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Facturation électronique obligatoire : qui est concerné et quand ?

Sommaire :

1.Ce qu’il faut retenir
2.1. Ce que dit exactement l’obligation de facturation électronique
3.2. Qui est concerné ? Situez-vous en 2 minutes
4.3. Les cas qui posent question
5.4. Ce que l’obligation change sur vos factures
6.5. Que risquez-vous si vous n’êtes pas prêt ?
7.6. Comment vous mettre en conformité
8.Prêt à anticiper pour dormir sur vos deux oreilles ?

Vous avez entendu parler de la « facturation électronique obligatoire » au détour d’une conversation ou sur une chaîne d’info. Votre premier réflexe, tout à fait normal : « Encore une nouvelle règle… Je suis en micro-entreprise, ça ne doit pas me concerner. » ou « J’ai une petite boutique, je verrai ça plus tard. » Cette pensée, des milliers d’entrepreneurs comme vous l’ont eue.

Pourtant, cette réforme va toucher absolument tout le monde, et bien plus vite qu’on ne le pense. Cet article vous permet de savoir en moins de deux minutes si vous êtes concerné, et surtout, quand vous devez être prêt. Nous allons trancher votre cas précis, sans jargon.

Ce qu’il faut retenir

  • Toutes les entreprises assujetties à la TVA sont concernées par la réforme, y compris les micro-entreprises qui facturent de la TVA.
  • L’obligation de recevoir des factures électroniques s’appliquera à toutes les entreprises, sans exception, dès le 1er septembre 2026.
  • L’obligation d’émettre des factures électroniques dépend de votre taille : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, 1er septembre 2027 pour les TPE et PME.
  • Même si vous êtes en franchise en base de TVA, vous devrez être équipé pour recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs à partir de 2026.

Cette nouvelle étape administrative vous semble complexe ? C’est normal. Un expert Keobiz peut auditer gratuitement votre situation et vous donner une feuille de route claire.

1. Ce que dit exactement l’obligation de facturation électronique

On entend beaucoup de choses sur cette réforme. Reprenons la base, simplement. L’objectif du gouvernement est de lutter contre la fraude à la TVA, de simplifier les déclarations et d’améliorer la connaissance de l’économie en temps réel. Pour y arriver, l’État impose un nouveau circuit pour les factures entre professionnels en France.

Cet article est à jour des dispositions fixées par le décret et l’arrêté du 27 juillet 2026, qui ont clarifié le cadre définitif de la réforme.

Recevoir, émettre, déclarer : trois obligations distinctes

La réforme de la facturation électronique et son obligation se décompose en trois briques :

  1. L’obligation de réception (e-invoicing) : C’est la première étape qui concerne tout le monde. À partir du 1er septembre 2026, toute entreprise, quelle que soit sa taille, doit être capable de recevoir une facture au format électronique structuré via une plateforme dédiée.
  2. L’obligation d’émission (e-invoicing) : C’est l’obligation d’envoyer vos propres factures à vos clients professionnels en suivant ce nouveau circuit. La date d’application dépend de la taille de votre entreprise (on y vient juste après).
  3. L’obligation de transmission des données (e-reporting) : C’est la transmission à l’administration fiscale des données de transactions qui ne sont pas concernées par la facturation électronique. Typiquement : vos ventes à des clients particuliers (B2C) ou des transactions avec des entreprises à l’étranger.

Ce qui n’est plus accepté : le PDF simple envoyé par mail

C’est peut-être le changement le plus brutal pour vos habitudes. Aujourd’hui, vous faites une facture sur un logiciel, vous l’enregistrez en PDF et vous l’envoyez par e-mail à votre client. C’est simple et rapide.

Demain, ce ne sera plus valable pour les transactions entre professionnels en France.

Une « facture électronique » au sens de la loi n’est pas un simple PDF. C’est un fichier qui contient des données structurées (comme les formats Factur-X, UBL ou CII), lisibles automatiquement par une machine. Le PDF que vous connaissez deviendra juste une version lisible pour l’œil humain, mais la vraie facture sera le fichier de données qui l’accompagne.

Pour échanger ces nouvelles factures, vous devrez obligatoirement passer par une plateforme agréée (PA), anciennement connue sous le nom de Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP). Le Portail Public de Facturation (PPF) ne servira plus qu’à l’annuaire central et à la collecte des données pour l’État, mais vous ne pourrez pas l’utiliser pour émettre ou recevoir vos factures.

2. Qui est concerné ? Situez-vous en 2 minutes

C’est la question centrale : est-ce que ça vous concerne, vous, avec votre activité ? La réponse courte est : oui. La seule vraie question est de savoir à quel point et à partir de quand. On décrypte ça selon votre profil.

Par régime de TVA : qui est concerné par la facturation électronique ?

Le critère principal est l’assujettissement à la TVA.

