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Facturation électronique et associations : êtes-vous concerné ?

Sommaire :

1.Ce qu’il faut retenir
2.1. Association et TVA : le critère qui détermine tout
3.2. Ce qui s’applique si votre association n’est pas assujettie à la TVA
4.3. Ce qui s’applique en cas d’activités lucratives (et d’assujettissement à la TVA)
5.4. Vos obligations concrètes selon votre situation

Vous êtes trésorier du club de sport local, vous gérez la buvette d’une association culturelle ou vous organisez des événements pour votre quartier. Votre quotidien, c’est de jongler avec les adhésions, les subventions et les factures des fournisseurs. Et voilà qu’on vous parle de « facturation électronique obligatoire ». Un frisson vous parcourt : encore une complexité administrative à gérer sur votre temps de bénévole ? Est-ce que votre petite structure, qui vit de la passion de ses membres, est vraiment concernée par cette réforme pensée pour les entreprises ?

La réponse est nuancée. Pour une association, tout tourne autour d’un seul critère : l’assujettissement à la TVA. C’est ce qui va déterminer si vous devez simplement vous préparer à recevoir de nouvelles factures ou si vous devez transformer toute votre gestion. Nous allons décortiquer ça ensemble, sans jargon, pour que vous sachiez exactement où vous mettez les pieds.

Ce qu’il faut retenir

  • Une association n’est concernée par l’émission de factures électroniques que si elle est assujettie à la TVA.
  • La plupart des associations non lucratives sont hors du champ de la facture électronique pour leurs émissions.
  • Toute association qui reçoit des factures de fournisseurs devra pouvoir les recevoir au format électronique.
  • Les activités lucratives accessoires, même limitées, peuvent faire basculer l’association dans le périmètre de la réforme.

Respirez, on démêle tout ça pour vous. Si vous voulez un diagnostic rapide pour votre association, les experts Keobiz sont là pour clarifier votre situation.

1. Association et TVA : le critère qui détermine tout

Avant de parler de facture électronique, abordons la fiscalité. C’est le point de départ. Une association loi 1901 est par défaut considérée comme non lucrative. Sa gestion est désintéressée et ses activités ne visent pas à enrichir ses membres. Dans ce cas, elle n’est pas soumise aux impôts commerciaux, dont la fameuse TVA.

Mais la réalité est souvent plus complexe. Vous organisez un festival annuel ? Vous tenez une buvette pendant les matchs ? Vous vendez des produits dérivés ? Ces activités peuvent être considérées comme lucratives par l’administration fiscale et vous faire basculer, pour tout ou partie, dans le champ de la TVA.

Comment savoir si votre association est assujettie à la TVA ?

La frontière est parfois floue. L’administration analyse la situation au cas par cas. Mais pour vous donner un premier repère, on utilise souvent la règle des « 4 P ». Si votre activité coche ces cases, elle est probablement lucrative :

  1. Produit : Vous proposez un produit ou un service qui se trouve aussi dans le secteur commercial (ex: vente de repas, cours de musique payants).
  2. Public : Vous vous adressez à un large public, qui ne se limite pas à vos membres.
  3. Prix : Les tarifs que vous pratiquez sont similaires à ceux d’une entreprise pour le même service. Vous ne cherchez pas seulement à couvrir vos frais, mais à dégager une marge.
  4. Publicité : Vous faites de la promotion pour attirer des clients, comme le ferait un commerçant.

Si vous vous reconnaissez dans cette description, même pour une seule de vos activités, vous êtes potentiellement assujetti à la TVA.

La franchise en base de TVA pour les associations

Même si certaines de vos activités sont lucratives, vous n’êtes pas forcément redevable de la TVA. Il existe une franchise pour les organismes sans but lucratif.

En 2024, si les recettes de vos activités lucratives accessoires ne dépassent pas 78 896 € sur une année civile, vous pouvez bénéficier d’une exonération de TVA. C’est une bouée de sauvetage pour beaucoup d’associations qui ont une petite activité commerciale pour financer leur projet principal (la vente de gâteaux, un petit stand sur un marché de Noël, etc.).

Attention : si vous dépassez ce seuil, toutes vos activités lucratives deviennent soumises à la TVA. Et c’est là que l’obligation de facturation électronique entre en jeu. C’est un changement majeur qui demande de l’anticipation.

