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Comment négocier les frais bancaires de son entreprise ?

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Comment négocier les frais bancaires de son entreprise ?

Sommaire :

1.Commencez par calculer ce que votre banque vous coûte vraiment
2.Quels frais bancaires professionnels peut-on négocier ?
3.Avant de négocier, comparez-vous à des entreprises qui vous ressemblent
4.Préparez votre négociation en 6 étapes
5.Quels arguments utiliser face à votre banque ?
6.Comment mener le rendez-vous avec votre conseiller ?
7.Que faire si la banque refuse ?
8.Combien pouvez-vous espérer économiser ?

Votre relevé bancaire tombe. Encore 120 € de frais ce mois-ci. Votre premier réflexe : appeler votre conseiller pour demander un geste. Gardez votre téléphone deux minutes.

Si vous êtes entrepreneur ou dirigeant de TPE, la négociation des frais bancaires commence ailleurs : dans vos chiffres. Avant de demander une baisse, vous devez savoir combien votre banque vous coûte réellement, quels postes pèsent le plus et comment votre situation se compare à celle d’entreprises proches de la vôtre.

C’est ce dossier chiffré qui donne du poids à la discussion. Pas l’impression de « payer trop cher ».

Ce qu’il faut retenir :
  • Analysez 12 mois complets de frais, pas seulement votre dernier relevé.

  • Isolez les deux ou trois postes qui concentrent la facture.

  • Reliez chaque frais à vos usages : virements, cartes, encaissements, TPE, mouvements débiteurs.

  • Comparez votre situation à celle d’entreprises proches de la vôtre.

  • Arrivez au rendez-vous avec une demande précise.

  • Si votre banque refuse, comparez le coût global des alternatives avant de décider de partir.

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Commencez par calculer ce que votre banque vous coûte vraiment

Le prix affiché de votre compte professionnel ne raconte qu’une partie de l’histoire. Un forfait à 20 € par mois peut sembler raisonnable. Mais une fois ajoutés la tenue de compte, les cartes, les virements, la commission de mouvement ou les frais liés au découvert, la facture annuelle change vite.

Commencez donc par reprendre 12 mois complets de comptabilité.

Listez notamment :

  • l’abonnement ou le forfait bancaire ;
  • les frais de tenue de compte ;
  • les cartes professionnelles ;
  • les commissions de mouvement ;
  • les virements et opérations internationales ;
  • les commissions d’encaissement et frais de TPE ;
  • les agios et frais liés au découvert ;
  • les incidents de paiement ;
  • les options ou services additionnels.

Votre objectif n’est pas de tout contester. Il est d’identifier ce qui coûte vraiment.

Prenons un exemple. Votre banque vous a prélevé 1 680 € sur les douze derniers mois. Sur ce total, 720 € correspondent à la commission de mouvement et 360 € aux cartes professionnelles. Ces deux postes représentent près des deux tiers de la facture.

Vous ne venez plus voir votre conseiller avec « je paie trop cher ». Vous venez avec deux lignes précises à revoir.

Pour identifier tous les coûts à intégrer dans votre calcul, consultez notre guide sur les frais bancaires pour une entreprise.

Quels frais bancaires professionnels peut-on négocier ?

Les conditions tarifaires appliquées aux professionnels sont librement fixées par les établissements selon leur politique commerciale. La réglementation impose en revanche des obligations de transparence permettant au client de connaître les tarifs et de comparer les offres. Une banque reste donc libre d’accepter ou non votre demande de baisse.

Certains postes méritent toutefois d’être discutés selon votre contrat et votre activité.

La commission de mouvement

Elle mérite une attention particulière lorsque votre entreprise génère beaucoup de mouvements débiteurs. Un taux qui paraît minime peut représenter plusieurs centaines d’euros sur l’année.

Avant le rendez-vous, retrouvez le taux prévu au contrat, son assiette et le montant réellement payé. Notre guide sur la commission de mouvement bancaire vous aide à reconstituer ce calcul.

La tenue de compte et le forfait

Vérifiez ce qui est réellement inclus. Utilisez-vous tous les services facturés ? Certaines options sont-elles devenues inutiles ? Votre formule correspond-elle encore à votre activité ?

Vous pouvez demander une autre formule, retirer un service ou discuter le prix du forfait.

Les cartes professionnelles

Si plusieurs collaborateurs disposent d’une carte, regardez le coût annuel total. Une petite cotisation mensuelle devient vite un poste important lorsqu’elle est multipliée.

Les virements et opérations internationales

Une entreprise qui réalise beaucoup de virements ou travaille avec des fournisseurs étrangers doit regarder ces frais de près. Vos volumes deviennent alors un élément concret de discussion.

Les frais de TPE et d’encaissement

Pour un commerce ou un restaurant, le coût bancaire ne se limite pas au compte professionnel. Les commissions d’encaissement et les conditions liées au terminal de paiement peuvent représenter une part significative des frais.

Le découvert et les agios

Traitez ce sujet séparément. Le coût dépend du montant utilisé, de la durée et des conditions de financement accordées à votre entreprise.

Avant de négocier, comparez-vous à des entreprises qui vous ressemblent

Dire « je trouve mes frais élevés » laisse toute la discussion sur le terrain du ressenti.

Arriver avec des points de comparaison change la conversation.

C’est tout l’intérêt du Baromètre Banque des TPE publié à partir des données comptables du panel Kerogo Finance.

Sur la période d’avril 2025 à mars 2026, les TPE analysées paient en moyenne 87,56 € de frais bancaires par mois. Parmi les entreprises qui paient effectivement des frais, la moyenne atteint 91,52 € par mois. Un quart dépasse 94,10 € par mois.