  • Vous êtes assujetti à la TVA (régime réel normal, simplifié ou mini-réel) ? Vous êtes concerné à 100 %. Vous devrez recevoir VOS factures d’achat au format électronique dès 2026 et émettre VOS factures de vente à ce même format en 2027 (si vous êtes une TPE/PME).
  • Vous êtes en franchise en base de TVA (micro-entrepreneur, par exemple) ? Vous êtes concerné, mais de manière asymétrique.
    • Réception : OUI, vous avez l’obligation d’être en mesure de recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs dès le 1er septembre 2026. Vous devrez donc choisir une plateforme agréée pour cela.
    • Émission : NON, tant que vous ne facturez pas de TVA, vos factures de vente ne sont pas soumises à l’obligation d’émission électronique. Mais attention, si vous dépassez les seuils et basculez à la TVA, l’obligation s’appliquera immédiatement.
  • Vos opérations sont exonérées de TVA (secteur médical, formation, etc.) ? Vous êtes dans le même cas que la franchise en base. Vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques, mais vos propres factures de vente (celles qui concernent les opérations exonérées) n’ont pas à être émises au format électronique.

Par taille d’entreprise

Le calendrier d’application pour l’obligation d’émettre des factures électroniques dépend de la catégorie de votre entreprise. Ces catégories sont définies par l’INSEE selon les critères de la loi de modernisation de l’économie (LME).

  • Grandes Entreprises (GE) : ≥ 5 000 salariés OU > 1,5 milliard € de CA ET > 2 milliards € de total de bilan.
  • Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) : < 5 000 salariés ET CA ≤ 1,5 milliard € OU total de bilan ≤ 2 milliards €.
  • Petites et Moyennes Entreprises (PME) : < 250 salariés ET CA ≤ 50 millions € OU total de bilan ≤ 43 millions €.
  • Très Petites Entreprises (TPE) et Micro-entreprises : < 10 salariés ET CA ou total de bilan ≤ 2 millions €.

Tableau récapitulatif : votre profil → votre échéance

Pour y voir clair, voici le tableau qui résume tout. Trouvez votre ligne et vous connaîtrez votre calendrier.

Votre profil d’entreprise Obligation de RÉCEPTION Obligation d’ÉMISSION
Grande Entreprise (GE) 1er septembre 2026 1er septembre 2026
Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI) 1er septembre 2026 1er septembre 2026
PME 1er septembre 2026 1er septembre 2027
TPE 1er septembre 2026 1er septembre 2027
Micro-entreprise (en franchise de TVA) 1er septembre 2026 Pas d’obligation (sauf si assujettie à TVA)
Association (assujettie à TVA) 1er septembre 2026 1er septembre 2027

Comme vous le voyez, la date du 1er septembre 2026 est un jalon pour absolutely tout le monde. C’est la date à laquelle vous devez avoir choisi votre plateforme et être prêt à recevoir.

3. Les cas qui posent question

Certaines situations créent de la confusion. On les aborde franchement.

La facturation électronique obligatoire pour un auto-entrepreneur

C’est le cas qui revient le plus souvent. On l’a vu, la réponse est nuancée. Si vous êtes auto-entrepreneur en franchise en base de TVA :

  • Vous devez choisir une plateforme agréée (PA) pour recevoir les factures de vos fournisseurs (votre abonnement téléphonique professionnel, vos achats de matières premières, etc.) dès le 1er septembre 2026.
  • Vous n’avez pas à émettre vos factures de vente au format électronique. Vous pouvez continuer comme avant.
  • Vous serez concerné par le e-reporting pour déclarer le montant total de vos encaissements.

Pour une analyse plus détaillée, consultez notre fiche pratique sur la facturation électronique pour les auto-entrepreneurs.

Les activités exonérées de TVA

Vous êtes médecin, formateur, ou vous faites de la location immobilière non soumise à TVA ? Le principe est le même que pour la micro-entreprise. Les factures que vous recevez de vos fournisseurs (matériel médical, location de salle, etc.) devront arriver sur votre plateforme agréée. En revanche, les factures que vous émettez pour vos prestations exonérées ne sont pas concernées par l’obligation d’émission (e-invoicing).

La facturation vers des particuliers (B2C) et vers l’étranger

Que se passe-t-il si vous êtes commerçant et que la majorité de vos clients sont des particuliers ?

  • Factures B2C (Business to Consumer) : L’obligation de facturation électronique ne s’applique pas. Vous n’avez pas à envoyer une facture électronique structurée à un client particulier.
  • MAIS… Vous serez soumis à l’obligation de e-reporting. Cela signifie que vous devrez transmettre périodiquement à l’administration, via votre plateforme, un récapitulatif de ces opérations (le montant total des ventes de la journée ou du mois, par exemple, via le ticket Z de votre caisse).

Pour les factures vers l’étranger (exportations ou livraisons intracommunautaires), le e-reporting s’applique également.

On sait, ça fait beaucoup d’informations et de cas particuliers. C’est normal de se sentir un peu dépassé. Le rôle de votre expert-comptable, c’est justement de traduire ces règles pour votre situation unique. Parlons-en 5 minutes, sans engagement.