2. Ce qui s’applique si votre association n’est pas assujettie à la TVA

C’est le cas de la grande majorité des associations en France. Votre gestion est désintéressée, vous n’avez pas d’activités lucratives ou celles-ci restent sous le seuil de la franchise.

La bonne nouvelle ? Vous pouvez pousser un soupir de soulagement. Vous n’êtes pas concerné par l’obligation d’émettre des factures électroniques (e-invoicing) ni par l’obligation de transmettre vos données de transaction (e-reporting). Votre manière de facturer vos membres ou de recevoir des dons ne change pas.

Mais attention, le soulagement est partiel. La réforme a deux volets : l’émission et la réception. Et si vous êtes exempté du premier, personne n’échappe au second.

L’obligation de réception : le point de vigilance

Dès le 1er septembre 2026, tous vos fournisseurs (votre imprimeur, votre fournisseur d’électricité, l’entreprise qui vous loue du matériel…) auront l’obligation de vous envoyer leurs factures au format électronique. Fini le papier ou le simple PDF par email.

Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire pour vous ?

Vous devez être capable de recevoir ces factures dématérialisées. Et pour cela, vous n’avez qu’une seule solution : choisir une plateforme agréée (PA).

Cette plateforme (anciennement appelée PDP) sera votre nouvelle boîte aux lettres pour les factures de vos fournisseurs. C’est elle qui réceptionnera les factures, vérifiera leur conformité et vous les mettra à disposition.

Pourquoi une plateforme est-elle obligatoire pour tout le monde ?

Vous vous demandez peut-être pourquoi vous ne pouvez pas simplement recevoir ces factures par email. C’est une question légitime. La réforme repose sur un système d’échanges sécurisés et standardisés entre plateformes. Chaque entreprise sera identifiée dans un annuaire central, un peu comme un grand annuaire téléphonique des entreprises.

Quand votre fournisseur émettra une facture pour votre association, sa plateforme interrogera cet annuaire pour savoir où l’envoyer. La seule adresse valide sera celle de votre plateforme agréée. Sans elle, la facture se perdra dans la nature.

Le Portail Public de Facturation (PPF) ne gère plus la réception des factures pour les entreprises. Son rôle est recentré sur l’annuaire et la collecte des données pour l’État. Passer par une plateforme agréée (PA) est donc la seule et unique voie. Heureusement, de nombreuses plateformes proposeront des offres d’entrée de gamme très accessibles, pensées pour les petites structures qui n’ont que des besoins en réception.

3. Ce qui s’applique en cas d’activités lucratives (et d’assujettissement à la TVA)

Si votre association a dépassé le seuil de franchise ou si ses activités lucratives sont prépondérantes, la situation change radicalement. Vous êtes alors considéré comme n’importe quelle autre entreprise assujettie à la TVA.

Vous entrez de plain-pied dans la réforme de la facturation électronique, avec ses deux grandes obligations. C’est une étape qui peut faire peur. On a l’impression de passer du monde associatif au monde des “vraies” entreprises, avec toutes ses contraintes. C’est normal de ressentir ça. Mais c’est aussi l’occasion de professionnaliser et de sécuriser votre gestion.

Obligation n°1 : L’e-invoicing (émission de factures électroniques)

À partir du calendrier de la facturation électronique (2026-2027), vous devrez émettre toutes vos factures à destination de professionnels (vos sponsors, les entreprises qui achètent vos services, etc.) via une plateforme agréée.

Le processus sera le suivant :

  1. Vous créez votre facture sur votre logiciel de gestion ou directement sur votre plateforme agréée.
  2. La plateforme la transforme dans un format standardisé (Factur-X, UBL, CII).
  3. Elle l’envoie à la plateforme de votre client.
  4. Simultanément, elle extrait les données essentielles (montant, TVA…) et les transmet à l’administration fiscale.

Fini les factures Word ou Excel envoyées par email. Ce changement vise à automatiser la déclaration de TVA et à lutter contre la fraude.

Obligation n°2 : L’e-reporting (transmission des données de transaction)

L’e-invoicing ne couvre que les transactions entre professionnels en France (B2B). Mais que faire des autres ventes ? C’est le rôle de l’e-reporting.

