numéro un. Deux clauses sont fondamentales pour cela.

La clause d’agrément : Votre droit de veto

C’est simple : cette clause oblige tout associé qui souhaite vendre ses actions à un tiers (une personne extérieure à la société) à obtenir l’accord préalable des autres associés. Sans cet agrément, la vente est bloquée. C’est l’outil parfait pour éviter de voir débarquer dans votre capital le cousin de votre associé qui n’y connaît rien, ou pire, un concurrent. Vous gardez le contrôle total sur qui devient votre partenaire.

La clause de préemption : Votre droit de priorité

Imaginez que votre associée veuille vendre ses parts. La clause de préemption vous donne, à vous et aux autres signataires du pacte, la priorité pour les racheter, au même prix et aux mêmes conditions que celles proposées au tiers acheteur. C’est le droit de dire “moi d’abord !”.

Exemple concret : Votre associé détient 30% du capital et trouve un acheteur prêt à lui racheter ses actions pour 50 000 €. Grâce à la clause de préemption, il doit d’abord vous proposer de les racheter pour 50 000 €. Vous avez ainsi la possibilité de consolider votre participation ou de trouver un nouvel associé de confiance, au lieu de subir l’arrivée d’un inconnu. Pour tout comprendre sur la cession d’actions de SAS : comment vendre ses parts et quelle est la fiscalité ?, notre guide est là.

Anticiper les départs : les clauses de “leaver”

C’est la partie dont personne ne veut parler, mais qui sauve les entreprises. Que se passe-t-il quand l’un des fondateurs quitte le navire ? Les clauses de “leaver” organisent cette sortie pour protéger la société.

On distingue deux cas :

  • Le Good Leaver : L’associé part pour des raisons “acceptables” et non conflictuelles (changement de projet de vie, maladie, départ négocié…). Dans ce cas, il est obligé de céder ses actions, mais à un prix “juste”, souvent la valeur de marché déterminée par un expert.
  • Le Bad Leaver : L’associé est renvoyé pour faute grave, démissionne brutalement ou monte une activité concurrente. La sanction est financière : il est contraint de vendre ses actions à un prix fortement décoté (par exemple, leur valeur nominale d’origine ou la valeur de marché moins une décote de 30%).

Cette distinction dissuade les comportements nuisibles et assure que le capital reste entre les mains de ceux qui s’investissent dans le projet.

Piloter la société : les clauses de gouvernance

Au-delà du capital, le pacte organise le pouvoir et la prise de décision. Vous pouvez y définir des règles beaucoup plus précises que dans les statuts.

  • Décisions stratégiques à l’unanimité : Vous pouvez lister les décisions qui nécessiteront l’accord de 100% des associés signataires, même si l’un d’eux est minoritaire. Exemples : changer l’activité principale, contracter un emprunt supérieur à 20 000 €, recruter un salarié clé.
  • Clause de nomination du dirigeant : Pour vous assurer que la direction de l’entreprise reste entre des mains de confiance.
  • Droit d’information renforcé : Pour garantir à certains associés un accès régulier à des informations financières ou stratégiques détaillées.

Ces décisions doivent être tracées. Pour vous aider, n’hésitez pas à utiliser notre Modèle de Procès-Verbal d’Assemblée Générale pour formaliser les décisions importantes.

Good leaver, bad leaver, droit de préemption, unanimité… Le jargon peut vite donner le vertige. Normal, ce sont des décisions qui engagent l’avenir de votre entreprise pour les années à venir. C’est l’étape qui fait douter.

Un expert Keobiz pour y voir clair


En pratique : comment rédiger et faire vivre votre pacte ?

Alors, comment on passe de la théorie à un document signé qui vous protège vraiment ? Voici un plan d’action en trois étapes.

Étape 1 : Le workshop entre associés.

Avant même d’ouvrir un traitement de texte, enfermez-vous dans une pièce. L’objectif : mettre sur la table tous les scénarios, même ceux qui fâchent. Personne n’aime imaginer une séparation ou un conflit, mais le faire maintenant, à froid, vous évitera des déchirements plus tard. Posez-vous les bonnes questions :

  • Qui prend les décisions au quotidien ? Et pour les décisions stratégiques ?
  • Que se passe-t-il si l’un de nous veut arrêter dans 2 ans ? À quel prix rachète-t-on ses parts ?
  • Comment valorise-t-on la société si on n’est pas d’accord ?
  • A-t-on le droit de monter un autre projet en parallèle ?

Étape 2 : La rédaction.

Une fois les grands principes alignés, vous pouvez commencer à rédiger. C’est là que notre modèle de pacte d’associés devient utile : il vous sert de trame, de checklist pour n’oublier aucune clause essentielle. Mais ne vous arrêtez pas là. Chaque clause doit être adaptée à vos réponses de l’étape 1. Puis, faites valider cette version par un professionnel, un avocat ou votre expert-comptable. Cet œil extérieur sécurise juridiquement vos intentions.

Étape 3 : La signature et la vie du pacte.

Le pacte est signé par tous les associés concernés. Conservez-en un exemplaire chacun. Surtout, comprenez qu’il n’est pas gravé dans le marbre. Votre pacte doit vivre et évoluer avec votre entreprise. Quand le modifier ? Typiquement, lors de l’entrée d’un nouvel associé, ce qui implique de transformer une SASU en SAS, ou avant une levée de fonds. Pour vous organiser, puisez dans notre Boite à outils SAS : Ressources à télécharger.

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Le pacte d’associés, une première étape avant la levée de fonds

Vous pensez déjà à la croissance de demain ? Les investisseurs aussi. Et la première chose qu’ils regarderont lors de la due diligence, c’est la solidité de vos relations fondateurs. Un pacte d’associés clair, complet et équilibré rassure des Business Angels ou des fonds de capital-risque (VC).

C’est un signal extrêmement positif : il montre que vous avez anticipé les points de friction, que votre équipe est mature et que les règles du jeu sont saines. Aucun investisseur sérieux ne mettra un euro dans une société où les fondateurs risquent de se déchirer à la première difficulté. Savoir comment préparer sa SAS à une levée de fonds commence donc par un pacte solide.

Bien sûr, leur entrée au capital lors d’une augmentation de capital s’accompagnera de la signature d’un nouveau pacte, incluant cette fois les investisseurs. Mais le vôtre aura servi de fondation saine. Il aura structuré votre table de capitalisation initiale et prouvé votre sérieux. Pour une vue complète, consultez notre checklist juridique de la levée de fonds. C’est une étape cruciale dans l’évolution, la levée de fonds et la revente de votre société.

Le pacte d’associés est un document vivant qui vous accompagne de la première discussion entre vous jusqu’à l’anticipation de votre future levée de fonds. Il est le reflet de votre ambition. Assurez-vous qu’il soit à la hauteur.

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Hugues Husson De Sampigny
Hugues Husson De Sampigny Expert-comptable depuis plus de 20 ans et président de Keobiz Finance

Hugues Husson de Sampigny, expert-comptable, pilote les activités réglementées de Keobiz depuis 2021. Avec plus de 20 ans d’expérience en finance, audit et gestion, il a occupé des postes stratégiques chez Companeo, Ernst & Young et PwC. Aujourd’hui, il accompagne l’expansion de Keobiz Finance, en mettant l’accent sur l’excellence opérationnelle et la création de valeur durable.