4. Ce que l’obligation change sur vos factures

Au-delà du mode de transmission, le contenu même de vos factures va devoir évoluer pour intégrer de nouvelles informations.

Les nouvelles mentions obligatoires

En plus des mentions obligatoires sur une facture que vous connaissez déjà (numéro de facture, identité des parties, détail des prestations, etc.), vous devrez ajouter :

  • Le numéro SIREN de votre client.
  • L’adresse de livraison des biens, si elle est différente de l’adresse de facturation.
  • La catégorie de l’opération (livraison de biens, prestation de services, ou mixte).
  • L’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, si applicable.

Ces informations sont cruciales pour que l’administration puisse pré-remplir votre déclaration de TVA.

Le format structuré exigé

Comme on l’a dit, adieu le simple PDF. La norme en France sera un format mixte, comme Factur-X. C’est un fichier qui se présente comme un PDF classique pour vous, mais qui contient en pièce jointe un fichier de données (XML) pour les machines.

Votre logiciel de facturation électronique ou votre plateforme agréée (PA) se chargera de générer ce format pour vous. Vous n’aurez pas à manipuler le code, mais vous devez vous assurer que l’outil que vous choisirez est bien conforme.

5. Que risquez-vous si vous n’êtes pas prêt ?

On ne va pas se mentir, le gouvernement a prévu des sanctions pour s’assurer que la réforme soit appliquée. Mais le vrai risque n’est pas seulement financier.

Les sanctions prévues

Le cadre légal est clair. En cas de non-respect des obligations, des amendes sont prévues :

  • 15 € par facture non émise au format électronique (pour les entreprises soumises à l’obligation d’émission).
  • Le montant total des amendes est plafonné à 15 000 € par année civile et par entreprise.

Une amende de 250 € est également prévue en cas de manquement à l’obligation de e-reporting.

Le risque opérationnel : le vrai danger pour votre trésorerie

Au-delà de l’amende, le risque le plus concret pour un commerçant ou un artisan est le blocage de son activité.

Imaginez : nous sommes en octobre 2026. Votre fournisseur, une grande entreprise, vous envoie sa facture sur votre plateforme. Si vous n’en avez pas, vous ne recevez pas la facture. Vous risquez des pénalités de retard, voire une coupure de service.

Pire encore : en 2027, vous envoyez une facture PDF par mail à un client professionnel. Son système la rejettera automatiquement car elle n’est pas au bon format et n’arrive pas par le bon canal. Résultat : votre facture n’est pas traitée, vous n’êtes pas payé. Pour une TPE dont la trésorerie est le nerf de la guerre, quelques factures refusées peuvent rapidement créer un décalage dangereux. Le vrai risque, c’est de ne pas pouvoir encaisser votre chiffre d’affaires.

6. Comment vous mettre en conformité

Pas de panique. La transition peut être fluide si vous l’anticipez. Voici les étapes pour franchir le cap sereinement.

  1. Faire le point sur vos outils actuels : Quel logiciel de facturation utilisez-vous ? Est-il déjà compatible ou propose-t-il une mise à jour ? Comment gérez-vous vos factures d’achat ? C’est le moment de cartographier vos flux.
  2. Choisir votre plateforme agréée (PA) : C’est l’étape clé. Comparez les offres. Certaines sont intégrées à des logiciels de comptabilité, d’autres sont autonomes. Regardez les tarifs, l’ergonomie, et le niveau d’accompagnement. Pour vous aider, consultez notre guide sur comment choisir sa plateforme agréée (PA).
  3. Préparer vos données : Assurez-vous d’avoir le numéro SIREN de tous vos clients professionnels. Mettez à jour vos fiches clients. C’est un petit travail qui vous fera gagner un temps précieux.
  4. Communiquer et tester : Informez vos clients et fournisseurs de la plateforme que vous avez choisie. Dès que possible, faites des tests pour vous assurer que tout fonctionne avant l’échéance fatidique.

Le calendrier de la facturation électronique vous donne une vision claire des échéances. N’attendez pas la dernière minute pour lancer ces chantiers.

Prêt à anticiper pour dormir sur vos deux oreilles ?

Vous l’avez compris, la facturation électronique et son obligation ne sont plus une lointaine perspective. C’est un changement concret qui arrive vite. Que vous soyez une PME du BTP, un commerçant de quartier ou un freelance, la première échéance de septembre 2026 vous concerne directement pour la réception de vos factures.

Anticiper cette transition n’est pas une contrainte, c’est une stratégie. C’est s’assurer que vos paiements ne seront jamais bloqués, que votre trésorerie restera saine et que vous serez en règle, sans stress.

La conformité ne doit pas être un casse-tête. C’est notre métier de la rendre simple pour vous. Confiez-nous la complexité, et concentrez-vous sur votre croissance. Planifions votre transition ensemble.

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