Vous devrez transmettre à l’administration, toujours via votre plateforme agréée, un résumé de vos autres opérations :

  • Les ventes aux particuliers (B2C) : les tickets de votre buvette, les ventes de votre boutique, les entrées à un événement…
  • Les ventes à des clients à l’étranger (professionnels ou particuliers).
  • Les données de paiement pour les prestations de services encaissées.

Cette transmission se fera périodiquement (tous les jours, toutes les semaines ou tous les mois selon votre régime de TVA).

C’est souvent ce point qui inquiète le plus les associations, car il implique de bien tracer toutes les recettes, même les plus petites. Avoir un bon logiciel de caisse connecté à votre comptabilité devient alors un atout majeur.

C’est précisément sur ce genre de transition que l’on peut se sentir dépassé. Le duo Keobiz, c’est justement ça : un logiciel performant pour automatiser et un expert-comptable dédié pour vous accompagner pas à pas. Parlons de votre situation spécifique.

4. Vos obligations concrètes selon votre situation

Résumons. Pour savoir ce que vous devez faire, la seule question à vous poser est : mon association est-elle, oui ou non, assujettie à la TVA ?

Cas 1 : Votre association n’est PAS assujettie à la TVA

Votre feuille de route est simple et se déroule en deux temps.

À faire dès maintenant :

  • Analyser vos activités : Confirmez que vous êtes bien hors du champ de la TVA ou sous le seuil de franchise (78 896 € de recettes lucratives annuelles). En cas de doute, c’est le moment idéal pour faire le point avec un expert-comptable. Une erreur d’appréciation peut coûter cher.
  • Commencer à vous renseigner : Explorez les différentes plateformes agréées (PA). Cherchez celles qui proposent des offres “réception seule” ou des forfaits adaptés aux très petites structures.

À faire avant le 1er septembre 2026 :

  • Choisir et activer votre plateforme agréée : Vous devrez souscrire à une offre et créer votre compte. C’est indispensable pour que vos fournisseurs puissent continuer à vous facturer.
  • Informer vos fournisseurs (si besoin) : Votre SIREN suffira normalement pour qu’ils vous retrouvent dans l’annuaire, mais une bonne communication ne fait jamais de mal.

Vous n’avez aucune obligation d’émission (e-invoicing) ni de transmission de données (e-reporting).

Cas 2 : Votre association EST assujettie à la TVA

Votre projet est plus structurant. Vous devez vous préparer à une transformation complète de votre processus de facturation.

À faire dès maintenant :

  • Cartographier vos flux : Identifiez précisément tous vos types de ventes. Qui sont vos clients (pros, particuliers, étrangers) ? Comment les facturez-vous aujourd’hui ? Comment encaissez-vous ?
  • Auditer vos outils : Votre logiciel de facturation actuel est-il compatible avec la réforme ? Votre logiciel de caisse permet-il d’extraire facilement un résumé des ventes journalières pour l’e-reporting ?
  • Choisir votre plateforme agréée (PA) : Votre choix sera plus stratégique. La plateforme doit gérer la réception et l’émission, mais aussi l’e-reporting. Sa capacité à s’intégrer avec vos outils existants est un critère décisif.

À faire avant l’échéance qui vous concerne (entre le 1er septembre 2026 et le 1er septembre 2027 selon la taille de votre structure) :

  • Déployer la solution : Mettez en place la plateforme et connectez-la à vos outils.
  • Former vos équipes (même bénévoles) : Assurez-vous que la personne en charge de la facturation maîtrise le nouvel outil.
  • Mettre à jour vos factures : Vérifiez que toutes les mentions obligatoires sont présentes.

N’oubliez pas les sanctions : toute facture émise non conforme vous expose à une amende de 15 € par facture, avec un plafond de 15 000 € par an. Mieux vaut anticiper pour sécuriser votre trésorerie.

Cet article est à jour des dernières dispositions réglementaires connues, notamment le décret et l’arrêté du 27 juillet 2026.

La facturation électronique peut sembler être une contrainte de plus dans la vie déjà bien remplie d’une association. Mais c’est aussi une opportunité de fiabiliser votre gestion, d’automatiser des tâches et de vous concentrer sur ce qui compte vraiment : votre projet associatif.

Ne restez pas seul face à ce changement. Savoir si vous êtes concerné est la première étape. Mettre en place les bons outils et les bonnes pratiques est la seconde.

Prêt à mettre votre association en conformité sans y passer vos nuits ? On vous accompagne pour structurer ça.

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