Attention : 94,10 € n’est pas un seuil à partir duquel vos frais deviennent « abusifs ». C’est un point de comparaison statistique.

Une moyenne nationale ne suffit d’ailleurs pas. Un restaurateur, un consultant et une société immobilière n’ont ni les mêmes flux ni les mêmes usages bancaires.

Le baromètre permet donc d’affiner la comparaison selon le chiffre d’affaires, l’ancienneté de l’entreprise et le secteur d’activité.

Pour l’analyse des frais, les données reposent sur plus de 18 500 TPE et sur des écritures comptables réelles et anonymisées. On compare donc des dépenses effectivement enregistrées, pas des estimations déclarées dans un sondage.

Avant votre prochain rendez-vous bancaire, comparez vos frais avec ceux d’entreprises qui vous ressemblent grâce au Baromètre Banque des TPE.

Préparez votre négociation en 6 étapes

Une bonne négociation bancaire se prépare comme un rendez-vous de gestion.

1. Reprenez 12 mois de frais

Ne partez pas uniquement du dernier relevé. Certains frais sont mensuels, d’autres trimestriels ou ponctuels. Une année complète donne une vision beaucoup plus fiable.

2. Classez les frais par montant

Additionnez chaque catégorie puis classez-les de la plus coûteuse à la moins coûteuse.

Deux ou trois lignes concentrent-elles l’essentiel de votre facture ? Commencez par celles-ci.

3. Mesurez les volumes associés

Une commission n’a de sens qu’en face d’un usage.

Combien de virements effectuez-vous ? Quel montant passe par votre TPE ? Combien de cartes utilisez-vous ? Quel volume de mouvements débiteurs générez-vous ?

Vous pourrez ainsi relier chaque demande à votre fonctionnement réel.

4. Regardez l’évolution

Comparez avec l’année précédente.

Vos frais ont-ils augmenté ? Votre activité a-t-elle progressé dans les mêmes proportions ? Utilisez-vous davantage de services ou payez-vous simplement plus cher pour des besoins identiques ?

5. Benchmarkez votre situation

Utilisez le Baromètre Banque des TPE, puis notre comparatif des frais bancaires professionnels.

Le but n’est pas de trouver un tarif universel. Il est de disposer de repères crédibles pour préparer la discussion.

6. Définissez précisément ce que vous demandez

Évitez :

« Pouvez-vous faire un geste ? »

Préférez :

« Je souhaite revoir le taux de commission de mouvement et le coût de mes deux cartes supplémentaires. »

Une demande précise appelle une réponse précise.

Quels arguments utiliser face à votre banque ?

Votre objectif n’est pas d’entrer dans un rapport de force. Vous devez donner à votre banque une raison économique de revoir ses conditions.

Selon votre situation, vous pouvez mettre en avant :

  • l’ancienneté de la relation bancaire ;
  • la croissance de votre activité ;
  • la régularité de vos flux ;
  • un faible niveau d’incidents ;
  • les services déjà souscrits auprès de l’établissement ;
  • l’évolution de votre coût bancaire annuel ;
  • des offres concurrentes réellement comparées.

Aucun argument ne garantit une réduction.

En revanche, « mes frais ont progressé de 18 % en deux ans alors que mes usages sont restés comparables » ouvre une discussion beaucoup plus concrète que « je trouve ma banque trop chère ».

Comment mener le rendez-vous avec votre conseiller ?

Commencez par le chiffre global.

« J’ai payé 1 680 € de frais bancaires sur les douze derniers mois. »

Puis isolez les postes concernés.

« La commission de mouvement et mes cartes représentent 65 % du total. »

Formulez ensuite votre demande.

« Je souhaite revoir le taux de commission de mouvement et le coût de mes cartes supplémentaires. Que pouvez-vous me proposer ? »

Comparez ensuite la proposition sur le coût global. Une remise accordée sur une ligne peut être compensée par un autre tarif.

Enfin, demandez une confirmation écrite des nouvelles conditions : prix, durée éventuelle de la remise, services concernés et date d’application.

Que faire si la banque refuse ?

Un refus ne signifie pas que vous devez changer de banque dès le lendemain.

Commencez par demander si une autre formule correspond mieux à vos usages. Retirez les services inutiles. Comparez ensuite plusieurs offres à partir de vos opérations réelles.

Ne vous arrêtez pas au prix de l’abonnement. Un compte professionnel affiché sans frais peut générer des coûts sur les virements, les cartes ou certaines opérations. Le bon indicateur reste la facture totale sur douze mois.

Si l’écart reste significatif, envisagez alors une migration.

Mais ne jouez pas au bluff. Calculez ce qu’implique réellement un changement : opérations à transférer, moyens de paiement, financements en cours, prélèvements, encaissements et contraintes métier.

Notre guide explique comment changer de banque professionnelle sans improviser la migration.

Combien pouvez-vous espérer économiser ?

Il n’existe pas de pourcentage sérieux applicable à toutes les entreprises.

Prenons un cas fictif :

  • frais bancaires annuels : 1 440 € ;
  • commission de mouvement : 600 € ;
  • cartes : 240 € ;
  • forfait : 360 € ;
  • autres frais : 240 €.

Dans ce cas, une réduction ciblée sur la commission de mouvement et les cartes peut avoir davantage d’impact qu’une remise de quelques euros sur l’abonnement.

C’est pourquoi la bonne question n’est pas « combien puis-je obtenir ? ».

Demandez-vous plutôt : quelles lignes dois-je renégocier en priorité ?

Votre comptabilité vous donne la réponse.

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